Freedonia

La fin des ambassades

September 21st, 2004

Le lave-linge n’avait pas voulu marcher. J’avais poncé des chromes, tendu le patchwork, rangé la vaisselle. Je dormais mal, faute de rideau pour parfaire l’obscurité; néanmoins, le réveil sonna.

Ce jour-là, mon téléphone refusa de vibrer de nouvelles, car j’avais vu Comité la veille et m’étais énervé sur ma mère au soir ; quiconque aurait pu m’appeler, ne le fit pas. Seul, Ivan, rapport aux chers disparus, me bippa sur Nippon.

La médiocrité de l’administration frappa à nouveau, car c’était la rentrée et tout arrivait très vite. Vendredi, il y avait eu les ordres et contre-ordres de transport de mon dir et le refus de Gérard l’appariteur de poser l’Equipe pour m’aider à faire son travail. La Valise, DFRA New-York et la Repro m’avaient sourdement maudit. Ce matin-là, le TD rigolo du même vendredi était devenu une malédiction. Qui paierait les 10 euros ? «Pas moi» disait Stockholm, rapport à la dépression du cercle Arctique, à la baisse des indemnités, que tout le temps on nous demande de mettre de notre poche, que je vous comprends mais moi je peux pas. Et: Comment comptablement imputer la non-dépense? Et surtout: que devait faire les pays de l’UMOA et de la BEAC?

Arlequin écouta sans rien dire, car ses pensées étaient ailleurs.

Ma vie professionnelle et affective de merde m’accablait de tout son poids, tandis qu’à l’horizon de vendredi rougeoyaient ces lettres prophétiques: «Mort aux Jeunes».

Maille à partir

September 20th, 2004

SOIREE DE SAMEDI SOIR 25/09 CHEZ MOI CONFIRMEE
SOIREE DE SAMEDI SOIR 25/09 CHEZ MOI CONFIRMEE

Titre : Backlash!
Clients: strictly Y chromosom possessors (no compulsory test – we’ll trust the candidates)
Dresscode: Scandalously comme d’hab (Perfect Parano) : chaussures à talons, maquillage, postiches, chemises de rugby, rosaires, détails qui te tuent, détails qui ont assassiné Matias
Credo: Need your consulting competencies
Option: concours de flyer autour du titre… (je vais faire une allusion sur freedonia pour exciter la foule)
Languages: Spanish, Catala, Portuguese, English, Hebrew, Lebanese Arabic, French
Report: “C’est ggghhhénial!!!”

Audrey (co-éditrice quaker)
Camille (co-éditrice hitchockienne)
Didier (squatteur syndiqué)
Julien G (vétérinaire sensuel)
le garçon (idéal automnal)
le mec de mon voisin d’en face (loisir nocturne)
Nippon (néopunk expatrié)
NoOk (pubeuse sophistiquée)
Salvi (militant taiseux)
Yann-Patrick (ex- initial)

Jeudi, avec Speedo. «Carnets de voyage» est le pendant optimiste de «Good Bye Lenin», l'espoir et la détermination des mineurs et des lépreux latino plutôt que la Gemütlichkeit médiocre du socialisme réel. Gael Garcia Bernal, en plus d'être toujours super-potable, incarne bien l'idéalisme inflexible et un peu chiant, un peu maudit de Guevara.«Je les connais depuis leur naissance, ça crée des liens.»-- C'est mon surnom au Quai d'Orsay. (ma mère) «Steevie?» -- Non, le petit Saint-Just.
La vieille blague du SMS parlé vulgaire.«Tu connais pas Bréat? C'est très beau... Là-bas les gens sont de droite»«Je ne sais pas comment je vais m'habiller pour cet entretien lundi. De toute façon il me fait chier.» «J'ai envoyé plein de CVs ce weekend»
«schöner alleiner JM sucht selb»Encore une «soirée de normaliens chiants» (dixit Ivan) où Etienne n'apparaît pas en photo.«This dream is for you, so pay the price. / Make one dream come true, you only live twice.»

Monomania

September 16th, 2004

Je peut quand même pas rire toujours tout seul :

La vie d’une pomme de terre ne serait pas aussi passionnante si nos équipes de femmes et d’hommes ne travaillaient pas à la rendre plus fluide ! Nos métiers sont d’une richesse insoupçonnable.

http://www.pom-alliance.fr

Un garçon à bonnes fortunes

September 14th, 2004

Comment est Speedo quand il regarde le foot à la télé?Pour des raisons non élucidées, flâner dans Saint-Germain-des-Prés est une activité d'automne.Peut-être un avant-goût de la «madeleine» du chocolat du Flore pendant les grèves de 1995?
Dans la poste du Louvre, le locataire du banc intérieur rappelle les règles: «Pour la province, avant 22 heures, pour Paris...»Chez Space Hair, on vouvoie les gens en costume.Meanwhile, les TBS parviennent au stade ultime de la branchitude: l'hype-breaking.

Aujourd’hui, un drame historique s’est joué sur Freedonia.

A h1, j’exprimais dans un long post une détresse identitaire.
A h2, PatCo s’emparait de la fenêtre de commentaire de ce post pour me demander publiquement des comptes publics sur une affaire qui n’avait aucun rapport avec le post et qui n’en était une – affaire – que parce qu’il l’avait élevée à un tel rang.
A h3, gêné par l’ébruitement de cette affaire et souhaitant l’étouffer avant qu’elle n’enflât et ne contrecarrât mes plans, j’abusais d’un pouvoir mien et effaçais le commentaire de PatCo. Presque simultanément, j’expliquais ma démarche auprès de lui par e-mail, escomptant sa mansuétude.
A h4, PatCo remettait le même commentaire.
A h5, je l’effaçais à nouveau.
A h6, PatCo usait de son pouvoir ultime et arbitraire, et pour la première fois depuis la création de l’Etat, supprimait mon post, effaçant toute trace de ce qui devait pourtant constituer une pièce majeure de l’expression identitaire de mon peuple. Il me poussait à l’exil.

Ce post, là, est donc mon dernier sur Freedonia.

Ci-dessous, de mémoire, les passages les moins barbants de feu mon post, qui résonnent ici comme un hommage à Freedonia que j’ai tant aimé et qui m’a donné un toit quand j’avais froid.

///Ici, il faut imaginer une photo de n’importe quoi, peut-être du chat de mon frère, avec comme légende : “Je sais exactement à quand remonte ce nouvel et permanent sentiment de solitude : c’est depuis que je n’ai plus MTV.”///

///A côté, il faut imaginer une photo de n’importe quoi, peut-être un gros plan des yeux de PrinceParano cernés de doigts, avec comme légende : “Au même moment, après avoir ravagé la Jamaïque et fait le plein de dub, Ivan se dirigeait vers Miami et Las Vegas.”///

///Il faut imaginer une troisième photo car elles sont toujours en tryptique.///

Au vent mauvais

September 13th, 2004

Samedi, Speedo avait révélé quelques unes de ses véritables identités. Dimanche, l'atelier peinture avec François B2  avait révélé la timidité de l'une d'entre elles.Lundi, le soir pluvieux et sans éclair disait l'automne. Mon ex-proprio avait le tic de s'enlever son semi-dentier chaque fois qu'il s'allumait une clope. Il chicanait sur la caution. Il disait: «Rue Fontaine, oui, c'est hot par là-bas.»Au téléphone, AC&P demandait: «Tu es fâché?» Oui, il avait coupé mes commentaires. Plusieurs fois. Je trouvais que ce n'était pas l'esprit de Freedonia, alors comme rétorsion, j'avais fini par sucrer le post. Il raccrocha de l'apprendre. Dans le bus, je me sentais renvoyé à mon côté tâtillon, castrateur, médiocre. J'aurais aimé avoir gardé copie du post perdu. L'automne faisait d'une anicroche une moisson de discorde.

Nous sommes guidés au quotidien par le sens du service et une volonté permanente d’accompagner nos clients de manière pro-active. Nous recrutons et formons notre middle management de demain. [...]Vous êtes open minded, autonome.

“Romero : p’tite bite”

NB. Peut-être faudrait-il que les gens arrêtent de penser en se rasant ?

Je vous épargne les autres réflexions que j’ai eues sur le fait que Sciences Po ne produiraient qu’une seule chose : une CSP (une réflexion dont les racines remontent à mon séjour au wagon restaurant du TGV Marseille Paris hier soir où tout le monde avait des Tod’s aux pieds, semblaient descendre d’un yacht de 46 pieds et rappelaient des souvenirs : “j’ai eu 6 et 6 à ma conf’ d’éco”. Parler de ça encore à 33/36 ans… pathétique… ça va avec les Tod’s, d’ailleurs en ce moment j’ai des Tod’s aux pieds… c’est mon côté fille bête qui a fait “EcoFi”… doigts sur les yeux [dédicace à AC&P, best peripheral body gestures management consulting group of the year])

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