Freedonia

Ou bien?

November 15th, 2005

Presqu’aussi rebondissant, multilingue, calviniste et transcourants que les Cahiers de Farkas, il y a la vie politique suisse. Ce matin, la radio apprenait que pour la première fois, le gouvernement élu (Conseil d’Etat) du canton de Genève passait à gauche. Ce n’est pas une mince surprise compte tenu du demi-succès enregistré, il y a un mois et demi, lors de l’élection du parlement cantonal (Grand Conseil), par l’Entente genevoise (qui regroupe les démochrétiens et l’Union radicale libérale, elle-même l’alliance du PRD et du Parti libéral), véritable camouflet pour l’Alternative.

Le bouleversement, c’est l’apparition du Mouvement citoyens genevois, à la syntaxe défectueuse et à l’onomastique paléo-chevénementiste, mouvement xénophobe qui a fait campagne pour que les Genevois restent «princes en leur ville», notamment face à tous ces Français qui leur piquent leurs emplois. Bref, sur les terres de l’UDC, dont le président du MCG a dépassé les candidats lors de l’élection au Conseil d’Etat.

Merci Groquick!

Clichés de Bahreïn

November 14th, 2005

Postcard Model

«Where am I?»

Trabantenstädte

November 9th, 2005

Freedonia, le service public incombustible, rappelle plein d’informations sur les émeutes faubouriennes que vous n’avez pas lues (sauf si vous étiez attentif à 8 heures du mat dans le métro).

Par exemple («20 minutes» d’hier), que le préfet qu’on voit tout le temps ces temps-ci (et qui, soit dit en passant, porte un horrible blazer bleu marine) a laissé entendre que ça flambait moins dans les quartiers où il y a du trafic de drogue, notamment dans le 9-2. Ce qui conduit a plusieurs supputations: pourquoi le 9-2 («J’ai un problème, c’est la drogue» comme dit le reggae de Sarkozy)? s’intègre-t-on mieux quand on se drogue? ou quand on vend de la drogue? ou bien s’agirait-il de présenter les émeutes comme un phénomène organisé par «les bandes»?

Sur ce dernier point («Le Monde» daté de demain), les média d’extrême-droite américains sont formels: c’est (encore) un coup de ben Laden. Je n’ai pas réussi à retrouver le reportage de Fox auquel mon héros Dominique Dhombres — le dernier carré de talent au «Monde» à lui tout seul — faisait allusion, mais un article d’une lesbienne californienne et islamophobe.

Dans le même «Monde», Colombani a.K.a «balladurien d’un jour, balladurien toujours», fait des gros poutous à Sarkozy, mais d’une force. Ce qui est étrange, c’est que dans mon esprit c’était «Le Fig» qui soutenait Sarkozy et «Le Monde», Villepin. Heureusement que dans la marge droite du «quotidien de référence», on a en permanence du publi-rédactionnel sur un chanteur blondinet.

Enfin, le phénomène s’étend grave au pays des Porsche: 6 voitures (et une mobylette!!!) ont été brûlées à Berlin.

«Homage to Catalonia»

November 8th, 2005

Pendant ce temps-là, au pays du matrimonio gay, ça s’écharpe sévèrement sur l’Estatut de la Generalitat, c’est-à-dire les règles d’autonomie de la Catalogne. L’ensemble des partis autonomistes locaux (gauche verte, républicains, fédération CiU, socialistes et leur faux-nez des Citoyens pour le changement), soit 90% du parlement régional, ont voté pour — le nouveau statut accorderait à la Catalogne l’autonomie judiciaire et fiscale (gabelle sur le chorizo, redevance corrida, contribution sociale sur les poils, etc.), et redéfinirait la Catalogne comme «une nation». Le principe de la réforme a également été voté la semaine passée au Congrès des députés, malgré l’hostilité virulente du Parti populaire.

Côté logos, c’est beau, c’est chic, c’est moderne et design. Sauf le PP, mais il vient juste de rénover sa charte graphique au plan national. Noter aussi le recours, chez presque tout le monde, à l’emblème héraldique local, millénaire pour sa part: les quatre pals rouges sur champ d’or; il a une légende raciste de doigts trempés dans le sang des croisades anti-Sarrazins.

«Esperamen en el cielo, corazon»

La philosophie dans le boudoir.

November 7th, 2005

Après le passage à l’heure d’hiver, la vie est pressante, stérile, anoxique et visqueuse comme un fond de piscine. Toute cette semaine j’ai marché à côté de mes pompes — retards, oublis (plus que d’habitude), confusion émotionnelle, tête de cul, port de chaussures orthopédiques. Merci Giscard.

«This is the album I sent him when he got back to Israel. That's how I got him. No, this page you cannot see.»«you shouldn't be cheap for your handcuffs»A la recherche de la caillera underage perdue

Parfois, je songe à Xavier Please-Shut-Up, perdu au pays du mushy peas. Il paraît qu’il est moins heureux que BoxingBoy parmi les fins-de-race anémiques, alcooliques et placardisés de Cambridge. Alors je repense à cette dernière conversation avant son départ, où Xavier expliquait qu’il ne pensait pas vraiment la révolution possible (souhaitable?), mais que la radicalité militante était le seul moyen d’extorquer les changements souhaitables de la social-démocratie. Avec lui (comme d’ailleurs avec Alex STAPS), on peut au moins parler sérieusement de politique.

Pourquoi personne ne relève même plus quand je dis que j'ai rencontré un mec? Je ne me sens plus ni lucide, ni crédible.Et pourtant, à chaque fois j'y crois comme la première.Ivan Cul-Rond est Implacable ®

Dans les banlieues c’est le dawa. Enfin, le vrai dawa, celui de chez Marc-O, celui qui embrume l’oeil de Claire Chazal (paraît-il). Même si c’est sûrement un vieux problème, et si son irrésolution est une faute partagée, ça laisse au moins la satisfaction de montrer à nu la vanité du discours sécuritaire de la droite depuis 3 ans: le verbe de Sarkozy était donc moins performatif qu’il ne l’avait promis. La chose moche (mis à part la mort des deux gamins dans la cabine à haute tension) est que la colère des émeutiers et la violence politique de la droite ont la même cible privilégiée, les services publics, pour des raisons opposées et des résultats parallèles. Brûler un train ou fermer une ligne SNCF. Autre truc frappant bien sûr, l’interposition des imams.

Sinon, je reste entièrement désarmé (intellectuellement aussi) face à une violence que je ne vois pas, faute de la vérité que montre la télé, et que je ne comprends pas — au-delà des clichés de ma bien-pensance de gauche sur les causes sociologiques d’une insurrection des banlieues. Dans le «New Yorker» de la semaine dernière, un éditorialiste datait aux émeutes de Watts la montée en puissance du mouvement néo-conservateur (j’ajouterais: avec le cocktail politiquement performant de communautarisme religieux, destruction de l’Etat providence et violence de classe). Je ne pense pas que ces émeutes (sont-elles pires que celles du début des années 1980 et 90?) marquent la ligne de partage des eaux, car sûrement sommes-nous déjà dans l’adret de la Nouvelle Droite ; mais ces voitures qui brûlent sont, peut-être, un nouveau signe que notre génération est condamnée à vivre toute, dans une phase baissière de l’emprise des principes de la gauche.

Planning 2006

November 6th, 2005

Les tripes, c'est chic!

Incomplet

November 4th, 2005

Petit liftier bossu.- S’il vous plaît, laissez le passage pour les gens qui sortent. (la porte se ferme) Un instant d’attention s’il vous plaît. Cet ascenseur desservira les étages en descendant: quatrième, troisième, deuxième, premier, en commençant par le cinquième étage. Je vous remercie. (la porte s’ouvre) 5ème étage: style, décoration, ameublement. Il vous faut le voir, il est beau comme tout.
Mamy.- C’est le même monsieur depuis au moins vingt ans.
PatCo.- Merci Monsieur.
Mamy.- Avant, il n’y avait pas de cinquième étage.
Thérèse.- De la maille…
Mamy.- Du chintz.
Thérèse.- Du bemberg?
Mamy.- Du velours frappé!
Thérèse.- De la viscose alors?
Mamy, à PatCo.- Il faudra que tu nous dises si tu veux de la rouflette.
Thérèse.- C’est assez rose, ça ne serait pas très heureux.
Mamy.- Elle est moins bien que la feutrine américaine.
PatCo.- Pardon Madame.
Mamy.- Le Grand Déballage?
Thérèse.- Reine!
Mamy.- Moline…
Thérèse, à PatCo.- Tant qu’on ne t’as pas fait tes rideaux, tu fais attention à nous. (un temps) Je dis ça pour rire.
Mamy, faux aparte.- Thérèse: c’est lui le caissier: le nain. (plus haut) C’est le même depuis longtemps.

Samedi, wannabe-WGP le jour et ex-pute d'UG la nuit, un minet hante les rues de Montmartre.Lundi, Lapinot meurt et Pif parle de suicide.Mardi, Gourou assure le quota minoritaire d'hétéros aux Halles.
Mardi, Shinin*** en deuil. Fawn plaqué. Comité sans travail ni vertu au premier semestre 2006. Matthieu DC coincé dans un scénario hitchcockien. La vie est un sushi pas frais.Comparé à un personnage de BD deux fois en une semaine par deux Vincents.

Brazil 66

November 1st, 2005

Les élections n’auront lieu que l’an prochain, mais je ne résiste pas au plaisir de mettre en ligne un camembert (formagao) de la Chambre brésilienne, dans ce contexte généralisé de corruption qui ne semble toucher que la gauche, parce que tous les partis s’appellent «travailliste», «social-démocrate» ou «progressiste» (même quand ils sont le paravent de sectes adventistes). Autre source de bordel, la coalition menée par Lula (le PT est d’ailleurs déjà une coalition en soi) comprend tout le monde, depuis l’extrème-gauche du PCdoB jusqu’à des partis centriste (Parti du mouvement démocratique, PMDB), libéraux (PL et PSL) voire carrément de droite mais opportuniste (Parti travailliste brésilien, PTB). Pour compléter la confusao, il y a un parti vraiment social-démocrate mais d’opposition (Parti démocratique travailliste, PDT).

On réalise qu’en fait, bien que le premier parti dans une Chambre atomisée, le PT et ses alliés naturels de la gauche (Verts de Gilberto Gil, socialistes, etc.) sont très minoritaires à la Chambre, d’où les concessions (vice-présidence, coalition gouvernementale) acceptées par Lula pour accéder au pouvoir.

Dans les logos, noter que, comme dans d’autres pays latino, les partis utilisent leur numéro fixe d’enregistrement des listes comme emblème. Je préfère celui du parti de l’ex-Président Collor, le PSDB, avec son toucan publicitaire («Un Tropico coco?»). Tout le reste baigne quand même dans une esthétique révolutionnaire un peu seventies, qui fait jouir Comité dans sa petite culotte maintenant que le souvenir de la fausse beauté des minets de la StarAc 5 se dissipe.

«Ah, un pais tropical!»

Janaïna Split

October 31st, 2005

Farkas tutoyant le succès cette semaine, personne n’a réclamé les résultats des élections argentines. Non, lecteur politivore, Freedonia, toda la politica, ne t’oublie pas au milieu du Chiaco affectif et de la Patagonie sexuelle de sa rédaction unipersonnelle; seulement, c’est vachement compliqué.

Pour les législatives, l’Argentine vote en effet au scrutin proportionnel de liste (selon la méthode de Hondt), au niveau des Etats fédérés. D’où, sacré bordel genre «que mille Knessets s’épanouissent», qui rend la compréhension de la Chambre ardue (elle compte 39 groupes parlementaires, réduits à 25 intergroupes sur des thématiques centralistes/fédéralistes ou gauche/droite). Ajouter à ça que la Chambre se renouvelle par moitié tous les deux ans, la comparaison en devient délicate.

Heureusement, les résultats de l’élection sont assez clairs cette fois-ci: le kirchnerisme (au travers de la coalition électorale bien floue du Front pour la victoire) récupère la mise de l’effondrement du PJ héritier de Peron, dont la droitisation s’accroît. L’Union radicale, autre parti historique, souffre de la concurrence de Recrear, emmené par un de ses grands anciens, Lopez Murphy. La gauche (mais il y a vraisemblablement des péronistes et des radicaux de gauche, comme on dit) se maintient, mais à des niveaux faibles — sa candidate à Buenos Aires, E. Carillo, étant devancée par l’épouse de Kirchner (c’est quoi ce truc bizarre avec les femmes de… en Amérique latine?).

Sur le front des logos, on distingue bien les emblèmes traditionnels (blasons hyper-étranges et soviéto-Merveilleuses Cités d’Or) des partis classiques, des logotypes bien léchés, mais un peu vides, et avec l’immanquable esthétique nationale (couleur et ombre chinoise) des partis récents. Sur le MPN (le seul dont je mets le logo, je ne sais pas ce que font les autres partis localistes): il n’y a pas d’argent pour les logos dans le Neuquen, ou bien?

Hasta la victoria siempre

épokhè

October 29th, 2005

Le Gobi affectif a repris le dessus. L’ennui professionnel est total. J’ai décidé de me respécialiser sur la rédaction d’articles de Wikipédia sur des structures internationales inutiles et/ou disparues, comme la Communauté française, l’OECE et le Benelux. Ca m’a fait repenser à l’anecdote de BoxingBoy sur les unions douanières trop nases et mortes-nées, Francita, Fritalux et Finebel.

Tout vient peut-être — conformation à tels espoirs que j’ai cru qu’on mettait en moi, revival IVe République, inexorabilité du devoir, look, sens de l’échec et maraude de la mort — de la figure tutélaire qui a dominé mon enfance du haut de photos passées mais jamais décrochées, de bribes d’anecdotes édifiantes qui n’étaient pourtant pas mes souvenirs, et de l’autorité qu’ont les disparus regrettés: mon grand’père.

Dans la vie, il me reste, aussi, la lecture du «Guardian», la joie de cette belle invention de «20 Minutes»: la liste des 5 thèmes de presse les plus fréquents de la semaine écoulée, telle vanne particulièrement fluo de BenXP.

La force déprimante de l’apologie des petits plaisirs, à la Jean-Pierre Jeunet ou Philippe Delerm, est que comme le libéralisme ou les préjugés, y croire est autoréalisateur.

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