Godverdam
En Belgique, la coalition violette a du plomb dans l’aile de part et d’autre de la ligne de séparation linguistique. Le PS continue de payer le prie de la corruption endémique à Charleroi et au-delà («la bande à Van Cau»), tandis qu’au nord c’est l’usure du pouvoir qui atteint essentiellement les libéraux du Premier ministre sortant Verhofstadt. Le gagnant, c’est le président (chrétien) du conseil flamand, Leterme, qui s’est allié avec les indépendantistes non-nazis de la NVA et en payera, un jour ou l’autre, le prix (politique, ou au tribunal de l’Histoire).
Dans ce paradis des régimes d’assemblée multi-ethniques, plusieurs innovations dans l’onomastique des coalitions apparaissent, toutes plus absurdes les unes que les autres, et toutes possibles politiquement:
- «la tripartite», qui regroupe donc les 6 grands partis traditionnels (libéraux, chrétiens, socialistes des deux langues) et permettrait de réformer (encore) la constitution. Les sociaux-libéraux flamands de sp.a / Spirit, qui n’atteignent pas ce que promettaient les pronostics, ont toutefois annoncé dès hier qu’ils n’y allaient pas, et appelé une cure d’opposition de tout leur coeur de politiciens masochistes.
- «rouge-romaine» ou «rouge-romaine-verte», dites aussi avec plus d’économie verbale «Oliviers» (cf. Prodi ‘97), c’est-à-dire socialistes, chrétiens (et verts) du Nord et du Sud. C’était l’hypothèse dominante avant l’élection, qui réglerait le problème «d’asymétrie» des coalitions entres les régions et «le fédéral».
- «l’orange-bleue» (cf. Tintin) ou «bleue-romaine» (chrétiens et libéraux), ce que dans certains pays on nomme «la droite». Une chance certaine, si ce n’est l’égo des libéraux flamands, qui perdraient la Rue de la Loi (primature) au passage.
- «Jamaïque», car les couleurs des partis concernés sont bleu, jaune et vert et le drapeau jamaïcain aussi, sauf qu’il est noir au lieu de bleu, enfin tu vois quoi. Désormais favorite des paris, si j’en crois l’auto-érotisme télévisuel du leader des Verts francophones et ses clins d’oeil à un peu tout le monde, avant-hier soir à la RTBF. Il est vrai que les Verts, wallons et flamands, sont de nets vainqueurs de l’élection d’hier soir, ayant capté une partie des voix dégoûtées par la prévarication du PS.
Côté logo, le renouvellement de celui d’Ecolo a été plus payant que la nouvelle identité nominative et visuelle des libéraux flamands (Open VLD), les deux dans cette tendance bien de maintenant: le logo purement lettriste, strictement linéal. A noter surtout, le logo des villiéristes flamands de l’ex-judoka Dedecker, qui ressemble à l’emblème de quelque chose pour enfants: magazine (as-tu eu ton Dedecker-gadget?!), boisson aux fruits, jeu en pâte à modeler, etc.

