Le i-forum participatif

 

Epreuve orale

juin 26th, 2003

– C’est quoi, le dernier livre que vous ayez lu?
– euh, je me rappelle pas le titre et l’auteur, mais c’est un roman japonais qui entrelace deux journaux intimes, ou une femme conduit son mari à la mort en l’excitant toujours plus, et en le rendant jaloux en prenant un amant.
[mines génées, tout le monde au bord du suicide]
– hmm, vous vous considérez comme quelqu’un de gai?
– oui, je pense que je le suis. (vraie réponse: chéri, please, je vais danser comme une pute tout samedi après-midi sur de la mauvaise pop, sur un char arc-en-ciel!)

Toujours au chapitre de la pédalerie, ça (Freedonia, aux sources de l’info, même les arrêts judiciaires les plus imbittables):
La Cour suprême affirme que la sodomie ne peut être interdite.

Pour ceux qui ne veulent pas savoir pourquoi seuls Renhquist, Thomas et Scalia sont des vieux fachos, il y a un résumé:
WASHINGTON, 26 juin (AFP) – La Cour suprême des Etats-Unis a affirmé jeudi que la sodomie entre adultes consentants ne pouvait être interdite au regard de la Constitution américaine.
Cette décision constitue une victoire majeure pour les associations homosexuelles du Texas (sud), qui s’étaient pourvues devant la haute Cour, et pour la communauté homosexuelle américaine dans son ensemble. La Cour suprême a pris sa décision à la majorité de six des neuf juges, remettant ainsi en question l’interdit, passible de poursuites judiciaires, en vigueur dans plusieurs Etat de l’Union à l’encontre des personnes entretenant des relations homosexuelles.
La décision renforce également le principe du respect de la vie privée que les homosexuels et les défenseurs des protections individuelles disaient bafoué par les lois en vigueur, en particulier au Texas.

Wien / Paris / Eton

juin 25th, 2003

Vendredi, je vais à la soirée G-A-Y avec mes copines très pouffes : Ivan et François B2. Une grande cure de superficialité après une semaine d’allemand. Question is: qui vient avec nous?

Après, samedi c’est la MFLGBT et surtout, c’est la soirée Grundgebühr d’Ivan — le truc à ne pas manquer; tout le secrétariat politique du Comité central, conjointement avec la Nonciature apostolique de Freedonia, travaillent à une question pour l’après-21 avril / l’après-fin des idéologies / l’après-11 septembre: Comment on s’habille ? Autres questions importantes: RowingBoy sera-t-il rentré? Est-ce que les gens qui lisent ce blog (?) sont intéressés?

Enfin, toujours pour RowingBoy, petite citation de profs etoniens (sur un concours de déclamation latine) trouvée dans un article sur Curzon, un gouverneur des Indes: «The best declamation has been written by Foley, the second best by Mr Curzon. Unfortunately, in the greatest part of what he has written Foley has been anticipated by Cicero. The prize therefore goes to Mr Curzon».

Freedonia, le blog du débat endogène, ne s’est tu que parce que j’étais invité au mariage de ma copine Laure à Rome. Du coup, j’énumère tout ce que j’ai fait pendant ce grand week-end.

– En arrivant de l’aéroport de Fiumicino, vu un grand CLASH avec une étoile rouge sur un mur. Mademoiselle Aurèle was there.

– acheté une chemise de prêtre (sans le col clergyman amovible), ce qui a l’utilité de profaner un peu la Religion (qui s’affiche en quantités insupportables à Rome). Le magasin (pas le fournisseur de Balladur, renseignement pris) est géré comme le Goum d’avant la chute du Mur de Berlin (c’est-à-dire comme Gibert Jeunes).

– me suis senti très vide et stressé le premier jour, en arrivant et en me promenant — du fait de l’écho psychologique anxiogène de mon oral du matin + du sentiment de touristitude: effleurer la surface d’une ville, minimiser les chances de la saisir, d’en voir les endroits étonnants ou d’en manger la vraie cuisine. Rome est un grand Disneyland, en plus je comprends pas l’italien. A Londres, je n’avais pas ce sentiment d’herméticité, même si les Londoniens sont restés impénétrables et fermés. C’est plus comme mon dernier voyage à New York: beaucoup d’angoisse, de solitude, le non-sens de « découvrir » la ville, le plaisir des indigènes à souligner ma malcomprenance de la langue (genre le Paki de 39th St. qui sait mieux prononcer bägel que moi, please).

– malgré le nom du resto, je ne pense pas que la statue de la place représente Sainte Carbonara.

– Fait un tour au Max’s Bar, the place not to be de Rome. Genre un peu le bar gay de Tours un mardi soir (mais en décoré marbre/écrans plasma et en super-climatisé). Dragué par un mec pas beau (moyenne d’âge des 10 personnes présentes dont un chien-chien : 40 ans). Rentré à l’hôtel tout seul.

– jeté deux pièces dans la fontaine Trevi. On dit qu’à la première on reviendra à Rome (ça a marché avec la pièce de la dernière fois), qu’à la deuxième on tombera amoureux d’un Italien et qu’à la troisème on l’épousera. Je me suis dit que c’était risqué de grimper jusqu’à trois:
a/ est-ce que ça voudrait dire que je pourrais me marier avec un ex- à patronyme italoïde?
b/ et si c’est un nouveau mais qu’il est moche et que je suis tombé amoureux par erreur, est-ce que je suis obligé de l’épouser?

– mangé de la queue de boeuf (gnagnagna, on m’a déjà fait les blagues), des ris de veau, des tripes de mouton, des hectolitres de gelatti, 4 assiettes de spaghetti carbonara. Me suis reservé trois fois du baba. Me suis resservi 7 fois du prosecco gazato.

– «de toute façon, je resterai impassive.»

– tombé d’accord avec la folle de couturier qui a dessiné la robe de la mariée, pour dire que c’est impossible de dire quels Italiens sont pédés (pour des raisons différentes des Anglais, où c’est juste dur de repérer les hétéros): regard trainant, contact facile, ils s’habillent et ils parlent comme des pétasses.

– sur le même sujet: tombé amoureux pour deux jours du copain de la cousine italienne de Laure; genre macho avec des oreilles décollées et une grosse cravate bleue. A la réflexion, un peu crevette (il paraît qu’il est hé-té-ro).

– pas tombé amoureux du prince du Liechstenstein qui était invité, mais de toute façon il est hé-té-ro.

– «Elle est mariée maintenant. Elle n’assume pas son passé de nymphomane.» (Laure dixit)

– avec ma copine Camille (et pour une partie Séb B), grimpé en haut de la tourette de la coupole de Saint-Pierre, et puis en haut du Quirinal, et de l’Esquilin, et du Palatin, et des jardins de la villa Borghèse.

– Découvert que toute cette histoire de fontaine Trevi est une connerie d’attrape-touriste, comme le prouve l’absence d’effet sur le copain de la cousine de Laure.

Perversion

juin 18th, 2003

Spéciale dédicace pour RowingBoy, une citation d’un philosophe britannique qui vient de mourir, Bernard Williams (oxfordien…), qui siégea dans plusieurs commissions d’éthique:
«I did all the major vices – gambling, drugs, pornography and public schools.»

Mon sujet de ce matin: «Ressources publiques: définition, rôle et évolution». Comment est-on censé faire un plan en deux parties / deux sous-parties là-dessus, hein?! Cela étant, les interrogateurs étaient sympas (et contents de ce que j’aie à peu près le niveau); en revanche, ils ont demandé à la fin si je préparais l’ENA — ça m’embête, il y a un peu un sous-entendu de «Il vient ici pour s’échauffer, on va lui foutre 5/20 pour lui apprendre à vivre.»

Sinon, 33% de l’audience de ce blog sera heureuse d’apprendre qu’il y a de nouveaux logos chez Freedonia.

Tout à fait autre chose, aujourd’hui mon père, dont ce n’est pas le boulot (vu qu’il n’est pas François Fillon), parle du papy-boom au CNIT. Difficile de ne pas parler de synergies et d’éthique du changement, dans ces conditions.

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