Freedonia

Le dilemme de Clinton

January 7th, 2005

Déjà la précédente fois que l’occasion s’était présentée (deux oreillers, la nuit, une conversation), j’avais constaté combien la Discussion Sur La Fidélité est un puissant tue-l’amour. C’est idiot, presque suicidaire à moi de l’aborder dès le deuxième soir. Ca forme un tout avec cet autre défaut non-prévu dans la liste Gayvox des défauts: «tu réfléchis trop». Finalement, après des années à surmonter mes inhibitions et aussi mes complexes, je me retrouve face à face avec cette ultime limite, la seule qui soit donnée au couple dans un temps sans principe et sans péché: que se passe-t-il quand le désir s’éteint?

* * *

Pas revu Herakles, encore; je ne sais pas s’il en a une envie urgente. Dans l’intervalle, commis une profanation au hammam de la Mosquée de Paris, et revu un des deux garçons avec qui elle fut accomplie. Il est petit, brun, marseillo-sicilien, très cul, folle par intermittence mais un peu provincialement. J’ai dîné chez lui et il est venu chez moi hier soir.

L’inconvénient de n’avoir pas de télé, c’est de ne pouvoir meubler ses soirées à domicile.

* * *

Résumé des questions pendantes:
- je ne vois pas en quoi coucher avec un autre mec est plus infidèle que regarder un autre mec ou penser à un autre mec. Du coup, je ne vois pas par quelle performation verbale, mater c’est fidèle mais sucer c’est tromper.
- la fidélité se mérite.
- mon désir se lasse à la vitesse de la lumière, et je n’ai pas trouvé de solution. Et l’amour, pour peu que je le trouve, n’en est pas nécessairement une.
- corollaire: la perspective de la monoandrie à long terme me semble contre-intuitive, ou alors héroïque.
- en plus, je trouve que le sexe est une très mauvaise expression du désir, je ne vois pas du tout le rapport entre trouver un mec beau et lui foutre une bite dans le cul (ou réciproquement). Alors de l’affection au désir au sexe, il y a des liens que je ne fais pas dans ma tête.

De drôles de voeux

January 4th, 2005

Reçu le 1er janvier du 06 61 38 86 91 : “Bonne année petit poulette”. Vous connaissez ce numéro ? Et le 06 82 94 86 65 ? Où l’on découvre que l’on connaît des gens (amis ? tout du moins relations, en tout cas connaissances) qui nous souhaitent la bonne année sans signature.

Remembrance of Things Past

January 3rd, 2005

AC&P s’était métamorphosé en contact MSN. Cela me semblait bien peu, mais c’était mieux que rien. J’aurais bien fait un plan Came mais je n’avais pas de Came.

Une sourdine s’était abattue sur mon angoisse. Peut-être qu’une soirée sans coma éthylique de ma soeur / de Gilles / sans crise d’hystérie de ma part / sans perte de l’amitié de collègue de bureau hétéro se sentant en minorité, était un signe faste. Peut-être que la déprime de fin d’année avait assez duré: je sentais bien au fond de moi bouillir les doutes, la frustration, l’amertume et la tristesse, mais rien dans la situation présente ne précipitait le colère. Ou peut-être 2005 était elle l’année du syndrôme de Stockholm.

En 2005, les twin-sets reviennent très fort.Priscilla (ici, avec Thibault Jardon)c'était une de ces soirées où Maxime ne suce pas dans les chiottes à la fin

Ensuite, mon appareil photo montra les faiblesses du S.A.V. de la Keufna. Mais en 2005, je n’ai pas le droit d’engueuler Comité, même quand ses responsabilités sont si aussi incroyablement patentes qu’il se recouvre le visage d’Innoxa pour en cacher le rouge. Ivan Turón envoya un message parlé: «on arrive.»

A peine un quart d’heure après, tout le monde admirait la photo gayvoxifiable de Lehändro appendue dans mon entrée, en lui demandant: «c’est qui celui-là?» Il se fit remonter un peu le moral par un Cosmocat (2005 va voir le retour des années 80).

Sur le lit, LzMry découpait muettement les cartes du jeu politique, tandis que les gens s’accumulait progressivement sur la couette. Gerboise restait mélancoliquement posé à l’écart, et Fawn bouda un peu, puis déserta, les effusions infrasexuelles de Gilles avec tout le monde et de ChelseaBoy avec Yonel. Un texto d’Ivan Bout-rond claironnait: «on arrive!!!»

Vers minuit trois, Xavier Prieur fit l’intéressant et partit. Pendant ce temps là, en «banlieue» («à une heure et demi de voiture de Paris quoi»), BoxingBoy se faisait chier comme dans une boîte de nuit singapourienne.

Nadia navigait de la 14ème rediffusion de Priscilla à l’espace chill-out, où SophCo avait pris la décision de dormir à fleur de parquet. Les gens échangeaient des numéros de téléphone et, comme c’était 2005, même Comité mangeait de l’humus. Au téléphone, ça disait: «Sa-lut! C’est Ivan-euh! Comment on fait pour arriver?»

«Est-ce que tu ne trouves pas ma couleur incroyablement incroyable, comme Enver Hoxha?»«I swear, on a rien fait dans ton boudoir»«Mademoiselle, si on allait au Queen demain soir? -- Oh oui, oh oui, pourquoi?»

Le weekend, je me sentais un sourire Pepsodent collé aux lèvres. Peut-être ce sympathique verre avec Herakles (on a les contacts Gayvox qu’on peut) y était pour quelque chose, même si la reprise du fil de notre conversation, ensuite, fut à double tranchant («un dîner? plutôt un verre»).

Dimanche, je compris tout: au Queen, ça ne baise pas. Ou alors, c’est l’auberge espagnole, chacun doit apporter son manger. Le permafrost amoureux et la cocaïne avaient vitrifié Galia, Tyra et leurs groupies de 18 à 18 ans dans un rictus chirurgié. Mais je ne me départis pas de mon sourire, même quand mon super-pouvoir «aimant à psychopathes» (so 2004) se remit à fonctionner.

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NB: Free ne permet pas en ce moment l’upload de photos, et donc freedonia n’a vraiment *aucune* illustration. C’est lié au fait que Comité central est lui-même abonné à Free, ce connard.

Jammerthal (2)

December 30th, 2004

«Hélas dans l’enfance même, nos tendresses sont mêlées de larmes: l’homme ne s’attache à quelque chose que pour être malheureux.» (Mémoires d’outre-tombe)

Sinon, ma vie va bien grâce à l’annonce par la Keufna de l’achèvement de la réparation de mon appareil photo. Freedonia, la patrie du multimédia, va retrouver l’image.

Usure

December 27th, 2004

Mes grands’parents ont remplacé le joli papier abstrait ou fleuri des toilettes par une bête peinture blanche, qui sent l’hôpital. Je dors dans la chambre d’une morte chère. Ma grand’mère parle de son désir de mort mais personne ne relève jamais (qualité d’écoute nulle), après on dira des trucs comme: «on ne s’y attendais pas du tout».

Je suis très las. Le seul sujet à table c’est qu’il ne faut pas intégrer la Turquie. Tout m’emmerde, même la perspective de rencontrer ces types d’internet qui ont l’air sympa ne me réjouit pas vraiment.

18-Brumaire

December 26th, 2004

Quand j’avais 8 ou 10 ans, j’avais un ami qui s’appelait Xavier. Le fils du vétérinaire. Il était le gardien de l’équipe de foot dans la cour, et moi le défenseur: autant dire qu’on était proches lui et moi. Je supportais le TéFéCé (européen) et lui le Real de Madrid.

J’avais un autre ami qui s’appelait Benjamin et qui était corse, et chiraquien — pourtant on est par la suite — en CM1 — également devenus proches lui et moi (on parlait de la situation en Nouvelle-Calédonie). A un moment, pour des raisons obscures, Xavier s’est fait mettre au ban par tout le monde, et en particulier Benjamin qui avait dû être un meilleur ami à lui ou quelque chose comme ça. Un ostracisme enfantin d’une violence totale. Ou alors c’est lui qui les a envoyés chier, je sais plus pourquoi, peut-être une sombre histoire d’opprobre sur les enfants dont les parents divorcent.

En tout cas, cet exil sous le préau a joué comme un incroyable ferment d’amitié, un catalyseur de mon désir que Xavier continue de me fréquenter. Il détestait tout le monde, il souhaitait la solitude et je crois qu’il l’a obtenu, il a toujours été à l’écart par la suite et d’ailleurs pas dans le même collège. Mais moi je continuais d’aller lui parler à la récré de 10h du matin.

Je ne l’ai revu que très longtemps après, peut-être dix ans, dans un anniversaire un peu revival. J’ai eu l’impression qu’il avait une amitié incroyable pour moi, qu’il se rappelait comme de la veille la précédente fois où on avait été au même anniversaire, et où j’avais drôlement saboté le jeu du chef d’orchestre avec des vannes nulles. Quelque part, j’ai effectivement réussi à sauver cette amitié-là, puisqu’elle n’a pas entièrement disparu, qu’elle conserve la force d’un souvenir immarcescible. Mais qu’est-ce qu’une amitié qu’on est susceptible de convoquer tous les dix ans dans les réunions d’anciens?

Froid intérieur

December 26th, 2004

C’était étrangement doux. Nous avons réinterprété chacun des lieux communs des années précédentes («à quelle heure on ouvre les cadeaux?») sans accroc. On pourrait fêter Nowël de la même manière pendant encore des décennies, avec seulement d’infimes variations dans le menu chez ma grand’mère le 25.

’cause we were never being boring
We had too much time to find for ourselves

Cette année il n’y a pas eu de drame, contrairement à 2000 et 2001 et malgré l’absence de mesures prophylactiques comme en 2002 et 2003. On a chacun tenu convenablement notre rôle sans la pression d’un public.

And we were never being boring
We dressed up and fought, then thought: make amends

Au retour, Paris semblait plus immuable, plus fixé et plus glacé que d’habitude. La faute à la musique sérielle d’ascenseur du taxi. La ville prenait le grand froid plastique et publicitaire d’un film de Beineix. J’aurais dû allumer une clope l’air concerné à peu près là, ça aurait été parfait avec mes grands sacs de cadeaux et mon pantalon cigarette. Mais je ne fume pas.

And we were never holding back or worried that
Time would come to an end

Chez moi, Comité poussait des hullulements de plaisir car LzMry le grattait. Et puis il se branlait la ceinture sur moi. Des vidéos le prouvent. Fawn disait: «j’aimerais qu’on me fasse des cadeaux normaux, pas un livre sur l’aromathérapie comme l’an dernier». On disait aussi: «J’ai parlé à Arnaud avant-hier…» ou «il n’a pas répondu à mon e-mail» ou «c’est clair qu’il t’en veut plus» ou «tu me feras un chocolat froid». La chaudière aussi avait rendu l’âme.

We were always hoping that, looking back
You could always rely on a friend

Interdiction bancaire

December 22nd, 2004

J’ai perdu l’ouïe mais pas le droit de faire des chèques. C’est ça la magie de Nowël.

C’est nul Noël

December 21st, 2004

Ca y est, comme tous les ans, trois jours avant Noël, j’en ai (déjà) marre.

Hi! Anna Wintour speaking.

December 21st, 2004

Chenot & Malbruno are out.

William Geandarme is still held hostage among the clod-hoppers though (my foot).

And now listen to me William : either you make me a purse for Xmas, or I’ll kill Lazaro Hernandez and Jack MacCollough (I hold them), OK? Understand?

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