En Rhénanie-du-Nord – Westphalie, les élections ont renvoyé dans ses buts la majorité sortante chrétienne-libérale (c’est le plus mauvais score de la CDU dans cet Etat depuis sa création, et aussi une belle rouste pour le FDP après son triomphe aux législatives), sans pour autant fournir une avance suffisante aux sociaux-démocrates. La coalition qui tient la cote semble être le feu tricolore ou Ampel (Verts-FDP-SPD), la coalition rouge-rouge-verte de gauche plurielle (également possible, au plan arithmétique) semblant encore top aventureuse aux uns et compromettante aux autres.
Du coup, la majorité nationale CDU-CSU-FDP est en passe de perdre aussi sa majorité à la chambre haute. Il faut rappeler qu’au Conseil fédéral, les gouvernements régionaux expriment leur vote d’un seul bloc, et compte tenu d’un accord trouvé au sein de chaque coalition dans chaque Land. A défaut, ils s’abstiennent, ce qui revient à voter contre.


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A1: Au départ, la soirée électorale était grandiose et éblouissante comme Westminster. On attendait les 10 coups de Big Ben pour annoncer les sondages sortie des urnes. Tout évoquait la belle tradition de démocratie: la course poursuite du dépouillement à Sunderland pour annoncer les résultats les premiers, les candidats à badges capitonnés en rang sur l’estrade, un service public audiovisuel élégant et ironique.
A2: Les infographies géniales étaient de retour, le swingometer, la mosaïque de circonscriptions, le Michel Chevalet briton.
A3: Et puis très vite, tout s’est retrouvé dans un état proche de l’Ohio. Le parangon de démocratie manque de bulletin et refoule des électeurs; la projection de 22 heures est remise en cause dès son annonce; le swingometer n’est indicatif de rien; les éléphants travaillistes et les barons tories se prostituent pour une coalition avec les Lib-Dem comme dans une vulgaire proportionnelle à la belge.
En fin de compte, le Parti conservateur progresse en voix et en sièges, mais point encore assez. Les Lib-Dem, après une campagne tambour battant et une certaine complaisance des médias pour Nick Clegg, reculent en sièges. (Il faut noter au passage que les 5 élus du Sinn Fein ne sièges pas, ce qui fait baisser d’autant le seuil à atteindre.) Faute de majorité simple dans ce hung parliament, les hypothèses les plus plausibles sont, soit une alliance des conservateurs et des libéraux-démocrates (qui me semble bien lointaine, après une campagne acrimonieuse et vu leurs positions sur tout, des impôts à l’Europe, aux institutions) soit plutôt un gouvernement minoritaire tory appuyé notamment sur les unionistes nord-irlandais du DUP. Les télés font un peu durer le plaisir en parlant de la vaste et fort improbable alliance Travailliste / Lib-Dém / nationalistes écossais (SNP) et gallois (Plaid Cymru, plus la toute nouvelle et première députée verte de Brighton.
Jeudi soir, la discussion était au first go dans le cas d’un parlement sans majorité: dans le système britannique, le premier ministre conserve son poste de plein droit tant qu’il n’est pas établi qu’il n’a plus la confiance de la Chambre. Il a donc l’initiative – en l’occurrence, de faire ou non les valises. Le suivant est le leader du parti ayant remporté le plus grand nombre de sièges, qui a ensuite le droit de tenter sa chance.

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