Freedonia

Paris et le désert français

February 27th, 2008

Deuxième volet de la mini-série de Freedonia, le burkini de la glocalisation, avant les élections municipales de mars, un coup d’œil rapide sur les communautés urbaines et d’agglomération. Pour bien suivre ou pour rigoler, on peut ouvrir les deux cartes des villes et des agglos dans deux onglets, et passer de l’un à l’autre. En le faisant vite, ça fonctionne également comme test de l’épilepsie.

Première remarque, Paris, mais aussi Toulouse et peut-être Marseille ou Nantes, ne disposent pas aujourd’hui d’institutions métropolitaines complètes, pour des raisons politiciennes et, dans une certaine mesure, du fait de la difficulté à couper le millefeuille territorial et institutionnel. (Dans la longueur et la hauteur, donc. Cette métaphore a complètement foiré en route.) Paris comme tel n’a pas de communauté urbaine du tout, sauf si l’on compte la «conférence métropolitaine» ad hoc et sans réalité financière, créée par Delanoë. Conséquence, ou conséquence des mêmes causes, la constitution de CU autour de Paris est également très imparfaite aujourd’hui (voir: nord des Hauts-de-Seine, sud de la Seine-Saint-Denis).

Dans d’autres cas en revanche, la carte des agglos donne une vision de la concentration humaine et économique assez différente de la carte des villes. Pour des cités comme Lyon, Lille et Bordeaux, l’agglomération donne une toute autre ampleur ou la vraie mesure peut-être.

Second constat, dans la très vaste majorité des cas, les agglomérations et les villes-centres sont de la même couleur politique, le maire occupant la plupart du temps lui-même la présidence de communauté — avec quelques exceptions:

- de couleurs politiques divergentes, à Bordeaux, Rouen ou Maubeuge par exemple.

- de personnalités politiques de même couleur, mais distinctes, certains ténors (Borloo, Migaud, etc.) se «réservant» pour l’agglo. Dans plusieurs occurrences bien documentées (Toulouse, Strasbourg, Caen…), la double incarnation a viré au fraternel carnage.

Tout cela ne fait que compliquer et enrichir, on le verra, le combat municipal. Les moyens en termes financiers et  urbanistiques, la visibilité politique se déplacent doucement, mais sûrement, vers les agglos. Quel est, du coup, l’échelon qu’il faut viser? et sa conquête passe-t-il forcément par le basculement de la ville-centre?

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Der Michel

February 26th, 2008

A Hambourg, la droite CDU l’emporte mais perd sa majorité absolue. Le SPD, malgré une petite reprise, reste au fond du trou (il a longtemps dominé la vie politique de la Hansestadt, obtenant jusqu’à 60 % des voix). Comme précédemment en Hesse, en Basse-Saxe et à Brême, la Gauche fait son entrée au Sénat hambourgeois ; le FDP rate de peu son retour dans l’hémicycle du Rathausmarkt.

Alors que les pourparlers s’éternisent en Hesse sur une possible alliance SPD / Linke (la première à l’ex-Ouest), éventuellement couplée à une dissolution immédiate de la diète régionale, le SPD des bouches de l’Elbe a exclu tout rapprochement «rouge / rouge», avec la Gauche. Cela ne laisse arithmétiquement comme majorités possibles qu’une grande coalition, ou une coalition noire/verte, inédite au plan régional (mais déjà testée dans une poignée de villes moyennes), et qui permettrait à la CDU de diversifier ses partenaires en vue de 2009 (pour aboutir à une formule noire/verte ou Jamaïque) au risque sans doute du reniement d’engagements et de l’histoire politique des deux partenaires.

«Hamburg. In guten Händen.»

Vieille ganache

February 24th, 2008

Récemment, mes amis se sont mis à m'offrir du chocolat. Il y a eu la tablette de ménage donnée avant son départ par A..., une stagiaire, la taciturne spécialiste des conflits gelés et qui, peut-être, avait un béguin pour moi.Rutger a pioché du chocolat de cartoon, bio, -- une tablette parmi des dizaines d'autres inexpliquablement posées au milieu du bordel insondable de la petite chambre de grande banlieue. C'est le soir où il m'a embarqué, comme dans Miyazaki, en vélo depuis la demeure sur le canal, qui avait brulé.Lors de leur venue, ChelseaBoy et ChelseaHusband m'ont porté des palets de chocolat pour le thé, londoniens et homosexuels.
C'était un weekend au soleil d'hiver, parfait pour circumnaviguer dans la ville, flâner d'antiquaire en antiquaire.On a pris des verres dans des cafés à la Wallpaper ou à la Tropic Café, et parlé des vacances à Tokyo. A un moment, et sans surprise, ChelseaBoy a été trop fatigué pour sortir.Après, j'ai repris la vie de tous les jours, tranquillement vaine. Par exemple j'ai deux petits amis mais pas de sexualité.

A1: Récemment, mes amis se sont mis à m’offrir du chocolat. Il y a eu la tablette de ménage donnée avant son départ par A…, une stagiaire, la taciturne spécialiste des conflits gelés et qui, peut-être, avait un béguin pour moi.
A2: Rutger a pioché du chocolat de cartoon, bio, — une tablette parmi des dizaines d’autres inexpliquablement posées au milieu du bordel insondable de la petite chambre de grande banlieue. C’est le soir où il m’a embarqué, comme dans Miyazaki, en vélo depuis la demeure sur le canal, qui avait brulé.
A3: Lors de leur venue, ChelseaBoy et ChelseaHusband m’ont porté des palets de chocolat pour le thé, londoniens et homosexuels.
B1: C’était un weekend au soleil d’hiver, parfait pour circumnaviguer dans la ville, flâner d’antiquaire en antiquaire.
B2: On a pris des verres dans des cafés à la Wallpaper ou à la Tropic Café, et parlé des vacances à Tokyo. A un moment, et sans surprise, ChelseaBoy a été trop fatigué pour sortir.
B3: Après, j’ai repris la vie de tous les jours, tranquillement vaine. Par exemple j’ai deux petits amis mais pas de sexualité.

What were they thinking?

February 20th, 2008

«Le pape Benoît XVI a proclamé 14 nouveaux saints et 563 nouveaux bienheureux depuis le début de son pontificat, en avril 2005, selon des statistiques publiées, lundi 18 février, par le Vatican… Il s’agit “d’un chiffre considérable”, correspondant “à près du tiers des canonisations et béatifications faites par Jean Paul II en près de vingt-sept ans de pontificat”, a souligné le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la congrégation pour la cause des saints, lors d’une conférence de presse.» C’est malin d’avoir pris un pape allemand, les gars à la Curie ils bossent comme des damnés! Alors stop les cadences infernales sur la béatification! Qu’il aille au diable avec ses procès à la con!

Sinon, j’apprends qu’une PRADA est une «personne ressource pour l’accès aux documents administratifs». Une fois encore, je postule pour être l’homosexuel en charge des acronymes administratifs.

Egalement, je voulais parler de la «cuisine du placard», la rubrique gay d’«Elle à table». Le concept est d’employer des ingrédients très simples qu’on a toujours tous chez soi (boulgour, gingembre confit, huile de ricin, jambon d’oie, CD de Cher, etc.). Cette rubrique irrite beaucoup ma grand’mère parce qu’elle utilise à l’envi des mots nouveaux / fictifs (cf. fusion-food) et que malgré leur caractère encyclopédique, ses placards ne contiennent pas tout ça. Je la soupçonne un peu de remplir ses placards de toutes les innovations langagières et alimentaires mensuelles de la «cuisine du placard», juste pour assurer.

quiproquo

February 17th, 2008

D’après Michel Drucker, «Le service public, c’est montrer aux gens ce qu’ils aiment ou pourraient aimer». J’aurais pourtant juré que c’était la définition de la démagogie. What got me wrong?

Dans les primaires du Potomac, Obama et McCain sont de clairs gagnants. Clinton voit l’élan, le fameux momentum, lui échapper, et joue sur plusieurs registres à la fois: quelques pubs (un peu) négatives sur Obama dans le Wisconsin, prochainement en jeu; le pari sur les grands Etats des primaires de début mars, Ohio et Texas (le genre de stratégie qui avait été fatale à la campagne de Giuliani); l’envoi partout de sa fille Chelsea, apparemment populaire chez les jeunes. Tant qu’on en est à l’exploitation éhontée du retour des années 90, il devient quoi, le chat Socks?

Votre chat achéterait Qwiskas. D'ailleurs, si on lui d'mandait, il s'léverait sur ses p'tites pattes de chat, et il irait s'le chercher son Qwiskas. Au lieu de ça, il passe son temps à jouer au babyfoot, à fumer des gros pétards, et à sauter au plafond. Les chats, c'est que des branleurs.

«I'm Hillary Clinton and I approve this message.»

«Coast to coast»

February 12th, 2008

Aux Etats-Unis, Obama a rafflé toute la mise des primaires du week-end. Il mène aussi sur le front du financement de la campagne. La campagne de Clinton tente de faire bonne figure, alors qu’elle fait pour la première fois la course en deuxième position (si l’on ne compte pas les super-délégués, siégeant à la convention ex officio). Le Texas, prochaine grande étape («après les primaires du Potomac»), pourrait être déterminant.

Huckabee arrondit son petit pactole sudiste et continue sa campagne, même si à ce stade il lui faudrait 93% des votes dans tous les Etats restants pour l’emporter. Mais il a une formation «pas en comptabilité, mais en miracles». Il reste modéré dans sa critique de McCain, qui gagne donc à ce stade sur deux plans: pas de tiers candidat sur sa droite, et plus de crédibilité au centre.

Gore won't endorse

En France, c’est bientôt les présicipales. Freedonia, le roadmap de la durabilité, commence une courte série de cartes pour comprendre ce qui va se passer. Foin de Martinon, fi de tous les rapports Attali, il faut repartir de la «vague bleue» de 2001 (que l’on comparera à la carte France de gauche, France de droite). L’UMP avait alors conservé plusieurs bastions dans de grandes villes, et emporté sur la gauche un ensemble de villes moyennes (Caen, Beauvais, Montauban, Blois…). C’est sur ce terreau local et sécuritaire que Chirac avait sauvé les meubles (trop de métaphores?) en 2002. La gauche part donc, toutes choses égales par ailleurs, favorite dans un scrutin où elle ne peut que progresser. Trois questions semblent plus intéressantes:

- au sein de la gauche, le PCF peut-il se refaire une petite santé, à quel point sont érosion dans la banlieue parisienne va-t-elle se poursuivre?

- De même: dans les majorités de gauche qu’ils soutiennent (on voit qu’ils ne dirigent qu’une municipalité de plus de 25.000 habitants, Saumur), les Verts peuvent-ils être sanctionnés pour leurs errements et leurs divisions, alors même que le PS ne semble pas parti pour?

- avec sa stratégie de majorités locales (établies sur de pures bases de politique politicienne dites, à la Edgar Faure, «majorités d’idées») et de petites ambition, le MODEM peut-il donner un ancrage local à son indépendance affichée? Ou va-t-il simplement disparaître là où ses racines étaient les plus profondes: Lyon, Strasbourg?

(cliquer)

«It's not over yet.»

February 6th, 2008

Le super-mardi est vraiment super, du point de vue du spectacle. D’abord, comme le signale Ivan, grâce aux merveilleuses infographies qu’il occasionne (voir la vidéo plus bas). Ensuite parce que ça va continuer.

Côté républicain certes, McCain a pris une avance décisive (et probablement définitive) mais Romney et Huckabee vendront chèrement leur peau; le dernier, qui dans un vote à la Wallace remporte tout le Sud mais rien que le Sud, et un beau petit paquet de délégués, a déclaré que c’était bien une course à deux, «but guess what? We’re in it».

Côté démocrate c’est plus confus, donc plus ouvert et plus rigolo pour les turfistes. Clinton a remporté comme prévu les grands Etats, mais Obama fait une excellente performance dans le Sud (grâce au vote noir) et ici ou là; comme le scrutin est proportionnel et les votes presque partout serrés, il est encore tout à fait dans la course, peut se prévaloir d’un «élan» et d’une victoire dans un plus grand nombre d’Etats. Le combat demeure ouvert encore quelque temps.

A signaler enfin, le débat qui anime le camp démocrate sur le sujet-clé de l’assurance-maladie. 47 millions d’Américains (un sur six) n’en a pas. Les deux sont d’accord pour empêcher le refus d’inscription par les assurances à cause d’une santé déjà défaillante (on croit rêver en lisant ça… Bienvenue dans le pays des forces vives et de l’esprit d’entreprise.) et sur un panier de soins de base amélioré.
- Clinton propose une inscription obligatoire, ce qui aménerait notamment à faire cotiser les «bons risques» (dont l’intérêt économique est de rester hors système). L’objection majeure – en écho d’ailleurs à l’échec de Clinton de 1993 – est celle du comment: comment attraper ceux qui malgré tout ne s’inscrivent pas? par des amendes?

- Obama concentre son propos sur le coût des soins (le plus élevé au monde). Il propose une obligation d’assurance pour les enfants seulement, et une aide publique à la cotisation qui permettrait de couvrir… beaucoup de monde, mais pas tout le monde. Clinton pointe bien sûr cet effet de seuil.
Je ne suis pas sûr d’avoir compris tous les tenants et aboutissants, mais il y a un bon article de Krugman ici.

«Our time has come»

«The L Word»

February 5th, 2008

Il y a longtemps maintenant à la Java, la célèbre boîte d'électrocookies.ComitéCentral mixait live en costume de dauphin.Les rumeurs couraient sur les mignons d'Henri III.
On plaisantait: «Ce serait marrant si le videur des chiottes se mettait à filtrer comme en haut: 'désolez, vous avez pas des chaussures correctes, pas possible'.»LzMry présentait sa nouvelle coiffure.La PELTAG attribuait le premier prix au comice agricole de looks.
A M@@stricht, un peu après, une réunion franco-ruritanienne de 45 Jeunes Talents et de François B2.«Ton problème, c'est de toujours avoir au bord des lèvres ce que tu penses.»«Tu veux pas que j'te fasse ton media-training, ça s'rait géniaaal!»
A Liège, une promenade avec deux vieilles dames. Des anecdotes sur le peket, les soupes à l'oignon après le théâtre, la corruption de politiciens d'antan, l'ex-quartier espagnol, les boutiques antiques et les passages piéton. Aussi, quelques demi-mots sur le deuil et l'absence.Valéry a écrit que l'Europe après-guerre rêvait d'être gouvernée par une commission américaine; la Belgique a rêvé d'être une grande ville américaine, elle a comblé les vides des bombardements avec des voies rapides, et abattu ce qui tenait encore debout.Mais s'il est à l'image de la gare, le Liège qui sort de terre à nouveau ne manquera pas d'allure.
Et à Bruxelles, les doutes de LzMry sur sa lettre de motivation et sa motivation à être amoureuse.De retour en Ruritanie, rôde le sentiment étouffant que mon statut signe mon enfermement avec l'aigreur, l'amertume et la désillusion bornées et contagieuses des collègues.Et j'ignore si j'ai en moi les ressources d'ambition ou de talent, ou simplement le répondant physique pour m'en extraire.
De la réunion de M@@stricht aussi je réalise ceci, que je vis beaucoup sur l'illusion que je suis plus conscient des problèmes (notamment écologiques), et plus courageux pour faire les sacrifices qu'ils appellent. Mais c'est cela: une erreur d'ego. Et je n'ai encore nullement fait la preuve que je sais mieux mettre en oeuvre le changement qu'ils impliquent.Parallèlement, la rémanence de mon dilemme amoureux fétiche: rester avec et s'ennuyer ou plaquer et culpabiliser.Dilemme qui admet, temporairement, des voies de contournement.

A1:Il y a longtemps maintenant à la Java, la célèbre boîte d’électrocookies.
A2: ComitéCentral mixait live en costume de dauphin.
A3: Les rumeurs couraient sur les mignons d’Henri III.
B1: On plaisantait: «Ce serait marrant si le videur des chiottes se mettait à filtrer comme en haut: ‘désolez, vous avez pas des chaussures correctes, pas possible’.»
B2: LzMry présentait sa nouvelle coiffure.
B3: La PELTAG attribuait le premier prix au comice agricole de looks.
C1: A M@@stricht, un peu après, une réunion franco-ruritanienne de 45 Jeunes Talents et de François B2.
C2: «Ton problème, c’est de toujours avoir au bord des lèvres ce que tu penses.»
C3: «Tu veux pas que j’te fasse ton media-training, ça s’rait géniaaal!»
D1: A Liège, une promenade avec deux vieilles dames. Des anecdotes sur le peket, les soupes à l’oignon après le théâtre, la corruption de politiciens d’antan, l’ex-quartier espagnol, les boutiques antiques et les passages piéton. Aussi, quelques demi-mots sur le deuil et l’absence.
D2: Valéry a écrit que l’Europe après-guerre rêvait d’être gouvernée par une commission américaine; la Belgique a rêvé d’être une grande ville américaine, elle a comblé les vides des bombardements avec des voies rapides, et abattu ce qui tenait encore debout.
D3: Mais s’il est à l’image de la gare, le Liège qui sort de terre à nouveau ne manquera pas d’allure.
E1: Et à Bruxelles, les doutes de LzMry sur sa lettre de motivation et sa motivation à être amoureuse.
E2: De retour en Ruritanie, rôde le sentiment étouffant que mon statut signe mon enfermement avec l’aigreur, l’amertume et la désillusion bornées et contagieuses des collègues.
E3: Et j’ignore si j’ai en moi les ressources d’ambition ou de talent, ou simplement le répondant physique pour m’en extraire.
F1: De la réunion de M@@stricht aussi je réalise ceci, que je vis beaucoup sur l’illusion que je suis plus conscient des problèmes (notamment écologiques), et plus courageux pour faire les sacrifices qu’ils appellent. Mais c’est cela: une erreur d’ego. Et je n’ai encore nullement fait la preuve que je sais mieux mettre en oeuvre le changement qu’ils impliquent.
F2: Parallèlement, la rémanence de mon dilemme amoureux fétiche: rester avec et s’ennuyer ou plaquer et culpabiliser.
F3: Dilemme qui admet, temporairement, des voies de contournement.

«Si, se puede»

February 5th, 2008

Quand même ce caillou de duplicité trempé dans la morgue, Devedjian, reconnaît que les législatives de ce weekend sont un signal de mécontentement de l’électorat, on sait qu’on tient le bon bout. Raffarin (qui mettait la primature au niveau des «Grosses Têtes» et raisonne donc comme un patron-taxi) pointe du doigt sa némésis actuelle, Attali, auteur de rapports bien habillé. Il est vrai que la circonscription de Chartres, comme toute l’ultra-banlieue ouest à laquelle elle se rattache, était solidement ancrée à droite et a basculé à gauche; mais Royal y avait, déjà, marqué quelques points et son urbanisation croissante la détache, peu à peu, de son fond électoral lourd comme le trait d’un beauceron.

A Clamart en revanche, pas de grande surprise évidemment; même si l’organisation d’un second tour au résultat lui-même serré, dans ce heartland pasquaïo-sarkozyste, est, en soi, plutôt un signe de reprise du vote de gauche.

J’ai lu quelque part que si le PS l’emportait trop largement aux élections locales du mois prochain, il se reposerait une foi de plus sur ses lauriers et renoncerait à sa «refondation». Sur le caractère néfaste de cette prédiction (qui ne me semble pas absurde, par elle-même), je suis un peu ambivalent. D’abord parce que j’ai toujours eu du mal à détester l’accoucheur de statu quo idéologiques, François Hollande; il a au moins eu le recul et les vannes pour lui, et a quand même emporté quelques victoires qui nous ont fait plaisir (les régionales de 2004 notamment) — contrairement à son ex- et à Manuel Valls, dont on attend, de part et d’autre toujours, le premier succès et le premier trait d’humour. (il est vrai que Manuel Valls a été pour le «non» au référendum, mais pas jusqu’à faire campagne pour. Ou peut-être était-ce justement de l’humour?) Ensuite, pour ce qu’une clarification idéologique se ferait plutôt dans le sens d’une blairisation que d’une emmanuellisation du Parti, surtout si le Modem, comme cela semble possible, fait des scores honorables et/ou passe alliance avec les socialistes.

«Inventons la vie qui nous ressemble, la vie qui nous rassemble.»

Sinon, Romney a emporté une victoire dans le Maine, et ce soir tombent les résultats du super-mardi. Le suspense est comble, les nerfs sont en pelotes, et en plus comment on va faire s’il faut se lever de nuit pour savoir les résultats hein? Bref, c’est le bon moment de passer Charles Aznavour et Patrick Sabatier:

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