Zorbec le gras
De fait, les élections helléniques ont représenté une mini-surprise, à défaut d’une alternance. Eprouvés par leur népotisme (les leaders des deux grands partis sont, pour la plupart, les fils et filles de ceux de la génération précédente, sur le modèle (?) des «princes» d’Israël) et l’incurie de la lutte anti-incendie, le Mouvement socialiste panhéllénique et la Nouvelle Démocratie se sont pris des bébé-vestes, au profit de formations contestataires: le LA.O.S. (Rassemblement populaire orthodoxe, l’acronyme veut dire «Peuple») à l’extrême-droite, qui confirme qu’il fait bon être un gueulard parvenu pour réussir dans le néo-fascisme ; à gauche, le traditionnellement puissant, ou résistant, Parti communiste grec (KKE) et la toute nouvelle Coalition de la gauche radicale (SY.RI.ZA), qui fait du neuf avec beaucoup, mais alors beaucoup de petits bouts de vieux.
Côté logos, c’est une orgie comme seule l’Italie en connaît. Les logos de deux principales forces sont immuables, et reprennent des codes simples et éprouvés ailleurs, poing à la flamme (comme jadis les conservateurs anglais, avec le même effet, euh, rétro) pour la ND, soleil levant des lendemains qui chante pour le PASOK (comme pour feu le PCI et le PSI), mais *vert*. Pourquoi vert? je ne sais pas; on peut toutefois noter que c’est, ailleurs, la couleur de la liberté, dans laquelle on scelle les affranchissements.
Surtout, à côté de la nullité du logo de LA.O.S, digne d’un mouvement nationaliste serbe, et du conservatisme esthétique quasi mao de celui du KKE, je dis bravo, je dis merci à SY.RI.ZA pour la subtilité chromatique du sien (le rouge des communistes, le vert des Verts, le violet de… de qui au juste? de l’anarchie?) et pour m’avoir donné l’occasion de donner en vrac les incroyables emblèmes des mille formations qu’elle regroupe: juquinistes, trotskystes et deep-ecologistes grecs. Chacun a sa propre histoire (qu’on songe à la ringardise presque chypriote des logos de la Dikki et de la précédente coalition de gauche: Synapismos) et sa culture (des «citoyens» au logo marketing, orthogonal et bariolé – cf. Ciutadans pel Canvi en Catalogne, cf. orange – à l’anti-esthétique gauchiste). A noter d’ailleurs que l’orange est revendiqué aussi par la ND, dont la couleur traditionnelle est, comme de juste, le bleu.

