Freedonia

Courage, Fillon

October 3rd, 2007

A la demande générale, quelques nouvelles du Guatemala. Je n’ai pas entièrement sûr d’avoir compris comment s’organisent les forces politiques dans ce pays dont la démocratie reste, quand même, assez fragile et minée par les bandes et le trafic de drogue. Ce qui est sûr, c’est que l’Union nationale de l’espérance (de M. Colom, en tête au premier tour de la présidentielle) est plutôt à gauche, et les diverses formations présidées par les leaders passés (MM. Peres, Berger, etc) plutôt libérales et/ou nationalistes.

Côté logos, c’est la fête de l’habitat local (maisons, pyramides), de l’alimentation locale (MAIZ est l’autre nom de la grande formation de gauche radicale), du tricolore local (bleu-blanc-rouge, tiens?), et des mains (locales). A noter, le petit logo quasi-onusien du micro-parti libéral de l’Union démocratique, et puis le cercle bizarre de la Rencontre pour le Guatemala, du prix Nobel de la paix Rigoberta Menchu (qui s’est grave gadinée à la présidentielle).

«Tu esperanza es mi compromiso»

En Sierra Leone, l’orientation gauche/droite reste assez théorique, tant le pays reste dominé par les clivages claniques ou issus de la guerre civile. Les logos sont plus que rudimentaires, avec, encore, les couleurs nationales et le contour du pays, et, à gauche, une fois n’est pas coutume, un soleil levant.

«Action - Progress - Commitment»

C’est quoi ce Marrakesh total?

September 28th, 2007

En attendant tous ces camemberts tropicaux sollicités par AdiAbou, Freedonia, le Grenelle des Unions de la Méditerranée, rattrape déjà son retard sur le Maroc. La présentation de la presse française a tourné autour de deux sujets: la vitalité démocratique dans le pays, mesurée par l’intérêt de la population pour le scrutin (faible, si on en croit le taux de participation), et l’audience des islamistes du PJD, mesurée à son rang sur à l’arrivée (deuxième sur la photo finish). Rien ou pas grand’chose sur les divers partis en lices, nombreux (33), compliqués à saisir puisque tous ont un nom du genre: Parti de [Concept n°1] et [Concept n°2]. On pourrait faire un générateur automatique de noms de partis marocains comme Emmanuel de Ngroung en avait trouvé un pour les partis italiens: Parti de la Charité et de l’Autonomie, Parti de l’Intégrité et du Renouveau, Parti de la Mansuétude et de l’Ouverture, etc.

Si je comprends bien, la politique marocaine est d’abord une affaire de sujétion (au Prince) et de personnalités (rivales). Il existe bien de grandes familles idéologiques, et des partis affiliés aux Internationales de la gauche, de la droite et de l’argent; mais les forces politiques ont des liens historiques (le mouvement socialiste est issu d’une scission de l’Istiqlal, aujourd’hui principal parti de droite) et politiques (larges gouvernements de coalition) qui rendent les frontières pour le moins mobiles, perméables, et autogénésiques. Au final, il me semble juste que la gauche se tasse cette année, l’USFP perdant sa place de premier parti dans les urnes.

Côté logo, plusieurs remarques:
- waouh,
- des connexions diverses: emblématique occidentale standard (la rose socialiste, l’oiseau libéral, le livre et l’olivier comme symboles alternatifs possibles à gauche, voire «foi» héraldique du Parti travailliste), le retour de la lampe (ici à huile) islamique, les symboles simplistes et mémorisables, noir et blanc (balance, voiture, clef, horloge, cheval) d’un pays où, comme ailleurs en Afrique, 40% de la population est analphabète,
- quelques discursions «orientalisantes»,
- une répartition de couleurs ad hoc (le rose saumon est celle de l’Istiqlal),
- dans l’ensemble du graphisme pas mal, mais avec toujours un peu le risque d’utiliser le fond d’images de Powerpoint.

«Maghribouna Watanouna»

Ties

September 27th, 2007

Ma grand’mère m’a donné, ou confié, de vieilles cravates de mon grand’père. Un monde de matières d’un futur passé, géométrie, Dacron, quatrième plan quinquennal indicatif. Je ne sais si j’en préfère le motif ou les étiquettes.

«Vous, mes amis, mes souvenirs,»«Si vous la voyez revenir»«Dites-lui que mon cœur lassé»
«Vient de rompre avec le passé...»«Je tir' ma révérence»«Et m'en vais au hasard.» (Pascal Bastia pour Jean Sablon)

A1: «Vous, mes amis, mes souvenirs,»
A2: «Si vous la voyez revenir»
A3: «Dites-lui que mon cœur lassé»
B1: «Vient de rompre avec le passé…»
B2: «Je tir’ ma révérence»
B3: «Et m’en vais au hasard.» (Pascal Bastia pour Jean Sablon)

Zorbec le gras

September 19th, 2007

De fait, les élections helléniques ont représenté une mini-surprise, à défaut d’une alternance. Eprouvés par leur népotisme (les leaders des deux grands partis sont, pour la plupart, les fils et filles de ceux de la génération précédente, sur le modèle (?) des «princes» d’Israël) et l’incurie de la lutte anti-incendie, le Mouvement socialiste panhéllénique et la Nouvelle Démocratie se sont pris des bébé-vestes, au profit de formations contestataires: le LA.O.S. (Rassemblement populaire orthodoxe, l’acronyme veut dire «Peuple») à l’extrême-droite, qui confirme qu’il fait bon être un gueulard parvenu pour réussir dans le néo-fascisme ; à gauche, le traditionnellement puissant, ou résistant, Parti communiste grec (KKE) et la toute nouvelle Coalition de la gauche radicale (SY.RI.ZA), qui fait du neuf avec beaucoup, mais alors beaucoup de petits bouts de vieux.

Côté logos, c’est une orgie comme seule l’Italie en connaît. Les logos de deux principales forces sont immuables, et reprennent des codes simples et éprouvés ailleurs, poing à la flamme (comme jadis les conservateurs anglais, avec le même effet, euh, rétro) pour la ND, soleil levant des lendemains qui chante pour le PASOK (comme pour feu le PCI et le PSI), mais *vert*. Pourquoi vert? je ne sais pas; on peut toutefois noter que c’est, ailleurs, la couleur de la liberté, dans laquelle on scelle les affranchissements.

Surtout, à côté de la nullité du logo de LA.O.S, digne d’un mouvement nationaliste serbe, et du conservatisme esthétique quasi mao de celui du KKE, je dis bravo, je dis merci à SY.RI.ZA pour la subtilité chromatique du sien (le rouge des communistes, le vert des Verts, le violet de… de qui au juste? de l’anarchie?) et pour m’avoir donné l’occasion de donner en vrac les incroyables emblèmes des mille formations qu’elle regroupe: juquinistes, trotskystes et deep-ecologistes grecs. Chacun a sa propre histoire (qu’on songe à la ringardise presque chypriote des logos de la Dikki et de la précédente coalition de gauche: Synapismos) et sa culture (des «citoyens» au logo marketing, orthogonal et bariolé – cf. Ciutadans pel Canvi en Catalogne, cf. orange – à l’anti-esthétique gauchiste). A noter d’ailleurs que l’orange est revendiqué aussi par la ND, dont la couleur traditionnelle est, comme de juste, le bleu.

δύναμη μεταρρύθμίσης

«Catch The Wind»

September 18th, 2007

Après dix années de recherche intensive et participative sur les ruptures, les Laboratoires Freedonia proposent enfin une méthode complète, efficace et biodégradable pour Réussir son Echec Amoureux ™. En seulement 9 étapes, 9 verres de limoncello et 9 chansons, et sans le concours -hélas- de Benoît Hamon, dites non aux passions archaïques, oui à la rénovation sentimentale, et tournez la page du congrès d’Epinay de votre vie.

In the chilly hours and minutes, / Of uncertainty, I want to be / In the warm hold of your loving mind.To feel you all around me / And to take your hand, along the sand.Ah, but I may as well try and catch the wind.
When sundown pales the sky, I wanna hide a while, behind your smile / And everywhere I'd look, your eyes I'd find.For me to love you now / Would be the sweetest thing, 'twould make me sing.Ah, but I may as well try and catch the wind.
When rain has hung the leaves with tears / I want you near, to kill my fears / To help me to leave all my blues behind.For standin' in your heart / Is where I want to be, and I long to be.Ah, but I may as well try and catch the wind.

Retrouvez la bande-son de Réussir son Echec Amoureux ™ sur Radio Freedonia, la radio des jeunes lions!

1. Björk – It’s Oh So Quiet
2. Arielle Dombasle – Je te salue mari (merci FreakyDoll)
3. Conny Francis – Napoli
4. David Bowie – Space Oddity
5. Petula Clark – Ciao Ciao
6. Ella Fitzgerald – Don’t Fence Me In
7. Meganoïdi – Love Song
8. Donovan – Catch The Wind
9. Walter Wanderley – Beloved Melancholy

A1: In the chilly hours and minutes, / Of uncertainty, I want to be / In the warm hold of your loving mind.
A2: To feel you all around me / And to take your hand, along the sand.
A3: Ah, but I may as well try and catch the wind.
B1: When sundown pales the sky, I wanna hide a while, behind your smile / And everywhere I’d look, your eyes I’d find.
B2: For me to love you now / Would be the sweetest thing, ‘twould make me sing.
B3: Ah, but I may as well try and catch the wind.
C1: When rain has hung the leaves with tears / I want you near, to kill my fears / To help me to leave all my blues behind.
C2: For standin’ in your heart / Is where I want to be, and I long to be.
C3: Ah, but I may as well try and catch the wind.

Ainsi parlait Zarathoustra

September 18th, 2007

Je sais qu’il existe un dieu méchant. Cette techno-pouffe de ChelseaBoy m’a convaincu de m’inscrire sur Facebook, le site de réseautage qui permet de se parler la beauferie d’H.E.C. (de Paris) et d’être recontacté par des gens que vous évitiez laborieusement depuis 10 ans / vos stalkers / des escrocs nigérians. J’y ai recroisé Speedo, qui vit en Ruritanie et me propose de boire un verre. Bon, OK, c’est moi qui l’ai contacté parce que cette pute inconsciente d’Ivan Cul-rond l’a demandé accepté en amitié hier, je suis faible et probablement masochiste.

Know Thy Enemy

September 5th, 2007

«We Gonna Take Our Country Back»

«True Strength For America's Future»

«Every streetlight a reminder»

September 5th, 2007

Retour à Barcelone: «Every streetlight reveals the picture in reverse / Still, it's so much clearer...»«...I'm not sure all these people understand / It's not like years ago / The fear of getting caught...»«...September's coming soon / I'm pining for the moon / And what if there were two / Side by side in orbit / Around the fairest sun?..»
«...You, I thought you knew me / This one laughing quietly underneath my breath / Nightswimming» (R.E.M.)

Meanwhile, à Paris, les riches arrêtent de devoir des impôts (mieux que de juste pas les payer), sont défrayés par Trichet de leurs investissements foireux, et à Jouy font la bombe pour célébrer la restauration d’une justice (de) classe: par les riches pour les pauvres. Adieu, ABS et redressements! Welcome, rente et impunité! Et s’il faut supprimer une ou deux dizaines de milliers de profs pour équilibrer tout ça, le budget: pas grave, les enfants sont déjà dans le privé. Cette fois ça y est, les archaïsmes battent en retraite!

Le plus déprimant n’est même pas la revanche louis-philipparde en cours, mais l’absence de voies, de structures de résistance. Ce désarroi planait déjà en 2002; mais des idées brûlantes d’alors, si toutes ne sont pas éteintes (les Panthères roses…), beaucoup sont sous la cendre; il n’y a pas, ou vraiment peu, de collectif. Le PS insiste désormais sur la responsabilité individuelle dans le chômage et la délinquance (en attendant l’échec scolaire et la pauvreté), et fait le service minimum sur les libertés syndicales et le droit du travail (si l’on peut dire). Les syndicats, eux-mêmes, ne sont certainement plus en capacité de peser (bien ou mal) sur les choix comme en 1995. La jeunesse se réunit séparement les vendredis soirs, pour regarder la téloche ou danser sans se tenir.

Ce qui manque, pour chacun et pour tous, c’est de l’engagement.

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A1: Retour à Barcelone: «Every streetlight reveals the picture in reverse / Still, it’s so much clearer…»
A2: «…I’m not sure all these people understand / It’s not like years ago / The fear of getting caught…»
A3: «…September’s coming soon / I’m pining for the moon / And what if there were two / Side by side in orbit / Around the fairest sun?..»
B1: «…You, I thought you knew me / This one laughing quietly underneath my breath / Nightswimming» (R.E.M.)

Frequent Flyer

September 1st, 2007


Devoirs de vacances

August 29th, 2007

Au Japon, le gouvernement Abe se prend une branlée aux sénatoriales, après un scandale de gestion bordélique des caisses de retraite et, plus généralement, des cafouillages en série. Les libéraux-démocrates et leurs alliés bouddhistes de la Sokka Gakai, alias Nouveau Komeito, perdent leur majorité absolue au profit pour l’essentiel du Parti démocrate. A noter, la poursuite de l’émergence de deux partis nationalistes avec des logos super-sobres – il me semble que le Nouveau Parti populaire s’est choisi comme emblème le signe ren, homme.

Tu fais l'malin!

En Turquie en revanche, les «islamistes modérés» comme dit la presse (le Parti de la justice et du développement est un parti de droite libérale, élu par les ruraux et néo-urbains, apparenté au PPE) rempilent et empochent, dans la foulée, la présidence de la République. La grosse surprise vient de l’entrée en force de nationalistes (notamment, anti-Kurdes) du MHP, qui réalisent de bons scores dans les parties rurales et côtières de l’Anatolie; en parallèle, les Kurdes du Parti de la société démocratique (DTP, centre-gauche, parti successeur du DEHAP interdit) accédent également à l’Assemblée. La gauche kémaliste CHP se gadine en proportion, même si elle reste forte dans les agglomérations, surtout sur la mer Egée.

Sur les logos:
- l’emblème de l’AKP, l’ampoule, a déjà donné lieu à une campagne de la gauche sur le thème: éteignez vos lampes pour protester contre Erdogan. Il symbolise apparemment un gouvernement transparent assurant une société «moderne» et éclairée par Dieu, presque comme le raccourci bédé-esque des idées. Pour résumer: l’AKP c’est le bon Dieu et l’électrification de tout le pays.
- les flèches du CHP sur fond rouge, superbement ringardes, rappellent celles de la SFIO. Comme elles, leur efficacité graphique et leur nombre sont calculés pour claquer comme un slogan, respectivement «Pain / Paix / Liberté» et les six principes: républicanisme, nationalisme, étatisme, populisme, laïcité, révolutionnisme (sic).
- à l’extrème-droite, reprise de l’emblème national, comme d’hab quoi.

«Herşey Türkiye için!»

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