
Merci les Kommunikants kweer: «Il n’y a pas de procès sur les huiles trans.» (Libé) Et le DG de McDo France ne parle pas des chefs de Caritig, de l’ASB et du PASTT.
Comme disait Sardou , “le Paraguay n´est plus ce qu´il était, moi non plus. On ne va pas regretter les occasions manquées, ni les slows pour danser, y en a plus. Ceux qui restaient, ou la mort ou l´amour les a eus”.
Mon petit frère a de l´acnée et des bagues, et il s´intéresse aux filles. Mon ancien taxi-boy a chopé le vih. Un edito municipal instaure le couvre-feu à 1h.
Mais il y a des choses qui ne changent pas: comme cet Américain, sans cesse sur le point de réaliser l´”affaire” qui lui permettra enfin de quitter le pays, sans cesse ramené au sol comme dans un mythe ancien. Pour tous les étrangers, c´est un miroir atroce de leur destinée possible… Mais si je restais?
Jeudi, le vendeur d’affiches anciennes d’e-Bay était un petit vieux qui ressemblait à Einstein bouffi, et qui avait peut-être bien été projectionniste dans sa jeunesse. Il racontait une incroyable anecdote de braquage à main armée, à domicile, pour un projecteur.
«I came across a cache of old photos
And invitations to teenage parties
Dress in white one said, with quotations
From someone’s wife, a famous writer
In the nineteen-twenties
When you’re young you find inspiration
In anyone who’s ever gone
And opened up a closing door
She said: we were never feeling bored»
Après, le weekend fut un crescendo de fêtes où, avec le nombre d’invités, se fortifia ma solitude.



Pourtant Comité racontait une anecdote super sur une soirée passée aux grilles d’un ministère de la culture assiégé par les Matthieu-Antoine et les putes à franges de l’espace criant: «Ils ne laisser plus rentrer personne, même ceux qui sont sur la Liste. Je suis sur la LISTE, tu comprends?», et Faune était plus maternel que jamais.
Samedi, arrivait la soirée de François B2, et je pensais à l’érotique incroyable de dizaines d’amis d’amis inconnus plongés dans du popcorn de polystytène dans mon bureau. Je me disais, comme dans l’opérette: «c’est le moment ou bien jamais…», mais déjà je m’effondrais de l’intérieur.
Sur Internet, j’expliquais à LzMry mon désarroi du vendredi, cette envie de partir qui me tenaillait comme une fuite en avant ou un désir de vengeance. Partir même loin, même mal, plutôt que de sombrer et mes amitiés avec moi dans un registre, un théâtre de rôles escomptés, d’anecdotes de soi-même.
«When I went I left from the station
With a haversack and some trepidation
Someone said: if you’re not careful
You’ll have nothing left and nothing to care for
In the nineteen-seventies
But I sat back and looking forward
My shoes were high and I had scored
I’d bolted through a closing door
I would never find myself feeling bored»












Je sortais de cette soirée lessivé, ce qui n’aurait pas suffi à ressuciter la moquette. Je sentais mon rêve petit-bourgeois d’un appartement dandy avili, violé, brisé. Je suffoquais de peur, de solitude, de déception aussi que cette maison achetée pour les grandes fêtes ait failli. Etrangement, ce que j’avais le plus craint — un rail de coke dans mes chiottes — avait été presque le moment le plus intime, doux, nouveau aussi. Le seul où j’eusse substitué l’envie de me rendre utile à des amis à une surveillance tâtillonne et innefficace d’inconnus grégaires et indifférents.
Pourtant je n’avais rien à reprocher à François, pourtant Gilles le dimanche et quelques autres le samedi soir s’étaient rendus serviables, avaient été neufs et bons. Mais cette semaine, cette fin de dimanche faisaient irrésistiblement écho à d’autres moments d’impasse: la carte de voeux d’anniversaire de Pierre dans la reliure du livre sur Proust; mon départ à Londres et la queue de poissons de ma relation avec Julien, que j’avais revu vendredi; Speedo comme chaque fois que j’étais passé devant le café Carmen.
Je me pensais sous l’espèce de la médiocrité: un travail intéressant mais sans relief, une sexualité plus hygiénique qu’esthétique, la certitude de ma laideur (ou d’une insuffisante beauté: «tu es beaucoup plus beau qu’à 18 ans» dit LzMry.), mon absence de talent, le combat de mon inconstance et de ma nécessité affectives. Ma vie se raccrochait à des principes qu’ailleurs je dénonçais: honneur, famille, distinction.
«Now I sit with different faces
In rented rooms and foreign places
All the people I was kissing
Some are here and some are missing
In the nineteen-nineties
I never dreamt that I would get to be
The creature that I always meant to be
But I thought in spite of dreams
You’d be sitting somewhere here with me»
Pour briser, peut-être, le spectre du «aucun commentaire» qui plane sur Freedonia, le foyer du silence coupable, je vais parler du sujet politique chaud-bouillant du moment qui fait même frétiller les doutes de Matthieu DC sur son orientation politique: le futur referendum sur le Traité établissant une constitution pour l’Europe.
Et aussi essayer — ne serait-ce que pour mieux m’y retrouver moi — dans les quelques semaines à venir, de préciser les évolutions juridiques qu’apporte le nouveau traité en matière de politiques communautaires (les aspects institutionnels sont bien documentés), surtout vu la faiblesse des documents de comparaison avant/après fournis par la Commission et l’absence de boulot de la Documentation française. En gros, on a le choix entre la description sommaire par la Commission (qui n’est peut-être pas neutre) ou le tableau de numéros d’articles des traités. Je me suis lancé dans un boulot de mise en face des textes, mais j’en suis à la 8e page de tableau comparé (sur 157).
Comme le faisait remarquer Comité à l’occasion de la manif 35 heures, il n’y a pas que les avancées ou reculs du texte, par rapport à l’état antérieur du droit, qui comptent. Je vois au moins trois séries de questions:
- le sens idéologique du traité (même s’il n’est pas neuf) convient-il? convient-il autant, plus, ou moins aujourd’hui qu’en 1957 ou 1992?
- quelle balance faire de cette situation idéologique, des modifications sur les politiques communes, et des évolutions institutionnelles?
- si l’on se place dans la tentation du «non de gauche», quel crédit accorder à la thèse Fabius du choc salutaire? à la menace de la LCR, se référant à l’ambition constituante de Giscard: «on risque d’en prendre pour 50 ans»?
En attendant, voilà déjà, du point de vue techno de gauche, les quatre lacunes du traité qui me font pencher vers le non ou le vote blanc:
- pas d’impôt européen,
- ni de dette européenne (qui serait la contrepartie logique du Pacte de stabilité et de croissance, et permettrait, en toute orthodoxie budgétaire, d’amplifier la construction des réseaux transeuropéens d’infrastructure, ou la politique de recherche),
- ni de pouvoir législatif communautaire dans le domaine social (ce n’est même pas une nécessité d’unanimité mais l’interdiction explicite de légiférer que le texte conserve de l’Acte unique, négocié par Thatcher et… Fabius),
- ni de dernier mot du Parlement sur le budget.
Lundi dernier, je prenais de-la-mayonnaise! et écoutais parler Xavier Prière-de-se-taire de son expatriation future et BoxingBoy ressasser les avantages des législations sud-américaines sur la majorité sexuelle. François B2 faisait du B2.



Jeudi, vendredi, j’assistais à une négociation économique avec des Colombiens. Pas très fandards mais valant mieux que le cliché synthétique: el Gringo prend un rail. Parallèlement, Nadia T. hésitait à donner suite aux déclarations d’amour d’un collègue («Christian le trouve moche»).



Samedi, brocante d’anniversaire de SophCo. Gilles manageait par SMS une relation complexe et dévorante avec un Paraguayen. J’expliquais ma théorie sur ma soeur, première et donc spontanément nombriliste, et moi, deuxième, dont elle avait été l’incontournable altérité. Après, j’essayais de contrefaire le regard intense et chassieux des habitués du Duplex, où s’exposait Paella (un chouette street-artist miliTante).
Dimanche, je dormis trop en effet. La semaine s’était couchée tard, j’avais dans une sorte de frénésie pré-valentine, ou de zénith d’ennui nocturne, prolongé absurdement les tchattes de dragues. Rencontré des garçons qui, tous, avaient en commun d’être étrangers, sympathiques, cultivés et comme sur la photo où je les trouvais moins bien que sur l’autre. J’étais en retard au très-officiel anniversaire familial de ma soeur.



Aujourd’hui, un peu abattu par une faute de sécurité que j’ai commise, à base d’une clef que j’ai oubliée un soir de remettre dans son coffre, et qui est perdue on ne sait où. J’ai résisté à la tentation d’appeler Comité pour lui reprocher ses torts manifestes.
Je ne sais si vous avez vu des morceaux retransmis de l’intervention de Condi Rice à ScPo hier, mais on y découvrait un Richard D. absolument repoussant sous sa nouvelle coiffure qu’un acteur porno américain de la fin de années 1980 ne lui aurait pas envié à l’apogée de Marc Dorcel : vaguement long sur la nuque, vaguement bouclé, et copieusement gominé. C’est sa conversion à l’UDF et à l’hétérosexualité qui l’ont rendu comme ça ? Vous en savez plus ? Le pire, c’est qu’il doit se trouver beau.
On parle un peu des élections au parlement monocaméral en Danemark, mais pas du tout de celles aux assemblées autonomes des îles Feroë et du Groënland.
En cherchant les emblèmes des partis insulaires, je suis tombé sur l’usine à logos des cousins nordiques d’AC&P, B2 et BenXP. A noter aussi qu’un des chefs de la Communauté eskimo groënlandaise, bien que non-hispanophone (ça a l’air bizarre l’inuit comme langue, y’a beaucoup trop de lettres dans les mots), est le mec idéal 2005 d’AC&P. Et il a une coupe de cheveux trop bien.