Freedonia

Re-elect Al Gore!

L’émotion de certaines images de la politique restent avec vous, toujours. Le discours du pasteur King devant le mémorial Lincoln. Le crane de Mitterrand sur le minitel rose d’Elkabbach en 1981. Les commentateurs de 2002 qui annoncent une grande surprise et seront au «paquebot» du FN dès 20 heures car M. Le Pen fera sa déclaration dès 20 heures. Dans le film de Moore, les congressmen noirs qui ne trouvent pas un seul sénateur pour contester le résultat en Floride en 2000. Dans le film de Gore, où la pédagogie est brillante, la rupture des deux glaciers polaires est ses conséquences «non linéaires», l’inondation du monde, l’arrêt du Gulf Stream, le sabotage des écosystèmes. Le site du 11 Septembre sous l’eau.

Il y a quelques facilités ou faiblesses ici ou là (le lien réchauffement / ouragans ne fait pas, paraît-il, l’unanimité de la communauté scientifique; les statistiques boursières montrant que les firmes auto américaines — dont les véhicules sont moins sobres en pétrole — sont plus fragiles économiquement, sont à la limite de la désinformation), mais bien malin qui peut abattre le raisonnement d’ensemble de Gore.

Plusieurs choses étaient inouies pour moi:
- la part des feux volontaires de forêt dans le réchauffement climatique: 30% (le film montre une carte frappante du monde vu l’été,avec la lumière électrique et les torchères au Nord et les feux au Sud).
- le rapprochement de la part de la contestation des causes humaines du changement climatique dans les publications scientifiques (0%) et dans les médias grand public (53%), soit une belle démonstration par l’exemple du pouvoir nuisible de la Kommunication Korporate (Gore se tape au passage aussi le big tobacco).

Cet été, nous avons eu après un barbecue (cancérigène et contribuant au réchauffement climatique) une discussion animée, tendue même parfois, avec BoxingProf et François B2. J’espère que je saurai rendre justice à leurs points de vue et que sinon, ils me corrigeront. Mon principal argument était que, les choses en étant où elles en sont niveau barbarie (comme dans «socialisme ou barbarie») et dévastation écologique, il faudrait bien en passer par des mesures obligatoires de contingentement ou de bouleversement des modes de production et de consommation. François disait qu’on ne pouvait pas forcer les gens à changer, et affichait une grande foi dans la décision des entreprises (et défendait aussi, si mon souvenir est bon, le cycle du combustible nucléaire actuellement pratiqué par Areva). BoxingLib était de l’avis que, d’un point de vue économique, l’incitation est plus efficace que l’obligation (il a trop lu De Soto). Le film apporte de l’eau à mon diagnostic, et pour partie aux solutions de BoxingFriedman: Gore est du côté de la conviction et presque du volontariat; il met en valeur les mesures Kyoto de certaines villes américaines, et plus encore les «petits gestes qui sauvent» à la Nicolas Hulot, du style acheter des ampoules à basse consommation et planter des arbres.

Il est exact que cet effort de conviction est l’honneur et la nécessité du système démocratique. Je ne crois pas pourtant que — dans l’exercice du pouvoir — la conviction soit suffisante, au point où nous en sommes, et vu l’inertie du système industriel et du changement climatique provoqué par l’Homme (après tout, le bouquet de solutions déjà ambitieuses proposées brièvement par Gore ne nous ramène qu’aux émissions de C02 de 1970). Je pense sincèrement que seules la contrainte, la prohibition, l’obligation peuvent, désormais, stopper les causes les plus évidentes de réchauffement qui sont aussi le gâchis le plus absurde de ressources non renouvelables (humvies et bagnoles en général), et partager équitablement le problème créé (en termes d’eau, d’alimentation, de parasitoses, de mouvements de population) et ses solutions. Je ne vois pas exactement pourquoi je devrais attendre un bon mouvement de compagnies (et de leurs laquais politiques) qui non seulement nous tuent, comme civilisation ou tout court, mais nous mentent. Ce serait un peu comme dire que la solution du paupérisme est la charité du riche. L’argument de BoxingBoy sur incitation/contrainte me paraît sans cesse plus court.

Selon la belle formule de Churchill que Gore cite, «The era of procrastination, of half-measures, of soothing and baffling expedients, of delays, is coming to a close. In its place we are entering a period of consequences».
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The emotion of some political images lingers with you, forever. The speech of minister King in front of the Lincoln memorial. Mitterrand’s bald head on Elkabbach pinl Minitel in 1981. The commentators of ‘02 who announced a great surprise and that they would be live from National Front headquarters at 8 pm sharp because Mr. Le Pen wants to talk at 8 pm sharp. In Michael Moore’s movie, the black congressmen who find no senator to support their motion to contest the results in Florida in the ‘00 election. In Gore’s brilliantly pedagogical movie, the rifting of the two polar glaciers and its ‘non-linear’ consequences: global flooding, the Gulf Stream put to a halt, the sabotage of ecosystems. Ground Zero under water.

There may be, here or there, easiness or weaknesses to it (the link between heating and hurricanes is still apparently debatted within the scientific community; the stock exchange data showing that American car industry — whose vehicles are less sobre — is more fragile economically, are bordering on disinformation), yet clever is the one who will shake Al’s general path of thinking.

Several things were totally new to me:
- the share of intentional forest fires in global warming: 30% (the movie shows a striking map of the world in the summer, with light and gas burners in the North and fires in the South).
- the comparison between the share of contestinf of the human causes of global warming in scientific reviews (0%) and mass media (53%), i.e. a nice demonstration of the evil power of Korporate Kommunication (Gore also falls incidentally on big tobacco).

Last summer after a barbecue (carcinogen and contributing to global warming), BoxingProf and François B2 and I had an animated, even sometimes tense talk. I hope I do justice to their perspectives, and that else they will correct me. My main argument was that, as far as things are, at the level of barbary (as in “socialism or barbary”) and ecological devastation, we would have to go through compulsory measures of quotas, or profound compulsory alteration, of ours modes of production and consumption. François said that you couldn’t force people to change, and showed himself rather confident into the decision of Big Business (and also defended, if I remember well, the nuclear fuel cycle as currently practiced by Areva). BoxingLib was of the opinion that, from an economic point of view, incentives were more efficient that obligation (he read to much of De Soto). The movie goes a way supporting my diagnostic, and BoxingFriedman’s solutions: Gore is on the side of persuasion and almost volunteering; he puts forwards the Kyoto measures taken by some American cities, and even more so the small “helpful deeds”, Nicolas Hulot style, like being low-consumption lightbulbs and planting trees.

It is true that this endeavour to persuade is the honor and necessity of the democratic system. However, I do not believe that — in implenting policies — persuasion is enough at the step we are now, also given the inertia of the industrial system and of climatic change caused by mankind (after all, the mix of the already ambitious solutions proposed by Gore brings us back only to 1970’s CO2 emissions). I sincerely think that only constraint, prohibition, obligation can stop the most obvious causes of heating that are also the most absurd waste of non-reniewable resources (humvies, cars in general), and share equitably the problem we created (as far as water, food, parasit diseases, population moves are concerned) and its solutions. I can’t exactly see why I should wait a good move from companies (and their political lackeys) that kill us, as a civilisation or in simple meaning of the word. And that also lie to us. That would be like expecting a solution to pauperism from the richman’s charity. BoxingBoy’s argument on incitation/constraint sounds ever more insufficient to me.

As the nice sentence by Churchill (quoted by Gore) goes, “The era of procrastination, of half-measures, of soothing and baffling expedients, of delays, is coming to a close. In its place we are entering a period of consequences”.

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