Freedonia

Plutôt que de faire des cauchemars incluant l’ingestion de verre pilé et le passage d’oraux de l’E.N.A, ou de guetter un improbable coup de fil de Speedo, toute la rédaction de Freedonia, the Great Society’s blogosphere, se mobilise afin de fournir dès 3 heures du matin des infos, des analyses et des cartographies exclusives sur l’élection américaine à son unique lecteur à cette heure-là.

Re-elect Al Gore!

Wishlist

November 2nd, 2004

J’aimerais qu’on m’appelle tous les soirs pour me dire «bonne nuit» (cf. 1998). Qu’on m’offre des fleurs (cf. 1999). Me cacher la tête sous la couette en murmurant un nom et un petit rire. Qu’on me propose d’avoir des enfants. Ne pas visiter Venise seul de guerre lasse.

La vie est l’intéressante expérience d’observation d’un monde laid.

Le Golem

November 2nd, 2004

A Prague, un touriste m’a bousculé et mon appareil photo est tombé, s’est cassé. Le type a regardé avec incompréhension, à la limite de nier qu’on se trouvait dans la même pièce à cet instant-là. Pas de photos carrées pour au moins un mois.

Est-ce l’automne, ou la ville elle-même, ou bien moi? Là-bas, la passion est pétrifiée et cernée de touristes. J’ai revu sans émotion des monuments déjà deux fois visités et frappants d’antiquité et d’élégance. Le moment le plus attachant du séjour a été la piscine-des-halles-isation à la sauvette des toilettes du Musée national.

Speedo a laissé un message téléphonique vide sur mon portable, pour me rappeler que je continuais de penser à lui. Et des textos et des commentaires insignifiants sur le blog de Fabien Vallé®ian (pléonasme), histoire de ne pas laisser le deuil de mes sentiments s’installer. Comme dit François B2, à propos de nos névroses respectives: «vous vous êtes trouvés.»

Après, AC&P et Mathieu DC sont venus prendre le thé à une heure du mat et jouer à secret girls dans le Boudoir. A l’aube, AC&P a lancé une matinée pyjama en se masquant sous la couette chaque fois qu’il citait son chéri espagnol.

La curiosité
L’intérêt
La réserve
L’impatience
Le soulagement
L’enthousiasme
L’amitié
L’excitation
La passion
Le désir
L’angoisse
L’espoir
L’incompréhension
La déception
La tristesse
La compassion
La solicitude
L’expectative
La vexation
La colère
L’amertume
La lassitude
La morosité
L’indifférence
L’oubli

bubbles (1984 edit)

October 31st, 2004

-”PirataaaaaaAAaaaage”

-”NON , pas “PirataaaaaaAAaaaage”.
///*FASHION*-*HACKER*///(yeahyeahyeah!!!) , c’est mieux.”

(et puis pour la peine :voila .)

Avoir un petit copain à Paris permet de voyager.
[...]
Les chagrins d’amours servent à avoir un passé. Des morceaux de mon corps à oublier, à tenter de me remémorer. Les chagrins d’amour servent à accepter que ces morceaux de corps meurent. Les chagrins d’amour servent à comprendre le temps et ne pas comprendre l’épaisseur d’un instant qui n’est plus. La mort de l’amour est-elle un signe du futur pourrissement de nos corps ? Une chose de sûr l’amour, la mort, le temps, ont en commun que je ne sais pas très bien ce qu’ils sont. Je ne le saurai pas.
[...]
Je ne me suis donc pas enrichi ? C’est bien, comme ça je ne mourrai pas trop riche, ce genre de richesse ne s’hérite pas et je n’aurais pas d’héritier.

Décembre 2003

«Merci pour le spectacle»

October 27th, 2004

Une bien piêtre image de l'homosexualité, dénoncée à juste titre par mes voisins.«Je pensais que ça faisait plus 1 kg de makrouds?»Figurants de la soirée PinkTV prétés et prétestés par Houzelot (à droite, Claire Chazal)
«Ce sont des lunettes de la Sécurité sociale irakienne. Elles sont impossibles à trouver, ils ont bombardé l'usine.»«Je suis fatigué, j'ai baisé hier soir.»Philosophie dans le boudoir
L'inversion des rôlesManifeste textileLe nouveau karma d'Alex J
«T'es pédé toi maintenant?»«Tu veux son numéro? -- Ben non pourquoi, je l'ai déj໫Les mecs sont des porcs.»

«In restless dreams I walked alone
Narrow streets of cobblestone,
‘Neath the halo of a street lamp,
I turned my collar to the cold and damp»

L’esplanade était, vraiment, silencieuse et vague, agitée du seul battement du vent.

«When my eyes were stabbed by the flash of a neon light
That split the night»

La machine Selecta était vide. Elle alignait ses matrices de métal parallèles, courbes et infertiles et se proposait de délivrer rien, pourvu qu’on continuât de faire l’appoint.

«And in the naked light I saw
Ten thousand people, maybe more,
People talking without speaking,
People hearing without listening»

Sur le quai, feutré et vide, s’éloignait la Petite Chose, un ex- de BoxinBoy.

Assise en face de moi, une femme sans âge, à la jupe banale et correcte, aux yeux rouges et effrais, fous, affairés et malheureux.

«And the sign said, ‘The words of the prophets
are written on the subway walls’»

Champs-Elysées — Clemenceau?

Réussir à tout prix [part 1]

October 26th, 2004

Soirée de lançement Pink TV.

Touche de rose pour tout le monde sauf pour les VRAIS fashionistas qui ne respectent que les dress-code des magazines de Beijin.

Pierre Bergé fait semblant de faire la queue comme les vrais gens, une, deux minutes puis tape un scandale à un vigile qui ne le connaît pas. Heureusement une PRaBagooz veille et le fait passer en gloussant.

Trop de monde nous ne rentrerons pas.

La foule m’ensert façon Sheffield, je refuse de partir prétextant que « c’est si drôle » pour ne pas me retrouver tête à tête avec l’homme-à-la-position-sociale-avantageuse qui m’a invité.
Heureusement mon ami Fashion Rules est là, veut partir et accepte de dîner avec nous.

Quelques uns sont humiliés de ne pas pouvoir entrer, moi de ne pas avoir été reconnu par un troublant ami de Fillette.

Sur le papier, c’était une excellente soirée (comme murmure Vincent Delerm). Peut-être même dans 20 ans en aura-t-on de bons souvenirs. Il y avait de l’ambiance et de la densité. La plupart de mes amis sont venus. Etrangement, beaucoup d’entre eux, et pas moi seulement, étaient tristes, et plus encore hors de leur assiette, inhabituellement calmes ou fatigués ou affairés à une passion impossible. Je ne suis pas le seul à avoir guetté mon portable en vain.

Maintenant, une fois tout le monde parti et le vomi dans ma salle de bain ramené dans des quantités supportables, j’efface les spams qui saturent et mon blog, et mon e-mail. C’est une belle métaphore de ma vie, cette lutte quichottesque contre des sites de cul déclinés à l’infini. C’est aussi un prétexte excellent à l’absence d’e-mail d’excuse et d’explication dans mon inbox, un peu comme la théorie de l’accident de voiture qui l’a empêché de venir, mais je vais avoir de ses nouvelles. Mais comme l’apprend chaque jour à ses dépens Fabien V., n’est pas Cary Grant qui veut.

Toute passion est absurde, mensongère à qui la conçoit, sans mesure. Je crois bien que je serais prêt à abdiquer celle-là, même si je pense peu me tromper (par rapport à quelques vastes erreurs passées) sur la justesse, la légitimité, la fécondité de ce sentiment contrairement à la mise en garde de François B2. Mais pour cela il faudrait un fair deal, comme la conclusion d’une amitié, une sorte de fraternité bienveillante qui permettrait à ce garçon insaisissable, ce Speedo dont même le prénom demeure incertain, d’avoir moins peur de lui-même et des cadavres dans son placard. Même cela m’est refusé.

Il y a des gens qui restent leur vie entière à ne pas franchir l’obstacle à une vie sinon heureuse, en tout cas pas sinistrée. Je fais partie de la seconde catégorie de gens, qui poireautent en vain toute leur vie de l’autre côté. «Le mélancolique est malade de la vérité et l’hystérique est prisonnier du mensonge».

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