Le i-forum participatif

 

Questo ragazzo e tanto bello

Freedonia, le blog du débat endogène, ne s’est tu que parce que j’étais invité au mariage de ma copine Laure à Rome. Du coup, j’énumère tout ce que j’ai fait pendant ce grand week-end.

– En arrivant de l’aéroport de Fiumicino, vu un grand CLASH avec une étoile rouge sur un mur. Mademoiselle Aurèle was there.

– acheté une chemise de prêtre (sans le col clergyman amovible), ce qui a l’utilité de profaner un peu la Religion (qui s’affiche en quantités insupportables à Rome). Le magasin (pas le fournisseur de Balladur, renseignement pris) est géré comme le Goum d’avant la chute du Mur de Berlin (c’est-à-dire comme Gibert Jeunes).

– me suis senti très vide et stressé le premier jour, en arrivant et en me promenant — du fait de l’écho psychologique anxiogène de mon oral du matin + du sentiment de touristitude: effleurer la surface d’une ville, minimiser les chances de la saisir, d’en voir les endroits étonnants ou d’en manger la vraie cuisine. Rome est un grand Disneyland, en plus je comprends pas l’italien. A Londres, je n’avais pas ce sentiment d’herméticité, même si les Londoniens sont restés impénétrables et fermés. C’est plus comme mon dernier voyage à New York: beaucoup d’angoisse, de solitude, le non-sens de « découvrir » la ville, le plaisir des indigènes à souligner ma malcomprenance de la langue (genre le Paki de 39th St. qui sait mieux prononcer bägel que moi, please).

– malgré le nom du resto, je ne pense pas que la statue de la place représente Sainte Carbonara.

– Fait un tour au Max’s Bar, the place not to be de Rome. Genre un peu le bar gay de Tours un mardi soir (mais en décoré marbre/écrans plasma et en super-climatisé). Dragué par un mec pas beau (moyenne d’âge des 10 personnes présentes dont un chien-chien : 40 ans). Rentré à l’hôtel tout seul.

– jeté deux pièces dans la fontaine Trevi. On dit qu’à la première on reviendra à Rome (ça a marché avec la pièce de la dernière fois), qu’à la deuxième on tombera amoureux d’un Italien et qu’à la troisème on l’épousera. Je me suis dit que c’était risqué de grimper jusqu’à trois:
a/ est-ce que ça voudrait dire que je pourrais me marier avec un ex- à patronyme italoïde?
b/ et si c’est un nouveau mais qu’il est moche et que je suis tombé amoureux par erreur, est-ce que je suis obligé de l’épouser?

– mangé de la queue de boeuf (gnagnagna, on m’a déjà fait les blagues), des ris de veau, des tripes de mouton, des hectolitres de gelatti, 4 assiettes de spaghetti carbonara. Me suis reservé trois fois du baba. Me suis resservi 7 fois du prosecco gazato.

– «de toute façon, je resterai impassive.»

– tombé d’accord avec la folle de couturier qui a dessiné la robe de la mariée, pour dire que c’est impossible de dire quels Italiens sont pédés (pour des raisons différentes des Anglais, où c’est juste dur de repérer les hétéros): regard trainant, contact facile, ils s’habillent et ils parlent comme des pétasses.

– sur le même sujet: tombé amoureux pour deux jours du copain de la cousine italienne de Laure; genre macho avec des oreilles décollées et une grosse cravate bleue. A la réflexion, un peu crevette (il paraît qu’il est hé-té-ro).

– pas tombé amoureux du prince du Liechstenstein qui était invité, mais de toute façon il est hé-té-ro.

– «Elle est mariée maintenant. Elle n’assume pas son passé de nymphomane.» (Laure dixit)

– avec ma copine Camille (et pour une partie Séb B), grimpé en haut de la tourette de la coupole de Saint-Pierre, et puis en haut du Quirinal, et de l’Esquilin, et du Palatin, et des jardins de la villa Borghèse.

– Découvert que toute cette histoire de fontaine Trevi est une connerie d’attrape-touriste, comme le prouve l’absence d’effet sur le copain de la cousine de Laure.

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