Freedonia

«Come on every Baudis»

Hier, pour fêter l’arrivée de l’internet chez moi, j’ai maté les discours lensois des candidats à l’investiture socialiste pour la présidentielle. Au plan rhétorique, il est assez net que Fabius et Lang ont le plus de métier et de feu, peut-être parce qu’ils ont le mieux observé le maître (cf. le coude posé sur le pupitre, le ton de confidence, normalement suivi d’une envolée néo-marxiste) — le premier étant, comme l’a relevé la presse, sur une touche personnelle assez forte: comment ne pas être ému par une citation réussie de Jaurès, par l’évocation des belles causes du socialisme et de la France «qui méritent qu’on y consacre sa vie», là où les autres énumèrent platement «Jaurès-Blum-Mitterrand-Jospin»? La prestation est aussi celle qui cite le mieux, le plus intelligemment et élégamment, les concurrents à l’investiture.

Lang donne une bonne prestation, mais est-il le plus crédible pour parler, d’ailleurs bien, de la misère populaire, des «fins de mois qui tombent le 15»? Jospin, Strauss-Kahn, Aubry: par ordre décroissant de vision d’ensemble et de projection d’idées, des discours peu agréables dans un langage de techno sans empathie. Je reste assez déçu par DSK, plus punchy et marquant que ça habituellement. Reste Ségolène Royal: pour l’essentiel, la regarder laisse une sensation inconfortable de spectateur de grand oral de l’ENA, avec les clichés et les idées convenues et approximatives; sauf (la presse l’avait dit, et c’est réel et frappant) une vraie éloquence et un vrai souffle de gauche dans le morceau (testé chez Montebourg et ailleurs) sur le désarroi et la tentation du repli xénophobe de ceux qui ne peuvent se projeter, et leur famille, dans l’avenir (peu bien sûr est dit sur les solutions de gauche à la vraie question). Pas l’humilité montrée par Fabius. Et un peu court pour une présidente.
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Yesterday, to celebrate the coming of the Internet to my place, I watched the speeches in Lens of the candidates in the Socialist primary. Rhethorically, it’s pretty clear that Fabius and Lang are the most experienced and inflamed, maybe because they observed the Master most closely (an elbow on the pulpit, the tone of confidence, normally followed by a neo-Marxist soaring) — Fabius adding, as noted by the media, quite a strong personal touch: how not to be moved by a successful quotation of Jaurès, evoaking the beautiful pleas for France and Socialism “worth devoting one’s life”, where the others flattly quote “Jaurès-Blum-Mitterrand-Jospin”? The intervention also quotes best, most smartly and elegantly, the competitors in the primary.

Lang gives a good bite, but is he most credible to talk, however well, of underclass misery, of “months ends on the 15th”? Jospin, Strauss-Kahn, Aubry: is reverse order of global vision and ideas projection, rather unpleasant moments of unempathical techno-speak. I remain quite desappointed by DSK, normally more vigorous and striking than that. Then there is Ségolène Royal: most generally, watching her leaves you with the uncomfortable feeling of the audience of ENA’s “grand oral”, with the clichés and easy, blurry thinking. Except (so said the press, and it’s true and striking), her true eloquence and left-wing impetus in her bite (already tested at Montebourg’s Rose Party and elsewhere) on the disarray and temptation of xenophobic withdrawal of those unable to throw themselves in the future (little is said, of course, of left-wing solutions to this apt question). Not the humility displayed by Fabius. And a tad short for a President.

«Boudu boudu con Baudis descends de ton balcon, arresta ton charadis, come on every Baudis!»

C’est jeudi, c’est Sarkozy. Deuxième volet de la série de Freedonia, l’infographie de l’esprit de mai, sur les élections de l’an prochain: Midi-Pyrénées. OK, PrinceParano et Luc n’ont rien demandé mais j’ai répondu à ses désirs secrets. Et puis, là encore, c’est intéressant de voir l’érosion de l’UDF dans un de ses fiefs (celui des Baudis), de même à vrai dire que celle du radicalisme-cassoulet. Le PRG a perdu un conseil général (le Lot) au profit du PS, et plus souffert des revers de la gauche (1993, 2002), même s’il a pris la seule circonscription gagnée dans la région par la gauche dans sa défaite de 2002: l’ex-implantation de Douste, qui en Hautes-Pyrénées comme feu le comte de Paris dans sa famille, ne leur laissera que de la haine.

La région de Jaurès (Quilès est son lointain successeur dans la 1ère du Tarn: Carmaux), de Jospin, et de la «Dépêche» reste le point d’ancrage du «Midi rose» A cet égard, il faut noter que les Verts (G. Onesta est leur «star» locale) ne se sont pas entendus avec la gauche PC-PS-PRG pour le second tour des régionales, si bien qu’ils n’ont pas d’élu à cet échelon malgré d’assez bons scores. Comme dans l’ensemble de son histoire républicaine, Midi-Pyrénées n’enregistre donc qu’avec un temps de retard les innovations politiques, y compris l’émergence des Verts.
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It’s Thursday, it’s Sarko-day. Second episode in the series of Freedonia, the Spirit of May infographics: Midi-Pyrénées. Well OK, neither PrinceParano nor Luc asked for anything, but I’ve answered their secret desires. And then, here again, it’s interesting to see the erosion of centrist UDF in one of its strongholds (the Baudis family’s), as well as that of “cassoulet” Radicalism. The Left Radicals Party (PRG) has lost one departement council (Lot) to the benefit of the Socialists, and has suffered more severely of the left’s downturns (1993, 2002), though it scored the only gain of the left in the region in its ‘02 General Election defeat: Douste-Blazy’s ex-constituency, for he will leave in Haute-Pyrénées, just like the late Count of Paris in his family, “only hatred after himself”.

The region of Jaurès (Quilès comes as a remote follower in Tarn-1 constituency: Carmaux), Jospin, and the newspaper, the “Dispatch”, remains the anchor point in the “pink south”. On this should be noted that the Greens (the MEP G. Onesta is their local “star”) did not merge with the Socialists-Communists-Radicals left in the regional election, so that they get no seat at this level in spite of a rather good show. Just like all along its Republican history, Midi-Pyrénées registers only with delay political innovation, including the emergence of the Greens.

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