Freedonia

Le privilège du préalable

Lundi dernier, je prenais de-la-mayonnaise! et écoutais parler Xavier Prière-de-se-taire de son expatriation future et BoxingBoy ressasser les avantages des législations sud-américaines sur la majorité sexuelle. François B2 faisait du B2.

«Marie-Georges Buffet, elle a une mauvaise peau»«Je ne parle pas, vous ne me laissez pas en placer une»«J'suis foucaldien, ça t'emmerde, c'est ça?!»

Jeudi, vendredi, j’assistais à une négociation économique avec des Colombiens. Pas très fandards mais valant mieux que le cliché synthétique: el Gringo prend un rail. Parallèlement, Nadia T. hésitait à donner suite aux déclarations d’amour d’un collègue («Christian le trouve moche»).

Ici, bientôt, construction de la carrière de Claire B.Il y avait une traductrice qui me rappelait le second rôle de Valérie Lemercier dans «Opération Corned Beef»Curieusement, «accuerdo sobre la protection de inversiones» ne veut pas dire «traité de protection des invertis»

Samedi, brocante d’anniversaire de SophCo. Gilles manageait par SMS une relation complexe et dévorante avec un Paraguayen. J’expliquais ma théorie sur ma soeur, première et donc spontanément nombriliste, et moi, deuxième, dont elle avait été l’incontournable altérité. Après, j’essayais de contrefaire le regard intense et chassieux des habitués du Duplex, où s’exposait Paella (un chouette street-artist miliTante).

«C'est incroyable, dans «Si elles jouent les précieuses, forcément...»«Tu dors là, non?»

Dimanche, je dormis trop en effet. La semaine s’était couchée tard, j’avais dans une sorte de frénésie pré-valentine, ou de zénith d’ennui nocturne, prolongé absurdement les tchattes de dragues. Rencontré des garçons qui, tous, avaient en commun d’être étrangers, sympathiques, cultivés et comme sur la photo où je les trouvais moins bien que sur l’autre. J’étais en retard au très-officiel anniversaire familial de ma soeur.

«Eh ben c'est la fête...»«encore une minute foutue dans mon quart de célébrité. Merci François B2...»Dimanche, je me couche avec un Italien jeune, pas mal et sainte-nitouche. Lundi, il s'est transformé en Ivan Culrond.

Aujourd’hui, un peu abattu par une faute de sécurité que j’ai commise, à base d’une clef que j’ai oubliée un soir de remettre dans son coffre, et qui est perdue on ne sait où. J’ai résisté à la tentation d’appeler Comité pour lui reprocher ses torts manifestes.

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