Le roi du chiasme
J’aime bien Laurent F@bius. Je suis d’ailleurs probablement le seul. Jamais mordu aux reproches injustes (et meme abjects si on regarde de pret qui a, alors fait, ou pas fait, quoi) qui le poursuivent, au moins dans l’implicite de la mémoire collective, sur le sang contaminé. Pas concerné par la haine antisémite que l’extreme droite déverse sur lui depuis toujours. Pas choqué — je serais mal placé — par le coté bourge, snob. Pas vraiment en attente d’authentiques convictions de gauche, il faut etre niais ou intellectuellement malhonnete pour encore attendre quoi que ce soit du PS sur ce plan. J’ai fait mon deuil de l’idée de voter, au second tour de la présidentielle au moins, pour quelqu’un en qui je crois et dont je partage les idées. J’ai du avoir une épiphanie a la Condorcet: on peut toujours préférer Machin a Bidule, ou l’inverse.
Surtout, de meme que je prends chaque fois plaisir aux réparties saignantes de Str@uss-Kahn les soirs d’élection, et finalement il s’agit du facteur personnel (qui rend M*ntebourg éminemment irritant alors qu’au plan des propositions il est surement plus mon kif), j’aime bien le style oratoire et les vannes de F@bius (la je suis certainement le seul). Genre: «Je préfère dire : ‘voici mon projet’ plutôt que ‘mon projet, c’est Voici’». Ou: «on ne cache pas une éléphant derriere une fraise des bois». Ou: «le centre n’existe pas, et s’il existe, il est a droite».
Heureusement que Xavier Priere-de-faire-la-révolution étudie la kabbale avec Madonna plutot que de lire Freedonia, parce que la il pousserait les hauts cris. «Tu aimes bien Laurent F@bius?!», c’est a peu pres du niveau de «tu manges de la mayonnaise?!»
