Freedonia

«Le pire cauchemar des Etats-Unis»

Les élections boliviennes laissent beaucoup de monde avec une sorte d’arrière-goût de doute: les méchants ont perdus, apparemment, mais est-ce que les gentils sont si gentils que ça? Le coeur de Freedonia bat au rythme de son public et donc je ne comprends pas grand’chose au qui est qui du système politique local. Mais j’aime l’alternance des fois, et toujours les modes de scrutin invraisemblables.

Il y a, nettement, d’un côté, les partis de l’élite hispanophone traditionnelle et possédante, avec une variété de postures idéologiques (en bleus et jaune), et de l’autre les partis indiens (rose et verts). Parmi ces derniers, on compte principalement le Mouvement indigène pachakuti (MIP), qui s’effondre à la Chambre (peut-être un effet du lessivage des votes par le MAS) et le Front populaire agricole de Bolivie, qui y rentre, et dont l’emblème est une tanche (genre). Le MAS (mouvement vers le socialisme) est une coalition assez récente, menée par Morales, sur une base à la fois syndicale, ethnique, de gauche dans un sens latino (anti-Etats-Unis, pro-cubain / chaviste) et autour du thème de la coca. S’il progresse fortement, il n’a pas la majorité à la Chambre et il est plus bas que Podemos au Senat, alors même que Morales a reçu une majorité de suffrages présidentiels (première absolue en Bolivie).

L’ex-majorité se recompose à un rythme accéléré. Elle rassemblait, sur une base caudilliste marquée, des tendances «social-démocrate» (le Mouvement de la gauche révolutionnaire, MIR, un vieux parti nationalisateur et réformiste), populiste du Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR, parti du président renversé par la rue, Sanchez de Lozada), nationaliste / réactionnaire de l’ex-dictateur Banzer, l’ADN (Alliance démocratique nationale), ainsi qu’un parti que je n’ai pas réussi à classer, l’Union civique Solidarité (qui n’est pas retournée au Parlement). Le MIR disparaît aussi totalement de la Chambre, plus ou moins au profit d’un parti plutôt centriste (?), Unité nationale, mené aux présidentielles par un de ses anciens, «l’entrepreneur» Samuel Doria. Le MNR s’effondre assez logiquement vu les événements de 2003; sa place et celle de l’ADN sont reprises par un parti de droite «moderne», très libéral, Nous Pouvons (Podemos, acronyme de Pouvoir démocratique et social), du battu de la présidentielle Jorge Quiroga (ancien président sous l’étiquette ADN).

Enfin, un parti de droite oppositionnel et populiste, de création récente, Nouvelle Force Républicaine, s’effondre aussi. Au total, le système de partis apparaît plus bipolarisé (si ce n’est plus polarisé).

Côté logos, la confusion onomastique se répercute avec le logo de Podemos piqué de chez un quelconque Parti des travailleurs. Les logos permettent aussi une datation au carbone 14 des diverses factions, une évaluation de leurs moyens financiers, et un bon aperçu de leur couleur emblématique (au statut quasi-officiel apparemment), choisie de façon très éloignée des standards européens en la matière (mais pas américains: blue states / red states).

«A bord du grand condor, tu recherches les cités d'or»

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