Freedonia

Nul n’est pro-fête en son pays?

D’abord il y eut la pénombre, puis un glapissement vint déchirer la suave sérénité de la pièce. “Foutez le DAWA”, criait un jeune éphèbe dont le visage n’était pas visible. Ivan avait dit vrai : nous allions vraiment passer la soirée dans une obscurité relative, que ménageaient les bracelets lumineux achetés en quantité.
Il y avait des gens déguisés et d’autres non, des masques et du make-up, des garçons et des filles. Levant tous les tabous, le noir permit à certains de développer un autre sens : Fillette était tactile, Ivan en quête de goûts et de saveurs… Un jeune homme venu avec son amie vitupérait ces filles qui veulent absolument avoir un ami gay parce que c’est branché et les trouvait puériles. Si elle inhibe, l’obscurité permet de s’enfuir discrètement aussi.
Ailleurs, Mathieu “masque-de-moi” discutait avec un nationaliste corse qui, mal rasé, se plaignait des irritations que lui causaient la cagoule. Benjamin révélait la date de la prochaine MAJ (12.11) à qui voulait l’entendre. Chacun-e déployait des stratégies spécifiques pour voir le visage de ses interlocuteurs : PatCo mitraillait avec son appareil photo plein flash, d’autres proposaient avec prodigalité des cigarettes et faisaient semblant de ne réussir à l’allumer pour s’y reprendre à trois fois. La cuisine était le lieu d’échange de fluides intenses, dont une bataille de champagne. Ivan C. triomphant et radieux, se pavanait en criant que sa soirée était ratée et que les gens s’ennuyaient. Plus tard, on le retrouvait à quatre pattes dans le salon à déambuler béat et visiblement satisfait. Vers 4h, le premier bilan était plus que positif: il y avait eu des cris, des larmes, des rires, des malades, des couples, du Ivan Couronne. Le sol en témoignait : on y trouvait tout cela, en quantité variable. C’avait été le “Dawa”, mais où était le propriétaire?

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