Freedonia

La charlotte aux poires

Une vieille maîtresse: bon genre, masque chinois, sourire de sorcière, éloquence d'Audiotel.Un vieil acteur: du métier, des tics (tousser quand on a mal lu un mot et reprendre), de la résignation au fond des yeux. Ca ne prend plus.Un vieux pays, d'un vieux continent, debout face à l'Histoire. Non, je déconne, il fait juste très chaud en ce moment.
«Bosser pour Fabius et «Y'a du sake à la prune.»Jeudi, une brocante chic et nippone (mais *en face* du Palais de Tokyo)
Samedi, y'a personne cette année? -- «Ca doit être les soldes.»«Wake Up!»A gauche, le mec qui me matera à la Marche de l'an prochain.

Si je ne remonte pas trop loin, ça a commencé avec la lecture d’un livre que m’avait offert Anne-Claudie, pour mon anniversaire en 2004 je pense. Un livre qui entrelaçait la décadence punk, l’(auto)érotisme wildien et des histoires de contamination volontaire. Un livre qui nous fait voyeur de ce qu’il y a de noir, de sale, de mal dans le sexe gay. Après, à Istamboul, un moment ambigu (il y a toujours des moments ambigus). A mon retour, cet article du New Yorker qui fut un vertige, en pleine hypoglycémie, en plein métro; les mots du péril ordinaire m’ont frappé comme, jadis, les images effroyables d’un marteau planté dans un occiput. Pour finir, l’enquête dans Libé de ce weekend sur le relâchement, avec l’analyse de Lestrade, en forme d’in memoriam de l’engagement et de la solidarité communautaires.

Samedi, tandis qu’un prédicateur juché sur un Abribus empêchait le silence de s’installer sur le die-in de 16 heures pile, je scrutai les nuages du ciel. Je pensai à ma militance en quenouille et à un mois d’incertitude encore.

«J'ai envie de lui claquer les fesses au DJ»sans titre («l'Amérique»)«J'ai dormi une heure dans un Abribus sur les Grands Boulevards, apparemment je cherchais des viennoiseries.»

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