Freedonia

Un Noël tout doux, avec vue sur la maison de l'ORTF.Mamy: «j'ai reçu un appel, un sondage pour savoir ce que je pense de la candidature du maire comme conseiller général. -- Et tu leur as dit quoi? -- Qu'il y avait le cumul des mandats.»Mon grand'père: «chacun ses moeurs» (mais à propos du fait de manger les légumes après.)
Je pensais -- comme un euphémisme -- que la sénilité découlait de l'évolution: l'acclimatation optimale de l'homme, par l'oubli et le renoncement, à sa fin de vie.«Tu n'oublieras pas d'éteindre les lumières.»On perd tout. Mais les défauts en dernier.
«Lui, il joue comme Mareva Galanter...»«... mais je ne sais pas lequel des deux.»«Mais est-ce qu'il a un gros paquet?»
«Luc m'a touché là et m'a dit 'y'a trop un relief bizarre...'»«Mon prochain film sera sur Young parce que ça a l'air gratiné ça aussi.»«Oh! les talons cassés?! c'est trop ma passion!»
«Tu pourrais mettre plus de photos du Nouvel An?»«Et vous allez vous revoir? -- On s'est *déjà* revus»«Et tu as couché avec qui finalement?»
«Ohlala, il ne faut pas me prendre en photo de profil!»«Ohlala, il ne faut pas me prendre en photo!»«Un pullover un peu petit pour une géante peut faire une très belle robe pour une naine.»

A1: Un Noël tout doux, avec vue sur la maison de l’ORTF.
A2: Mamy: «j’ai reçu un appel, un sondage pour savoir ce que je pense de la candidature du maire comme conseiller général. — Et tu leur as dit quoi? — Qu’il y avait le cumul des mandats.»
A3: Mon grand’père: «chacun ses moeurs» (mais à propos du fait de manger les légumes après.)
B1: Je pensais — comme un euphémisme — que la sénilité découlait de l’évolution: l’acclimatation optimale de l’homme, par l’oubli et le renoncement, à sa fin de vie.
B2: «Tu n’oublieras pas d’éteindre les lumières.»
B3: On perd tout. Mais les défauts en dernier.
C1: «Lui, il joue comme Mareva Galanter…»
C2: «… mais je ne sais pas lequel des deux.»
C3: «Mais est-ce qu’il a un gros paquet?»
D1: «Luc m’a touché là et m’a dit ‘y’a trop un relief bizarre…’»
D2: «Mon prochain film sera sur Jung parce que ça a l’air gratiné ça aussi.»
D3: «Oh! les talons cassés?! c’est trop ma passion!»
E1: «Tu pourrais mettre plus de photos du Nouvel An?»
E2: «Et vous allez vous revoir? — On s’est *déjà* revus»
E3: «Et tu as couché avec qui finalement?»
F1: «Ohlala, il ne faut pas me prendre en photo de profil!»
F2: «Ohlala, il ne faut pas me prendre en photo!»
F3: «Un pullover un peu petit pour une géante peut faire une très belle robe pour une naine.»

En 2006, tout peut arriver.*

December 31st, 2005

(C) PC Vey, The New Yorker.
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* Attention, offre soumise à conditions.

Cluedo

December 25th, 2005

Le colonel Moutarde avec Mrs. Peacock dans le boudoir?

Vou fazer a louvação/ Louvação, louvação/ Do que deve ser louvado/ Ser louvado, ser louvado/ Meu povo, preste atenção/Atenção, atenção/ Repare se estou errado/ Louvando o que bem merece/ Deixo o que é ruim de lado/ E louvo, pra começar/ Da vida o que é bem maior/ Louvo a esperança da gente/ Na vida, pra ser melhor/ Quem espera sempre alcança/ Três vezes salve a esperança!/ Louvo quem espera sabendo/ Que pra melhor esperar/ Procede bem quem não pára/ De sempre mais trabalhar/ Que só espera sentado/ Quem se acha conformado

Vou fazendo a louvação/ Louvação, louvação/ Do que deve ser louvado/ Ser louvado, ser louvado/ Quem ‘tiver me escutando/ Atenção, atenção/ Que me escute com cuidado/ Louvando o que bem merece/ Deixo o que é ruim de lado/ Louvo agora e louvo sempre/ O que grande sempre é/Louvo a força do homem/ E a beleza da mulher/ Louvo a paz pra haver na terra/ Louvo o amor que espanta a guerra/ Louvo a amizade do amigo/ Que comigo há de morrer/ Louvo a vida merecida/ De quem morre pra viver/ Louvo a luta repetida/ A vida pra não morrer

Vou fazendo a louvação/ Louvação, louvação/ Do que deve ser louvado/ Ser louvado, ser louvado/ De todos peço atenção/ Atenção, atenção/ Falo de peito lavado/ Louvando o que bem merece/ Deixo o que é ruim de lado/ Louvo a casa onde se mora/ De junto da companheira/ Louvo o jardim que se planta/ Pra ver crescer a roseira/ Louvo a canção que se canta/ Pra chamar a primavera/ Louvo quem canta e não canta/ Porque não sabe cantar/ Mas que cantará na certa/ Quando enfim se apresentar/ O dia certo e preciso/ De toda a gente cantar

E assim fiz a louvação/ Louvação, louvação/ Do que vi pra ser louvado/ Ser louvado, ser louvado/ Se me ouviram com atenção/ Atenção, atenção/ Saberão se estive errado/ Louvando o que bem merece

Deixando o ruim de lado

Joyeux Noël mon Patoche – une bise

Les élections boliviennes laissent beaucoup de monde avec une sorte d’arrière-goût de doute: les méchants ont perdus, apparemment, mais est-ce que les gentils sont si gentils que ça? Le coeur de Freedonia bat au rythme de son public et donc je ne comprends pas grand’chose au qui est qui du système politique local. Mais j’aime l’alternance des fois, et toujours les modes de scrutin invraisemblables.

Il y a, nettement, d’un côté, les partis de l’élite hispanophone traditionnelle et possédante, avec une variété de postures idéologiques (en bleus et jaune), et de l’autre les partis indiens (rose et verts). Parmi ces derniers, on compte principalement le Mouvement indigène pachakuti (MIP), qui s’effondre à la Chambre (peut-être un effet du lessivage des votes par le MAS) et le Front populaire agricole de Bolivie, qui y rentre, et dont l’emblème est une tanche (genre). Le MAS (mouvement vers le socialisme) est une coalition assez récente, menée par Morales, sur une base à la fois syndicale, ethnique, de gauche dans un sens latino (anti-Etats-Unis, pro-cubain / chaviste) et autour du thème de la coca. S’il progresse fortement, il n’a pas la majorité à la Chambre et il est plus bas que Podemos au Senat, alors même que Morales a reçu une majorité de suffrages présidentiels (première absolue en Bolivie).

L’ex-majorité se recompose à un rythme accéléré. Elle rassemblait, sur une base caudilliste marquée, des tendances «social-démocrate» (le Mouvement de la gauche révolutionnaire, MIR, un vieux parti nationalisateur et réformiste), populiste du Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR, parti du président renversé par la rue, Sanchez de Lozada), nationaliste / réactionnaire de l’ex-dictateur Banzer, l’ADN (Alliance démocratique nationale), ainsi qu’un parti que je n’ai pas réussi à classer, l’Union civique Solidarité (qui n’est pas retournée au Parlement). Le MIR disparaît aussi totalement de la Chambre, plus ou moins au profit d’un parti plutôt centriste (?), Unité nationale, mené aux présidentielles par un de ses anciens, «l’entrepreneur» Samuel Doria. Le MNR s’effondre assez logiquement vu les événements de 2003; sa place et celle de l’ADN sont reprises par un parti de droite «moderne», très libéral, Nous Pouvons (Podemos, acronyme de Pouvoir démocratique et social), du battu de la présidentielle Jorge Quiroga (ancien président sous l’étiquette ADN).

Enfin, un parti de droite oppositionnel et populiste, de création récente, Nouvelle Force Républicaine, s’effondre aussi. Au total, le système de partis apparaît plus bipolarisé (si ce n’est plus polarisé).

Côté logos, la confusion onomastique se répercute avec le logo de Podemos piqué de chez un quelconque Parti des travailleurs. Les logos permettent aussi une datation au carbone 14 des diverses factions, une évaluation de leurs moyens financiers, et un bon aperçu de leur couleur emblématique (au statut quasi-officiel apparemment), choisie de façon très éloignée des standards européens en la matière (mais pas américains: blue states / red states).

«A bord du grand condor, tu recherches les cités d'or»

«Der Mann ohne Eigenschaften»

December 23rd, 2005

En ce moment je finis la lecture de Lucien Leuwen, un joli roman inachevé de Stendhal, autour du destin amoureux et social d’un jeune homme sous la Monarchie de Juillet. L’intrigue joue pas mal du vieux conflit entre devoir (familial et de classe) et sentiments — devoir de réussite dans la politique juste-milieu et dans le monde, contre séduction d’une digne comtesse nancéenne, d’une part, et convictions républicaines de l’autre.

Dans cette désespérante période de l’Avent, solitaire, obscure et cinéraire, ce miroir plus direct encore et évident des ambitions insatisfaites de ma vie se présente: ma fiche de desiderata sous Rezog (en décembre je i-drague beaucoup et toujours en vain, aussi). Comme chacun sait, les pédés sont incapables d’atteindre à l’altérité, toujours ils se cherchent eux-mêmes derrière le poil hispanophone de l’Autre; en plus, voir en lui la rédemption de mes échecs me fait gagner encore plein de points catho-refoulé. Ca donne:

«Je cherche un garçon joli et gentil pour une relation SME (stable, mature, engagée) — ou était-ce un couple BLT (beau, lubrifié et tendre)? Accessoirement: un mec de gauche pour pas me faire tondre après la prochaine guerre, un pote incroyablement fluo pour mes amis, un gendre idéal pour mes parents, un père aimant pour mes futurs enfants.»

Le fils, le père, (le frère pourquoi pas), l’amoureux, l’ami, le militant parfaits, ajoutons le commis de l’Etat accompli: toutes choses vers lesquelles je me sens tendre en vain. Un autoportrait en creux. Je ne peux combler une mère perfectionniste et n’aurai pas de louange d’un père introverti; l’ambivalence de ma relation avec ma soeur ne tiendrait pas en trois mots ici, mais elle comporte sa part d’ombre; je ne suis pas le meilleur ami de mes meilleurs amis; ma situation durablement médiocre résulte, sinon d’une absence de talent, du moins d’un succès manqué pour de bon. Mon engagement est au point mort depuis 3 ans, par faiblesse plutôt.

Cette inanité rappelle une pensée que je traîne depuis un moment, qui visait plus mon absence de situation (géographique), mon non-lieu politique; mais qui s’applique bien à ma position sociale ou affective/sexuelle aussi, à la réflexion. Je ne suis pas moyen comme on dit «la classe moyenne»; cela ne me tente pas et ne reflète pas mon origine, mon horizon social, ma façon d’être, dans toute la certitude majoritaire dont jouissent les gens moyens. Ceci dit, je n’appartiens que très imparfaitement à l’élite – il y a toujours plus élitaire que soi, en termes de naissance, universitaires, intellectuels, de talent artistique, etc. Et je ne suis pas dans ce dernier lieu-dit sociologique et politique, la marge, avec laquelle je n’ai fait que flirter et dont tout le stigmate, l’autonomie, la réclusion ne m’apparaissent que vaguement et de façon purement intellectualisée donc euphémisée. Je ne suis nulle part, dans un no-man’s-land sans relief ni toponyme.

La conscience de cette ineptie soft est enrageante, tant surmonter de vrais défauts pour la vie en société (le pédantisme, la laideur, l’introversion, l’égotisme) a été un travail sur moi difficile, encore qu’inachevé. Elle renvoit à la tentation de la fuite, du relaps, du repli. Emerge également ce doute: si l’on veut exceller en tout, comme un fantasme absurde, bourgeois et parental d’homme de bien, ne court-on pas un plus grand risque d’échouer sur tous les plans à la fois?

Dépôt de bilan

December 22nd, 2005

Freedonia, la revue des beaux-arts, de la mode et du théâtre, se livre au petit jeu préféré de la fin d’année. Nos succès et échecs préférés de 2005:

Janvier.– «Tsunami», le hit humanitaire de François B2 («Tsunami / Tsu-na-miii / Tu as gâché ma vie / Pourquoi, tsunamiiii?»), vendu à 37 millions d’exemplaires. Quand solidarité rime avec rentabilité.

Février.– Exposition «Pietas (de mauvais goût)», aux galeries nationales du Grand-Palais (Ivan Cul-Rond commissaire).

Mars.– Le «non mais ça veut dire quoi là?!» de PrinceParano et le coup de poing dans le nez du prêtre, au confiteor de la messe de la Saint-Joseph.

Avril.– La PELTAG (Police européenne du look, de la tendance et de l’avant-garde) décerne une amende collective record aux clients de La Perle pour un total de 3 km de mèches et franges en dépassement de limite autorisée.

Mai.– La sortie du manuel Culture générale: Tout se joue avant 30 ans! (Sébastien H., Montchrestien ed.) provoque la pire émeute à la Librairie des sciences politiques depuis la réédition des mémoires posthumes de René Rémond.

Juin.– Fillette triomphe à Bastille avec son ballet de parapluies roses.

Juillet.– Enveloppage géant du défilé de 14-Juillet par William Geändarme Paris («TubeS et DéconstructionS du //*phallocentrisme*//»).

Août.– «Enfance et Partage», l’oeuvre trouble et troublante de BoxingBoy au pavillon paraguayen de la Biennale de Venise.

Septembre.– Découverte du variant britannique du gène du balai dans le cul par Xavier Hystérose.

Octobre.– Malgré le soutien de Frédéric Beigbeder, Lolita Pill et des chroniqueurs littéraires de Monte-Carlo TMC, le Surlendemain (PatCo, Balland ed., à paraître) échoue de peu au prix Interallié.

Novembre.– Maxime LaVosgienne en couverture d’«Elle à table» / «Spécial gras» pour son cake au saindoux.

Décembre.– ComitéCentral se voit décerner le prix Pascal-Nègre de la putasserie musicale pour son tube «You Make The World Go Mademoiselle Mangin» (Sandy B vs. Princesse Sarah)

Joyeux Noyel!

December 21st, 2005

Cette année, je t’offre : le nouveau logo de Veolia Environnement! Mmmm….

Ce matin, j’ai été réveillé par l’interview de Ouarda Karaï, une femme issue de l’immigration, responsable nationale du PS depuis le congrès du Mans.

Ce qui était perturbant, c’était le contraste de la voix de radio de son interviewer, bien rôdée, trouvant tous ses mots, et la sienne, douloureusement hâchée («moi je… euh»). En même temps, d’un certain sens, c’est une chance d’avoir des gens pas formatés par B2 Associates (Communication et Personnalité) et AC&Partners (Image Publique), avec une transition minimum entre leur expérience de gauche et leurs (petites) responsabilités de gauche. En revanche je ne pense pas qu’elle tienne une seconde dans un débat avec n’importe quel semi-hâbleur de droite, même un nigaud style Perben ou Dutreil.

Le plus ennuyeux, le plus irritant à la réflexion, était que le «naturel» ne laissait rien transparaître de chouette. Juste que le PS n’a pas de vrai programme sur les banlieues et les gens de couleur («nous allons créer l’obligation légale d’un bilan annuel des discriminations en entreprise», chacun se rappelant sans doute les effets hénaurmes du bilan sur l’égalité hommes/femmes, du bilan environnemental d’entreprise, etc.) et qu’il raisonne en syndicat d’élus (le coeur des revendications, c’est: la première place non éligible aux européeennes en 2004, créer un secrétariat national du PS aux discriminations, etc.).

ChacunE

December 18th, 2005

Quand j’ai un geste déplacé (un post plein de clichés), le regard d’AC&P me morigène (son commentaire me reprend).

Quand je profère une parole impensée (quand j’écris sur les partis politiques et syndicats, mais pas ceux d’une liste de pays et branches interprofessionnelles «chiants» tenue mystérieusement secrète), ComitéCentral trouve matière à rire (à s’émoustiller).

Parfois Ivan/Madonna réagit aléatoirement.

Quand il s’agit de politique (le reste du temps), Xavier Hystérose parle (crie).

Quand je cuisine (photographie) un truc bon (beau, parfois le même), Matthieu DC est laudateur.

Souvent François B2 se préoccupe/se moque de moi.

Quoi que je fasse (sauf la fois où je lui ai dit que je devais écouter quelqu’un d’autre qu’elle), Claire est superlative parce que l’amitié c’est que du bonheur.

Quand ma militance part en quenouille, Fillette me donne des coups de pied au cul.

Toujours Gilles m’appelle quand ma vie (mes posts) prend (prennent) un tour glauque.

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