Freedonia

Fritalux

September 26th, 2006

Suite à la décision 2006-1588 de la Cour de justice des communautés européennes, a été constaté l'abus de position dominante, au sens de l'article 85 du traité, commis par la PELTAG en matière de dictats de la fashion. Afin d'assurer les bases d'une saine compétition en matière de totalitarisme vestimentaire, les autorités communautaires ont donc sollicité le Secrétariat Bénélux.

En vue de l’imminente Mort aux Jeunes numéro onze, le B3 (Bureau Bénélux de la Branchitude) vous donne un conseil:

Comme les roses, les looks se portent et s’offrent en nombre impair.

Et n’oubliez pas, vendredi 29, la vie n’est pas une soirée mousse:

En plus comme ça on peut faire le défilé des rollers avant de venir c'est commode.

Un cri dans le silence

September 24th, 2006

Comme promis, le camembert suédois. Les médias ont beaucoup parlé de la campagne de la droite, placée sous le double signe de son unité («l’Alliance», comme à l’époque de Philippe Seguin et François Bayrou) et de son recentrage: les Modérés se sont présenté comme le vrai parti travailliste. Au finish, les courbes des précédentes élections se prolongent: sociaux-démocrates et modérés dominent plus clairement leurs camps respectifs, des partis anciens (Gauche, chrétiens-démocrates, Libéraux-Populaires) se tassent, les Verts et le Centre continuent de progresser. Reste qu’au regard de son étroite victoire, l’Alliance devra rester totalement unie si elle veut tenir 4 ans.

Côté logos, la plupart des partis (et pas seulement les «nouveaux» Modérés, encore un clin d’oeil à Bayrou) ont refait leur identité visuelle. Dans l’ensemble, ça me semble assez classique et lisible (les fleu-fleurs), mais plutôt réussi graphiquement.
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As promised, the Swedish pie-chart. The media have talked a lot of the right’s campaign, based on the two pillars of unity (“the Alliance”, just like in the heydays of Philippe Seguin and François Bayrou in France’s 1990s) and re-centering: the Moderates have styled themselves the true labour party. In the end, the curbs of previous elections are furthered: Social-democrats and Moderates dominate their respective side more clearly, older parties (Left, Christian-democrats, Liberal People’s) settle, the Greens and the Center grow further. In any case, considering its narrow victory, the Alliance will have to remain completely united if they want to last 4 years.

On the logos’ side, most parties (not only the “new” Moderates, here again a wink to Bayrou’s “new” UDF) have had their visual identity redone. In general, it seems to me pretty classical and readable (the flowers…) but rather a graphic-design success.

«Nu gör vi Sverige bättre!»

«Come on every Baudis»

September 21st, 2006

Hier, pour fêter l’arrivée de l’internet chez moi, j’ai maté les discours lensois des candidats à l’investiture socialiste pour la présidentielle. Au plan rhétorique, il est assez net que Fabius et Lang ont le plus de métier et de feu, peut-être parce qu’ils ont le mieux observé le maître (cf. le coude posé sur le pupitre, le ton de confidence, normalement suivi d’une envolée néo-marxiste) — le premier étant, comme l’a relevé la presse, sur une touche personnelle assez forte: comment ne pas être ému par une citation réussie de Jaurès, par l’évocation des belles causes du socialisme et de la France «qui méritent qu’on y consacre sa vie», là où les autres énumèrent platement «Jaurès-Blum-Mitterrand-Jospin»? La prestation est aussi celle qui cite le mieux, le plus intelligemment et élégamment, les concurrents à l’investiture.

Lang donne une bonne prestation, mais est-il le plus crédible pour parler, d’ailleurs bien, de la misère populaire, des «fins de mois qui tombent le 15»? Jospin, Strauss-Kahn, Aubry: par ordre décroissant de vision d’ensemble et de projection d’idées, des discours peu agréables dans un langage de techno sans empathie. Je reste assez déçu par DSK, plus punchy et marquant que ça habituellement. Reste Ségolène Royal: pour l’essentiel, la regarder laisse une sensation inconfortable de spectateur de grand oral de l’ENA, avec les clichés et les idées convenues et approximatives; sauf (la presse l’avait dit, et c’est réel et frappant) une vraie éloquence et un vrai souffle de gauche dans le morceau (testé chez Montebourg et ailleurs) sur le désarroi et la tentation du repli xénophobe de ceux qui ne peuvent se projeter, et leur famille, dans l’avenir (peu bien sûr est dit sur les solutions de gauche à la vraie question). Pas l’humilité montrée par Fabius. Et un peu court pour une présidente.
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Yesterday, to celebrate the coming of the Internet to my place, I watched the speeches in Lens of the candidates in the Socialist primary. Rhethorically, it’s pretty clear that Fabius and Lang are the most experienced and inflamed, maybe because they observed the Master most closely (an elbow on the pulpit, the tone of confidence, normally followed by a neo-Marxist soaring) — Fabius adding, as noted by the media, quite a strong personal touch: how not to be moved by a successful quotation of Jaurès, evoaking the beautiful pleas for France and Socialism “worth devoting one’s life”, where the others flattly quote “Jaurès-Blum-Mitterrand-Jospin”? The intervention also quotes best, most smartly and elegantly, the competitors in the primary.

Lang gives a good bite, but is he most credible to talk, however well, of underclass misery, of “months ends on the 15th”? Jospin, Strauss-Kahn, Aubry: is reverse order of global vision and ideas projection, rather unpleasant moments of unempathical techno-speak. I remain quite desappointed by DSK, normally more vigorous and striking than that. Then there is Ségolène Royal: most generally, watching her leaves you with the uncomfortable feeling of the audience of ENA’s “grand oral”, with the clichés and easy, blurry thinking. Except (so said the press, and it’s true and striking), her true eloquence and left-wing impetus in her bite (already tested at Montebourg’s Rose Party and elsewhere) on the disarray and temptation of xenophobic withdrawal of those unable to throw themselves in the future (little is said, of course, of left-wing solutions to this apt question). Not the humility displayed by Fabius. And a tad short for a President.

«Boudu boudu con Baudis descends de ton balcon, arresta ton charadis, come on every Baudis!»

C’est jeudi, c’est Sarkozy. Deuxième volet de la série de Freedonia, l’infographie de l’esprit de mai, sur les élections de l’an prochain: Midi-Pyrénées. OK, PrinceParano et Luc n’ont rien demandé mais j’ai répondu à ses désirs secrets. Et puis, là encore, c’est intéressant de voir l’érosion de l’UDF dans un de ses fiefs (celui des Baudis), de même à vrai dire que celle du radicalisme-cassoulet. Le PRG a perdu un conseil général (le Lot) au profit du PS, et plus souffert des revers de la gauche (1993, 2002), même s’il a pris la seule circonscription gagnée dans la région par la gauche dans sa défaite de 2002: l’ex-implantation de Douste, qui en Hautes-Pyrénées comme feu le comte de Paris dans sa famille, ne leur laissera que de la haine.

La région de Jaurès (Quilès est son lointain successeur dans la 1ère du Tarn: Carmaux), de Jospin, et de la «Dépêche» reste le point d’ancrage du «Midi rose» A cet égard, il faut noter que les Verts (G. Onesta est leur «star» locale) ne se sont pas entendus avec la gauche PC-PS-PRG pour le second tour des régionales, si bien qu’ils n’ont pas d’élu à cet échelon malgré d’assez bons scores. Comme dans l’ensemble de son histoire républicaine, Midi-Pyrénées n’enregistre donc qu’avec un temps de retard les innovations politiques, y compris l’émergence des Verts.
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It’s Thursday, it’s Sarko-day. Second episode in the series of Freedonia, the Spirit of May infographics: Midi-Pyrénées. Well OK, neither PrinceParano nor Luc asked for anything, but I’ve answered their secret desires. And then, here again, it’s interesting to see the erosion of centrist UDF in one of its strongholds (the Baudis family’s), as well as that of “cassoulet” Radicalism. The Left Radicals Party (PRG) has lost one departement council (Lot) to the benefit of the Socialists, and has suffered more severely of the left’s downturns (1993, 2002), though it scored the only gain of the left in the region in its ‘02 General Election defeat: Douste-Blazy’s ex-constituency, for he will leave in Haute-Pyrénées, just like the late Count of Paris in his family, “only hatred after himself”.

The region of Jaurès (Quilès comes as a remote follower in Tarn-1 constituency: Carmaux), Jospin, and the newspaper, the “Dispatch”, remains the anchor point in the “pink south”. On this should be noted that the Greens (the MEP G. Onesta is their local “star”) did not merge with the Socialists-Communists-Radicals left in the regional election, so that they get no seat at this level in spite of a rather good show. Just like all along its Republican history, Midi-Pyrénées registers only with delay political innovation, including the emergence of the Greens.

Un été 2006

September 20th, 2006

Ma grand’mère m’a dit: «tu sais, après la guerre, il fallait attendre un an pour avoir un téléphone.» Après, j’ai attendu un mois et internet a été installé chez moi.
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My grand’mother said: “you know, after the war, you had to wait for a year before having a telephone.” Then, I waited for a month and my home was wired to the Internet.

Un été qui fait replonger dans un passé ancien, enfoui. // A summer to throw you back in an ancient, buried past.L'époque lointaine des vacances en train, des chuchottements une fois la lumière éteinte, des jeux de cowboys et d'Indiens. // The time long gone of holidays by train, of wispers once the light has been turned off, of cowboys and Indians games.Une époque plus simple si ce n'est plus heureuse. // A simpler, if not happier time.
Avant, mais c'est si loin déjà, j'avais rompu avec Vincenzo, ou plutôt lui avec moi // Before, but it's so long ago, I parted from Vincenzo, or he from me.On a fait une fête sur les quais et après j'ai été mauvais joueur. // We had a parti on the river quay and then I was a bad player.Après, Nippon a eu une crise de vocation, et aussi une révélation mystique (ou marketing?) à Rennes-le-Château, le sanctuaire des pseudo-mystères de l'abbé Saunières. // Then, Nippon had a vocation crisis, and also a mystical (or was it marketing) epiphany, in Rennes-le-Château, the sanctuary of abbot Saunières' mock mysteries.
ComitéCentral aussi a été à Rennes, mais c'est à Paris qu'il a pu toucher la manche d'un bibi et être heureux. // ComitéCentral also went to Rennes, but that was in Paris that he could touch a bibi and be happy.Quelle était la blague? Je ne sais plus. // What was the joke? That, I forgot.Pendant ce temps-là, une visite sur les pois avec LeFaune mais sans ShiningRubis. J'ai subitement tout compris. // Meanwhile, a visite about polka dots with Fawn but without ShiningRubis. I suddenly got it all.
Sur la Côte d'Azur: «Ils sont à la Colle.» // On the Riviera. Sorry but this incredible and unvoluntary joke cannot be properly translated in English.Montpellier, avec François B2: «Et quand je suis rentré, le voisin m'a dit que je pouvais dormir chez lui si tu ne m'ouvrais pas.» // Montpelier, with François B2: «Putain en plus il arrive à 7 heures du mat' le pédophile!» //
Le Uno est un jeu de sociétés où l'on se fâche et où CriBou gagne à la fin. // Uno is a society game where you fall out and eventually CriBou wins.Pourtant, on tire de la force de revenir dans cet endroit. // You are stronger, however, of having been back to such a place.Tout ce que je laisse à Paris. // Everything I leave back in Paris.
Boutique spécialisée dans la vente de reines nordiques.//Shop specialised in the commercialisation of Nordic queens.Szohod, l'été le plus court d'Europe.// Szohod, the shortest summer in Europe.De retour dans le Tarn: «On ne veut pas que NippleLoki sache qu'on est venus assister à un événement hétéro-patriarcal». // Back in Tarn:
Un mariage où l'on revoit tout le monde, pour boucler la boucle de la meilleure manière? // A wedding where I meet again everyone, to loop the loop the best way?Où ma mère et ma tante sont devenues les ragoteuses de bout de table: «Cette pétasse ...pia-pia-pia...» // My mother and aunt have become the table-end gossipers: A la fin de la nuit, mon grand'oncle octogénaire et un peu aigrillard dit: «Bon, et ben moi je vais raccompagner les vieilles!» // At the end of the night, my eighty-something and jocular grand'uncle says:

A1: Un été qui fait replonger dans un passé ancien, enfoui. // A summer to throw you back in an ancient, buried past.
A2: L’époque lointaine des vacances en train, des chuchottements une fois la lumière éteinte, des jeux de cowboys et d’Indiens. // The time long gone of holidays by train, of wispers once the light has been turned off, of cowboys and Indians games.
A3: Une époque plus simple si ce n’est plus heureuse. // A simpler, if not happier time.
B1: Avant, mais c’est si loin déjà, j’avais rompu avec Vincenzo, ou plutôt lui avec moi // Before, but it’s so long ago, I parted from Vincenzo, or he from me.
B2: On a fait une fête sur les quais et après j’ai été mauvais joueur. // We had a parti on the river quay and then I was a bad player.
B3: Après, Nippon a eu une crise de vocation, et aussi une révélation mystique (ou marketing?) à Rennes-le-Château, le sanctuaire des pseudo-mystères de l’abbé Saunières. // Then, Nippon had a vocation crisis, and also a mystical (or was it marketing) epiphany, in Rennes-le-Château, the sanctuary of abbot Saunières’ mock mysteries.
C1: ComitéCentral aussi a été à Rennes, mais c’est à Paris qu’il a pu toucher la manche d’un bibi et être heureux. // ComitéCentral also went to Rennes, but that was in Paris that he could touch a bibi and be happy.
C2: Quelle était la blague? Je ne sais plus. // What was the joke? That, I forgot.
C3: Pendant ce temps-là, une visite sur les pois avec LeFaune mais sans ShiningRubis. J’ai subitement tout compris. // Meanwhile, a visite about polka dots with Fawn but without ShiningRubis. I suddenly got it all.
D1: Sur la Côte d’Azur: «Ils sont à la Colle.» // On the Riviera. Sorry but this incredible and unvoluntary joke cannot be properly translated in English.
D2: Montpellier, avec François B2: «Et quand je suis rentré, le voisin m’a dit que je pouvais dormir chez lui si tu ne m’ouvrais pas.» // Montpelier, with François B2: “and when I got back, the neighbour told me I could sleep in his room if you didn’t open”.”
D3: «Putain en plus il arrive à 7 heures du mat’ le pédophile!» // “Christ, and the paedophile arrives at 7 in the morning!”
E1: Le Uno est un jeu de sociétés où l’on se fâche et où CriBou gagne à la fin. // Uno is a society game where you fall out and eventually CriBou wins.
E2: Pourtant, on tire de la force de revenir dans cet endroit. // You are stronger, however, of having been back to such a place.
E3: Tout ce que je laisse à Paris. // Everything I leave back in Paris.
F1: Boutique spécialisée dans la vente de reines nordiques.//Shop specialised in the commercialisation of Nordic queens.
F2: Szohod, l’été le plus court d’Europe.// Szohod, the shortest summer in Europe.
F3: De retour dans le Tarn: «On ne veut pas que NippleLoki sache qu’on est venus assister à un événement hétéro-patriarcal». // Back in Tarn: “We don’t want NippleLoki to know that we came to attend an hetero-patriarchal event”.
G1: Un mariage où l’on revoit tout le monde, pour boucler la boucle de la meilleure manière? // A wedding where I meet again everyone, to loop the loop the best way?
G2: Où ma mère et ma tante sont devenues les ragoteuses de bout de table: «Cette pétasse …pia-pia-pia…» // My mother and aunt have become the table-end gossipers: “this bitch… bla-bla-blah…”
G3: A la fin de la nuit, mon grand’oncle octogénaire et un peu aigrillard dit: «Bon, et ben moi je vais raccompagner les vieilles!» // At the end of the night, my eighty-something and jocular grand’uncle says: “well, for myself I drive the old ladies back!”

L’opérateur historique ruritanien a été privatisé et racheté par le Gosplan. Du coup, je n’aurai un abonnement téléphone / internet qu’encore plus tard que tard, ou même peut-être jamais. Comme donc, je me fais sérieusement chier, Freedonia, «il faut donner du temps au temps», lance une série de géopolitique en vue des élections présidentielle et législatives de l’an prochain, à base de camemberts et de diagrammes (parce qu’il n’y a que ça de bon de vrai). Merci au passage à ComitéCentral qui assure la mise en ligne des images:

Il devient quoi, Hervé de Charette au fait?

Les Pays de la Loire se sont imposés comme premier sujet, d’abord parce que c’est une région bien documentée depuis les origines de la géographie électorale, ensuite parce que ComitéCentral continue de faire des rêves mouillés sur François Fillon, enfin parce qu’on a tous au coeur quelques clichés sur les Pays de la Loire. Par exemple, que ce serait de droite. Siegfried, comme ses épigones, ont bien expliqué que c’était plus subtil, avec la partition géologique / historique / électorale entre pays bleus (anti-cléricaux, longtemps rad-soc), aux marges de la région, et pays blancs (chouans ou vendéens, toujours calotins et souvent réac). C’est ainsi que la circonscription de Villiers (Vendée, 4ème), historiquement la plus à droite de France, est voisine de terres plus à gauche, notamment le fief de Ségolène Royal.

Les mêmes notent — et c’est toujours vrai — que les villes étaient et restent des fiefs de la gauche, voire de l’extrème-gauche (Le Mans, l’estuaire de la Loire à une époque). Le découpage Pasqua masque, là comme ailleurs, l’implantation forte de toutes les composantes de l’ex-Gauche plurielle dans les agglomérations — laquelle explique bien sa capacité «surprise» à l’emporter lors des régionales de 2004 — en les groupant avec les campagnes, plus réac.

Il faut enfin noter l’élimination spectaculaire, en 2002, de l’UDF dans un de ses fiefs traditionnels.

Bosch

August 29th, 2006

Il faut encore mentionner quatre éléments qui donnent a la ville son ambiance et son état d’esprit. Le vol et les cris ironiques des mouettes rappellent la proximité de la mer, des clapiers à estivants et des plaisirs vulgaires de la plage de Szohod-les-bains. Dans ces rues du Nord circulent, non sans danger pour les piétons, les vélos et les trams: la vie s’est définitivement ordonnée dans un ballet sain, industrieux, efficace. Le traffic s’arrête frequemment, toutefois, pour les berlines des ambassadeurs et leurs escortes, qui conferent a la ville le cachet d’une capitale de principauté germanique surannée, figée dans un temps meilleur pour les diplomates. Réciproquement, moins de clochards que de statues royales équestres dorment dans les rues de la ville haute.

Au moment ou commence notre histoire, le district de l’Archipel ou doit loger notre heros accueille les légations sud-américaines: dans ce grand 7ème arrondissement qu’est Szohod, il fait donc figure de quartier des classes moyennes. Au nord et à l’ouest, les vastes pelouses de chancelleries plus chics. A l’est des administrations locales. Au sud, au-dela du centre-ville, la barrière explicite, intangible et en pratique infranchissable des voies ferrées et de la gare, au-dela desquelles vivent, dit-on, des gens pauvres et donc dangereux.

Cette gare s’appelle HS; c’est la que notre principal personnage débarqua pour la premiere fois à Szohod. Chaque matin, Radio Capitale passait le vieux tube “The Final Countdown”. Nul n’aurait pu ignorer ces deux signes d’un imminent desastre.
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One should also mention four aspects that vest the city with its atmosphere and spirits. The flight and ironical cries of seagulls remind the closeness of the sea, of summer vacationers’ hutches and vulgar pleasures on the strand of Szohod-on-the-sea. In these northern streets — at some risk for walkers — there’s a traffic of cycles and streetcars: the life has definitely taken the fold of a sound, industrious and efficient ballet. The flow stops frequently, however, for the ambassadors’ sedans and escorts, who lend the city a cachet of an antiquated Germanic principalty, stilted in an happier time for diplomats. There are conversely less hobos than royal equestrian statues asleep in the streets of the upper city.

When our story begins, the Archipel district where our hero will live is home to South-American legations: in the larger Belgravia that Szohod is, it therefore figures as a middle-class neighbourhood. North and south, vast lawns of chicer chanceries. East, local administrations’ buildings. South, beyond city center, the explicit, intangible and practically unbridgeable of the railways and station, beyond which live (it is said) poor and henceforth dangerous people.

This station had name HS; that’s where our principal character debarked for the first time in Szohod. Each morning the oldie “The Final Countdown” played on Radio Capital. Nobody could have ignored these two signs of impending disaster.

Le roi du chiasme

August 23rd, 2006

J’aime bien Laurent F@bius. Je suis d’ailleurs probablement le seul. Jamais mordu aux reproches injustes (et meme abjects si on regarde de pret qui a, alors fait, ou pas fait, quoi) qui le poursuivent, au moins dans l’implicite de la mémoire collective, sur le sang contaminé. Pas concerné par la haine antisémite que l’extreme droite déverse sur lui depuis toujours. Pas choqué — je serais mal placé — par le coté bourge, snob. Pas vraiment en attente d’authentiques convictions de gauche, il faut etre niais ou intellectuellement malhonnete pour encore attendre quoi que ce soit du PS sur ce plan. J’ai fait mon deuil de l’idée de voter, au second tour de la présidentielle au moins, pour quelqu’un en qui je crois et dont je partage les idées. J’ai du avoir une épiphanie a la Condorcet: on peut toujours préférer Machin a Bidule, ou l’inverse.

Surtout, de meme que je prends chaque fois plaisir aux réparties saignantes de Str@uss-Kahn les soirs d’élection, et finalement il s’agit du facteur personnel (qui rend M*ntebourg éminemment irritant alors qu’au plan des propositions il est surement plus mon kif), j’aime bien le style oratoire et les vannes de F@bius (la je suis certainement le seul). Genre: «Je préfère dire : ‘voici mon projet’ plutôt que ‘mon projet, c’est Voici’». Ou: «on ne cache pas une éléphant derriere une fraise des bois». Ou: «le centre n’existe pas, et s’il existe, il est a droite».

Heureusement que Xavier Priere-de-faire-la-révolution étudie la kabbale avec Madonna plutot que de lire Freedonia, parce que la il pousserait les hauts cris. «Tu aimes bien Laurent F@bius?!», c’est a peu pres du niveau de «tu manges de la mayonnaise?!»

Brueghel

August 19th, 2006

Pourtant, avec un rayon de soleil, la ville a la beauté froide, ordonnée, manga, des cités du nord, sans pourtant l´uniformité industrielle Bo-Boisée un peu anxiogene des corons et d´Agamemnon Road. Les maisons, le pavage, les batiments publics sont construits en brique, mais avec la variété et l´originalité Art nouveau qu´on voit aussi a Bruxelles. Les palais ont des airs de beffrois flamands ou de béguinages. Les dimensions sont un peu curieuses, mignardes et monumentales a la fois: les rues sont surdimensionnees en largeur, comme a Berlin (deux voies, deux voies pour les vélos, et souvent des arbres), mais les batiments ne depassent pas 4 étages, ce qui rend Szohod — si l’on en excepte le quartier contemporain des ministeres, a mi-chemin entre un campus dans la Silicon Valley et La Défense — basse et un peu provinciale a l’oeil.
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However, with a ray of light, the city has the cold, ordered, manga beauty of Northern town, without the somewhat anguishing BoHo´ed industrial uniformity of mining villages and Agamemnon Road, though. Houses, paving, public buildings are made of brick, but with the diversity and Art Nouveau originality also to be seen in Brussels. Palaces have airs of Flemish belfries or beguines houses. The proportions are a bit strange, dainty and monumental at once: streets are oversized in breadth, just like in Berlin (two ways, plus two ways for bikes, and often trees), but the buildings do not rise above 4 stories, which makes Szohod seem — if the contemporary neighbourhood of ministries is to be excepted, somezhere between a Valley campus and Canary Wharf — low and a tad provincial.

Il n’y a pas que les Guaranis pour être exotiques et casse-couilles. Il n’y a pas que le Guaranistan pour faire des reportages in vivo sur le choc des cultures et la solitude de l’observateur participatif.

- Pour ouvrir un numéro de téléphone ruritanien et l’internet, il faut fournir un numéro de téléphone ruritanien et un numéro de compte en banque ruritanien. Espérons qu’il ne faut pas un numéro de téléphone pour ouvrir un compte en banque sinon je suis vraiment devenu un demandeur d’asile à Roissy / un prisonnier de la Maison qui rend fou.

- Mon cadre de lit ne passait pas par la fenêtre, j’en ai donc racheté deux demi-, de taille standard. C’est-à-dire, je ne l’ai réalisé que juste après, 10 cm plus grands (2 m contre 1m90) qu’en France.

- Les horaires sont destinés à me rendre fou je le sais. Par exemple, le grand magasin pour les cadres était ouvert le dimanche et j’aurais donc dû revenir annuler l’achat le dimanche. En revanche, les banques ouvrent à 9h et ferment à 16h et il me faut donc jouer contre la montre pour ouvrir un compte. Le café internet ferme à 17h30. La vie de quartier ferme à 18h.

- Pourquoi avoir aussi peu de distri-fric quand on est aussi riches?

- Je n’ai pu communiquer avec personne (sauf alimentation hors foyer et cours de ruritanien) depuis vendredi. Je compte sur SophCo pour prévenir ma famille que je suis vivant ; on me croit donc mort, le plan VigiRuri a été déclenché, etc. Impossible de capter RFI. Impossible d’appeler ComitéCentral pour le blâmer de tous ces incroyables soucis. Impossible également de trouver un Ruritanien à traiter de vive voix de “prickish red-tape-loving useless bum” (note pour plus tard : demander à ma prof de ruritanien une traduction), ils sont trop grands et placides pour que ça soit safe comme geste.

- Je m’enfonce lentement dans la folie avec des accès de dépression, compensés pour l’instant par la boulimie et la clinophilie. Tant que je ne mange pas de la mayonnaise *à même* mon lit, j’estime que ça va.

- La dernière relation sexuelle dans un sauna ruritanien a eu lieu en 1988. Elle impliquait un Brésilien et Gilles. Sinon, il s’y passe des trucs calvinistes bizarres (non-matage, non-drague, non-baise, déplacements en couple marié), mélangés avec des répliques de Falcon déraillées (“Omygod, I can’t do it, it’s too hot”). D’après le caissier, le meilleur moment c’est les dimanches d’hiver ; pourtant dimanche dernier, rien n’est arrivé à *personne*.

Sinon, Xavier Prière-de-parler-de-moi me parle par e-mail. C’est le (seul) fan de Radio Freedonia et des plans cam (comme dans les années 90).
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Guaranis are not the only ones to be exotic and boring. Guaranistan is not the only place to report live about culture clash and the loneliness of participative observers.

- To open a Ruritanian phone number and have the internet, you need providing a Ruritanian phone number and Ruritanian bank account references. Let’s hope they don’t want a phone number for me to get a bank account or else I’ve really become an asylum seeker / an inmate of the House That Drives You Mad.

- My bed frame didn’t go through the window so I bought two half ones, in a standards size. Ie, but that I reckoned just short afterwards, 10 cm taller (2 m vs. 1.90 m) than in France.

- The opening hours are just to make me mad now I know that for sure. EG the department store for the bed frames was Sunday open, and I should therefore have cancelled my purchase on Sunday. On the other hand, banks are open from 9 am to 4 pm and I shall therefore play against time to open a bank account. The Internet café closes at 5:30 pm. The neighbourhood life closes at 6 pm.

- Why so few ATMs for so filthy rich people?

- I wasn’t able to communicate with anyone (except for not homemade meals purposes and Ruritanian lessons) since Friday. I rely on SophCo to tell my family I’m alive – I’m therefore held to be dead, the Emergency Ruritania Plan has been launched, etc. Impossible to find RFI on shortwaves. Impossible to call ComitéCentral to blame him with all these incredible worries. Also impossible to find a Ruritanian to call him out loud a “prickish red-tape-loving useless bum” (To Do Later : ask my Ruritanian professor a translation), they’re too tall and quiet for that to be a safe move.

- The last intercourse in a Ruritanian sauna happened in 1988. it involved a Brazilian guy and Gilles. Otherwise, weird Calvinist stuff happens in here (non-glare, non-cruise, non-fuck, marrieds couples’ tours), mixed with derailed Falcon quotes (“Omygod, I can’t do it, it’s too hot”). According to the cashier, the best time in year is winter Sundays ; I went there last Sunday and nada happened, though.

- I drift slowly into madness with fits of depression, balanced as for now by eating and sleeping compulsions. As long as I don’t eat mayo *from* the bed, I take it to be OK.

Otherwise, Xavier Please-Speak-Of-Me talks through e-mails. He is the (only) fan of Freedonia Radio and webcam trips (just like in the 90s).

Troom ou trauma

August 12th, 2006

C’est beau ici — appelons cette ville Szohod –, c’est l’été et donc il pleut, les gens prennent leur temps. Par exemple, trois semaines pour avoir le téléphone et Internet chez moi (des lors que j’aurai un compte en banque local, le Marché unique en matiere bancaire étant décidément une fiction concoctée par cette pute borgne de Pébere*u), 6 semaines pour un cadre de lit. En effet, les fenetres a guillotine et les escaliers raides comme la mort de mon sublime triplex sont prevues pour tout, sauf emmenager.
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It’s nice in here (let’s call this city Szohod), it’s summertime and so it rains, people take their time. For instance, 3 weeks to have phone and internet at home (as soon as I have a local bank account, the Inner Market in bank field being, indeed, a lie out of Michel Pebere*u’s wicked mouth), 6 weeks for a bed frame. The sash windows and steep-as-death staircases of my sublime triplex are up for eveything, except moving in.

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