Freedonia

Faites comme moi

October 13th, 2004

Dites oui à la vie !

Dimanche soir : agonie post-week-end habituelle chez Comité. Littéralement lessivés par la brocante de Noisy-le-Grand, les The_Bigger_Splashes résidant encore en France regardent Urgences, gravent des CDs, jouent à la Sécurité sociale irakienne et envoient des e-mails aux journalistes.

While Taylor nods and smiles, de nombreux points sont abordés dans la franchise la plus totale :

1/ Que faut-il penser de la pénurie d’Adidas Stan Smith blanches et vertes à scratches en pointure 41 pour un prix inférieur à 50 euros ?

2/ Comment s’habiller pour le 23 ? Peut-on réutiliser les tenues du 9, que personne n’a vues ?

3/ Florent I. est-il aussi salop/salaud (les deux orthographes sont acceptées) que son comportement veut bien le laisser entendre ?

4/ Pourquoi la vie sonne-t-elle comme un dimanche soir permanent ?

Délicatement, x-ecütiv s’insurge contre l’incompétence du correcteur de Grasset qui s’est occupé de Bye-bye Blondie. Fou de rage, il énumère les fautes trouvées dans le livre.

L’une d’entre elles retient tout particulièrement l’attention de l’assemblée (principalement composée de Comité : Fawn pense au Quatta en cachette, Crame se demande ce qui cloche, et shiningrubis*** est tranquillement partie finir sa dépression chez elle).

« Elle s’est laissé faire », « Elle s’est laissée faire », ou bien ?

x-ecütiv vitupère, Comité tempère, Fawn baille et Crame maugrée.

Onze heures plus tard, Comité appelle x-ecütiv, alors complètement débordé par un problème professionnel hyper urgent à régler (i.e. trouver un fond d’écran adéquat).

Contre toute attente, Comité (dont les journées à la mairie sont pourtant bien remplies) a trouvé le temps de chercher la réponse grammaticale au problème posé.

Triomphalement, il brandit verbalement l’explication : « La pianiste que j’ai entendue jouer », mais « La symphonie que j’ai entendu jouer. » Terrassé par la cruauté de ces propos, x-ecütiv se met à pleurer bruyamment en faisant bien attention à ne pas bousiller l’autobronzant qu’il s’est méticuleusement appliqué le matin-même.

Ça, les correcteurs de chez Grasset connaissent tout de l’invariabilité du participe passé lorsque le complément n’est pas COD de l’infinitif, mais ils ne sont pas foutus d’écrire Chanel correctement.

« […] elles ont les mains pleines de sacs Channel, Armani, Dior et filent vers chez Cartier. » (p.268)

William viendra-t-il en petit haut customisé avec des froufrous?portera-t-il un short en lamé argent?Verra-t-on la tête de Speedo?

«De la nourriture de cantine, ça me fait très plaisir.»«Ne dites rien d'important pendant que je ne suis pas là.»«Tu ne mets jamais ta photo sur Freedonia.»
«C'est le Palaaaaaaace!»Rebondissements!Luxe!
Ubiquité!Vénalité!Perversions!
Boy George!Sexe!Caution intellectuelle!
Alcoolisme!Merci Fabrice Emaer......mais méritent-ils vraiment une journée mondiale?

Au même moment, quelqu’un racontait: «J’ai gardé confiance même lorsque je pouvais dire: “Vraiment je suis trop malheureux.” Dans mon effroi je disais: “Tout homme est decevant.”» Comité disait: «Je suis optimiste.» puis «C’est juste méchant.» François B2 constatait: «Tu ne peux que souffrir».

D’abord il y eut la pénombre, puis un glapissement vint déchirer la suave sérénité de la pièce. “Foutez le DAWA”, criait un jeune éphèbe dont le visage n’était pas visible. Ivan avait dit vrai : nous allions vraiment passer la soirée dans une obscurité relative, que ménageaient les bracelets lumineux achetés en quantité.
Il y avait des gens déguisés et d’autres non, des masques et du make-up, des garçons et des filles. Levant tous les tabous, le noir permit à certains de développer un autre sens : Fillette était tactile, Ivan en quête de goûts et de saveurs… Un jeune homme venu avec son amie vitupérait ces filles qui veulent absolument avoir un ami gay parce que c’est branché et les trouvait puériles. Si elle inhibe, l’obscurité permet de s’enfuir discrètement aussi.
Ailleurs, Mathieu “masque-de-moi” discutait avec un nationaliste corse qui, mal rasé, se plaignait des irritations que lui causaient la cagoule. Benjamin révélait la date de la prochaine MAJ (12.11) à qui voulait l’entendre. Chacun-e déployait des stratégies spécifiques pour voir le visage de ses interlocuteurs : PatCo mitraillait avec son appareil photo plein flash, d’autres proposaient avec prodigalité des cigarettes et faisaient semblant de ne réussir à l’allumer pour s’y reprendre à trois fois. La cuisine était le lieu d’échange de fluides intenses, dont une bataille de champagne. Ivan C. triomphant et radieux, se pavanait en criant que sa soirée était ratée et que les gens s’ennuyaient. Plus tard, on le retrouvait à quatre pattes dans le salon à déambuler béat et visiblement satisfait. Vers 4h, le premier bilan était plus que positif: il y avait eu des cris, des larmes, des rires, des malades, des couples, du Ivan Couronne. Le sol en témoignait : on y trouvait tout cela, en quantité variable. C’avait été le “Dawa”, mais où était le propriétaire?

Obituary without an end

October 9th, 2004

Et maintenant c’est Jacques Derrida qui s’en va.
C’est toujours les meilleurs qui partent les premiers, comme disait ma copine Soso quand, à un apéro chez elle, elle avait constaté que les apéricubes saumon étaient tous mangés.
Derrida aussi était rose, socialiste pour tout dire : bien qu’il ait couché avec Sylviane Agacinski au point de la mettre enceinte, il faisait partie des soutiens à Jospin. Et donc, à l’instar des salmonidés, il avait dû remonter le courant pour frayer, parce que dans son jeune temps il était plus à gauche, communiste pour être précis. Produit local de qualité, c’est à l’export qu’il avait connu le plus grand succès…
Jacques, repose en paix, tu resteras toujours dans notre mémoire collectiviste.

Parler est dangereux.

Ecrire est inutile.

Se taire est douloureux.

Lire, relire est désorientant.

Enquêter est impossible.

Attendre est nécessaire.

Lacune

October 8th, 2004

«C’est beau quand même d’envoyer un télégramme comme ça, il faut avoir du culot! C’est vrai non? C’est extraordinaire qu’une femme — belle — vous envoie un télégramme comme ça, c’est merveilleux… Moi jamais j’aurais fait un truc comme ça. C’est formidable de la part d’une femme, c’est formidable… Quel courage!

«Bon, si je tiens cette moyenne j’arrive à Paris vers six heures – six heures et demi… Six heures – six heures et demi, elle va être couchée bien sûr. Qu’est-ce que je fais? J’vais dans un bistrot, j’l'appelle d’un bistrot? Je vais chez elle? Une femme qui vous écrit sur un télégramme: ‘Je vous aime’… Pour aller chez elle… Oh oui je vais chez elle, pourquoi?»

Horoscope tudesque.

October 7th, 2004

Les cours d’allemand reprennent, et des hasards ne trompent pas: les vieilles aristos doivent parler de leur sexualité, les ambitieux d’eux-mêmes et moi de ma paresse le matin.

«Stier. — Lust & Liebe.

«In dieser Woche könnte sich Liebeskummer ergeben, wenn Sie nicht offen und ehrlich mit dem Partner über Ihre emotionalen Bedürfnisse reden. Hüllen Sie sich also keinesfalls in beleidigtes Schweigen, wenn Ihr Schatz Sie nicht auf Anhieb versteht. Sorgen Sie für intensive und bedingungslose Aussprachen.»

Morbidezza

October 6th, 2004

Dans le chez-soi en vaste enfilade de Matthieu DC, AC&P continuait de proposer: «si on allait plutôt sur ton lit?» Le petit monde du légume et du bio bruissait de blitzkriege incohérentes. Tout le monde voulait sortir avec *** et coucher avec X. (mais pas les mêmes et pas dans les mêmes quantités). Tout le monde avait, percée conceptuelle, un amoureux historique. Il se confirmait que les Italiens étaient excitants mais pas excités comme des Espagnols. Je ne parvins pas à embarquer discrètement des photos d’ex- de MDC.

Quand j'étais petit, j'avais demandé à mes parents d'où vient le chômage. Ces temps-ci je me sens progresser, j'ai une idée de comment marchent les délocalisations ou le «chômage de déversement».«Celle-là, elle est super elle est vulgaire.»«Les Italiens ne couchent pas le premier soir.»

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