Entre ici, Jean-François Copé, avec ton cortège d’ambitions rancies.
Depuis la disparition prématurée du «dingue qui parle fort», je suis assez désoeuvré. Je lis le J.O en attendant le weekend. Avec la première intervention de P¤ajon depuis un an en hémicycle («mais c’est bidon!»).
Egalement, deux grands moments (d’éloquence?) parlementaire lors du débat budgétaire. Le premier venait de l’orateur socialiste Migaud.
«M. Didier Migaud. Du coup, en entendant le ministre de l’économie et des finances, hier après-midi, je pensais à cette fameuse chanson : Tout va très bien, Madame la Marquise.
M. Hervé Mariton. Ah ! ça, c’est du Brard dans le texte !
M. Didier Migaud. Non, c’est une chanson de Ray Ventura ! Hier soir, je me suis amusé à adapter cette chanson, en l’adressant à Thierry Breton. Voilà ce que cela donne :
M. le président. Vous allez la chanter ?… (Sourires.)
M. Didier Migaud. Non, je ne la chanterai pas ici, monsieur le président.
M. Hervé Morin. Chanter dans l’hémicycle est réservé aux députés UDF. (1)
(Sourires.)
M. Guy Drut. Copé pourrait vous accompagner au piano !
M. Didier Migaud. J’espère que le ministre me pardonnera la familiarité de la première phrase.
Allô, allô Thierry ! [mais je pourrais tout aussi bien dire Jean-Francois ou Dominique]
Quelles nouvelles ?
Absent depuis trois ans,
Au bout du fil
Je vous appelle :
Que trouverai-je à mon retour ?
Tout va très bien, mon cher compatriote,
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Un incident, l’épaisseur du trait,
Les résultats sont en retrait,
Mais, à part ça, mon cher compatriote,
Tout va très bien, tout va très bien.
Allô, allô, Thierry !
Quelles nouvelles ?
Les résultats en retrait ?
Expliquez-moi
Car vos promesses ?
Comment cela s’est-il produit ?
Cela n’est rien, mon cher compatriote,
Cela n’est rien, tout va très bien,
Pourtant, il faut, il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
La consommation a été étouffée,
Les ménages sont déprimés,
Par les augmentations d’impôts
Que le gouvernement a fait voter.
Mais, à part ça, mon cher compatriote,
Tout va très bien, tout va très bien.
Allô, allô, Thierry !
Quelles nouvelles ?
Les impôts ont augmenté ?
Expliquez-moi
Car vos promesses ?
Comment cela s’est-il passé ?
Cela n’est rien, mon cher compatriote,
Cela n’est rien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l’on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Les impôts ont baissé pour quelques privilégiés,
Mais pour les autres, ils ont bien augmenté !
Oh ! Pas assez pour empêcher les déficits d’exploser…
Mais, à part ça, mon cher compatriote,
Tout va très bien, tout va très bien.
Allô, allô, Thierry !
Quelles nouvelles ?
Les déficits ont explosé !
Expliquez-moi
Car je chancelle
Comment cela s’est-il produit ?
Eh bien ! Voilà, mon cher compatriote,
Dilapidant son héritage,
Votre gouvernement n’a pas été sage.
Il a distribué les largesses à ses publics,
Fait exploser les dépenses et la dette publiques.
Mais sermonné par Bruxelles et ses instances
Il a régulé à outrance,
Et pour le plus grand nombre,
Multiplié les souffrances.
Ne restent plus que les décombres.
Et c’est ainsi qu’en moins de trois ans
Tout a foutu le camp !
Mais, à part ça, mon cher compatriote,
Tout va très bien, tout va très bien. (Sourires et applaudissements sur les bancs du groupe socialiste et du groupe des député-e-s communistes et républicains.)
M. Augustin Bonrepaux. Quel talent !
M. Jean-François Copé, ministre délégué au budget et à la réforme de l’État, porte-parole du Gouvernement. Il est meilleur que Brard. Il y a de la concurrence !
M. Jean-Pierre Brard. En effet, il est très bon !
M. Didier Migaud. Je me permettrai, bien évidemment, de remettre le texte à Thierry Breton. (Sourires.)
M. le ministre délégué au budget et à la réforme de l’État. Faites !
M. Jean-Pierre Brard. Vous êtes mauvais public, en face !
M. Michel Bouvard. M. Migaud renouvelle le genre !»
Le second moment vient à la fin de la litanie des méfaits fiscaux et sociaux commis par le Gouvernement, énumérés par Brard (député-maire apparenté communiste de Montreuil, et vieux routier des réprimandes complaisantes de présidents de séance amusés):
«Jean-Pierre Brard. J’en ai terminé, Madame la présidente, et je sens bien que M. Mariton est tout coi car il ne supporte pas qu’on lui montre ce sein dont il fait semblant de s’outrager, alors qu’il regarde par le trou de la serrure.»
Tout ça est idéal pour réviser la prochaine partie de Le Jeu. Tiens allez, à brûle-pourpoint et pour la route, comptez combien vous vous rappelez de noms de Juppettes de 1995 (les bonnes solutions sur l’article de Wikipédia. Comme ce n’est pas moi, l’auteur ne peut guère en être que Farkas, Comité ou Emmanuel from les Jeunes Républicains).
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(1) cf. le chanteur régionaliste fou.
