J’ai été très énervé par la pub des Galeries qui fait de Frédéric Beig$eder l’archétype du mec en 2008. D’abord parce que je trouve qu’il y a une confusion avec 2001, ensuite parce qu’il est vraiment révoltant à plusieurs égards. Après je me suis demandé qui j’aurais mis à leur place sur l’affiche, et j’ai pensé à un acteur plein de talent, et dont François B2, qui rappelons-le est tellement drôle, m’a offert une des œuvres phares récemment.

Fausto, t'es l'plus beau!

April 23rd, 2008

Les médias mainstream se gargarisent un peu partout de la «bipolarisation» du système partisan italien. Mes amis s’en lamentent. Certes, plusieurs formations héritières nominales de grands courants historiques, socialistes, Populaires, communistes, n’ont plus désormais aucun parlementaire. Les radicaux et les républicains ne sont reconduits qu’en douce et à un niveau presque complet d’insignifiance (abstraction faite évidemment de leur beauté comme concepts); ils figuraient discrètement sur les listes de leurs alliés traditionnels.

Il faut cependant, derrière l’apparente «simplification du paysage politique italien», repérer trois choses :

- la dépendance épineuse des grands partis à leurs petites forces d’appoint reste vivace même si elle est désormais concentrée dans chaque camp, comme le prouve la surenchère de la Ligue du Nord dès la formation du (énième) gouvernement Berlusconi. La Ligue, vraie gagnante du scrutin (et du mode de scrutin), a triplé sa représentation, recueillant parfois un tiers des voix au Nord du pays, faisant jeu presque égal avec le PDL en Vénétie. Même remarque à un moindre degré pour le Mouvement pour l’autonomie, l’alter ego sicilien de la Ligue du Nord ; et surtout au centre-gauche pour la Liste Di Pietro, dont le très bon score la rend difficile à ignorer pour le Parti démocratique. Il faudra aussi surveiller du coin de l’œil l’Union du centre, qui sans allié pour les apparentements, et contrairement à un Bayrou par exemple, résiste fermement.

- certes, en dépit d’un bon point cravate pour Bertinotti et de mes prédictions nases, la Gauche-l’Arc-en-ciel, (la coalition de la «gauche de gauche», rassemblant les refondateurs communistes, les communistes italiens, les Verts* et les Lienemannisti) est exclue du Parlement italien — cette fois-ci. Personne, à l’exception de la Ligue du Nord — qui récupère à son profit une part du vote protestataire dans le Nord — ne se réjouit de les croire définitivement out, et il semble pour l’heure peu sérieux de dire que le PD pourra, à l’avenir, à lui seul rassembler toute la gauche. (Il faudrait d’ailleurs qu’il soit à gauche…) Si la Gauche paye chèrement la volatilité de son soutien à Prodi, son étiage s’établit à 3%, pas loin de la barre d’éligibilité (4%), et au tiers environ des votes recueillis en 2006.

- le sens esthétique inné des Italiens appelle la renaissance rapide, par parthénogenèse, de nouveaux partis, de nouveaux logos, de nouvelles sous-scissions.

* à ne pas confondre avec les ex- Verts-Verts. Pour répondre à une question de ComitéCentral, les Verdi Verdi semblent toujours exister mais comme une organisation en sommeil. Condamnés à changer de nom par l’absence d’humour et de sens du partage des Verdi (tout court), ils continuent de préparer la révolution écologique sous le nom pourrax et clairement dextrogire de L’Environnementa-Liste – Ecologistes démocrates (Ambienta-Lista – Ecologisti Democratici) ; il suffirait d’une étincelle pour qu’ils s’emparent du pouvoir, et le rendent immédiatement à ses légitimes détenteurs, les ours qui saluent et les soleils qui se marrent.

Lasciate mi cantare

April 13th, 2008

L’aspect positif de la désertion du lectorat de Freedonia, l’interface des seniors, voire à la rigueur de mon isolement, c’est que personne ne râle plus quand le blog ne se remplit pas, et qu’on n’a pas à fournir de raison.

En Italie, l’usine à logos, la fabrique d’acronymes, et la manufacture de partis politiques neufs avec des bouts de vieux ont été relancées par la dissolution prématurée (?) des Chambres. D’aucuns ont prétendu que le refus des deux «grands partis», le Parti démocratique au centre-gauche (qui rassemble les ex-Démocrates de gauche et feue la Marguerite) et le Peuple de la Liberté à droite (qui fédère Berlusconi, Fini et leurs amis) de faire comme en 2006 deux giga-apparentements couvrant tout le champ politique, devait ouvrir les chemins du bipartisme et faire table rase de la biodiversité politique antérieure. En réalité, si l’on excepte l’UDEUR qui a déclaré forfait, le Parti socialiste (tout court, ni Nuovo, ni Democratico; il s’agit en effet du PS tout juste recréé sur les cendres des Socialisti democratici, des Socialisti Italiani de Bobo Craxi, des michelistes, et d’autres gars qui passaient par là), la plupart des formations présentes jusqu’ici dans les Chambres devraient y rester, souvent sous la même étiquette.

Elles ont en effet opté pour l’une des quatre solutions suivantes:
- la pré-fusion de la droite dans le PDL, mais non finalisée juridiquement (contrairement à celle du Parti démocratique). Les malheurs actuels de Bayrou avec la near-death-experience de l’UDF, prouve que tout est toujours possible, ou le devient, en termes de résurrection de partis centristes à la con. Causes possibles: rivalités de personnes, choix malencontreux d’affiliation européenne (Berlusconi veut désormais le PPE, après avoir lui-même contribué jadis à la naissance des DE), qui pourrait également compliquer la vie du PD (PSE ou PDE?).
- l’apparentement quand même: il permet aux troupes de Di Pietro et de Bonino à gauche, et aux Léguistes et Républicains à droite, de sauver leur peau. On le voit, le mariage de la carpa et du lapino politiques continuent d’avoir l’avenir devant lui.
- le mini-cartel de survie: Gauche / Arc-en-ciel à gauche de la gauche (y compris les mélenchonisti qui sont parti des DS au moment de leur fusion au centre), Droite / Flamme tricolore pour la «droite sociale» (ça veut dire fasciste), et Union du Centre pour l’UDC et ses ex-dissidents de la Rose blanche — la dissolution a, en l’occurrence, apparemment pris la dissidence de court.
- le régionalisme, qui assure vaille que vaille la survie locale.

Parmi les nouveautés graphiques, on relèvera le joli logo de la Sinistra, qui reprend un peu à son compte, d’une part le drapeau PACE, d’autre part l’iridescence de l’Unione. Le PD fait simple, massif, cocardier et donc assez moche ; alors même qu’il y avait plein d’autres possibilités. La Destra pompe sans vergogne l’emblème des Tories et de la ND grecque (qui l’avaient eux-même probablement piqué à Mussolini, donc ça reste en famille), et Sinistra critica celui de l’ultra-gauche portugaise. Côté onomastique, on remarquera l’énième changement des berlusconistes, toujours à la recherche de la meilleure métonymie pour désigner une alliance de droite («pôle» puis «maison» puis «peuple»), ainsi que le pastiche par Rosa bianca du sous-titre de l’ex-Marguerite. L’UDC profite de l’occasion pour changer de nom sans changer d’initiales, mais sans oser non plus raviver le nom de Démocratie chrétienne ; s’assurer l’usage exclusif du vieux logo et les indulgences prioritaires du Saint Père continue de lui suffire.

(cliquer ici)

Dérouillée

April 1st, 2008

Freedonia, le slow food for thought, publie avec quelque retard les cartes des résultats des élections cantonales et municipales. (j’en ai profité pour rééditer les précédentes qui comportaient quelques coquilles.) Il est difficile à l’UMP de prétendre à une «défaite relative» quand on se penche sur le bilan des changements de majorités municipales, même au regard de la déconvenue de la gauche en 2001 ; les études fines des experts du PS (dont je guigne la place dans ma prière de chaque soir) montrent que jamais, depuis 1977, autant de municipalités et autant de citoyens n’ont été administrés par la gauche — et tout particulièrement le PS.

Un autre enseignement est, de fait, la situation chaque fois un peu plus tangente du PCF, qui ne reconquiert rien hors de ses bastions (on comparera la carte des gains et pertes avec la carte de température du Parti), n’en perd pas tant il est vrai, mais a dû compter, tout particulièrement en Seine-Saint-Denis, sur le non-respect de la «discipline républicaine» (retrait de la liste de gauche arrivée deuxième) par le PS et Voynet. Il lui coûte Aubervilliers, Montreuil et le département. Les socialistes disent usure, alternance à gauche; les communistes dénonce l’élection avec les suffrages de la droite.

La troisième leçon était connue depuis les législatives: le Modem est pulvérisé par le mode de scrutin, en dépit d’une présence forte mais localisée (autour de 15% là où il se présente). L’impasse de son «ni-ni» (en terme d’accès au pouvoir autre que présidentiel, et encore) est assez flagrante. La stratégie est coûteuse dans les conseils généraux, même là où il reste allié à l’UMP (Pyrénées-Atlantiques), et l’hémorragie de cadres continue (Mercier dans le Rhône. Rien de choquant, d’ailleurs, à ce qu’un centriste aille à la soupe, même quand elle tarde à être servie). On demande à voir, sur le long terme, la possibilité de ses alliances locales avec le PS (Lille, Dijon,…) voire le PCF (Aubagne).

Enfin, tout continue de devenir possible: à la Réunion, la présidente UMP du conseil général est reconduite par une majorité d’opposition PS / PCR / Modem, contre son ex-propre groupe UMP, ratatiné aux élections cantonales et municipales.

maires élus

gains et pertes aux municipales

cantonales (nouveaux présidents de conseils généraux, gains)

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