Pour 2006, je veux un freedonia qui ressemble à PatCo.
Pour 2006, je veux un freedonia qui ressemble à PatCo.
Le gouvernement minoritaire du Canada a été censuré par les Communes, est a donc démissionné — le PM a demandé et obtenu dans la foulée la dissolution et des élections anticipées en janvier. Le Canada, l’autre pays des élections.
Cette censure constitue une sorte de première dans l’histoire constitutionnelle du pays des élans (des érables, de Céline Dion, des comiques irritants, choisissez votre cliché). La patrie des expressions curieusement idiomatiques également: trouve, toi aussi, tout ce qui ne se dit pas en français de l’Ancien Monde dans la phrase «”Sortez vos raquettes“, a lâché M. Martin à la blague, s’adressant à son caucus après le vote fatidique.»
Elle marque un revers pour le Parti libéral, formation centriste longtemps considérée comme «le parti naturel» de gouvernement — peut-être cette naturalisation de son pouvoir l’a-t-elle conduit sur le chemin de la prévarication (peut-être?), de l’affaire «des commandites» qui le fait chuter aujourd’hui. Je dis ça je dis rien, j’y comprends rien à la politique canadienne, où comme dirait Comité on a le choix entre l’UDF et le CNIP. Les sondages mettent les libéraux juste devant les conservateurs (longtemps considérés comme «effrayants» et impropres à gouverner, semble-t-il), loin devant la «gauche» NDP, même si la course nous est promise serrée entre les trois partis fédéralistes en Ontario (Toronto) et Colombie-britannique (Vancouver). Le Bloc québécois est en tête, comme il se doit, chez lui. Le scrutin est uninominal à un tour, à la pluralité des votes dans chaque circonscription («riding», comme dans l’expression «riding an elan»).
Côté logos, c’est raffarinien: publicitaire et ringard à la fois.

LeFaune a trouvé son âme-soeur dans la Rust Belt. Curieusement, moi, il paraît que je suis ça. Les deux fins de vie sont effectivement plausibles. Sans surprise, l’homme de ma vie est supposé être un blondinet musclé-gras écossais de 19 ans. Ou un blondinet sublimissimement classe de l’Illinois. Ou un ancien second rôle de «l’Amour du risque.»
Pour tous les amoureux de formulaires administratifs:
«Madame ou,
«Monsieur,
«Par la présente, je tiens à vous informer que par arrêté “municipal” en date du 2 janvier 2004, la dénomination de votre rue n’est plus “rue Fontaine” mais désormais “rue de la Femme-Fontaine”.
«Pour preuve, je vous prie de trouver au verso de cette feuille la copie de l’arrêté.
«En conséquence, afin que votre courrier vous parvienne dans les délais impartis, je vous invite à prendre toutes les dispositions nécessaires pour prévenir vos différents correspondants.
«Enfin, pour votre information, il vous faut savoir que le service de la voirie de la Marie du 9ième arrdt de Paris a été interpellé sur la nécessité de changer les plaques cadastrales ou plaques bleues de votre rue.»






A1: Mercredi: «Tu m’entends si je parle? ho! c’est drôle!»
A2: Jeudi: «Je suis viré!»
A3: Jeudi aussi: «Au début, je n’arrivais pas à dormir la nuit, tellement c’était bien.»
B1: «J’ai visité le site de Luc et il y a plein de trucs intéressants»
B2: Samedi aussi: «Imaginez que vous soyez en vacances en Espagne. La promiscuité, la semi-nudité toute la journée, la chaleur…: vous trompez votre femme avec sa meilleure amie.»
B3: Samedi toujours: «S’il continue à être le seul à coucher, on l’invitera pas au nouvel an.»
Mon collègue tangero Seb H. me demande pourquoi je ne parle pas des dernières péripéties du dawa faubourien. Comme toujours, Freedonia, le média de la joie, répond aux hurlements expectatifs de son lectorat.
Le premier rebondissement est bien sûr le contrefeu raciste allumé par Hélène Carrère d’Encausse à propos du lien polygamies / émeutes, qui ne peut que me conforter dans ma haine 1- du Figaro, par conséquent de son institution-croupion: 2- l’Institut, et 3- d’elle personnellement, qui est dans une sorte d’anti-panthéon personnel de sorcières, avec Brigitte G¤irardin et Carla Br¤uni (il faudra que je parle de ça aussi un jour). C’était prévisible, les gros beaufs (Larcher, Accoyer) font chorus. La droite fait donner la grosse artillerie mensongère du «coût de l’immigration». Ca rappelle un petit peu le jeu périodique sur le «voile islamique» — faire gonfler tous les 5 ans un débat secondaire pour masquer l’incroyable désintérêt de l’Etat pour le coeur des questions suburbaines: chômage, mal-logement, éclatement social, place de la religion.
Tout ça est cohérent avec le deuxième point, plus frappant: Sarkozy monte grave dans les sondages, l’électorat raciste FN/MNR fait corps autour de lui. Il y a pourtant tout juste deux semaines, on pensait, Villepin espérait que la crise lui serait politiquement fatale. Seb H. me dit de me préparer à choisir entre Sarkozy et Le Pen en 2007. Outre que je refuse ce choix (pas deux fois le petit chantage de 2002; Sarkozy n’est pas Chirac, d’ailleurs, question niveau, radical-socialisme, etc.), est-ce que l’on peut croire à la génération spontanée de nouveaux électeurs potentiels du fascisme (même soft)? Le phénomène va-t-il au-delà de vases communiquants entre lepénistes, droite pasquaïenne (Voynet parla jadis de Recyclage Pour Fachos) et centre-droit style Soisson?






A1: Pire que seul, seul dans un poste de police bahreïnien. Ou alors accompagné d’un beauf, au choix.
A2: «Mais, ils mangent comme des singes ici?! — Ce sont les Indiens.»
A3: «Ce qui est bien dans son pays, c’est qu’on peut avoir un 4×4.»
B1: Condoleezza Rice et PatCo (photo de groupe)
B2: Bahreïn est leader mondial sur les sculptures de rond-point en béton armé.
B3: Je me sentais comme dans le film avec Binoche et Jean Reno: en décallage horaire dans une mauvaise fiction, où je serais la caricature de moi-même.

Hier Finkielkraut a donné une interview assez scandaleuse sur le dawa suburbain. Sa complainte majeure semble, en gros, que les jeunes de banlieue sont des sujets moraux kantiens, et qu’ils sont donc des salauds d’avoir tout brûlé et qu’ils devraient recevoir opprobre et punition, que d’ailleurs la France n’est pas détestable dans la manière dont elle les a traités jusque là, qu’ils sont seuls coupables. Finkielkraut prend ensuite à loisir le contrepied des positions habituelles de la gauche sur «la ville» (non à l’éducation comme exercice de sociation, non à la reconnaissance des crimes coloniaux comme «crime contre l’humanité», non à la discrimination positive, non au rap et aux cultures urbaines).
Sinon, un type inconnu m’a parlé sur Friendster pour me dire que j’étais de la gauche humaniste (c’était une insulte de sa part). «Humaniste», je ne pensais pas que c’était un vrai mot, juste un néologisme inventé par Raffarin et synonyme de «giscardien».
Peut-être est-ce naïf à moi de penser que le «refus de l’autorité» par ces «jeunes» n’est pas étranger au statut professionnel au rabais ni à l’humiliation discriminatoire quotidienne subis par leurs parents, à l’absence de respect de la collectivité pour leurs profs (quels salaires, quels moyens? où est l’argent? que sont les emplois jeunes devenus?), aux contacts vexatoires permanents avec leurs flics (la première mesure de Sarkozy en 2002, qui s’en souvient, a été de supprimer la police de proximité, non sans avoir morigéné devant les caméras les flics du Mirail, à Toulouse, parce qu’ils jouaient au foot avec les fameux «jeunes»).
Je rejoins certes Finkielkraut sur un point: que notre société, y compris sa marge, n’a pas d’autre valeur que l’argent. Je crois être toutefois plus cohérent que lui, si je dénonce à la fois cet hédonisme et l’oppression de classe ; la violence urbaine n’est qu’un sous-produit du système, et même une opportune occcasion d’en justifier les aspects policiers. Même un libéral (Tocqueville) aperçoit sans peine le lien d’airain entre la démocratie capitaliste, l’individualisme matérialiste, et le fascisme rampant d’une police d’exception rendue permanente.
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Pendant ce temps-là, au pays des mushy peas, Xavier Please-Shut-Up fait on ne sait quoi avec BoxingBoy et ni l’un ni l’autre ne songent à fournir le regard du gauchisme hystérique et de l’anthropologie chevénementiste sur les évènements.
Parallèlement, ComitéCentral compte les jours qui nous séparent des élections anticipées en Israël. O jours d’avant mars 2006, soyez chacun l’occasion d’une scission, d’une coalition, d’un sigle hébreu incroyablement chantourné!