Freedonia

Rosetta

October 29th, 2006

Un petit film des dernières présicipales en Belgique; ce politicien bien fait a créé un mini-scandale outre-Quiévrin.
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A little movie of the last local elections in Belgium. The advanced drunkeness of this pol made a small splash there.

La petite banlieue

October 27th, 2006

Comme promis à ComitéCentral, ce volet — qui m’a demandé un peu de temps à peaufiner — est spécial-dédicace. Les environs immédiats de Paris ont été, depuis 80 ans, une célèbre «ceinture rouge» dont on voit assez bien le délitement actuel. Ils ont été le lieu d’implantation de la plupart des leaders maximos du Parti, dans le passé (Marchais au sud, Gayssot au nord) et encore maintenant (Buffet, J.-C. Lefort le patron des orthodoxes, ainsi que les électrons libres Brard et Braouezec, à Montreuil et Saint-Denis). Le déracinement progressif résulte certes des facteurs globaux qui mettent le PCF au bord de la faillite; il est aussi la conséquence, localement, de l’attaque de deux grandes «machines» politiques:

- à l’ouest et dans le grand est, le système Pasqua dans le 9-2 qui a eu un pendant avec le système Pandraud dans le 9-3, et a su s’appuyer sur pléthore d’anciens résistants (Baumel à Rueil, aujourd’hui tenue par le gaullo-gaulliste Patrick Ollier, dit aussi PAM), de néo-fachos (Devedjian à Antony, le Mouvement Initiative et Libertés, Alain Griotteray à Maisons-Alfort, Raoult au Raincy) et de corrompus insubmersibles comme les Balkany à Levallois-Perret.

- à l’est, l’entreprise de sape des fabiusiens sous la houlette de Bartolone, qui n’a pas encore de pendant dans les Hauts-de-Seine toujours contrôlés bien à droite, du sol au plafond en passant par les caisses (Conseil général, Etablissement public d’aménagement de la Défense), désormais par Sarkozy.

On voit que le Conseil général du 93 ne reste PCF (et non PS) qu’à un siège, celui du Val-de-Marne pourrait passer à droite. Pourtant, le PCF n’est pas mort, et a été capable à l’occasion (1993 avec la conquête de la circonscription de Bagneux par J. Jambu notamment) de reprendre le terrain perdu.

A noter enfin, la bonne tenue de l’UDF, avec la conquête emblématique de Drancy par J.-C. Lagarde et surtout la personnalité gauloisement pénible de Santini à Issy. Comme le montre le ralliement récent de Baguet (député de Boulogne-Billancourt) à Sarkozy dès avant le premier tour, elle peut toutefois se montrer inféodée, au moins au plan local.

Fantômes du socialisme local: Badinter, Delors, Pervenche Bérès.
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As promised to ComitéCentral, this episode — which demanded for a little time to be perfected — is a dedication. The immediate suburbs of Paris have been, for 80 years, a notorious “red girdle” whose current slip-up is obvious. They have been in the past the fastening point for ‘leaders maximos’ of the Party (Marchais to the south, Gayssot to the north), and still are today (Buffet, J.-C. Lefort the boss of Orthodox Communists, as well as mavericks like Brard and Braouezec, in Montreuil and Saint-Denis). The gradual uprooting results of global bankrupting causes for the Communist Party. At the local level, it is also the consequence of two big political “machines”:

- West and outer East, the Pasqua system in the ‘92′ that used to have a twin with the Pandraud system in the ‘9-3′. It was able to rely a bunch of former Resistants (Baumel in Rueil, today helmed by the hardcore Gaullist Patrick Ollier, also known as the husband of ‘MAM’, thus ‘PAM’), of neo-Fascists (Devedjian in Antony, the “Mouvement Initiative et Libertés”, Alain Griotteray in Maisons-Alfort, Raoult in Le Raincy) and unsinkable corrupt pols like the Balkanys in Levallois-Perret.

- à l’est, the Fabiusites’ demolition process under the command of Bartolone. This enterprise has had no rejoinder in the Hauts-de-Seine. This remains strongly under control by the right (now under the power of Sarkozy), top to bottom via cash i.e. the Département’s council and La Défense’s QANGO.

Thus, the Communists’ hold on the Département’s council of the Seine-Saint-Denis now depends on one seat (versus the Socialists). The Val-de-Marne’s council could easily swing right. However, the PCF is not yet dead, and has occasionally (1993, with the conquest of the Bagneux constituency by J. Jambu) recovered lost ground.

Lastly, UDF fairs quite well, with the emblematic conquest of Drancy by J.-C. Lagarde and, more importantly, the tiresome and bawdy Santini in Issy. However, as illustrated by the recent rally of Baguet (MP for Boulogne-Billancourt) to Sarkozy even before the first polling in the Presidential election, UDF may act respondant to UMP, al least at the local scale.

Ghosts of local Socialism: Badinter, Delors, Pervenche Bérès.

«Et si on faisait des tours inutiles et des autoroutes souterraines? -- OK, mais on partage pas la taxe pro alors.»

Ensor

October 26th, 2006

Au début, il avait été prié aux évènements mondains de l’ex-patrie.

A travers la foule caquetante et immuable, les miracles de contention des vestes Cyrillus sur les sexagénaires, les picoleurs de cocktail hors d’âge, parfois édentés, toujours à chemise jaune ou rose, les hyènes des sociétés de bienfaisance et les renards de l’import-export de petit pois, les gommeux qui avaient fait carrière sur leur mètre quatre-vingt-dix, les manoeuvriers de consulat à vestes croisées, parmi les gras et les maigres, les chauves ou les implantés, les parvenus et les fin-de-race, toujours méchants, toujours alcooliques, et tous jaloux des autres (tout fait envie quand on est bas), parmi eux, sa jeunesse lui avait fait un passeport suffisant car elle le distinguait. Il aurait pu, s’il se fût acharné, s’il eût retenu le nom de la petite dernière à demi idiote ou applaudi aux ascensions professionnelles usurpées et aux prébendes guignées avec succès, se faire un réseau utile — c’est-à-dire, pour obtenir un fromage chez Lactalys ou un ruban au veston.

Les soirées fastes, la beauté d’ambassade — car toute communauté expatriée a au moins une mangeuse d’hommes — jouait du piano. Nez ambitieux, menton lâche, joues fausses, robe chaste mais regard pas, fuck-me boots ou talons meurtriers : tous (toutes) voyaient qu’à elle seule, les pince-fesses laissaient des espérances littérales. Pourtant, sa propension à transformer Rachmaninov en happening bruitiste aurait dû valoir avertissement pour le vice-consul, le majordome et le conseiller du commerce extérieur affriolés: comme elle le disait à chaque fois, «cette violence et cette force s’harmonisent avec l’évènement.» Elle prenait un air inspiré, en massacrait trois d’une traite (concerti ou amants), puis fermait les yeux et attendait les vivats. Comme on s’ennuyait, on bissait.

Quant à lui, il n’avait pas souhaité retourner les invitations et, selon la loi implacable d’un milieu où les caisses de champagne sont les seules planches de salut, ne fut plus convié.

Capitol Hill

October 24th, 2006

Dans les élections intermédiaires américaines de novembre prochain, plusieurs analystes prédisent la reconquête de la Chambre des représentants par les Démocrates, le Sénat restant, probablement, entre les mains des Républicains mais avec une majorité moindre, ce qui gélerait un peu plus la capacité d’initiative législative de l’Administration pour les deux années restantes. Wikipedia donne des listes des sièges au Sénat en fonction du résultat probable de l’élection, les plus contestés étant ceux du Missouri, de Virginie, du Montana, du Tennessee, de l’Ohio, de Rhode Island (R), et du New Jersey, de l’Etat de Washington et du Maryland (D).

Meanwhile, in Guantanamo Bay...

C’est jeudi, c’est élections. Comme suite à un nombreux courrier, l’épisode d’aujourd’hui est consacré à la Franche-Comté. Région ouvrière, avec à la fois une forte tradition chrétienne et une histoire radicale-socialiste, elle a longtemps fait figure de bastion de la modération. Elle est pourtant aujourd’hui, ici ou là (y compris sur la terre de mes ancêtres, la famille Co), notamment dans les aires industrielles en reconversion comme on dit, un point d’ancrage du Front national.

La géopolitique régionale est, en apparence, assez facile à lire:

- sur les versants des Vosges (comme dans ce département d’ailleurs) et du massif du Jura, la force traditionnelle des partis gaullistes depuis 1958.

- une implantation puissante du PS à Sochaux / Montbéliard, avec deux grands anciens (députés depuis 1973 mais fraticidement battus en 2002), les Laurel et Hardy de Belfort, Raymond Forni et Jean-Pierre Chevènement. Le premier fut tourneur chez Peugeot et président de l’Assemblée nationale. Du second, qui ne se présente plus, un des deux uniques bonnes blagues dans la vie de Jacques Faizant disait: «’Chevenne, n.f.: grosse tête’. Je le savais! Chevènement, ce n’est pas un nom, c’est un adverbe.» Le chevènementisme bat ici comme ailleurs de l’aile, avec les échecs des élections de 2002 et 2004 (l’alliance PCF/MRC n’a pas atteint le seuil nécessaire pour fusionner aux régionales) et le départ d’historiques comme Jean-Pierre Michel (un des pères du pacs), qui ont fini par retourner au PS après une scission sous le nom d’Association pour la gauche républicaine (AGR).

Ce vote ouvrier court la vallée du Doubs jusqu’à Besançon où se fait élire l’ancienne sous-ministres des vieux, Paulette Guinchard-Kunstler, une ancienne militante du syndicalisme chrétien, et où on avait parachuté la ministre PSU Huguette Bouchardeau. La gauche était jadis forte, aussi, dans certains des pays du Jura, qui fut un temps la terre d’élection de Voynet et, surtout, mais on ne sait le classer, de l’inoxydable Edgar Faure («ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent qui change»), l’inventeur des «majorités d’idées» (également appelées IVe République).
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It’s Thursday, it’s election-day. As a follow-up to plentiful mail, today’s episode is about Franche-Comté. A workers region, having both a strong Christian tradition and a Radical-Socialist history, it has long been a stronghold for moderates. However, there is today, here and there (including in my ancestors’ hometown of the Co Family), most notably in ‘reconversion’ industrial areas, a strong show of Front national.

Regional geopolitics seems easy to read:

- on the sides of the Vosges (also in the namesake département) and of the Jura mountain, the traditional strength of Gaullist parties since 1958;

- a powerful entrenchment of the Socialist Party in Sochaux / Montbéliard, with two big old men (MPs since 1973 but fraticidally beaten in 2002), the Laurel & Hardy of Belfort, Raymond Forni and Jean-Pierre Chevènement. The first was a lineworker at Peugeot and speaker of the House. Of the second, not to be introduced, one of only two funny jokes of the late Jacques Faizant said: “‘Chevenne, noun: a big head.’I *knew* it wasn’t a surname but an adverb!”. Chevènementism has been weakening here as elsewhere, with the failures in the votes of ‘02 and ‘04 (the alliance of Communists and Chevènement’s party was below merging threshold in the regional election) and the departures of historical followers like Jean-Pierre Michel (one of the civil unions’ “fathers”). These went finally back to the Socialist Party, via a scission under the Association pour une Gauche Républicaine (AGR) label.

This workmen’s vote goes along the Doubs valley to Besançon, where the former Oldguys undersecretary Paulette Guinchard-Kunstler, also a former Christian unions militant, is elected. This was also the “parachuting” spot for the PSU minister Huguette Bouchardeau. The left used also to be strong in certain parts of the Jura, once the electoral fiefdom of Voynet and, what is more (though you couldn’t say him right or left), of rustproof Edgar Faure ( “it’s not the weathercock swirling, it’s the wind changing” ), creator of “idea majorities” (a.k.a. IVth Republic).

«C'est possible, on fabrique, on vend, on se paie.»

Deux garçons, une fille

October 18th, 2006

Toujours cette même capacité à saisir des problèmes ardents, la misère des petites retraites et des cadences infernales. Un ton presque populo. Des solutions sidérantes de vide, allant des banalités au «y'a qu'à» en passant par la valeur de la micro-expérience alibi. Style: «j'appelle de mes voeux un syndicalisme de masse.» // Always this same capacity to grasp the burning issues, the destituteness of small pensions and infernal working-hours. An almost working-class accent. Astoundingly empty solutions, going from commonplace remarks to 'let's just' through local experiencing alibis. Like: 'I wish for a mass union movement'.Maîtrisé, rond, cohérent, assez convaincant sur sa ligne Troisième Voix («les socialistes doivent être les ennemis de la dette»), insistant sur l'idée d'une conférence tripartite à la mode néerlandaise -- idée foireuse de 1997 qui a alors abouti aux anathèmes de Gandois sur le perron de Matignon. Evidemment plus précis qu'elle. // Managed, round-edged, coherent, quite convincing on his Third Way stance ( La même classe oratoire qu'à Lens, mais plus il veut donner des gages à gauche et plus il apparaît comme un Monsieur Plus des promesses qui n'engagent que ceux qui les écoutent. // The same rhethorical classiness as in Lens, but the more he wants to securize his left, the more he appears as a Mister Better of promises pledging only the listening side.

A1: Toujours cette même capacité à saisir des problèmes ardents, la misère des petites retraites et des cadences infernales. Un ton presque populo. Des solutions sidérantes de vide, allant des banalités au «y’a qu’à» en passant par la valeur de la micro-expérience alibi. Style: «j’appelle de mes voeux un syndicalisme de masse.» // Always this same capacity to grasp the burning issues, the destituteness of small pensions and infernal working-hours. An almost working-class accent. Astoundingly empty solutions, going from commonplace remarks to ‘let’s just’ through local experiencing alibis. Like: ‘I wish for a mass union movement’.
A2: Maîtrisé, rond, cohérent, assez convaincant sur sa ligne Troisième Voix («les socialistes doivent être les ennemis de la dette»), insistant sur l’idée d’une conférence tripartite à la mode néerlandaise — idée foireuse de 1997 qui a alors abouti aux anathèmes de Gandois sur le perron de Matignon. Evidemment plus précis qu’elle. // Managed, round-edged, coherent, quite convincing on his Third Way stance ( “Socialists should be ennemies of public debt” ), insisting on the idea of a gov’t-unions-business conference à la Dutch — a lousy idea of 1997 that then ended up with Gandois utering menaces on Matignon’s doorstep.
A3: La même classe oratoire qu’à Lens, mais plus il veut donner des gages à gauche et plus il apparaît comme un Monsieur Plus des promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent. // The same rhethorical classiness as in Lens, but the more he wants to securize his left, the more he appears as a Mister Better of promises pledging only the listening side.

Freedonia, la République du respect, met en ligne les résultats des élections parlementaires lettones même si sa rédaction n’y a rien compris. Si je suis bien, la coalition gouvernementale des 4 dernières années a rassemblé successivement

- pendant deux ans, avec le gouvernement Repses, les conservateurs de Nouvelle Ere (dits aussi laïcs-Jaunait, parti frère de l’UMP), les populistes de Lettonie d’Abord (LPP), l’union des Verts et des Paysans (respectivement membres des Verts et des Libéraux européens), et Pour la Patrie et la liberté (droite radicale TB/LNNK, membre du groupe Europe des nations à Strasbourg).

- pendant cinq minutes, gouvernement Emsis — lui-même issu des Verts — avec également Lettonie d’abord, le Parti populaire (TP, lui aussi membre du PPE/DE au Parlement européen, et parti de la présidente Vike-Freiberga) et le soutien du Parti populaire pour l’harmonie (TSP, Russophones de centre-gauche).

- depuis lors, le gouvernement de M. Kalvitis s’appuie sur son propre TP, sur les laïcs-Jaunait, sur les Verts/Paysans et sur Lettonie d’abord. Cette coalition a été reconduite après les élections du début du mois.

Calculez le score dans Le Jeu Politique de chacune de ces formations.

Côté logos, on distinguera
- les emblèmes d’ordinateurs eighties à gauche (gauche post-communiste et pro-russe du Parti socialiste, LSP; TSP), piqués directement à Amstrad,
- l’esthétique PEEP / mutuelle niortaise des partis de droite, ainsi que pour le Nouveau Centre (dit aussi Centre-Jaunait),
- Maya l’abeille pour ce qui reste des russophones du RCTVL. Rappelons pour mémoire que Maya l’abeille est également l’emblème en Italie de dissidents pro-européens de la Ligue du Nord,
- quelques percées du «design» anodin qui fait fureur now (et convient également pour l’identité corporate d’une manufacture d’aliments pour bétail ou du service des impôts) à l’extrème droite et dans la coalition modérée du «Centre de l’harmonie».

Côté onomastique partisane, la Lettonie s’est fournie dans une braderie de noms de sectes en faillite.
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Freedonia, the Republic of respect, uploads the results of the Latvian parliamentary election, even though its redaction team hasn’t understood a trifle. If I follow well, the governmental coalition of the past 4 years has grouped successively:

- for two years, in the Repses gov’t, the Conservatives of New Era (also called Jaunait’s Lay; the brother-party of UMP), Latvia First’s populist (LPP), the union of Greens and Peasants (respectively members of the European Green and Liberal-Democrat parties), and For Fatherland and Freedom (radical right of TB/LNNK, a member of the Europe of nations Group in Strasbourg).

- for five minutes, Emsis governement — himself a member of the Greens — with also Latvia First, the Popular Party (TP, also a member of PPE/DE in the European Parlament, and the party of President Vike-Freiberga), and the support of the People’s Party for Harmony (TSP, left-of-center Russophones).

- since then, the government of M. Kalvitis lays on his own TP, on Jaunait’lays, on Greens-and-Peasants, and on Latvia First. This coalition has been reconducted after this october’s elections.

Exercice: Compute the score in The Political Game of each of these groups.

On the logo side, to be noticed:
- the computer emblems on the left (post-communist left of the Socialist Party LSP; TSP), directly stolen from Amstrad,
- the parents league / Bristol insurance esthetics of right-wing parties as well as the New Centre (also called Jaunait Centre),
- Maya the Bee for what is left of RCTVL’s Russophones. It should be reminded that Maya the Bee is also the emblem of pro-Europe dissidents from the Northern League in Italy,
- some breakthrough of anonymous contemporary «design» (and is suitable for the corporate identity of either a cattle food’s manufacturing co. or the Tax Service) at the far-right and for the moderate coalition of the Harmony Centre.

On the parties names’ side, Latvia has supplied itself in a bazaar of bankrupt sects.

Latvija -- respectetas eiropeiska valsts!

Surjectivité

October 17th, 2006

«…Tout comme vous
Je connais ce sentiment
de solitude et d’isolement.» (Laurent Voulzy)

Mes homonymes de MySpace sont
- un ado washingtonien qui a probablement de l’acnée et une console de jeux, et aime sans doute à s’exprimer en jargon SMS,
- une jeune Minnesotienne de gauche-en-carton expatriée à Berlin. Elle aime, comme Luc, le food-softporn (photos de tasses de cappucino) et, comme moi, est fan de Katherine Hepburn et amoureuse de Daniel Brühl.

Re-elect Al Gore!

October 17th, 2006

L’émotion de certaines images de la politique restent avec vous, toujours. Le discours du pasteur King devant le mémorial Lincoln. Le crane de Mitterrand sur le minitel rose d’Elkabbach en 1981. Les commentateurs de 2002 qui annoncent une grande surprise et seront au «paquebot» du FN dès 20 heures car M. Le Pen fera sa déclaration dès 20 heures. Dans le film de Moore, les congressmen noirs qui ne trouvent pas un seul sénateur pour contester le résultat en Floride en 2000. Dans le film de Gore, où la pédagogie est brillante, la rupture des deux glaciers polaires est ses conséquences «non linéaires», l’inondation du monde, l’arrêt du Gulf Stream, le sabotage des écosystèmes. Le site du 11 Septembre sous l’eau.

Il y a quelques facilités ou faiblesses ici ou là (le lien réchauffement / ouragans ne fait pas, paraît-il, l’unanimité de la communauté scientifique; les statistiques boursières montrant que les firmes auto américaines — dont les véhicules sont moins sobres en pétrole — sont plus fragiles économiquement, sont à la limite de la désinformation), mais bien malin qui peut abattre le raisonnement d’ensemble de Gore.

Plusieurs choses étaient inouies pour moi:
- la part des feux volontaires de forêt dans le réchauffement climatique: 30% (le film montre une carte frappante du monde vu l’été,avec la lumière électrique et les torchères au Nord et les feux au Sud).
- le rapprochement de la part de la contestation des causes humaines du changement climatique dans les publications scientifiques (0%) et dans les médias grand public (53%), soit une belle démonstration par l’exemple du pouvoir nuisible de la Kommunication Korporate (Gore se tape au passage aussi le big tobacco).

Cet été, nous avons eu après un barbecue (cancérigène et contribuant au réchauffement climatique) une discussion animée, tendue même parfois, avec BoxingProf et François B2. J’espère que je saurai rendre justice à leurs points de vue et que sinon, ils me corrigeront. Mon principal argument était que, les choses en étant où elles en sont niveau barbarie (comme dans «socialisme ou barbarie») et dévastation écologique, il faudrait bien en passer par des mesures obligatoires de contingentement ou de bouleversement des modes de production et de consommation. François disait qu’on ne pouvait pas forcer les gens à changer, et affichait une grande foi dans la décision des entreprises (et défendait aussi, si mon souvenir est bon, le cycle du combustible nucléaire actuellement pratiqué par Areva). BoxingLib était de l’avis que, d’un point de vue économique, l’incitation est plus efficace que l’obligation (il a trop lu De Soto). Le film apporte de l’eau à mon diagnostic, et pour partie aux solutions de BoxingFriedman: Gore est du côté de la conviction et presque du volontariat; il met en valeur les mesures Kyoto de certaines villes américaines, et plus encore les «petits gestes qui sauvent» à la Nicolas Hulot, du style acheter des ampoules à basse consommation et planter des arbres.

Il est exact que cet effort de conviction est l’honneur et la nécessité du système démocratique. Je ne crois pas pourtant que — dans l’exercice du pouvoir — la conviction soit suffisante, au point où nous en sommes, et vu l’inertie du système industriel et du changement climatique provoqué par l’Homme (après tout, le bouquet de solutions déjà ambitieuses proposées brièvement par Gore ne nous ramène qu’aux émissions de C02 de 1970). Je pense sincèrement que seules la contrainte, la prohibition, l’obligation peuvent, désormais, stopper les causes les plus évidentes de réchauffement qui sont aussi le gâchis le plus absurde de ressources non renouvelables (humvies et bagnoles en général), et partager équitablement le problème créé (en termes d’eau, d’alimentation, de parasitoses, de mouvements de population) et ses solutions. Je ne vois pas exactement pourquoi je devrais attendre un bon mouvement de compagnies (et de leurs laquais politiques) qui non seulement nous tuent, comme civilisation ou tout court, mais nous mentent. Ce serait un peu comme dire que la solution du paupérisme est la charité du riche. L’argument de BoxingBoy sur incitation/contrainte me paraît sans cesse plus court.

Selon la belle formule de Churchill que Gore cite, «The era of procrastination, of half-measures, of soothing and baffling expedients, of delays, is coming to a close. In its place we are entering a period of consequences».
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The emotion of some political images lingers with you, forever. The speech of minister King in front of the Lincoln memorial. Mitterrand’s bald head on Elkabbach pinl Minitel in 1981. The commentators of ‘02 who announced a great surprise and that they would be live from National Front headquarters at 8 pm sharp because Mr. Le Pen wants to talk at 8 pm sharp. In Michael Moore’s movie, the black congressmen who find no senator to support their motion to contest the results in Florida in the ‘00 election. In Gore’s brilliantly pedagogical movie, the rifting of the two polar glaciers and its ‘non-linear’ consequences: global flooding, the Gulf Stream put to a halt, the sabotage of ecosystems. Ground Zero under water.

There may be, here or there, easiness or weaknesses to it (the link between heating and hurricanes is still apparently debatted within the scientific community; the stock exchange data showing that American car industry — whose vehicles are less sobre — is more fragile economically, are bordering on disinformation), yet clever is the one who will shake Al’s general path of thinking.

Several things were totally new to me:
- the share of intentional forest fires in global warming: 30% (the movie shows a striking map of the world in the summer, with light and gas burners in the North and fires in the South).
- the comparison between the share of contestinf of the human causes of global warming in scientific reviews (0%) and mass media (53%), i.e. a nice demonstration of the evil power of Korporate Kommunication (Gore also falls incidentally on big tobacco).

Last summer after a barbecue (carcinogen and contributing to global warming), BoxingProf and François B2 and I had an animated, even sometimes tense talk. I hope I do justice to their perspectives, and that else they will correct me. My main argument was that, as far as things are, at the level of barbary (as in “socialism or barbary”) and ecological devastation, we would have to go through compulsory measures of quotas, or profound compulsory alteration, of ours modes of production and consumption. François said that you couldn’t force people to change, and showed himself rather confident into the decision of Big Business (and also defended, if I remember well, the nuclear fuel cycle as currently practiced by Areva). BoxingLib was of the opinion that, from an economic point of view, incentives were more efficient that obligation (he read to much of De Soto). The movie goes a way supporting my diagnostic, and BoxingFriedman’s solutions: Gore is on the side of persuasion and almost volunteering; he puts forwards the Kyoto measures taken by some American cities, and even more so the small “helpful deeds”, Nicolas Hulot style, like being low-consumption lightbulbs and planting trees.

It is true that this endeavour to persuade is the honor and necessity of the democratic system. However, I do not believe that — in implenting policies — persuasion is enough at the step we are now, also given the inertia of the industrial system and of climatic change caused by mankind (after all, the mix of the already ambitious solutions proposed by Gore brings us back only to 1970’s CO2 emissions). I sincerely think that only constraint, prohibition, obligation can stop the most obvious causes of heating that are also the most absurd waste of non-reniewable resources (humvies, cars in general), and share equitably the problem we created (as far as water, food, parasit diseases, population moves are concerned) and its solutions. I can’t exactly see why I should wait a good move from companies (and their political lackeys) that kill us, as a civilisation or in simple meaning of the word. And that also lie to us. That would be like expecting a solution to pauperism from the richman’s charity. BoxingBoy’s argument on incitation/constraint sounds ever more insufficient to me.

As the nice sentence by Churchill (quoted by Gore) goes, “The era of procrastination, of half-measures, of soothing and baffling expedients, of delays, is coming to a close. In its place we are entering a period of consequences”.

Gothique

October 14th, 2006

1992, je crois. Dans un entrepôt de livres d’occasion à San Francisco, j’ai trouvé, tout au fond, derrière une pile, un manuel de géographie de 1914, en anglais. Je lis avidement les leçons de choses sur les pays disparus genre Montenegro. Je suis fasciné par les vignettes photos genre «paysans monténégrins et leur âne», les cartes désuètes, l’odeur nonpareille de poussière et de douce putréfaction des pages. Le soir, nous prenons nos quartiers à Mendocino (Californie), une station victorienne qui est plus connue sous le nom de Cabot Cove (Maine), dans les aventures de Jessica Fletcher. Nous résidons dans une maison Belle-Epoque au fond d’un jardin, et ma soeur et moi dormons dans la chambre sous les combles. Ca pourrait être White Chapel ou un manoir Tudor. Il fait froid, un temps à faire du feu dans la cheminée. Dans le lit, ma soeur me fait peur avec des histoires de fantômes.

2001. L’exposition Bosch à Rotterdam. Dans la nuit noire, nous franchissons le vaste fleuve dans le ventre d’un taxi-bateau, pour aller prendre un apéritif dans l’immense hôtel insulaire, qui a été un bureau d’émigration, dernière étape avant Ellis Island. Il fait froid, mais je ne me rappelle pas si nous avons un couverture sur les jambes.

2006. Nous avons rompu à A’dam avec David. Je traverse Szohod seul dans la grande longueur, au crépuscule et sous la pluie. La plage est vide et dominée par la gloire passée du Casino. Je pourrais aussi bien être le seul client, au bout des couloirs kitsch-RDA vs. Miss Marple de l’hôtel. Je regarde une effrayante série policière anglaise, où la vengeance prend la forme de clous géants dans le crâne de vieux messieurs.

Maintenant. Je lis un Penguin Books policier, tout en haut de ma maison de bois, comme la cabine d’un galion sans la vue sur la mer, ni d’ailleurs sur rien. Le dernier étage n’est pas chauffé. Le titre: Les meurtres de Plague Court.
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1992, I think. In a second-han books’ warehouse in SF, right at the back and behind a stack, I found a 1914 geography classbook in English. I avidly reads the practical lessons about vanished countries, like, Montenegro. I’m fascinated by tiny photos of, like, “Montenegrine farmers with their donkey”, by past maps, by the unique smell of dust and sweet roting in the pages. At night, we establish ourselves in Mendocino, California, a Victorian sea resort better known under the name of Cabot Cove, Maine, in Jessica Fletcher’s adventures. We stay in a Belle-Epoque house at the back of a garden. My sister and I sleep in the uppermost room, under the roof. This could be Whitechapel or a Tudor manor. It’s cold, a weather for chimney fire. In the bed, my sister frightens me with ghosts stories.

2001. The Bosch exhibition in Rotterdam. Through black night and through the big river, we go in the belly of cab-boat to have a drink in a island hotel, a former emigration desk; last stop between Ellis Island. It’ss cold, but I can’t remember if we laid a blanket on our legs.

2006. We broke up with David in A’dam. I walk across Szohod alone, at sunset, under the rain. The beachside is empty and dominated by the bleak glory of the casino. I could as well be the only client at the end of my half-GDR, half-Miss Marple hotel’s corridors. I watch a frightening crime TV series, in whitch retaliation takes the form of large nails inside older men’s skulls.

Now. I read a crimebook by Penguin’s, atop my wooden house, like in a galeon’s cabin but without a sight of the sea, or of anything else for that matter. The last story is not heated. The title: The Plague Court Murders.

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