«Mais qu’est-ce qu’on attend, qu’on attend?»
Ce matin, j’ai été réveillé par l’interview de Ouarda Karaï, une femme issue de l’immigration, responsable nationale du PS depuis le congrès du Mans.
Ce qui était perturbant, c’était le contraste de la voix de radio de son interviewer, bien rôdée, trouvant tous ses mots, et la sienne, douloureusement hâchée («moi je… euh»). En même temps, d’un certain sens, c’est une chance d’avoir des gens pas formatés par B2 Associates (Communication et Personnalité) et AC&Partners (Image Publique), avec une transition minimum entre leur expérience de gauche et leurs (petites) responsabilités de gauche. En revanche je ne pense pas qu’elle tienne une seconde dans un débat avec n’importe quel semi-hâbleur de droite, même un nigaud style Perben ou Dutreil.
Le plus ennuyeux, le plus irritant à la réflexion, était que le «naturel» ne laissait rien transparaître de chouette. Juste que le PS n’a pas de vrai programme sur les banlieues et les gens de couleur («nous allons créer l’obligation légale d’un bilan annuel des discriminations en entreprise», chacun se rappelant sans doute les effets hénaurmes du bilan sur l’égalité hommes/femmes, du bilan environnemental d’entreprise, etc.) et qu’il raisonne en syndicat d’élus (le coeur des revendications, c’est: la première place non éligible aux européeennes en 2004, créer un secrétariat national du PS aux discriminations, etc.).
