LBJ for USA

January 31st, 2008

On y voit un peu plus clair dans les primaires. Giuliani a perdu son pari floridien et s’est retiré (sans doute au profit de McCain). Edwards n’a rien gagné et s’est aussi retiré (sans consigne à ce stade).

Obama l’a emporté en Caroline du Sud, grâce à la solidité de son assise dans les électorats noir et jeune, et au grignotage du vote blanc par Edwards. Il n’est donc pas out, même si Hillary joue à fond médiatiquement sa victoire en Floride — laquelle est pourtant sans effet sur le collèges de délégués à la convention. Reste à voir si le nouvel élan d’Obama ne va pas se briser sur les «parefeux» (firewalls, c’est le jargon blogo-politologique) qu’Hillary a bâtis dans l’électorat latino, traditionnellement anti-noir et en tout cas important dans la perspective du vote dans plusieurs grands Etats (New York, Californie, New Jersey) Super-Mardi prochain.

Côté républicain, la victoire de McCain en Floride doit beaucoup à son image de conservateur sérieux et de vétéran sorti des «prisons communistes», dans l’Etat d’accueil des anti-castristes et des retraités de la Côte est. Il a désormais un sérieux avantage, insuffisant toutefois à provoquer le retrait de Romney, lequel a encore une large marge financière mais ne surmonte pas la question de sa foi ; ni d’Huckabee, qui compte arrondir sa pelote fondamentaliste (avec du coeur) dans les Etats du sud.

Le débat du moment est de fond: il porte sur la chanson de campagne d’Hillary, «When The Lady Smiles», interprétée par un groupe ruritanien à jeans collants, Golden Earring, dans les années 80. Le clip est trash et très critiqué – il est étonnant qu’une campagne aussi pro n’ait pas fait un minimum de recherche background. Elle avait déjà eu le même problème en choisissant initialement «You & I», de la célèbre héroïne canadienne de l’orthodontie, Céline Dion.

Sinon, les déclarations officielles de soutien se multiplient: la famille du président Carter (après Oprah) soutient Obama, le Times de New York soutient Clinton et McCain.

«Join The Campaign To Change America»

Umweltverschmutzung

January 30th, 2008

En Basse-Saxe, la campagne centriste de la CDU lui permet de se maintenir en coalition avec les libéraux FDP. En Hesse en revanche, l’ultra-conservateur anti-jeunes immigrés délinquants (za né fou rabelle rien?) Roland Koch a vu son score s’effondrer, et est arrivé au coude-à-coude avec le SPD — et à égalité de sièges. Aucune coalition à deux, sauf grande, n’a la majorité dans la diète d’Etat. On évoque donc, à nouveau, les coalitions «feu tricolore» ou «jamaïcaine». En dépit du précédent berlinois (et mecklembourgeois-cispoméranien, jadis), le SPD continue d’exclure, au local, une coalition avec Die Linke, en l’occurrence au format «Gauche plurielle».

De fait, après Brême, La Gauche continue sa percée dans les parlements régionaux de l’ex-Ouest. Un spécialiste de la spécialité, prof à l’IUT de Chemnitz sauf erreur, remarquait sur la ZDF qu’avec des parlements à 5 forces (thank you la proportionnelle), les coalitions à 3 deviennent de moins en moins évitables. C’était la minute de lapalissades du professeur de Hondt. Le professeur de Hondt a toujours quelque chose à dire.

«Zukunftland Niedersachsen» versus «Mutig. Modern. Menschlich»

Intercontinental

January 21st, 2008

Aux Etats-Unis, on y voit un chouilla plus clair après les primaires de la fin de semaine. Côté démocrates, Clinton l’a emporté dans le caucus du Nevada au score (mais pas au nombre de délégués) face à Obama, grâce au vote latino (Richardson a renoncé) et féminin et malgré le soutien à Obama du syndicat des employés de l’hôtellerie-restauration, puissant au pays des casinos. La campagne s’est tendue et aigrie, notamment sur la capacité à rassembler les votes noirs ; Obama a plutôt l’avantage sur ce terrain essentiel d’ici la primaire démocrate en Caroline du Sud. Obama doit aussi s’expliquer sur son éloge du changement amené par … Reagan. Edwards, quant à lui, est complétement aux choux mais ne désespère pas de la Caroline du Sud et de l’effet produit par cette remarque sur le mouvement syndical.

Chez les républicains, Romney l’emporte enfin en Michigan et dans le Nevada (faute de concurrence), ce qui le remet vaguement dans la course. Plus intéressant, McCain devance Huckabee (et ses votes évangéliques) en Caroline du Sud, l’Etat qui l’avait fatalement jeté en 2000. Le libertarien Ron Paul est plus ou moins revigoré par ses scores dans le Nevada et le Michigan ; et Thompson reste en course compte tenu de son résultat sud-carolinien. Direction la Floride, où tout le monde conçoit de gros espoirs : Giuliani, pour qui c’est le moment où jamais ; McCain, qui compte sur le vote des anciens combattants mais n’aura pas le soutien des indépendants (c’est une primaire fermée) ; Romney, qui inonde the Sunshine State de pubs — cela n’a pas suffi dans les petits Etats mais c’est un atout dans un grand.

«I think Ronald Reagan changed the trajectory of America in a way that Richard Nixon did not and in a way that Bill Clinton did not.»

Aux Feroë, rien, mais j’adore l’idée de mater les logos des partis politiques des Feroë. C’est comme le Danemark mais pas tout à fait. J’adore. bon, si on regarde de près, les Républicains (indépendantistes) reculent un peu (probablement grâce à leur sublime truc mondrianesque), et le logo du Parti unioniste (libéral) ressemble à celui d’une compagnie de frêt maritime, ce qui se tient.

«Vit, fólkyð í Føroyum»

A la Barbade, pays au système politique, well, lisible, c’est l’alternance. Ca arrive une fois tous les quinze ans, un peu comme les éruptions volcaniques.

«Pathways to progress»

OK le titre est nul. Pendant les vacances, Alex STAPS évoquait la réforme des universités. J’avais bien compris le problème de la concentration du pouvoir entre les mains des présidents d’université, je n’avais pas trop pensé, par ailleurs, aux questions de moyens et de liens à l’entreprise.

Le documentaire ci-dessous me semble bien fait, raisonnable dans ses affirmations, il est diffusé par Sauvons la recherche (plutôt un truc consensuel dans le monde professoral universitaire lui-même qui, comme le dit bienle Contre-Journal de Libé, sait le problème mais est empêché de le communiquer par une médiasphère aux ordres). Une heure qui met bien bout à bout l’explication de : la précarité étudiantes et les stages, la faillite universitaire provoquée, et la réforme actuelle sur les facs.

Un pays, deux systèmes

January 18th, 2008

Devant cette hécatombe de célébrités, Pierre Boussel dit Lambert, Carlos, je me demande ce que deviennent Lara Fabian et Bertrand Renard («les Chiffres et les Lettres»).

Sinon, à Taiwan, la coalition dite verte et plutôt indépendantiste du président Chen Shui-bian s’est faite bouler aux législatives par la coalition «bleue» pro-unité nationale menée par le Kuomintang. Ce que ne dit pas la presse, c’est que les Bleus étaient déjà les vainqueurs lors de la dernière élection, et que la nouvelle défaite du Parti progressiste démocratique, si elle marque une vraie déception et l’usure du pouvoir du président, est aussi le reflet de ce rapport de force déjà favorable au KMT et du nouveau mode de scrutin (moins d’élus, plus de prime au vainqueur).

Côté logos, beaucoup de jolis trucs ronds absurbes à l’italienne. Noter avec quelle subtilité les indépendantistes font figurer la forme de l’île-Etat sur leur emblème.

Epiphanies

January 14th, 2008

«Matthieu DC va-t-il recoucher avec Japhet? -- Maybe.»«Peut-on être vegan et manger des saucisses de Morteaux? -- Of course.»Pour le nouvel an, la eight-ball de LzMry se fout résolument de notre gueule.
Une belle semaine tranquille et pleine de bulles.Faute de pouvoir faire de sa libido un jardin à la française, la transformer en bonzaï.Dans toutes les conversations reviennent l'écoeurement, la lassitude, le choc anaphylactique de Sarkozy.
Une soirée des soeurs, rive gauche.«c'est super drôle de vous voir discuter ensemble.»«Bonne annéééééééeuh (on est éclatés, Nadia est restée chez nous jusqu'à 6 heures du mat).
L'année prochaine, Nippon va... «Ah non, t'en parles pas sur Freedonia!»«refais-nous Sarkozy au sauna pédé!»«Tu invites 8 personnes et tu m'envoies un e-mail pour me dire que c'est chez moi et que je dois faire la bouffe...»
2008, année de la bite? «2008, année du clit, de la réussite, de la suite, vite...»Ou bien 2008, «année de la frustration?»Une semaine de bistrots et de galeries contemporaines. Les vraies vacances.
Dès que j'ai mis 'in an open relationship' sur Facebook, absolument tout le monde m'a posé des questions. Fou la puissance du web 2.1 ou 3.0 ou tiens, oui, on en est à combien?La semaine où on range le bolduc et les rancoeurs de famille jusqu'à l'année prochaine.Et rue saint-Honoré, ou RER Magenta, ou partout en somme, je me demande: qu'est devenu tel ou tel? (de nombreux tels et tels)
«Tiens, on a pas pensé à inviter PatCo. Il est pas en France en ce moment?»Une soirée galette / pré-MAJ / post-Berlin et post-Chili.Une soirée et une semaine où, sur chaque événement, prendre le temps me donne à entendre plusieurs points de vue.

A1: «Matthieu DC va-t-il recoucher avec Japhet? — Maybe.»
A2: «Peut-on être vegan et manger des saucisses de Morteaux? — Of course.»
A3: Pour le nouvel an, la eight-ball de LzMry se fout résolument de notre gueule.
B1: Une belle semaine tranquille et pleine de bulles.
B2: Faute de pouvoir faire de sa libido un jardin à la française, la transformer en bonzaï.
B3: Dans toutes les conversations reviennent l’écoeurement, la lassitude, le choc anaphylactique de Sarkozy.
C1: Une soirée des soeurs, rive gauche.
C2: «c’est super drôle de vous voir discuter ensemble.»
C3: «Bonne annééééeuh (on est éclatés, Nadia est restée chez nous jusqu’à 6 heures du mat).
D1: L’année prochaine, Nippon va… «Ah non, t’en parles pas sur Freedonia!»
D2: «refais-nous Sarkozy au sauna pédé!»
D3: «Tu invites 8 personnes et tu m’envoies un e-mail pour me dire que c’est chez moi et que je dois faire la bouffe…»
E1: 2008, année de la bite? «2008, année du clit, de la réussite, de la suite, vite…»
E2: Ou bien 2008, «année de la frustration?»
E3: Une semaine de bistrots et de galeries contemporaines. Les vraies vacances.
F1: Dès que j’ai mis ‘in an open relationship’ sur Facebook, absolument tout le monde m’a posé des questions. Fou la puissance du web 2.1 ou 3.0 ou tiens, oui, on en est à combien?
F2: La semaine où on range le bolduc et les rancoeurs de famille jusqu’à l’année prochaine.
F3: Et rue saint-Honoré, ou RER Magenta, ou partout en somme, je me demande: qu’est devenu tel ou tel? (de nombreux tels et tels)
G1: «Tiens, on a pas pensé à inviter PatCo. Il est pas en France en ce moment?»
G2: Une soirée galette / pré-MAJ / post-Berlin et post-Chili.
G3: Une soirée et une semaine où, sur chaque événement, prendre le temps me donne à entendre plusieurs points de vue.

Momentum

January 9th, 2008

Rappel: dans un grand pays ami non-européen, les bleus et les rouges se choisissent un candidat.

Les primaires dans l’Iowa aussi bien que dans le Nouveau-Hampshire sont révélatrices des trois choses dont une campagne présidentielle américaine a besoin.
1. De l’argent: les plus petits candidats en termes de moyens, certains présents sur la scène politique nationale depuis longtemps, ne font même pas un petit blip dans aucun des deux endroits; cela pourrait être le talon d’Achille d’Huckabee, en dépit de l’afflux de fonds (tardif) des chrétiens.
2. Un charisme politique minimal dans son propre camp: ni Richardson (cf. vidéo ci-dessous, où on le reconnaîtra dans le rôle d’André Santini), ni Giuliani jusqu’à présent, n’ont disposé d’aucun des deux, et leurs prestations sont faibles, probablement éliminatoire pour le premier (le second a parié sur les primaires plus tardives dans de plus grands Etats). Par contraste, c’est leur personnalité originale, leur «humanité» (ou son équivalent médiatique) qui ont porté les révélations de l’Iowa, Obama et Huckabee (par opposition à la froideur de Clinton et aux «changements» de Romney, comme dit McCain).
3. Une organisation sans faille, enfin: chacun des trois candidats plausibles (à ce stade) de chaque parti a su maîtriser les subtilités iroquoises du vote en caucus, et quadriller les dinners de Manchester et Montpelier. McCain montre qu’il dispose toujours d’une war-room et d’équipes de terrain, et Huckabee y a suppléé par la mobilisation des réseaux réacs (baptistes, chasseurs, etc.).

The Comeback Kids

Ces temps-ci, mon père commande les tee-shirts et badges Obama par A380 entiers, car il aime son style et privilégie cet argument: un (jeune) Noir à la Maison-Blanche permettrait d’enfin entamer le racisme et la ségrégation. Ce qui me semble ressortir des images et aussi du profil que lui a consacré le New Yorker, c’est le calme, l’équanimité, l’inspiration d’Obama, sa volonté de reconcilier l’Amérique avec elle-même (sur l’Irak d’abord), en se plaçant dans les pas d’un autre homme de loi de l’Illinois, stentor longiligne, Lincoln. Mais n’est-ce pas en parlant comme ça, et en recherchant l’électorat qu’il cible (les hommes des classes moyennes supérieures, il est vrai aussi les étudiants), qu’on évite les problèmes? C’est pour ça que j’aime bien John Edwards, le candidat selon mon coeur, qui dénonce l’argent corrupteur et tout-puissant et parle, d’abord, des pauvres (donc des Noirs),des chômeurs, des villes à l’abandon. Celui qui rentre dans le lard d’Hillary pour son immobilisme centriste.

Clinton se refait une santé à la fois parce qu’il ne faut jamais croire les sondages, parce qu’elle a eu une petite larme (code pour: «je suis une femme», qui lui vaut, peut-être, la majorité des voix démocrates féminines dans le NH), et que sa campagne et sa réactivité restent solides. Je ne sais trop quoi penser du succès de McCain, déjà victorieux ici en 2000 (avec la suite qu’on sait), sinon qu’elle ne dit rien de bon pour les candidatures Giuliani ni Romney (qui mise tout, semble-t-il, sur la primaire du Michigan, Etat que son père a gouverné). Pour tout le monde, et pour l’instant, tout est à refaire.

«Anytime you speak out for change, this is what happens. The forces for status quo are going to attack.»

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