Freedonia

Puis-je être amiE avec Aglaé que le transexualisme fait rire ?
Puis-je être amiE avec Susie que le transexualisme ne fait pas rire, mais alors pas rire du tout ?

Avec qui de Aglaé ou Susie dois-je coucher pour mettre en pratique mon refus des catégories liant biologie, genre et sexualité ?

Immarscecibles

December 2nd, 2004

C'est fou, non, quand même, que cette andouille du secrétariat des langues ait eu mon écharpe en face de lui tout ce temps et en ait eu tellement rien à foutre qu'il n'a pas percuté?Bon, OK, j'ai abusé avec Comité.Je suis encore un peu incrédule de l'avoir retrouvée, pour dire vrai. Je me sens, expression de ma grand'mère, «une veine de cocu».

Ce qui était frappant à la manif du 1er décembre, c’était une fois de plus combien notre milieu social est exigu. Le chefs des pédés du SNES connaît Didier, qui connaît le «Petit» Michaël (ex- de François B2), etc. Corollaire, on finit toujours par se recroiser. AC&P notait les dizaines de noms de gens qu’il connaissait alentour, peut-être pour un projet de mapping social arty très Palais de Tokyo (enfin, c’est une rumeur, vu qu’on ne me propose jamais d’aller voir les expos de mapping social arty au Palais de Tokyo quand il y en a). A un moment, on a crié le nom de Gilles Lemaire juste pour que lui aussi se sente un peu connu.

Pour rompre la monotonie, les Panthères ont croisé le slogan «gouvernement / éducation nationale / église catholique… — …complice du sida» et «Politique sécuritaire — Catastrophe sanitaire». Ca donnait drôlement: «Douste-Blazy catastrophe sanitaire».

Sinon, c’était comme toujours triste et beau, surtout cette curieuse démarche de mémoire d’ActUp, avec les grands patchworks de noms de disparus, et la lecture de ceux qui sont morts durant l’année. Comme la tentative de fondation d’une mémoire et d’une familiarité proprement communautaires.

Rue de Douai, l'accumulation de tags «je t'aime» s'efface lentement. Les sentiments, comme les grattiti, se noient au fil de l'eau.Sur internet, on trouve décidément de tout, même la résurrection de vieux fantasmes de BoxingBoyLa vie est aussi comme de la sauce chinoise. Douce, piquante, écoeurante, irrésistible et toxique.

ChelseaBoy est de plus en plus NewYork. Il a une bonne illégale à qui il donne des instructions en espagnol, une psy «spécialisée dans les gays et lesbiennes» et des rayures Sonia Rykiel. Nadia habite maintenant dans une jolie sous-pente enguirlandée, et continue sur cette voie qui nous est commune: l’hystérie boulimique.

J’ai oublié de mentionner le news politique de la semaine : la nomination du dévôt moniteur de ski Gaymard comme nouveau ministre du monétarisme, des cadeaux fiscaux et de la pollution. Comité était super happy que Douste-Blazy, comme consolation, gagne un pluriel. Il est désormais ministre des pétainismes.

J’ai un peu tardé à raconter la même soirée. Fatigue, tapir, tout ça.

Samedi soir, donc, on avait fait un dîner chez moi avec SophCo, mon ami d’une radio périphérique musicale FredH et son copain, un Portugais avec un accent posh (ou alors un Anglais avec un charme ténébreux de chanteur de fado). En partant chez Matthieu DC, j’ai parfait une semaine d’actes manqués en oubliant ma clef à l’intérieur. En même temps, on ne peut pas déprimer quand il n’y a plus de pression.

Chez DC, la conversation allait bon train. Vu le taux de pénétration de la «Pendaison 24» sur les carnets d’adresse du Tout-Freedonia, Ivan demandait: «où est Fabien Vallé®ian?» Les Normaliens et L*** lynchaient François G. de H.E.C Paris, qui en retour dispensait son mépris aux «jeunes sans avenir». Avant de finir par énerver Fawn en harponnant le même L*** (mauvais choix, il paraît que François G. suce mou quand il est bourré). Fawn qui n’en restait pas moins lucide: «oh, j’ai trouvé un tourteau fromager».

Autres révélations sur le même L***, il porte le même parfum que mon tout-premier ex-, et il vient d’une ville de l’ex-chalandise qu’Ivan. Lequel a régurgité une cigarette de surprise en l’apprenant. Pendant ce temps-là, très dark, très rauque, Alicia soulignait que sa «principale qualité, c’est la psychorigidité».

Pour venger mon port moi aussi d’un teeshirt de petit facho (le fameux totem rose), Princesse Parana (encore de la noblesse de robe) demanda à Fawn: «On va faire un petit test pour savoir si tu es homosexuel. Ce teeshirt est:
a- vieux rose,
b- rose
indien,
c- rose fuschia, ou
d- rose des mers du Sud.
– Je peux proposer une autre option: rose saumon fluo?»

Un peu après, la soirée sombra dans la drogue.
[Ivan] J’ai mal. Quelqu’un a des antalgiques?
[Prince Parano] Mais prends d’la cokeuuuuhh!
[SophCo] J’ai un truc intermédiaire si tu veux: de l’Advil.

Cependant, pour compenser le lamentable échec versus L***, je me mettais à l’aérobic horizontal avec Fawn. Frédéric, déjà croisé à cette soirée-, sortait apparemment, et vaguement avec Martin (l’ex de Thibault L., «que j’ai bien connu a une époque lointaine et… dissoute»), mais — hébriété ou laxisme de moeurs — se laissait carrément faire en termes de tétons. Je m’étais déjà dit plus tôt dans la soirée que ses yeux de Pokémon sont le contraire de qui me plait chez un mec, mais c’est le fait que ses seins soient concaves qui est rédhibitoire, en fait, tu vois.

Il était temps de rentrer et que SophCo me révèle le code de sa carte bleue.

Dimanche, Gilles montait mes lampes et c’était juste bien.

Lundi, un forum de l’Organisation sur la transparence (trop de mots-clefs), avec un cameraman adepte des cadrages sexistes et un inspecteur des finances gâteux à l’anglais giscardien. Toutes ces notations juxtaposées, ça ne ressemble vraiment à rien, vivement le retour de la photo que ça ne se voie plus.

???

November 29th, 2004

Cher PatCo,

En tant que lecteur assidu, mais non moins critique, de votre chose nommée “blog”, je tiens à vous faire part d’une question qui m’obsède depuis quelques temps : mais que devient Freedonia ?

Cordiales salutations.

my name is on the list

November 29th, 2004

freakscene @ the trash palace

les looks les plus hallucinants de toutes les capitales s’étaient réunis samedi soir pour une formidable leçon de look:
1/ le collier à perles vit son apogée à londres et certaines feraient bien d’en optimiser l’usage à paris;
2/ les chaussettes très hautes sous jean troué, c’est génial, surtout quand c’est sur un playmobil dépressif qui pourrait s’appeler nicholas;
3/ il est possible de se faire des jupes en forme d’abat-jour trapézoïdal.

[comité] c’est blackstrobeblackstrobeblackstrobeblackstrobe! (déhanchements extatiques)
[fille en robe de bal à noeud et escarpins de pütafranj intergalactique] hey! you know blackstrobe? are you french?
[comité] as cool as a cucumber.
[fille en robe de bal] you know arnaud rebotini and his club, le pulp?
[comité] birds of a feather stick together.
[fille en robe de bal] great! he’s a friend of mine!
[x-ecütiv] mariah carey!
[fille en robe de bal] look, i’m doing a gig on thursday night at madame jojo’s. would you like to come?
[x-ecütiv] is my name on the list?
[fille en robe de bal] say that you’re a friend of mine at the door and it’ll be ok. i’m louise, from the ping pong bitches.

ping pong bitches = featured on girls des prodigy = “arnaud rebotini’s a friend of mine” = comment est-ce que je vais bien pouvoir m’habiller jeudi soir?

«Baptiste, pitié! Aime-moi!»

November 27th, 2004

Mercredi fut passé en lapsus, comme oublier le portable où je pensais avoir un numéro et où je craignais de recevoir un appel, puis l’agenda où effectivement était le numéro. Du même ordre, mon écharpe a été oubliée, puis volée — j’avais eu le temps de lui dire adieu, la part de moi qui manque des actes ayant aussi bien hésité avant de l’emporter un peu pour rien en cours d’allemand.

Le soir, mon ancien prof RP ne voulant pas pour des raisons lesbophobes ou juste sexistes aller dans un bar de la rue Quincampoix, je me retrouvais chez lui. Au mur, des peintures de son ami Marcheschi, quelques palimpsestes de vanité, et une grande oeuvre: «the Tempest», où l’on me demanda de voir les fesses d’un Christ en croix. Curieusement la conversation bifurqua lentement, partant d’anecdotes incroyables sur d’autres profs bien connus de scPo, jusqu’à retrouver les voies qui m’avaient un peu choquées lors de la précédente rencontre, sur une sorte de vision apocalyptique et camusienne de l’immigration. Ma divergence était d’ailleurs beaucoup dans le fait de voir l’échec de l’intégration comme un résultat d’autres problèmes (capitalisme bourgeois and Co) et non comme leur source. Je partis à peu près quand fut utilisé, assez abusivement à mon sens, Bourdieu pour justifier le point de vue adverse (pour dire vite: l’inassimilabilité des musulmans et des noirs). Note mentale pour plus tard: vérifier cette histoire de système redistributif plus massif financièrement que jamais.

Jeudi, ironiquement je donnais un cours à l’éna, car l’histoire se répète : une fois comme drame et une fois comme farce. Je n’arrivai pas à déterminer si le regard vide de mon élève afghane provenait de son mépris, de sa non-anglophonie ou d’un fossé de genre / culturel / religieux mal défini. Je fendis l’armure de réserve et d’ego de l’austère Palestinien en répondant au Mexicain que je ne pouvais pas dire du mal de Kadhafi, vu que Chirac était en visite en Libye. Les Indiens opinaient, parlaient inintelligiblement, des fois j’entendais des trucs ayant à voir avec la société sans classe du futur mais je ne suis pas sûr.

Les gens s’installent dans l’hiver et recommencent à draguer. Moi aussi. Je puise dans des forces étranges, alimentées on ne sait où, pour résister aux passions qui continuent à me ronger le coeur.

Jeudi soir, j’étais invité par un gentil type de Dialache (le Basque qui fait du squash) à une soirée Thanksgiving, organisée par Freedonia + 25 (+25 ans, +25 personnes de jauge). Pas loin de chez moi d’ailleurs, dans un bel appart en contre-plongée fantomatique sur le Sacré-Cœur, que je n’aime pas vu d’ailleurs, mais qui de près, de bas en haut, et dans l’auréole du brouillard, prend des proportions et un mystère vénitiens. Tout était pareil qu’ici mais en +25, putain j’aurais dû faire mes murs rouge à la laque. Les invités était nous, dans 25 ans aussi. Qui fera du rock de rallye sur n’importe quoi? (Matthieu DC?) Serai-je le mec pas commode qui mitraille? («Ca fait 15 ans que je prends des photos, alors hein… Le décallage dans le numérique, je m’en fous, je prends les photos, je les regarderai demain») Qui sera le couple qui est ensemble depuis 25 ans?

Dans la foule, des tas de jolis quadra, et Jojo de San Francisco («elle a fait Woodstock»). Comme j’avais bu et que j’étais plus à l’aise dans l’hiver, je souris et jouai les jeunes filles de la maison (pas trop, l’hôte était un peu du genre à culbuter la bonne). Pas pour ça que j’ai eu un quelconque succès d’ailleurs. Il y avait des gens que j’avais déjà vus, ailleurs, avant; ce Pascal était-il aux UEEH, l’hôte folle américaine dans une soirée avec Gilles, ce type à pseudo-dégaine d’hétéro grognon où l’avais-je croisé? Mais était-ce les mêmes, ou juste des types sociaux habilement nimbés de mon Alzheimer, pour qui tout est matière à souvenir puisque je ne me rappelle rien?

Vendredi, fatigue et colère de cette histoire d’écharpe. Comité essuie téléphoniquement ma logorrhée accusatoire, qui tourne autour du concept de déresponsabilisation collective dans la société moderne et la bureaucratie (il me traite de type de droite à intervalles convenus pour compenser).

Ce soir, gender trouble au Pulp: la musique du Queen de mes 20 ans avec une projection de films de boule trans. Il semble que tout le monde trouve son lieu dans la vie, petit à petit, François en laisse dans un manteau en laine de Mongolie, Matthieu DC avec un Américain à la dégaine curieusement aristocratique, AC&P dans le refus de ses larmes. Et moi, comme aimant de tous les mecs psychos un peu sexy. La vie est quelque chose d’à la fois entièrement satisfaisant et d’éraillé, presque d’amer, comme une chanson de Nina Simone.

Hier j’étais en plein trip KK chez MorganS, interviewé par un mec qui ressemblait exactement au mec avec un minishort jaune sur le blog de faune (post du 1er novembre), sauf que bien sûr… on était pas vraiment là pour parler VHS, plutôt LBO.

“SchweppesLight Un sabor tan diferente”

Je me suis dit “encore un playmobil surdiplômé” (c’est vraiment nul cette niche).

“-C’est un ptit peu light…?
- Oui, comme vous dites, c’est light.”

Les toilettes étaient occupées (il FAUT le croire : special parano dedicace blink to AC&P).

“Monsieur, Monsieur, merde qu’est-ce qu’il fout ce con il a fait un malaise, Monsieur, ah! ça y est il se réveille, Monsieur, réveillez-vous, donnez-lui quelque chose à boire vous, Monsieur, un ptit peu de”

Timing

November 24th, 2004

J’étais un peu à la bourre. Dans un costume. Dans le métro. Je me disais: c’est marrant, les mecs qu’on rencontre dans le métro en fin de compte ça le fait jamais. Et là j’ai croisé Taylor-Nods&Smiles.

Sinon, des tas de projets grâce à Dialchatte, comme un dîner avec un interlocuteur au patronyme italien qui connaissait aussi l’assistant parlementaire évoqué jadis (le monde est définitivement trop petit, c’est lié au fait qu’il y a trop de portes qui se ferment), et un thanksgiving avec un contrôleur SNCF basque. Ceci soit dit pour teaser AC&P.

Kryptobeldosh

November 23rd, 2004

Patco avait dit « Tu dois chier dans ton froc.».
AC&Pavait dit « C’est incroyable !»
Faune avait raisonné « mais pourquoi est-ce si important ? ».
Shining avait dit « texto, ma robe pour rien, si au moins c’était un salaud ».
Comité avait dit « A ta place, j’aurais la TROUILLE.».

Moi je vous aurais bien conté la vérité sur ma journée avec ma kryptobeldosh from a red state mais j’ai peur de me griller auprès des sans doute NOMBREUX lecteurs rétrogrades de freedonia qui en veulent à mon corps s’ils apprennent que beldosh, aussi krypto soit-elle, il y a.

Putain de KK de m***

November 23rd, 2004

Ca fait dix minutes que je remplis des rectangles de noir sur un bloc de Post-It (r). Je me demande si 2005 ne sera pas une année dominée par une nouvelle psychose de KK chez moi aussi.

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