Freedonia

Comme un lundi.Pendant ce temps-là, Alex STAPS mange du farci poitevin.Mid-Atlantic Accent
Le sexe était presque criminel (Iacub Boxing Re-Edit)Jeunehomme«Elle à table» (hommage à Luc G.)
Matthieu DC, grand médium. Retour de l'être aimé. Exorcisme de la fin du weekend. Métro Marcadet-Poissonniers.Claire B. (pose n° 2)A Bamako.

Un article du «Figaro», où on se fait rarement des spaghetti carbonara entre amis, propose une liste («non exhaustive») des plats avec des oeufs crus, déconseillés par l’Autorité européenne de sécurité des aliments pour éviter de choper la grippe de la dinde (variant pédé de la grippe aviaire). Une vie sans mayonnaise ni lait de poule ne vaut pas la peine d’être vécue.

Sinon, le délicieux Freaky a dégoté de la musique chantée par un genre de Catherine Ferroyer-Blanchard, sur fond de claps-claps filtrés à travers des franges. A télécharger d’urgence.

Curieusement, MisterPatate, le jeune homme albanais sexy du website-thou-shalt-not-name, a parlé du même sujet alors juste que j’étais en train de me dire: c’est à raconter sur Freedonia, le magazine des gens célèbres. Et que, d’une certaine façon, et je pense à son insu, MisterPatate est lui-même soumis à cette perversion du regard sur les autres que sont le désir et le dégoût — à la fois ce qu’on regarde et pourquoi on le regarde, pourquoi le désir flotte comme l’embrassement du regard, net ou flou, et varié, selon l’heure et le point de vue.

Initialement, je me suis dit que ma page sous Gayvox était périmée, et que si je l’osais et si je parvenais à y voir plus clair dans mes goûts, j’y mentionnerais des critères physiques explicites (qui chez moi hélas sont négatifs et pharisiennement illimités). De là, j’ai commencé à essayer de les lister dans ma tête: les poils dans le dos sauf quand ils sont sur un dos musclé et/ou peu nombreux, la disproportion (c’est-à-dire à peu près tout cas réel, comme un mec petit avec une grande bite ou l’inverse, ou des jambes trop longues ou trop courtes, ou les mollets trop étroits à la base), la grande maigreur ou la grande obésité, les poils frisés, les bras minces, les épaules tombantes, les pectoraux concaves, les corps glabres (sauf juvéniles mais pas infantiles non plus, suivez mon regard), etc. BoxingBoy, qui a l’esprit de pédagogie, dirait: «ce qu’il reste c’est les blonds musclés gras», mais le bilan est plus compliqué, composite, bric et broc, comme une virilité en peau de léopard: éphèbes et vieux beaux, travailleurs de force latins et pornstars slaves.

De là, la sexualité natatoire fonctionne moins comme une pratique perverse que comme un formidable révélateur, magnificateur de ces traits ou, inversement, leur dégauchisseuse. On voit presque tout dans une piscine, mais un corps trempé et motile semble moins cru, moins banal, moins avachi.

Parallèlement, mon coeur et mon cul jouent au flipper, entre mon amant régulier (que je ne vois pas mais qui m’appelle), un jeune homme charmant mais tellement indécis, et un garçon décidé mais pécamineux sous les critères fournis supra. Et plein d’autres, prospects, garçons vus une fois (comme MisterP.) ou croisés sur les tchattes, mais je ne peux pas tout dire non plus.

Cyberslacking

October 25th, 2005

Le Département, par circulaire du Très Grand Chef, vient de décider de donner accès à internet à tous ses agents depuis leur poste informatique. Je sens la pente du vice, qui m’entraîne vers les mêmes traumatismes / fautes professionnelles que AC&P et ComitéCentral, du genre: alimentation et consultation compulsives du website-thou-shalt-not-name. D’ailleurs, des études américaines (réalisées par les vendeurs de logiciels anti-cyberglande) prouvent une perte de productivité annuelle collective de 85 milliards de dollars aux Etats-Unis.

Hmmm, Burt!

Viens de finir le célèbre roman de Lampedusa, dont est tiré le film formellement si ensorcelant de Visconti. Le livre est mieux encore, léger (si l’on excepte deux chapitres utiles dans l’architecture d’ensemble mais un peu lourdement amenés, sur le jésuite dans sa famille et les vieilles filles Salina — les deux d’ailleurs absentes de mémoire du film), stylistiquement superbe, précieux, drôle, triste. Il faudrait en faire un pastiche, un pacs de BoxingBoy avec Maxime T, comme emblème de l’extinction de la vieille bourgeoisie lettrée qui tente malgré tout de se resourcer par une mésalliance avec la classe ascendante des technopouffes. On peut presque reprendre telle quelle la description du bal Ponteleone («cires et ivoires des chauds-froids de veau») pour une fête chez moi.

Je comprends tout ça y est!

October 22nd, 2005

Je suis ça. Faut-il que j’aille ?

Depuis la disparition prématurée du «dingue qui parle fort», je suis assez désoeuvré. Je lis le J.O en attendant le weekend. Avec la première intervention de P¤ajon depuis un an en hémicycle («mais c’est bidon!»).

Egalement, deux grands moments (d’éloquence?) parlementaire lors du débat budgétaire. Le premier venait de l’orateur socialiste Migaud.

«M. Didier Migaud. Du coup, en entendant le ministre de l’économie et des finances, hier après-midi, je pensais à cette fameuse chanson : Tout va très bien, Madame la Marquise.

M. Hervé Mariton. Ah ! ça, c’est du Brard dans le texte !

M. Didier Migaud. Non, c’est une chanson de Ray Ventura ! Hier soir, je me suis amusé à adapter cette chanson, en l’adressant à Thierry Breton. Voilà ce que cela donne :

M. le président. Vous allez la chanter ?… (Sourires.)

M. Didier Migaud. Non, je ne la chanterai pas ici, monsieur le président.

M. Hervé Morin. Chanter dans l’hémicycle est réservé aux députés UDF. (1)
(Sourires.)

M. Guy Drut. Copé pourrait vous accompagner au piano !

M. Didier Migaud. J’espère que le ministre me pardonnera la familiarité de la première phrase.

Allô, allô Thierry ! [mais je pourrais tout aussi bien dire Jean-Francois ou Dominique]
Quelles nouvelles ?
Absent depuis trois ans,
Au bout du fil
Je vous appelle :
Que trouverai-je à mon retour ?
Tout va très bien, mon cher compatriote,
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Un incident, l’épaisseur du trait,
Les résultats sont en retrait,
Mais, à part ça, mon cher compatriote,
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô, Thierry !
Quelles nouvelles ?
Les résultats en retrait ?
Expliquez-moi
Car vos promesses ?
Comment cela s’est-il produit ?
Cela n’est rien, mon cher compatriote,
Cela n’est rien, tout va très bien,
Pourtant, il faut, il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
La consommation a été étouffée,
Les ménages sont déprimés,
Par les augmentations d’impôts
Que le gouvernement a fait voter.
Mais, à part ça, mon cher compatriote,
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô, Thierry !
Quelles nouvelles ?
Les impôts ont augmenté ?
Expliquez-moi
Car vos promesses ?
Comment cela s’est-il passé ?
Cela n’est rien, mon cher compatriote,
Cela n’est rien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Les impôts ont baissé pour quelques privilégiés,
Mais pour les autres, ils ont bien augmenté !
Oh ! Pas assez pour empêcher les déficits d’exploser…
Mais, à part ça, mon cher compatriote,
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô, Thierry !
Quelles nouvelles ?
Les déficits ont explosé !
Expliquez-moi
Car je chancelle
Comment cela s’est-il produit ?
Eh bien ! Voilà, mon cher compatriote,
Dilapidant son héritage,
Votre gouvernement n’a pas été sage.
Il a distribué les largesses à ses publics,
Fait exploser les dépenses et la dette publiques.
Mais sermonné par Bruxelles et ses instances
Il a régulé à outrance,
Et pour le plus grand nombre,
Multiplié les souffrances.
Ne restent plus que les décombres.
Et c’est ainsi qu’en moins de trois ans
Tout a foutu le camp !
Mais, à part ça, mon cher compatriote,
Tout va très bien, tout va très bien. (Sourires et applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et du groupe des député-e-s communistes et républicains.)

M. Augustin Bonrepaux. Quel talent !

M. Jean-François Copé, ministre délégué au budget et à la réforme de l’État, porte-parole du Gouvernement. Il est meilleur que Brard. Il y a de la concurrence !

M. Jean-Pierre Brard. En effet, il est très bon !

M. Didier Migaud. Je me permettrai, bien évidemment, de remettre le texte à Thierry Breton. (Sourires.)

M. le ministre délégué au budget et à la réforme de l’État. Faites !

M. Jean-Pierre Brard. Vous êtes mauvais public, en face !

M. Michel Bouvard. M. Migaud renouvelle le genre !»

Le second moment vient à la fin de la litanie des méfaits fiscaux et sociaux commis par le Gouvernement, énumérés par Brard (député-maire apparenté communiste de Montreuil, et vieux routier des réprimandes complaisantes de présidents de séance amusés):

«Jean-Pierre Brard. J’en ai terminé, Madame la présidente, et je sens bien que M. Mariton est tout coi car il ne supporte pas qu’on lui montre ce sein dont il fait semblant de s’outrager, alors qu’il regarde par le trou de la serrure.»

Tout ça est idéal pour réviser la prochaine partie de Le Jeu. Tiens allez, à brûle-pourpoint et pour la route, comptez combien vous vous rappelez de noms de Juppettes de 1995 (les bonnes solutions sur l’article de Wikipédia. Comme ce n’est pas moi, l’auteur ne peut guère en être que Farkas, Comité ou Emmanuel from les Jeunes Républicains).

________
(1) cf. le chanteur régionaliste fou.

(Une semaine de l'agenda secret du Kim Jong-il du 93)«vendredi: réunion voeux. Suis entouré de cons. Sauf le clebs. Penser à virer le nouveau dir'cab lundi. NB: appeler ma secrétaire pour lui demander son nom déjà.»«weekend: mariages. Tous ces connards m'emmerdent, avec leur joie. Est-ce que je suis joyeux moi? Heureusement, pas ici qu'on marierait les tafioles, ah ah. NB: Penser à la raconter lundi à mon dir'cab avant de le virer.»
«lundi: Assemblée. Qu'est-ce que j'fous là? je dois parler du truc là. De l'autoroute. Qu'est-ce qu'il m'a écrit le connard? 'La politique de gribouille du gouvernement en matière routière'. Pas à dire, bien torché, ça tape. J'vais la raconter au type devant là. Didier Magot. Si avec 'politique de gribouille en matière routière' il m'prend pas pour un cador.»«mardi soir: La Mutualité, réunion du Parti. NB: c'est bien fabiusien que je suis. Pourquoi, je sais plus, y'avait forcément une raison. Penser à avoir toujours le truc écrit sur moi quelque part.»«mercredi: putain, encore l'Assemblée. Me fais chier ferme. 'Les Sapeur Camembert de la taxe sur le foncier bâti'. Cette fois je le vire ce ptit connard.»

Misverständnis

October 16th, 2005

Ce type est mon mec idéal. Nous sommes faits l’un pour l’autre. Il sera le père de mes enfants. Comme il raccroche par erreur sous rezoG chaque fois que je l’aborde, il ne s’en est pas encore rendu compte. Comme je l’aime!

«You Never Had It So Good»

October 15th, 2005

Dans la discrétion et les flammes de Sodome, mais sans gloire, UG tire sa révérence le même jour que Dustan. Une serviette laissée sur les pierres du sauna a incendié le club de sport masculin. Hypothèses: un (nouvel, apparemment) attentat de la concurrence, une punition de Dieu, une escroquerie à l’assurance, ou juste une idiote qui voulait sécher son pagne.

Dans la même conversation avec des folles lyriques, qui voient Bernard S. à l’Opéra et chuintent comme Hervé de C¤harette, qui gammellent la fille du préfet N¤iquet et veulent engrosser Nadia T., on apprend que le gouvernement souhaite expérimenter localement la suppression du délit de marchandage (qui garantit le monopole de placement del’ANPE, l’APEC et l’APECITA). En gros, une loi pénale géographiquement variable.

Plus j’avance, plus je radote à répliquer quand j’entends ce genre de truc. Evidemment, je ne provoque que compassion ou ironie, et maintenant aussi une genre d’étonnement à ce que je prenne ces choses à coeur — autre signe d’ailleurs de l’américanisation à marche forcée de notre société, que la disqualification du débat où le ton monte. Autre argument que je subis: si je suis contre le tout-privatisation et l’abolition du code du travail (en prenant l’exemple des échecs dans plusieurs pays voisins, cas par cas), je suis pour «le maintien du système existant qui est celui qui crée l’exclusion et les ghettos». Tout cela est désespérant, comme le sont la solitude, le doute et l’échec.

Soudain, l’été dernier

October 13th, 2005

Les températures remontèrent, bien que les jours fussent désormais brefs.C'était un automne comme on n'en voit qu'ici, dans le bassin parisien.Mais ces jours de RTT étaient tout simplement: les nôtres.

Plusieurs micro-retours estivaux qui ne trompent pas: les lunettes de soleil, les moustiques, l’échauffement des gens dans le métro, les déjeuners en terrasse, la libido, le loisir.

«Il a usé 4 directeurs de cabinet en deux ans!... J'aimerais devenir rédacteur des débats.»«Et je m'entends très bien avec sa fille!»«J'écris ce manifeste pour montrer qu'on peut faire les actions opposées ensemble, dans une seule fraîche respiration...»

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