











Attention, parmi ces photos des plaisirs frelatés de Dubaï s’est glissé un cliché du blog de Fabien V. Sauras-tu le reconnaître?












La ville se divise en trois communautés: les locaux, qui vivent bien et travaillent peu, car l’Etat prélève peu d’impôts et est généreux; les expatriés d’Europe, de Méditerranée, du Golfe, attirés par les HQ d’entreprises, Emirates, le business — ou touristes à l’année dans cette Floride arabe qu’est Dubaï; le lumpenproletariat du “sous-continent”, qui travaille dans les soutes du tourisme et des affaires. Les deux premières mettent en valeur l’apparence, l’argent, passent la soirée à conduire sur les bretelles autoroutières qui sont l’espace public principal de l’Emirat, l’oreille scotchée à leur kit mains-libres. Je n’ai pas eu, hélas, de contact avec la vie de la troisième, la seule qui, peut-être, cultive des idées ou une insatisfaction visant autre chose que la mesquinerie du Shopping Festival cette année. La juxtaposition en paraît incroyablement précaire, à la décrire comme ça: pourtant je n’ai vu nul signe de craquement comme il en apparaît ailleurs dans la région.
La ville n’a plus beaucoup de pétrole, et pas des idées d’investissements très neuves pour son argent et celui des Saoudiens: un hôtel, une résidence de luxe, une banque offshore, un hôtel, etc. de sorte que le centre-ville (c’est le nom que prend chaque nouveau record d’altitude immobilière) se déplace de 500m à l’est tous les ans. Peut-on continuer en 2005 à faire cet incroyable pari de la paresse intellectuelle en économie, et que Nauru à déjà perdu: mettre son avenir dans la pierre? On est ébailli de la persévérance immobilière de Dubaï et du grand vide de ses projets industriels ou de services qualifiés. Mais je ne sais dire combien de temps l’hystérèse de la rente pétrolière (la sienne et surtout celle de ses voisins) peut lui permettre de continuer à mener ce train de vie absurde et versacien.
Comité central est un gros con!
Jetlag, déprime post-vents, pauvreté du service à bord d’Air France en classe éco, perte de celsius: j’écoute des daubes intergalactiques (genre Gina G) pour me remonter le moral, ça marche à tous les coups. J’adore la version avec des violons au début de ça:
«When I look back upon my life
It’s always with a sense of shame
I’ve always been the one to blame
For everything I long to do
No matter when or where or who
Has one thing in common, too
It’s a, it’s a, it’s a, it’s a sin
It’s a sin
Everything I’ve ever done
Everything I ever do
Every place I’ve ever been
Everywhere I’m going to
It’s a sin
At school they taught me how to be
So pure in thought and word and deed
They didn’t quite succeed
For everything I long to do
No matter when or where or who
Has one thing in common, too
It’s a, it’s a, it’s a, it’s a sin
It’s a sin
Everything I’ve ever done
Everything I ever do
Every place I’ve ever been
Everywhere I’m going to
It’s a sin
Father, forgive me, I tried not to do it
Turned over a new leaf, then tore right through it
Whatever you taught me, I didn’t believe it
Father, you fought me, ’cause I didn’t care
And I still don’t understand
So I look back upon my life
Forever with a sense of shame
I’ve always been the one to blame
For everything I long to do
No matter when or where or who
Has one thing in common, too
It’s a, it’s a, it’s a, it’s a sin
It’s a sin
Everything I’ve ever done
Everything I ever do
Every place I’ve ever been
Everywhere I’m going to – it’s a sin
It’s a, it’s a, it’s a, it’s a sin
It’s a, it’s a, it’s a, it’s a sin
(Confiteor Deo omnipotenti vobis fratres, quia peccavi nimis cogitatione,
verbo, opere et omissione, mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa)»
Dubai est un grand Disneyland arabophone, ou le destin urbain de Fabien V., ou encore une version piratee de SimCity ou il n’y aurait pas d’usine, de centrales nucleaires ni de quartiers cheap accessibles par la route. Le monument national prefere, qui figure sur les plaques mineralogiques, est un hotel sept-etoiles en forme de catamaran qui cameleonne ses couleurs pastel sur la nuit sans etoile et autoroutiere de la ville.
Les reunions auxquelles j’assiste viennent d’obtenir l’assurance d’etre aidees par la Banque mondiale comme catastrophe majeur de la chianteur. Mais je sers La France, puisque j’ai pu faire acter que l’inintelligibilite de l’arabe du Maghreb par les traducteurs emiratis arabe/anglais justifiait le recours au francais. Notre plus grand succes diplomatique depuis Versailles.
Hier soir, j’ai pu rencontrer un des garcons en liste d’attente de Gaydar/Dubai pour me voir, qui rentre dans la categorie bien connue: macon marie. Il m’a presente a tous ses amis, c’est-a-dire: le Francois B2 emirati, le ChelseaBoy egyptien, le Xavier Prieur tunisien, le Madame H syrien. Qui d’ailleurs vivent dans un monde homosexuel ideal ou on peut passer sa vie au bout du portable, en s’interrompant pour raconter la seule fois ou on a felicite un mec pour une pipe (il etait anglais) et engueuler la serveuse du bar de petasses armanisees (le Cosmo). J’ai quand meme pu parler avec l’Egyptien de chez L’Oreal, sur des sujets un peu moins superficielles que le meilleur endroit ou trouver Paul Smith et du caviar (City Center ou Durjuman?). Ses questions: les droits des couples gay en France et la loi sur le voile; les miennes: la schizophrenie des pedes ici et la place de la religion dans leur vie.
Je voudrais raconter l’agression violente dont j’ai été l’objet dans la nuit de samedi à dimanche. A peine remis avec encore des bleus visibles partout sur mon corps, je reste choqué psychologiquement. Samedi, en effet, à l’entrée du Dépôt, il faudrait que je vous décrive la violente bagarre qui m’a opposé au videur du Dépôt. Celui-ci, équivalent à trois fois JOseph en largeur (même si seulement 1 Benjamin en hauteur), n’a pas supporté que je le domine et m’a tapé dessus.
La police du commissariat du 3ème était de son côté, sous prétexte que j’avais commencé la bagarre, ce qui est presque faux. Ils m’on menacé de la garde à vue, et le videur a pu leur donner les 10% des entrées de la nuit comme d’habitude en échange.
Je demande à tout le monde de boycotter immédiatement LE DEPÔT pour lutter contre l’intolérance, et de faire passer le message suivant : “La police protège les videurs intolérants du Dépôt”.
“Vidons les videurs, Cassons-leur les couilles”
Lu deux articles intéressants récemment. Le premier explique comment l’interaction des sociétés avec leur milieu, et singulièrement entre les usages culturels (alimentaires, d’habitat, etc.), et les sols, la faune, la flore, conditionnent notre survie. Il raconte comment les Normands du Groënland périrent de faim et de froid parce qu’ils avaient bouleversé l’équilibre fragile de la végétation, et refusé de manger le poisson. Idem avec l’île de Paques. L’auteur insiste sur le fait que les hommes refusent, même quand l’urgence presse, de renoncer à ce qui définit leur culture.
Comme Freedonia sourit à la vie mais sans jamais renoncer au militantisme (par l’art), le second souligne à quel point le débat sur le genre de «Nutella» reste indécis, et en évoque un autre: est-ce que le/la Nutella, c’est de gauche ou de droite?
En lisant Freedonia, le divan du monde, plein de gens pensent que je suis totalement déprimé. Les plus gentils m’appellent pour vérifier l’échec de la T.S. Pourtant, que puis-je écrire de plus optimiste que: «chaque instant est comme tel un plaisir entier, certain, irréfragable»?


Sur la ligne 9: un marin de la Marne casqueté, et sa gigolette fardée, septuagénaires.
A Concorde: Peut-être Samuel G., un ancien de ScPo qui, lui, a eu l’E.N.A. Il a pris des certitudes et des joues.
Dans le «flipper» de Châtelet-les-Halles: une vieille peroxydée à accent pied noir qui chante, éternellement, trop vite, «Milord».
Ligne 2, direction nation: deux jeunes gitans qui chantent avec entrain la face B inconnue (mais identique) de «Dragostea Din Tei».



Sinon, comme je tchatte avec un stewart maltais d’Emirates jeune, beau et impatient de me rencontrer, j’apprends tout un tas d’abréviations qui vont permettre à AC&P de renouveler un peu ses MDREPT sur The-Chat-You-Shall-Not-Name.












La vie devrait être comme une chanson de Cole Porter, légère, grivoise, spirituelle, mémorable. Mais en fait non.