Le dilemme de Clinton
Déjà la précédente fois que l’occasion s’était présentée (deux oreillers, la nuit, une conversation), j’avais constaté combien la Discussion Sur La Fidélité est un puissant tue-l’amour. C’est idiot, presque suicidaire à moi de l’aborder dès le deuxième soir. Ca forme un tout avec cet autre défaut non-prévu dans la liste Gayvox des défauts: «tu réfléchis trop». Finalement, après des années à surmonter mes inhibitions et aussi mes complexes, je me retrouve face à face avec cette ultime limite, la seule qui soit donnée au couple dans un temps sans principe et sans péché: que se passe-t-il quand le désir s’éteint?
* * *
Pas revu Herakles, encore; je ne sais pas s’il en a une envie urgente. Dans l’intervalle, commis une profanation au hammam de la Mosquée de Paris, et revu un des deux garçons avec qui elle fut accomplie. Il est petit, brun, marseillo-sicilien, très cul, folle par intermittence mais un peu provincialement. J’ai dîné chez lui et il est venu chez moi hier soir.
L’inconvénient de n’avoir pas de télé, c’est de ne pouvoir meubler ses soirées à domicile.
* * *
Résumé des questions pendantes:
- je ne vois pas en quoi coucher avec un autre mec est plus infidèle que regarder un autre mec ou penser à un autre mec. Du coup, je ne vois pas par quelle performation verbale, mater c’est fidèle mais sucer c’est tromper.
- la fidélité se mérite.
- mon désir se lasse à la vitesse de la lumière, et je n’ai pas trouvé de solution. Et l’amour, pour peu que je le trouve, n’en est pas nécessairement une.
- corollaire: la perspective de la monoandrie à long terme me semble contre-intuitive, ou alors héroïque.
- en plus, je trouve que le sexe est une très mauvaise expression du désir, je ne vois pas du tout le rapport entre trouver un mec beau et lui foutre une bite dans le cul (ou réciproquement). Alors de l’affection au désir au sexe, il y a des liens que je ne fais pas dans ma tête.
