
La presse française a peu parlé de l’alternance dans l’autonomie de Galice, sauf pour fournir la nécrologie anticipée de son ex-chef de gouvernement, Manuel Fraga, un ancien franquiste qui a assuré la transition démocratique comme on dit, homophobe et oléophile (cf. «Prestige»), et aussi pour dire que tout (le siège de majorité) s’est joué dans l’électorat d’outre-mer (sud-américain en l’occurrence). Encore une stratégie à la DSK.
Du coup, je sais pas trop pourquoi le Bloc national galicien a plongé et, surtout, pourquoi: *pourquoi?*, la Xunta de Galice utilise en parallèle 3 logos officiels.

La Bulgarie est dans un état proche de l’Ohio: pas de majorité à moins de trois partis (chaque parti étant parfois un conglomérat de groupuscules improbables et généralement agrariens). Il a été question d’une alliance gauche / minorité musulmane / «parti du roi», mais ce dernier a décliné l’offre (pour l’instant), même si la «grande coalition» est la formule la plus plausible, et la plus souhaitée par l’UE. La droite négocie aussi de son côté, mais il lui faudrait l’apport, improbable, du DPC (le parti turc et musulman qui a fait un carton dans les bureaux de vote à l’étranger). Dernière suprise, l’apparition du parti d’extrême-droite (antisémite notamment) Ataka.










Si je ne remonte pas trop loin, ça a commencé avec la lecture d’un livre que m’avait offert Anne-Claudie, pour mon anniversaire en 2004 je pense. Un livre qui entrelaçait la décadence punk, l’(auto)érotisme wildien et des histoires de contamination volontaire. Un livre qui nous fait voyeur de ce qu’il y a de noir, de sale, de mal dans le sexe gay. Après, à Istamboul, un moment ambigu (il y a toujours des moments ambigus). A mon retour, cet article du New Yorker qui fut un vertige, en pleine hypoglycémie, en plein métro; les mots du péril ordinaire m’ont frappé comme, jadis, les images effroyables d’un marteau planté dans un occiput. Pour finir, l’enquête dans Libé de ce weekend sur le relâchement, avec l’analyse de Lestrade, en forme d’in memoriam de l’engagement et de la solidarité communautaires.
Samedi, tandis qu’un prédicateur juché sur un Abribus empêchait le silence de s’installer sur le die-in de 16 heures pile, je scrutai les nuages du ciel. Je pensai à ma militance en quenouille et à un mois d’incertitude encore.



Un ami me fait remarquer la nouvelle campagne de pub de l’office polonais du tourisme en France. Apparemment, le fruit d’une fructueuse collaboration avec des communiquants gais, genre B2 Corporate ou AC&P KdK (Komm de Krise).
Avant de partir en weekend, je me suis fâché sur MSN avec un type qui me drague sur internet, parce qu’il a fait une remarque qui m’a pas plu, du genre (lire avec un accent brit): «moi je vais pas à la gay pride parce que le combat des trans, des lesbiennes, des bears et des muscle-maries n’est pas le mien». Je me suis aussi fâché sur MSN avec un garçon que j’avais dragué sur internet, parce qu’il a ressuscité une remarque qui m’a pas plu, du genre (lire avec la voix de Nana Mouskouri): «ah mais je n’avais pas compris que tu me draguais…»






Au niveau le plus immédiat, c’est le sapphisme qui m’a mis mal à l’aise. Victime de la norme intériorisée que je dénonce par ailleurs, cultivée par des centaines de baisers télévisés de couples hétéros dans le parfait mariage de la parfaite série américaine, j’ai détourné un peu le regard en me disant que tout ça n’est quand même pas comme il faut.
Ensuite, tout ce bonheur montré, nommé, revendiqué (et sûrement c’est du bonheur arraché de haute lutte contre la famille, sur le conservatisme des collègues et tout bêtement à la vie), me semble indécent, bête, et, pour le coup, affreusement normal. Je me demande, est-ce pour ça que j’ai milité pour le pacs, pour «le bonheur»? Quelque part, je partage (avec des objectifs diamétralement opposés, chevènementistes en quelque sorte) cette stigmatisation réactionnaire de la génération sans valeur, ou dont la seule valeur — anglo-saxonne — est un hédonisme normé et purement performatif: dire le bonheur c’est être heureux, mais par contre il faut le dire beaucoup.
Au fond, cela me frustre de me dire que je ne serai jamais assez simple (ou bête) pour être heureux. En prépa H.E.C (de Paris), j’avais eu comme sujet de concours blanc, en philo: «l’ignorance est-elle préférable à l’erreur?» (la bonne réponse néokantienne était: non, le savoir suppose la méthode essai / erreur). J’avais défendu l’ignorance comme condition du bonheur, et j’en demeure certain (malgré ma mauvaise note). Je me sens impuissant, mes rêves de 20 ans sont périmés, je sais que je n’aurais jamais le courage et l’inconscience d’imposer à ma famille d’assister à ce genre de fête ; déjà un mariage hétéro serait à la limite de ce que mes et leurs réserve et sens de la propriety peuvent encaisser.
C’est à ce sujet étrange que la quiétude de gens du Nord et de bourgeois lyonnais de la famille de mon père ait si bien convergé avec le quant-à-soi provincial et protestant de la famille de ma mère, pour m’accabler de timidité, d’inhibition, d’obligations de classe et de sang. Il y a eu de l’insouciance dans mon coming out et, sûrement, une part d’abstraction dans mon militantisme — mais combien je me sens incapable même de ça désormais.
Tout cela, je l’ai noyé consciencieusement, pour exprimer un autre atavisme irrésistiblement zolien, celui de l’alcool.
Est-ce un hasard si, la même semaine
- Emmanuel «Zblorg» disparaît de la circulation au moment où je fais des propositions précises pour le voir, après m’avoir chauffé à coup de RGR,
- un mec me déclare furtivement sa flamme sur MSN avant de retourner dans le néant dont il n’aurait jamais dû sortir,
- Ludovic «Speedo» (nom de famille de collabo) redonne de ses nouvelles, c’est-à-dire envoi un texto incompréhensible et égotiste,
- un quatrième prétend être tombé «par hasard» sur mon site qu’il trouve génial et moi aussi.
J’aimerais bien que les inconnus me foutent la paix, et que les autres ouvrent les yeux.












Où êtes-vous ? Pas de photo de ces anniversaires, pas de commentaire… Que fait la rédaction-lectorat de freedonia ?