Freedonia

Les faits divers m’ont toujours barbé et paru vaguement suspects; la disparition du petit Truc, le viol de la jeune Machine, le drame du vieux brutalisé, le terrible carambolage sur la A-quelque chose, le hold-up suivi d’une fusillade, l’incroyable accident de montagne, la coulée de boue jusqu’à la taille, le scandale du curé qui fait-ci, du prof qui fait ça, de l’étudiante qui porte un voile, du TER de l’enfer — tout cela me semble vil, et avilir qui s’en empare, mettre le journalisme au niveau de Hurst, ramener le débat politique à la compétence pénale respective des Dati, crypter l’enjeu écologique en bulletin météo.

Mieux: avec la pipolisation, tout est ravalé au niveau (événementiel, analytique, stylistique) du fait divers. Comme une gigantesque couche de merde dans les yeux du public, histoire qu’il ne regarde pas de trop près le pouvoir et les puissants. Castration pour les délinquants sexuels? Hop, petit Enis. Une vie qui vous laisse le choix entre la lobotomie et l’incarcération? Hop, Paris Hilton qui, elle, ne choisit pas. Gauche ou droite? Couleur du maillot ou de la veste de «Ségo» (selon la saison). Atlantisme? Angine blanche. Les hommes font l’histoire; grâce aux faits divers, ils ne savent pas de quelle histoire ils sont les cocus.

Sarkozy, dans ses propos, dans sa pratique du pouvoir, érige le fait divers en méthode, en étalon; le bouquin Témoignage avait pour principe narratif inductif (donc, syllogique) de partir d’un «événement» (un fait divers, si possible sale) pour aboutir à une conclusion politique. Un autre bon exemple était l’exhibition obscène des «blessés de la vie» le 14 juillet dernier, mais chaque jour surpasse le précédent en la matière.

Au passage, l’ubiquité du fait divers permet de saturer le propos de lieux verbaux communs, comme des courts-circuits langagiers à la Jourde & Naulleau. Le phénomène est loin d’être neutre, qui masque la spoliation et la réaction sous le néant à la Voici, puis habille l’ineptie aux couleurs exotiques du sensationnalisme, rassurantes du bon sens. On n’est pas très, très loin de la novlangue (Leurs Dix Trucs Pour Maigrir? Le Secret Des Politiques!).

Pourtant, j’aime bien la littérature que les faits divers occasionnent, parfois. Ou jadis. «Bal tragique à Colombey. Un mort» (Charlie) «Accident de la circulation dans une principauté d’opérette.» (approximativement, Bernard Langlois en 1982) «Le Dunkerquois Scheid a tiré trois fois sur sa femme. Comme il la manquait toujours, il visa sa belle-mère : le coup porta.» «Elle tomba. Il plongea. Disparus.» (Félix Fénéon)

Tutti frutti

August 17th, 2007

Les yézidis, victimes ces jours-ci d’attentats en Irak (sous le nom d’occasion de «secte préislamique»), prohibent la consommation de laitues. J’ai d’ailleurs lu récemment dans un article sur les fougères à New York qu’on peut produire un psychotrope avec du jus de laitue. Je me demande si la laitue n’est pas, avec l’eau minérale plate, l’élément de base du «régime Beverly Hills».

Cette nuit, j’ai également rêvé que Nicolas Sarkozy (en jogging) et mon petit ami dans le rêve (un grand blond dangereux, habillé de noir évidemment) voulaient me piquer mon fichier comptable Excel (onirique) et mon pin’s du drapeau du Niger (également onirique) avant de me défenestrer.

Sinon, ma technique au jeu de fléchettes a fait des bonds prodigieux depuis que je les lance de profil. Les fléchettes sont le seul sport, avec la pétanque, où les gros, les vieux et les alcoolos (resp.: à la bière et au pastis) ont une vraie chance de devenir champions. En cela, elles sont plus proches de «Questions pour un champion» que du 110 mètres haie.

J’ai croisé Boxing-Explorator sur MSN. Les lecteurs d’Ivan savent qu’il est beau comme un prophète, prêt à ramasser les blondinets à coups de «quand j’étais dans le delta de l’Orénoque…» Apparemment, mais à titre temporaire, il est défiguré du nez.

Enfin, le spam fait des progrès dans la pertinence et l’humour, puisque j’ai reçu une offre d’emploi en Syrie («Syrian jobs!»). Peut-être s’agit-il en fait d’une pratique sexuelle typiquement syrienne («it’s the best Syrian job one’s ever given me»), mais comme l’annonce est en arabe ça ne m’effleure pas. Je préfère penser à toutes ces incroyables opportunités de travail qui s’offrent à moi, comme tortionnaire, portraitiste géant de la famille el-Assad, coiffeur de moustaches, etc.

Donc, l'Italie. Ce fut une longue absence.Quadriller Naples, se paumer, tracer dans les quartiers louches car mes parents ont peur pour moi.Visiter Pompei, une ville morte, disparue à la fin des années 70.
Lire, ou relire, Dominique Fernandez, c'est-à-dire se laisser aller aux églises en courbes du Quartier espagnol et aux élégies inverties idem.Etre emmené par la beauté solaire des «Vagues» de Virginia Woolf, perdu dans l'éther estival au-dessus d'Amalfi ou dans le cagnard méridien d'Ischia.Tomber amoureux.
«Sophie,...Prenez soin de vous.»A Rome, on retrouve l'ordre, l'orthogonalité, la netteté ecclésiastiques. Et des morceaux de branchitude bien dignes de Matthieu DC.Des études américaines prouvent que chaque année, il se crée autant de partis politiques en Italie qu'il en existe déjà dans tous les autres Etats de l'UE.
Mais à Venise, malgré la beauté partout, malgré Carpaccio,......en dépit de la marche forcée, et perdeuse, dans les sestieres,......quoique les désirs soient morts...
...nonobstant les souvenirs biennaux des blagues et fantaisies de BoxingBoy......et bien qu'il y ait les cicchetti, et le vin du Frioul,......les hésitations, les doutes introspectifs de juillet restent, inéluctablement.

A1: Donc, l’Italie. Ce fut une longue absence.
A2: Quadriller Naples, se paumer, tracer dans les quartiers louches car mes parents ont peur pour moi.
A3: Visiter Pompei, une ville morte, disparue à la fin des années 70.
B1: Lire, ou relire, Dominique Fernandez, c’est-à-dire se laisser aller aux églises en courbes du Quartier espagnol et aux élégies inverties idem.
B2: Etre emmené par la beauté solaire des «Vagues» de Virginia Woolf, perdu dans l’éther estival au-dessus d’Amalfi ou dans le cagnard méridien d’Ischia.
B3: Tomber amoureux.
C1: «Sophie,…Prenez soin de vous.»
C2: A Rome, on retrouve l’ordre, l’orthogonalité, la netteté ecclésiastiques. Et des morceaux de branchitude bien dignes de Matthieu DC.
C3: Des études américaines prouvent que chaque année, il se crée autant de partis politiques en Italie qu’il en existe déjà dans tous les autres Etats de l’UE.
D1: Mais à Venise, malgré la beauté partout, malgré Carpaccio,…
D2: …en dépit de la marche forcée, et perdeuse, dans les sestieres,…
D3: …quoique les désirs soient morts…
E1: …nonobstant les souvenirs biennaux des blagues et fantaisies de BoxingBoy…
E2: …et bien qu’il y ait les cicchetti, et le vin du Frioul,…
E3: …les hésitations, les doutes introspectifs de juillet restent, inéluctablement.

Il y a deux semaines. Tous: «Aaaaarghh! C'est qui? qu'est-ce que c'est qu'ce look?!» - ShininRubis: «non, mais là: juste, non!» - ComitéCentral: «On dirait Chantal Goya sous Primpalgan». - Fawn: «non mais faut lui dire que c'est grave pas un powersuit.»«Je prends un médicament qui s'appelle Supernase!»«On vous promet de grosses surprises pour cette soirée électorale.» Pour une fois, on a pas été déçus.
Peut-être un major de l'armée des Indes vers 1946, ou un tardif Mandarin de l'empire, sentait-il lui aussi que dans ses tours cérémonieux, immuables et désuets, son existence professionnelle atteignait à sa perfection et tout à la fois, à l'absurde et à sa fin.Puis il y eut Matt - mais était-ce bien Matt? -, un Anglais, d'Amsterdam. Expatrié, la vie sentimentale devient pointillée, intermittente, partielle. Seule reste la précision et la certitude des horaires du Thalys.Comme dans les manifs de 2002, on peut lire dans tout ce désespoir et cette fragilité la perspective de bien des réalignements militants, des redéploiements personnels, des réinventions, des replis.
J'ai sûrement atteint, ce weekend, les limites de l'usure qu'apportent ces aller-retour, cette routine à cheval, plus intégré à Paris, pas intégré ailleurs, contraint de part et d'autre.Les premiers regards sur le monde de Raphaëlle, Frederike, Masako.Vivement l'Italie.
Le petit show de Catherine Ferroyer-Blanchard et des TBS atteint au grand talent, drôle et brillant.

A1: Il y a deux semaines. Tous: «Aaaaarghh! C’est qui? qu’est-ce que c’est qu’ce look?!» – ShininRubis: «non, mais là: juste, non!» – ComitéCentral: «On dirait Chantal Goya sous Primpalgan». – Fawn: «non mais faut lui dire que c’est grave pas un powersuit.»
A2: «Je prends un médicament qui s’appelle Supernase!»
A3: «On vous promet de grosses surprises pour cette soirée électorale.» Pour une fois, on a pas été déçus.
B1: Peut-être un major de l’armée des Indes vers 1946, ou un tardif Mandarin de l’empire, sentait-il lui aussi que dans ses tours cérémonieux, immuables et désuets, son existence professionnelle atteignait à sa perfection et tout à la fois, à l’absurde et à sa fin.
B2: Puis il y eut Matt – mais était-ce bien Matt? -, un Anglais, d’Amsterdam. Expatrié, la vie sentimentale devient pointillée, intermittente, partielle. Seule reste la précision et la certitude des horaires du Thalys.
B3: Comme dans les manifs de 2002, on peut lire dans tout ce désespoir et cette fragilité la perspective de bien des réalignements militants, des redéploiements personnels, des réinventions, des replis.
C1: J’ai sûrement atteint, ce weekend, les limites de l’usure qu’apportent ces aller-retour, cette routine à cheval, plus intégré à Paris, pas intégré ailleurs, contraint de part et d’autre.
C2: Les premiers regards sur le monde de Raphaëlle, Frederike, Masako.
C3: Vivement l’Italie.
D1: Le petit show de Catherine Ferroyer-Blanchard et des TBS atteint au grand talent, drôle et brillant.

Pois-pois-pois

June 22nd, 2007

Quelque part entre publicité pour Timotei Miel, clip de promotion des colos de la région Centre, expérimentation filmique en zone semi-aride par Wim Wenders, et défilé de garçons portant la collection fille de Comme des garçons, il y a la vidéo de «Chanson d’amour», de Catherine Ferroyer-Blanchard. Avec les robes à fleur/à raies piquées à Marie Laforêt, des bretelles, et beaucoup, beaucoup de ralenti, car la vie est une vaste séance de voguing.

(ce clip a été sélectionné dans la programmation vidéo-musicale du 14ème Festival du cinéma de la dépression.)

Courez chez Côtelette acheter la dernière cassette 2 titres de CFB!

Le camembert de la buvette

June 19th, 2007

Curieusement, personne n’a parlé du séisme que constitue la défaite, à un chouilla près, de Roger-Gérard Schwartzenberg dans le Val-de-Marne. Le PRG – déjà éprouvé par l’avortement de la trahison de Baylet et la transformation en brosciu d’Emile Zucarelli par le vote nationaliste à Bastia – devrait faire un truc comme rechanger de nom ou resusciter le RGR. Quand ils veulent ils m’appellent pour un nouveau logo (je dessine mieux les logos que Jean-François Hory).

«Monsieur Brard, taisez-vous Monsieur Brard!»

Epilogue

June 19th, 2007

Le tsunami bleu et la digue rose.

La lointaine Mayotte.

Godverdam

June 12th, 2007

En Belgique, la coalition violette a du plomb dans l’aile de part et d’autre de la ligne de séparation linguistique. Le PS continue de payer le prie de la corruption endémique à Charleroi et au-delà («la bande à Van Cau»), tandis qu’au nord c’est l’usure du pouvoir qui atteint essentiellement les libéraux du Premier ministre sortant Verhofstadt. Le gagnant, c’est le président (chrétien) du conseil flamand, Leterme, qui s’est allié avec les indépendantistes non-nazis de la NVA et en payera, un jour ou l’autre, le prix (politique, ou au tribunal de l’Histoire).

Dans ce paradis des régimes d’assemblée multi-ethniques, plusieurs innovations dans l’onomastique des coalitions apparaissent, toutes plus absurdes les unes que les autres, et toutes possibles politiquement:
- «la tripartite», qui regroupe donc les 6 grands partis traditionnels (libéraux, chrétiens, socialistes des deux langues) et permettrait de réformer (encore) la constitution. Les sociaux-libéraux flamands de sp.a / Spirit, qui n’atteignent pas ce que promettaient les pronostics, ont toutefois annoncé dès hier qu’ils n’y allaient pas, et appelé une cure d’opposition de tout leur coeur de politiciens masochistes.
- «rouge-romaine» ou «rouge-romaine-verte», dites aussi avec plus d’économie verbale «Oliviers» (cf. Prodi ‘97), c’est-à-dire socialistes, chrétiens (et verts) du Nord et du Sud. C’était l’hypothèse dominante avant l’élection, qui réglerait le problème «d’asymétrie» des coalitions entres les régions et «le fédéral».
- «l’orange-bleue» (cf. Tintin) ou «bleue-romaine» (chrétiens et libéraux), ce que dans certains pays on nomme «la droite». Une chance certaine, si ce n’est l’égo des libéraux flamands, qui perdraient la Rue de la Loi (primature) au passage.
- «Jamaïque», car les couleurs des partis concernés sont bleu, jaune et vert et le drapeau jamaïcain aussi, sauf qu’il est noir au lieu de bleu, enfin tu vois quoi. Désormais favorite des paris, si j’en crois l’auto-érotisme télévisuel du leader des Verts francophones et ses clins d’oeil à un peu tout le monde, avant-hier soir à la RTBF. Il est vrai que les Verts, wallons et flamands, sont de nets vainqueurs de l’élection d’hier soir, ayant capté une partie des voix dégoûtées par la prévarication du PS.

Côté logo, le renouvellement de celui d’Ecolo a été plus payant que la nouvelle identité nominative et visuelle des libéraux flamands (Open VLD), les deux dans cette tendance bien de maintenant: le logo purement lettriste, strictement linéal. A noter surtout, le logo des villiéristes flamands de l’ex-judoka Dedecker, qui ressemble à l’emblème de quelque chose pour enfants: magazine (as-tu eu ton Dedecker-gadget?!), boisson aux fruits, jeu en pâte à modeler, etc.

Samen werkt.

Pas vu, pas pris.

June 12th, 2007

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la révélation de cette vidéo n’est pas que le président ne tient pas la vodka / la conversation éthylique de Vladimir / la compagnie somnifère d’Angela, mais bien la présence de l’invité mystère à 1′24”.

«… OK, panic.» Ou alors on peut tous émigrer à Saint-Omer.

Je m'en fous, même si ce con de Lellouche est élu, je rentre quand même pour faire la soirée électorale.

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