Remembrance of Things Past
AC&P s’était métamorphosé en contact MSN. Cela me semblait bien peu, mais c’était mieux que rien. J’aurais bien fait un plan Came mais je n’avais pas de Came.
Une sourdine s’était abattue sur mon angoisse. Peut-être qu’une soirée sans coma éthylique de ma soeur / de Gilles / sans crise d’hystérie de ma part / sans perte de l’amitié de collègue de bureau hétéro se sentant en minorité, était un signe faste. Peut-être que la déprime de fin d’année avait assez duré: je sentais bien au fond de moi bouillir les doutes, la frustration, l’amertume et la tristesse, mais rien dans la situation présente ne précipitait le colère. Ou peut-être 2005 était elle l’année du syndrôme de Stockholm.



Ensuite, mon appareil photo montra les faiblesses du S.A.V. de la Keufna. Mais en 2005, je n’ai pas le droit d’engueuler Comité, même quand ses responsabilités sont si aussi incroyablement patentes qu’il se recouvre le visage d’Innoxa pour en cacher le rouge. Ivan Turón envoya un message parlé: «on arrive.»
A peine un quart d’heure après, tout le monde admirait la photo gayvoxifiable de Lehändro appendue dans mon entrée, en lui demandant: «c’est qui celui-là?» Il se fit remonter un peu le moral par un Cosmocat (2005 va voir le retour des années 80).
Sur le lit, LzMry découpait muettement les cartes du jeu politique, tandis que les gens s’accumulait progressivement sur la couette. Gerboise restait mélancoliquement posé à l’écart, et Fawn bouda un peu, puis déserta, les effusions infrasexuelles de Gilles avec tout le monde et de ChelseaBoy avec Yonel. Un texto d’Ivan Bout-rond claironnait: «on arrive!!!»
Vers minuit trois, Xavier Prieur fit l’intéressant et partit. Pendant ce temps là, en «banlieue» («à une heure et demi de voiture de Paris quoi»), BoxingBoy se faisait chier comme dans une boîte de nuit singapourienne.
Nadia navigait de la 14ème rediffusion de Priscilla à l’espace chill-out, où SophCo avait pris la décision de dormir à fleur de parquet. Les gens échangeaient des numéros de téléphone et, comme c’était 2005, même Comité mangeait de l’humus. Au téléphone, ça disait: «Sa-lut! C’est Ivan-euh! Comment on fait pour arriver?»



Le weekend, je me sentais un sourire Pepsodent collé aux lèvres. Peut-être ce sympathique verre avec Herakles (on a les contacts Gayvox qu’on peut) y était pour quelque chose, même si la reprise du fil de notre conversation, ensuite, fut à double tranchant («un dîner? plutôt un verre»).
Dimanche, je compris tout: au Queen, ça ne baise pas. Ou alors, c’est l’auberge espagnole, chacun doit apporter son manger. Le permafrost amoureux et la cocaïne avaient vitrifié Galia, Tyra et leurs groupies de 18 à 18 ans dans un rictus chirurgié. Mais je ne me départis pas de mon sourire, même quand mon super-pouvoir «aimant à psychopathes» (so 2004) se remit à fonctionner.
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NB: Free ne permet pas en ce moment l’upload de photos, et donc freedonia n’a vraiment *aucune* illustration. C’est lié au fait que Comité central est lui-même abonné à Free, ce connard.
