Tout est vrai.

October 26th, 2010

Une liste de choses à faire au plus une seule fois dans vie:
- suivre des leçons de conduite,
- assister à une réunion de copropriété,
- répondre à l’invitation de la secte d’à côté, la Nouvelle Aurore, pour un vernissage,
- se faire embarquer au poste à Manama (Bahreïn),
- aller à un meeting de Sark¤zy et Jean-François C¤pé,
- attendre son tour d’être reçu à la CAF,
- venir pour une réparation au SAV de la Fnac-Forum un samedi après-midi,
- prendre un taxi conduit par un témoin de Jéhovah,
- être promis en mariage à la fille du chef d’un clan Toraja,
- arriver en retard à la consigne de la gare d’Amsterd@m.

Les laïcs Jaunait

October 15th, 2010

En Lettonie, après la diète, la diète. L’hégémonie des conservateurs de la Nouvelle Ère (Jaunais Laiks) sur la droite continue de s’affirmer, au sein de leur nouvel attelage électoral, Unité (Vienotiba), aux dépens de leurs alliés de la coalition sortante. Ce sont pour autant les deux blocs du centre-gauche, Le Centre Harmonie (Saskanas Centrs) et L’Union des Verts et des Paysans (ZZS) qui empochent la mise et devraient former le nouveau gouvernement, peut-être avec un soutien «à la slovaque» des réactionnaires pasquaïdes de Pour la patrie et la liberté-Mouvement national d’indépendance lettone (TB-LNNK). Pourquoi? On ne sait pas, et on s’en fout un peu, rappelons-le, de la politique lettone.

Pas une raison, néanmoins, pour n’en pas dire plus. Car pour continuer dans la veine canularde, la Lettonie est un peu le règne des poupées russes, de l’apparentement de confédérations, genre RGR. C’est la petite IVe République de la Baltique, comme on l’appelle chez nous, à Freedonia (la troisième force). Elle a d’ailleurs eu trois gouvernements en quatre ans.

Quelques exemples de confédérations UDF-style:
- le tout nouveau Parti social-démocrate Harmonie (qui a fusionné en début d’année trois mouvements de gauche) se regroupe à nouveau avec le Parti socialiste et un parti local pour présenter des listes intitulées, Centre Harmonie (nuance) donc, leur étiquette électorale du moment. A tel point que le Parti Harmonie n’a pas de site internet à lui, et que c’est vachement dur de trouver son logo personnel.
- la fus-ac Parti Lettonie d’abord / Voie Lettone (LPP/LC), apparentement conservateur testé en 2006, a proposé ce coup-ci une magnifique ouverture de capital, en forme de coup de l’accordéon, aux libéraux du Parti populaire (Tautas Partija) et autres faire-valoir patronaux d’intérêt local et limité genre Ogres Novadam, au sein de la liste Pour une bonne Lettonie! (Par Labu Latviju!, car qui est pour une mauvaise Lettonie hein? salauds de bolchéviks…)
- la droite extrême TB-LNNK fleurte de près avec l’extrême-droite vraie de vraie, Tout pour la Lettonie (Visu Latvijai!). «Recyclage pour fachos», comme disait Dominique Voynet du RPF, dont on ne sait s’il ira jusqu’à ouvrir, le mois prochain, les portes du cabinet aux apologues de la division SS Lettland.

Pourquoi cette multiplication kaléidoscopique quasi-nauséeuse des degrés de connivence politique se fait au bénéfice de noms dignes de sectes québécoises (Centre Harmonie, Nouvelle Ère, etc.)? Mystère. Je ne peux m’empêcher de louer, en revanche, l’inventivité graphique réelle de tout ce petit monde (genre, choix du vert par un parti réactionnaire – même si le swootch de crayon dans la case du bulletin est assez ringard-, et le simplissime mais réussi logo-cible de PLL). Les logos des écolo-agrariens et des hitléro-pétainistes du cru sont des petits chefs-d’œuvre dans le genre difficile: emblème d’apparentement; les laborieux voisins suédois gagneraient à s’en inspirer. Regrets éternels, en revanche, pour le parti russophone PCTVL, dont le logo Maya l’Abeille avait le panache et le ridicule d’un parti communal italien.

Vallée de larmes

October 2nd, 2010

Freedonia, la vague prospective, a bêtement laissé passer les élections libanaises de l’an dernier. S’il n’y a pas grand chose de neuf depuis 2005, ni dans la répartition d’ensemble du Parlement, ni dans les logos qui restent un mélange heureux de ringardise et de néo-bling-bling, c’est l’occasion de faire le point sur qui vote quoi où.

Au Liban en effet, les sièges sont alloués à chaque communauté et sous-communauté religieuse, sur la base d’un recensement obsolète où Chrétiens et Musulmans de tous accabits étaient en stricte(s) parité(s), moitié moitié puis entre sous-groupes. En pratique, chaque clan a son petit coin d’(Anti-)liban à lui tout seul. Hariri fait fort chez les Sunnites, les Geagea, Aoun, Chamoun et autres Gemayel se disputent les voix des Chrétiens maronites, Amal et le Hezbollah dominent chez les Chi’ites comme le PSP de Djoumblatt chez les Druzes (Musulmans ismaéliens, ayant joué jadis le rôle de Tchétchènes de l’effroi pour Napoléon III), et ainsi de suite. Si j’ai bien compris, les sièges sont élus au scrutin de liste, le système de larges apparentements permettant généralement * à l’un ou l’autre bloc de rafler toute une circonscription.

On pourrait croire que c’est le règne du chacun chez soi, et que les seuls changements tiennent aux renversements opportunistes d’alliance (comme le regroupement des blocs Aoun et Hezbollah+, dans une vaste opposition pro-syrienne). Siège par siège, c’est pourtant un peu plus compliqué que ça: le Hezbollah emporte des sièges  sunnites voire  maronites, le PSP représente un peu tout le monde, etc. Pourquoi? Je ne sais pas. Peut-être qu’il y a des maronites qui n’en veulent plus à Djoumblatt d’avoir mangé leurs enfants il y a cent ans. Peut-être que la démographie fictive fait que des sièges nominalement X sont en fait élus dans la communauté Y. Peut-être que c’est encore plus compliqué que ça, ce qui reste encore l’hypothèse la plus probable.

* Deux circonscriptions réparties entre les deux blocs se sont glissées dans ce Liban de 2009. Sauras-tu la reconnaître?

«Nul n'est plus grand que son pays»

(cliquer ici pour voir la carte)

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