
M*** se pose des questions. BoxingBoy a renoncé. François B2, AdiAbou, MisterPatate, Pif et moi avons cassé (chacun du nôtre). Gilles papillonne. C’est le printemps, c’est la merde dans ta vie sentimentale. Réussis ta dépression avec Freedonia et Kübler-Ross, en respectant les 7 étapes:
1.- choc: ta vie ressemble à un film avec Karin Viard. Attention de ne pas te retrouver, comme elle, coincé en permanence dans un rôle stupéfiant, ridicule et douloureux.
2.- dénégation: tes appels nocturnes pour convaincre ComitéCentral que tu n’es pas vraiment célibataire et que tout peut toujours s’arranger sont pathétiques et voués à l’échec.
3.- colère: déverser du purin sur sa mère ne peut pas être la solution. (normalement.)
4.- négociation: tu aurais dû effacer son numéro de téléphone quand tu étais en colère (le perdre quand tu étais sous le choc).
5.- dépression: attention, c’est généralement à ce stade que tu recroises Speedo. Se jeter sous un train / à sa gorge / à ses pieds n’est pas une solution.
6.- expérimentation: attention, c’est à peu près à ce moment-là que tu risques de prendre un abonnement d’un an à Dialache ou à Univers Gym.
7.- acceptation: Bravo, tu viens de comprendre que la vie est, effectivement, une tartine de merde.
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M*** is questioning. BoxingBoy has renounced. François B2, AdiAbou, MisterPatate, Pif et I have broken (each from our own). Gilles flits about. It’s springtime, it’s shit in your sentimental life. Succeed in your depression with Freedonia and Kübler-Ross, respecting the 7 stages:
1.- shock: your life looks like a movie with Karin Viard. Watch out! don’t get stuck like her in a staggering, ridiculous and painful part.
2.- denial: your night calls to convince ComitéCentral that you’re not really celibate and that everything can always be sorted out are pathetic and doomed to failure.
3.- anger: pourring slurry on his/her mother can’t be the solution. (normally.)
4.- bargaining: you should have deleted his/her phone number when you were angry (lost it when you were shocked).
5.- depression: careful!, it’s generally at this stage that you bump into Speedo again. Throwing yourself under a train / at him / at his feet is no solution.
6.- testing: careful!, it’s about this point that you could take a one-year subscription to gay.com or Chariot.
7.- acceptance: well done, you just got that life is, indeed, a toast full of shit.
Bon, je veux bien être un lecteur gentil et patient mais on est déjà le 12 mai…
Il est où le demi-brie sur les élections législatives en Hongrie avec couche de crème à l’intérieur qui te montre la composition avant/après?????
Comment je sais moi comment la position du Régulateur de l’Energie hongrois va évoluer sur la question des PPA si j’ai pas mon demi-brie?
Alors!
A la piscine des Halles j’ai croisé Speedo. Ou peut-être était-ce une ombre ressemblante et, logiquement, avec un maillot de bain rouge. D’ailleurs, pour des raisons obscures mais sans conteste décodables par la psychanalyse (le propre de la charlatanerie est de tout pouvoir expliquer), je suis repassé plein de fois, récemment, près de la rue Jean-Jacques Rousseau. En allant de jour lire jardin du Caroussel. En retournant nuitamment y draguer, dans les giboulées et le glauque.
C’est difficile de parler du voyage avec David. Là-bas, et à l’époque, le temps était plombé, lourd, bas, hostile, comme dans un tableau de Ruysdael — et aujourd’hui le ciel est vide, clair, diffus, translucide, incontestable et printanier comme chez Turner. Je ne peux plus savoir ce que ressentais, je me souviens de ce qui s’est dit.
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In les Halles’ pool, I bumped into Speedo. Or it was a look-alike shadow who, quite logically, was wearing red swimming trunks. Otherwise, and for obscure reasons, easily decypherable to psycho-analysis (the peculiarity of charlatanry is, it can explain anything), I’ve walked by rue Jean-Jacques Rousseau quite a many times recently. Going by day to read in the Carroussel’s gardens. Coming back by night to cruise, through showers and dreariness.
It’s hard to talk about the trip with David. There, and then, the weather was leaden, heavy, low, hostile, just like a Ruysdael painting — and today the sky is empty, clear, defuse, translucent, indisputable and spring-like, as in Turner. I can’t know what I felt, I remember what was said.



Comme je n’ai plus d’ordi chez moi pour le moment, je dors, je lis, je range. C’est très chic et un peu almodovarien: allongé sur le canapé noir, avec seulement la lampe super-DDR noire pour m’éclairer, à feuilleter le «New Yorker». Enfin, mamy almodovarienne genre Marisa Paredes, vu qu’à 11 heures je suis au lit.
Des fois, SophCo me fait le reproche de me sentir supérieur (à elle, aux autres) parce que je ne fume pas, ne prends pas de drogues, et que je ne suis jamais ivre mort. Je ne peux pas nier. Peut-être que l’histoire familiale chargée (de l’entrepreneur en faux-champagne mort en buvant son fond de commerce au typographe alcoolique), et mon effroi pour (mais ma croyance dans) les atavismes zoliens, m’ont fait prendre mes distances. Certainement je perçois l’alcool comme un biais efficace, mais une fragilité et une facilité, pour faire face à la mort, à l’échec, à la solitude. La contrepartie pour moi se paye dans la semi-addiction à une sexualité consommatoire qui ne masque qu’avec difficulté la perception de mes neuf années de pédéitude affichée comme un raté sur le terrain sentimental.
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As I don’t have a computer at home for now, I sleep, I read, I tidy up. It’s mighty chic and somewhat Almodovarian: lying on the black sofa, with just the super-GDR black lamp to be lit, flicking through the “New Yorker”. Well, Almodovarian grandma à la Marisa Paredes, since I’m in bed at 11pm.
Sometimes, SophCo reproaches me to feel superior (to her, to others) because I don’t smoke nor take drugs nor get blind drunk. I can’t deny. Maybe the burden of familial history (the mock-champagne entrepreneur who died drinking his business, the alcoholic typographer) and my fright of (but belief in) Zola-esque atavisms, have made me distance myself. Certainly do I perceive alcohol as an efficient expedient, as well as a fragility and a choice for the easy way, to face death, failure, and loneliness. The counterpart for me is to be paid into semi-addiction to consumption-sex, that conceals but with difficulty the perception of my nine years into open fagness as a sentimental misfire.
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A1: «L’un d’eux m’a dit: “nous n’avons pas une langue mais une maladie de gorge”.» (mon futur chef) / “One of them said to me: ‘We don’t have a tongue, we have a throat disease.’” (my future boss)
A2: Mon prof de ruritanien a quelques anecdotes et il y tient beaucoup. / My Ruritanian teacher has a few anecdotes and he’s keen on them.
A3: “And what do we do next?”
(post rétrospectif partiel, sans le voyage en Ruritanie avec David ni photos pour le moment./Partial retrospective post, without the trip to Ruritania with David nor photos as for now.)
A1: Se promener dans la ville rappelle étrangement l’université Paul-Sabatier, à Toulouse, en été. Ou est-ce parce que Berlin est, de tous les étrangers, le plus associé à mes grand’parents? / Wandering in the city is curiously reminiscent of Paul-Sabatier university, in Toulouse, during summer. Or is it because, of all abroads, Berlin is most associated with my grandparents?
A2: Une voirie immense, une ambiance potache d’oisiveté et de soûlerie douce sur la voie publique, des trottoirs défoncés par les racines des grands arbres. / A huge roadgrid, a ‘varsity atmosphere made of idleness and soft binge on the streets, sidewalds ploughed up by big trees’ roots.
A3: Et comme on est resté à l’est, une architecture Le Corbusier horizontale et ironique. / And as we stayed east, an architecture à la Le Corbusier, horizontal and ironical.
B1: „Faßbier”: «Bière pression». Surtout l’été. / “Draught beer”. In summertime best.
B2: „F-hain”, Friedrichshain: synonyme vieilli / dated synonym : „Prenz’l Berg”
B3: „Ingwer”: «gingembre». Curieusement l’aliment berlinois du moment. / “Ginger”. Curiously Berlin’s food of the day.
C1: „Mein Kiez” : «Mon coin». Des squats avec des toilettes nickel, des gauchistes qui font le tri sélectif des déchets. / “My spot”. Squats with spotless loos, leftists selectively sorting waste.
C2: „Das ist der Hammer”: «c’est le pied». A Berlin, tout le monde semble étudiant, artiste, un peu précaire, toujours de sortie. / “Awesome”. In Berlin, everybody seems to be a student, an artist, somewhat insecure, but always off.
C3: „Mai-fest”: «la fête du Travail». Avec des pavés qui volent et des saucisses grillées. / “Labor Day”. With cast cobbles and grilled sausages.
«Que reste-t-il
de nos amours,
Que reste-t-il
de ces beaux jours?
Une photo, vieille photo de ma jeunesse.
Que reste-t-il
des billets doux,
Des mois d’avril,
des rendez-vous?
Un souvenir qui me poursuit sans cesse:
Bonheur fané,
cheveux au vent,
Baisers volés,
rêves mouvants,
Que reste-t-il de tout cela,
Dites-le-moi?
Un petit village,
un vieux clocher,
Un paysage
si bien caché,
Et dans un nuage,
le cher visage
De mon passé.»
– Charles Trénet.
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“What is there left
Of our loves,
What is there left
Of those nice days?
A photo, an old photo of my youth.
What is there left
Of love letters
Of months of April,
Of rendez-vous?
A memory that pursues me endlessly.
Faded happiness,
windblown hair,
Stolen kisses,
shifting dreams,
What is there left of all of that?
Tell me.
A little village,
An old steeple,
A landscape
so well hidden,
And in a cloud,
the dear face
Of my past.”
– Charles Trénet.
Un jour, je raconterai le weekend écoulé avec des photos. Je parlerai de qui j’ai croisé (tiens tiens) à la piscine. Je ferai murir des camemberts ukrainien et péruvien. Mais pas avant que mon ordinateur ne retrouve la vie.
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Someday, I shall tell the past weekend with photos. I shall speak of whom I came across (ah ha!) at the swimming pool. I shall have Ukrainian and Peruvian pie-charts swell up. But not before my computer get back to life.
La piscine des Halles rouvre. Freedonia, l’addiction au bien-être, a déjà parlé ici, là, ailleurs ou passim, de l’insoutenable érotisme des cabines, des jeux de bassin, des rangs de douches. De la nudité, de la scrutation, de la clandestinité. Mais comme jadis, des pissotières du «jardin extraordinaire» des Tuileries et des vespasiennes de Saint-Germain-des-Prés, comme — me dit David — des arbustes de Russell Square, la répression et le conformisme ont, aux Halles, des vestiaires, oblitéré la géographie avant de brouiller le souvenir. Qui dira l’évidence des cabines face à face, l’ironie des oeilletons bricolés, le confort de l’exiguité, qui pourra évoquer le cortège des habitués et la sagesse de leurs coutumes?
De cela, il ne reste déjà plus grand’chose. La rumeur d’un lendemain de carnaval. Le contreplaqué a fait place à l’efficacité so nineties de casiers automatisés et de bancs en plastique. Exit les branlettes à l’arraché, mais adieu aussi les huissiers antillais et les vigiles maliens. La pédéologie dit que c’est l’assimilation qui tue la drague sauvage: la compression des coûts fait ici bon ménage avec l’embourgeoisement des gays.
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Les Halles’ swimming pool re-opens. Freedonia, addicted to well-being, has talked already here, there, elsewhere or passim, of the unbearable erotism of cubicles, of pool games, of shower rows. Of nakedness, scrutiny, and underground. But like (in days gone by) of «le jardin extraordinaire» of Tuileries’ and Saint-Germain-des-Prés’ urinals, or of Russell Sq. shrubs — David informs me –, repression and conformism have, in Les Halles, of the locker-room obliterated the geography, before they blur its memory. Who will tell the obviousness of face-to-face cubicles, the irony of knocked-up spyholes, the comfort of smallness, who may evoke the procession of regulars and the wisdom of their customs?
Of this, little is left already. The murmur of a carnival’s morrow. Plywood has made room for nineteen-nineties’ efficiency: automated lockers and plastic benches. Exeunt snatch wankings, and farewell to West-Indian ushers and Malian watchmen, too. Faggotology has it, that assimilation kills cruising in the wild: as for here, cost-cutting hits it off with gay embourgeoisement.



A1: Samedi: «mais c’est pas au crabe que tu as fait une allergie?» / Saturday: “isn’t it crab you developed an allergy to?”
A2: Samedi aussi, malgré la caïpirinha, l’enthousiasme à voter PS reste faible. / Saturday too, in spite of caïpirinha, the enthusiasm to vote for Socialists remains lacklustre.
A3: Dimanche, brocante et gras végétal = bon gras avec LeFaune. / Sunday, fleamarket and vegetal fat = good fat with Fawn.
Pas de grande analyse tout de suite, ce pays est trop bordélique. Juste pour noter que si l’Union se divise en 3 grands blocs à peu près égaux (extrême-gauche et Verts; sociaux-démocrates; centristes de tous poils), elle compte pas moins de 12 partis représentés au Parlement (dont des régionalistes valdotains et tyroliens, et un élu des Consommateurs), avec des majorités étroites — alors que la Maison des libertés compte 6 partis élus, plus une «branche» pour les Italiens de l’étranger. Au Sénat, la majorité dépend des sénateurs à vie.
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No long analysis as for now, this country is too messy. Just to write that, if the Union divides in 3 roughly equal blocks (far-left and Greens; Social-Democrats; all sorts of centrists), it counts no less than 12 parties represented in Parliament (including Aoste Valley and Tyrolian regionalists, and one MP for Consumers), with narrow majorities — whereas the House of Liberties has 6 elected parties, plus a “branch” for Italians abroad. In the Senate, the majority depends of Senators-for-life.







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A 9h le 11/04.–
Ohlala ces élections rappellent grave les Etats-Unis l’an dernier: comme Kerry, les résultats arrêtent pas de faire flip-flop, et les Italiens de l’extérieur sont le nouvel Ohio!
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Oh-la-la, these elections remind last year’s US so much: results flip-flop all the time like Kerry and Italians abroad are the new Ohio!