C’est quoi ce Marrakesh total?
En attendant tous ces camemberts tropicaux sollicités par AdiAbou, Freedonia, le Grenelle des Unions de la Méditerranée, rattrape déjà son retard sur le Maroc. La présentation de la presse française a tourné autour de deux sujets: la vitalité démocratique dans le pays, mesurée par l’intérêt de la population pour le scrutin (faible, si on en croit le taux de participation), et l’audience des islamistes du PJD, mesurée à son rang sur à l’arrivée (deuxième sur la photo finish). Rien ou pas grand’chose sur les divers partis en lices, nombreux (33), compliqués à saisir puisque tous ont un nom du genre: Parti de [Concept n°1] et [Concept n°2]. On pourrait faire un générateur automatique de noms de partis marocains comme Emmanuel de Ngroung en avait trouvé un pour les partis italiens: Parti de la Charité et de l’Autonomie, Parti de l’Intégrité et du Renouveau, Parti de la Mansuétude et de l’Ouverture, etc.
Si je comprends bien, la politique marocaine est d’abord une affaire de sujétion (au Prince) et de personnalités (rivales). Il existe bien de grandes familles idéologiques, et des partis affiliés aux Internationales de la gauche, de la droite et de l’argent; mais les forces politiques ont des liens historiques (le mouvement socialiste est issu d’une scission de l’Istiqlal, aujourd’hui principal parti de droite) et politiques (larges gouvernements de coalition) qui rendent les frontières pour le moins mobiles, perméables, et autogénésiques. Au final, il me semble juste que la gauche se tasse cette année, l’USFP perdant sa place de premier parti dans les urnes.
Côté logo, plusieurs remarques:
- waouh,
- des connexions diverses: emblématique occidentale standard (la rose socialiste, l’oiseau libéral, le livre et l’olivier comme symboles alternatifs possibles à gauche, voire «foi» héraldique du Parti travailliste), le retour de la lampe (ici à huile) islamique, les symboles simplistes et mémorisables, noir et blanc (balance, voiture, clef, horloge, cheval) d’un pays où, comme ailleurs en Afrique, 40% de la population est analphabète,
- quelques discursions «orientalisantes»,
- une répartition de couleurs ad hoc (le rose saumon est celle de l’Istiqlal),
- dans l’ensemble du graphisme pas mal, mais avec toujours un peu le risque d’utiliser le fond d’images de Powerpoint.

