«Au point où on en était rendu, on n’avait plus le choix.»
Le gouvernement minoritaire du Canada a été censuré par les Communes, est a donc démissionné — le PM a demandé et obtenu dans la foulée la dissolution et des élections anticipées en janvier. Le Canada, l’autre pays des élections.
Cette censure constitue une sorte de première dans l’histoire constitutionnelle du pays des élans (des érables, de Céline Dion, des comiques irritants, choisissez votre cliché). La patrie des expressions curieusement idiomatiques également: trouve, toi aussi, tout ce qui ne se dit pas en français de l’Ancien Monde dans la phrase «”Sortez vos raquettes“, a lâché M. Martin à la blague, s’adressant à son caucus après le vote fatidique.»
Elle marque un revers pour le Parti libéral, formation centriste longtemps considérée comme «le parti naturel» de gouvernement — peut-être cette naturalisation de son pouvoir l’a-t-elle conduit sur le chemin de la prévarication (peut-être?), de l’affaire «des commandites» qui le fait chuter aujourd’hui. Je dis ça je dis rien, j’y comprends rien à la politique canadienne, où comme dirait Comité on a le choix entre l’UDF et le CNIP. Les sondages mettent les libéraux juste devant les conservateurs (longtemps considérés comme «effrayants» et impropres à gouverner, semble-t-il), loin devant la «gauche» NDP, même si la course nous est promise serrée entre les trois partis fédéralistes en Ontario (Toronto) et Colombie-britannique (Vancouver). Le Bloc québécois est en tête, comme il se doit, chez lui. Le scrutin est uninominal à un tour, à la pluralité des votes dans chaque circonscription («riding», comme dans l’expression «riding an elan»).
Côté logos, c’est raffarinien: publicitaire et ringard à la fois.

