Fratricide

July 20th, 2008

En novembre à Reims, les socialistes vont faire ce que les socialistes font le mieux: compter (en commençant par l’opération de la division). Freedonia, le rassemblement de toute la gauche, démarre donc une belle série sur l’histoire de haines, de trahisons, de votes ceausesciens dans les sections, qui est celle des congrès du PS.

Cette fois-ci, un petit schéma d’ensemble pour s’y retrouver dans les tendances actuelles du Parti. Il est vaguement organisé de gauche à droite, même si les différences idéologiques sont assez limitées puisque tout ce petit monde a voté les crédits de guerre en 1914 (sauf Poperen qui était déjà mort et aurait déjà été contre). On y constate la dispersion de familles jadis importantes à la gauche du Parti, comme la GS (Dray est aujourd’hui chez Hollande) et le NPS (Peillon est chez Royal, Montebourg a son compte, Hamon en tandem avec Emmanuelli), et celle parallèle des nonistes. On aperçoit deux axes disparates :
- les reconstructeurs, assemblés par leur jugement (tactiquement) critique de la direction actuelle et leur hostilité (tactique et parfois idéologique) à Royal et Delanoë; hormi cette commauté de haines, le mouvement va de la carpe au lapin.
- Au centre droit du parti, les sociaux-libéraux, ségolénistes ou delanoïstes, qui maintiennent plus les ponts qu’ils ne veulent l’admettre, notamment avec le club Nouvelle Voix de Gorce (ex-mitterrandiste, ex-fabiusien).

Les plus grandes familles (strausskahniens, fabiusiens, ségolénistes, delanoïstes) ont par ailleurs toutes participé, stratégiquement, à la contribution écolo, la préemption des thèmes des Verts faisant consensus. Plus bizarre, entre implosion, jeu perso de Moscovici et coups à trois bandes de Cambadélis, l’essaimage des forces vives de DSK un peu partout. (Faute de place, de réel talent graphique et de saisie de leur visée, je n’ai pas fait figurer la contribution solo et étrange de Lebranchu ni la blague absurdiste de Jacques Fleury).

Côté logos, sans surprise, beaucoup de rose et de roses. Royal s’en tient aux linéales branchées; la contribution Hamon/Emmanuelli a un logo curieusement marketing.

Roses are red / Violets are blue / I don't like Ségolène / Do you? (cliquer ici)

Mille plateaux

July 6th, 2008

Bientôt, bientôt, se produit un de ces vaudevilles parisiens qui font la Tradition française, une intrigue de palais pour Cortegiani germanopratins, dans le genre campagne pour l’Institut et politique éditoriale de Grasset, un événement attendu des orphelins de la Quatrième, c’est-à-dire, le lectorat de Freedonia, le Rassemblement des gauches républicaines et de la gauche démocratique; à savoir, le renouvellement du Sénat et l’élection de son président.

Sur le premier, on ne peut que louer le conservatisme de ces vieux messieurs qui ont décidé de ne pas modifier leur mode de scrutin (majoritaire dans beaucoup des départements, et dans des collèges électoraux sur-représentant les petites communes), afin d’assurer que le Sénat continue de représenter autre chose que les gens : la patrie, le terroir, les valeurs, l’en-bas, on ne sait pas trop mais quelque chose qui n’alterne pas. Par un tour passe-passé inaperçu, ils ont également, en réduisant le mandat sénatorial à 6 ans (à partir de 2008), prorogé tout le monde d’un an, pour la route. Un an, quand on en a en moyenne 61 — contre 39 pour la nation — c’est le commencement de l’éternité et la garantie qu’on peut devenir encore plus sage.

La sagesse n’est d’ailleurs pas la qualité qui manque le plus au président Poncelet, en dépit de la fréquentation assidue, jadis, de sa secrétaire — à qui la mansuétude qui double sa sagesse avait fait trouver un job aux P&T — et, plus récemment, de Christophe Lambert et de mafiosi roumains. 80 ans au compteur, le sénateur des Vosges n’a pas l’intention de décrocher, en dépit de la rude concurrence qui pointe son nez: Jean-Pierre Raffarin, sur une ligne de synthèse entre l’humanisme luc-ferryien, l’almanach Vermot, et la critique bidon du pouvoir en place; l’ancien sous-ministre des jaunes, Gérard Larcher, candidat dudit pouvoir; et probablement un ou deux traîtres centristes (tautologie) en embuscade.

De fait, comme le montre le camembert, la majorité est déjà relative pour l’UMP. En dépit de la mitigation par le mode de scrutin des résultats «vague rose» des dernières municipales, cantonales et régionales, la gauche va progresser en septembre. Le centre pourrait alors vendre au prix le plus élevé son soutien.

Juste pour la route, je veux dire que je trouve très sénatorial le président du groupe radicalo-radical RDSE Pierre Laffitte. Quelque chose entre le vieux beau et le cabotin de théâtre sur le retour, sur le retour depuis assez longtemps. J’aime tout de lui : son sourire faux comme une photo Harcourt; sa cravate motif dégueulis offerte par Edgar Faure au banquet radical de 1978; la rosette obtenue à sa troisième réélection à la présidence de l’Association franco-allemande de la science et de la technologie ; les lèvres jouisseuses qui me font penser à la menace de la manif de prostituées de 2002, devant le palais du Luxembourg, de révéler la liste des clients. M. Laffitte est sénateur depuis 1985. Ne change pas, je t’aime comme tu es mon biquet.

Dans un fauteuil.

Gauches et pluriels

July 6th, 2008

J’ai traîné à réaliser ce camembert. Il montre assez bien comment, entre 2001 et 2008, Delanoë a grandi surtout aux dépends de ses alliés, et en particulier les Verts — qui n’ont, il est vrai, qu’eux-mêmes à blâmer pour leur manque de lisibilité électorale, de solidarité majoritaire, et de sens tactique (par opposition, par exemple, aux radicaux de gauche; pléonasme). Egalement, une bonne illustration locale de l’effet du mode de scrutin majoritaire et des combinazione d’entre-deux-tours sur le MoDem et, par comparaison, sur le Nouveau Centre. Qu’importent les voix, pourvu qu’on ait l’allié.

«Un temps d'avance»

Légume

July 2nd, 2008

Accaparée par son vrai travail réel direkt now, et accablée par une vie personnelle de merde, la rédaction unipersonnelle de Freedonia, la voix du Nord, n’alimente pas beaucoup ce blog. Mais comme les partis politiques macédoniens ont déployé des efforts considérables pour jouer à la démocratie et que leurs logos tous neufs déchirent, elle (ou je, tout est affaire de schizophrénie) ne pouvait(s) pas laisser les récentes élections là-bas. Ni les ré-élections d’ailleurs, car il y a eu re-vote, le premier scrutin ayant été entaché de vilenies vraiment indignes de l’Europe, la patrie de Jean Tibéri.

Tout ça pour dire que :
- les cartels, fondés pour l’essentiel sur le népotisme, la pulitichella, le renvoi d’ascenseurs et de prébendes, et l’alliance d’occasion d’identités ethniques et/ou cantonales, sont des coquecigrues idéologiques remarquables même pour les Balkans. L’un aboute les sociaux-démocrates et deux genres de libéraux; l’autre: les conservateurs, les chevénementski et une variété d’intérêts très très locaux. Après, et sur des bases également saines, il faut choisir un parti albanais (en vert sur le camembert) pour former un gouvernement.
- grâce à l’argent du trafic de drogues, de femmes, et de chanteurs néo-discos, et peut-être au parrainage des grands partis allemands (toujours prompts à suggérer une nouvelle déco, généralement orange), les Macédoniens ont tous pu s’acheter des logos neufs, proclamant uniformément leur amour de l’Europe (les étoiles), de la patrie (le soleil), de l’intégration (ethnique, euro-atlantique; ne pas confondre avec «intégrité»), et des polices linéales. Résultat, l’indistinction de logos lisses à faire frémir d’aise François Bayrou.

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