Le i-forum participatif

 

«High clouds»

février 20th, 2009





A1: A A-dam, Xavier parlait de ses discussions avec Sébastien Prof et Riquita, il disait drôlement : «Est-ce que le parti a pris une position sur la question?» Il évoquait les doutes et les tâtonnements de la recherche amoureuse.
A2: Le même week-end, au détour de conversations téléphoniques, ma grand’mère disait «Ta mère a annulé la fête d’anniversaire de ta sœur… le cancer du pancréas de X***… eh ben c’est pas marrant d’être vieux», ma mère «de toute façon je dois être à Toulouse, M*** a un cancer d’accord?!», et SophCo me rabrouait méchamment.
A3: Subitement ont reflué toute la solitude périphérique de mon expatriation à la Hague; tout le complexe aussi d’être trop jeune pour être dans la conversation des grands, d’apprendre les nouvelles graves à contretemps; l’angoisse de la péremption de tout et de tout le monde.
B1: Mais à Paris, le week-end dernier, on fêta dignement les anniversaires de SophCo et François B2. La moustache dite Harvey Milk ou «La croisière s’amuse» continuait sa prolifération.
B2: Nicolas B2 était outré des discriminations anti-LGBT, de l’invisibilité de ce combat, «il faut faire quelque chose!» Plus tard dans la soirée, au Douplèche, il serait étonné et marri de mon impatience face à SophCo bourrée.
B3: Madame H parlait de l’absence de programme de la gauche, disait non au bio («c’est de la connerie bourgeoise, ce qu’il faut c’est l’agriculture raisonnée»). François B2 était sur les rotules mais continuait d’être tellement drôle, de piquer des bouteilles de vodka oversize.
C1: Et dans le Marais, Claire et Nico No-Photo, dûment chapeauté, profitaient du beau samedi et des boutiques de meubles.
C2: Claire évoquait ses responsabilités de manager mais «oh non, on va pas parler boulot!»
C3: Dans les profondeurs d’un lounge, Séb H et Nathalie C parlaient du retour aux dures réalités du un-six et des études en grande banlieue. Séb effleurait la joie toute neuve du consulting.
D1: Désert commerçant du 16ème toujours, ACC parlait des malheurs des PME en temps de crise.
D2: Raphaëlle était timide, un peu, gigotait, pas mal, et comprenait, beaucoup.
D3: Philip demandait confirmation sur Marie-Gabrielle, prénom qui tenait la corde pour n° 2.
E1: La veille, à Ménilmontant, The New Government avait subjugué la foule avec l’aisance des dandies.
E2: ComitéCentral avait toujours la fièvre des passions unilatérales. Il devait passer des vacances chez Hedi Slimane à L.A. comme d’autres vont chercher le pain.
E3: Elise aimait toujours quand c’est compliqué, tumultueux: telenovella.

Rotatzia

février 17th, 2009

Puis les douze tribus d’Israël rentrèrent en elles mêmes et se livrèrent au seul loisir devant l’Éternel, la knessetologie.

– à l’inverse de beaucoup de partis centristes et libéraux du passé (Gil cette fois-ci, le Shinoui la précédente, et d’autres), Kadima s’ancre dans le paysage politique israélien et fait mieux encore, en demeurant la force majeure. Livni emporte au finish les élections et réussit ainsi, à titre personnel, son OPA sur la Maison Sharon (fondateur), Olmert (successeur) & Companie, politique centriste en gros.

– c’est la victoire des droites. L’ensemble de l’électorat est entraîné par un effet de vases communicants. L’extrême droite est désormais dominée par le vrai gagnant, la formation russophone Notre Maison Israël et son leader, troisième force du pays avec un leader maximo — Avigdor Lieberman — et un vigoureux discours laïque (bouffe-cochon) et anti-arabe. Netanyahou rate de peu la victoire, mais capte un quart de l’électorat, dans un contexte de tension sécuritaire ravivée. La gauche sioniste (travaillistes et pacifistes de Meretz) est laminée, son électorat «votant utile» c’est-à-dire Kadima, qui limite donc pour l’essentiel la casse. (pour ce qui les concernent, les listes «arabes», dans leur variété, progressent.)

– la complexité de l’équation politique est grande, même dans les standards élevés de la Knesset. Livni clame sa victoire, et de ce fait refuse (à ce stade) toute formule d’union nationale (Kadima + Likoud + HaAvoda + qui veut) qu’elle ne conduirait pas elle-même. Elle pose l’alternative: moi comme chef, ou bien la droite mais sans Kadima. En face, Nétanyahou continue de pointer la victoire de son camp (la droite), ne pouvant revendiquer celle de son parti (le Likoud); à ce titre, il revendique la primature pour lui-même comme durant toute la campagne. Reste qu’une coalition des droites laïques (Likoud, Beitenou) et religieuses (Shas, MafDaL/Foyer juif, Judaïsme unifié de la Torah, Union nationale), si elle est majoritaire sur le papier, est rendue improbable a priori, et serait précaire en pratique, du fait des détestations entre les religieux et Lieberman. Ce dernier a été qualifié de «démon» par le Shas (pourtant une formation «modérée»), qui voit en lui le fourrier des calamités séculières (mariage civil, charcuterie, etc.). La presse française a d’ailleurs complétement raté cet aspect-clé de la question, ne traitant que le discours outrancier de Lieberman sur les Arabes israéliens.

– Au bout du bout du compte, Israël pourrait, comme devant, hériter d’un gouvernement bancal et temporaire, typiquement une majorité large à base Kadima + Likoud,  mais explosive (détestation Livni / Netanyahou, autres sous-détestations assorties) et soudée par un deal faustien improbable. On reparle de la «rotation», la formule trouvée entre les travaillistes Mapai de Peres et les conservateurs Likoud de Shamir en 1984/1988: Premier ministre deux ans chacun à tour de rôle. Un peu comme le condominium PPE/PSE à Strasbourg.

– On parle de relever le seuil de représentation à la Knesset (2% des voix actuellement).  Dites juste : «non».

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Edit: Idan STAPS me signale qu’en fait, l’Union nationale inclut des religieux effrayants (y compris un kahaniste, Michael Ben-Ari, du parti Eretz Yisrael Shelanu). Le leader de l’Union,Ya’akov Katz (du sous-parti Moledet), est également un religieux. Uri Ariel (Tkuma) est un colon dont la foi apparaît presque modérée en comparaison, Aryeh Eldad (HaTikva) un autre colon extrémiste anti-palestinien, son mini-parti est qualifié de «laïque».

Le cinquième jour, le Seigneur le Dieu d’Israël créa la Knesset et tous les députés qui volent sur la terre et rampent pour un portefeuille et nagent dans les eaux troubles de la trahison. Et il vit que cela était bon. Alors le Seigneur le Dieu d’Israël dit: «que la Knesset se dissolve et soit réélue très souvent. Qu’elle se divise intestinement, au centre et aux extrêmes, et qu’elle suscite autant de partis improbables qu’il y a d’étoiles dans le ciel et de shekels dans les pots-de-vin.»

(en violet, les partis religieux. En vue de ces élections, le MafDaL a formé la nouvelle alliance du Foyer juif avec ses anciens alliés de l’Union nationale: Ahi, Tkuma et Moledet, lesquels ont re-scissionné aussi sec et re-rejoint, selon les cas, l’Union nationale ou le Likoud. Louée soit la volonté du Seigneur!)

Les miscellanées de M. Ngroung

février 4th, 2009

En Lituanie, c’était hier, en octobre, la majorité a basculé aux législatives, entraînant un changement de coalition. Les élections ont marqué un effondrement des Travaillistes (Darbo Partija), premier parti de la chambre sortante, en échos notamment aux scandales financiers ayant touché son leader Victor Ouspaskitch. Les conservateurs de l’Union patriotique – Chrétiens-démocrates lituaniens (TS-LKD) retrouvent le pouvoir, en alliance avec un petit groupe tout neuf, le Parti de la résurrection nationale (TPP), dont RFI nous apprend qu’il rassemble des stars et que son programme ressemble au Décalogue. En tout cas, son logo quelque part entre secte et revival nineties moche, devrait inciter ses électeurs à la circonspection. le TS-LKD s’allie aussi à des dissidents libéraux du Mouvement libéral de la république de Lituanie (LRLS), pour former une coalition rique-raque. Ces derniers ont opté pour l’orange, couleur de l’ubiquité politique des années 2000, et une frise de gens, car ils sont selon toute vraisemblance un parti à l’écoute des gens. Merci de toutes ces pistes graphiques subtiles.

La coalition échappe ainsi au baiser de la mort des nationalistes (TT, Ordre et Justice, tiens, ça ne vous rappelle rien) de l’ex-président Paksas, en dépit du relatif bon score de ces derniers.

Pas plus tard qu’en décembre dernier, la Roumanie a renouvelé sa chambre de députés. Les nationalistes / anti-Rom / antisémites de Grande Roumanie disparaissent dans les sables du Danube. Une heureuse manip’ dans le mode de scrutin (d’une représentation entièrement proportionnelle à un scrutin mixte, attribuant les sièges par circonscription puis, faute de majorité, à la proportionnelle)  permet au Parti démocrate-libéral d’être devant en siège, quoique derrière en votes.  Il a formé, dans la douleur, une coalition avec ses grand rivaux de centre-gauche du Parti social-démocrate, renvoyant les Libéraux du premier sortant, Calin Popescu (aux résultats électoraux médiocres) dans l’opposition.

Côté logos, rien, ces gens votent trop souvent pour avoir le temps de changer de logo.

En Hesse, après des mois de tentatives infructueuses de la social-démocrate du cru, Andrea Ypsilanti, pour former une coalition «rouge/rouge/verte» («gauche plurielle», quoi), les électeurs sont retournés aux isoloirs. Isoloirs  dont le secret reste pour moi total puisqu’ils ont décidé non seulement de redonner une majorité au président du conseil CDU sortant, Roland Koch , grand démagogue anti-immigration devant l’Éternel et Angela ; mais encore, de consacrer en majesté le retour des libéraux FDP, cela dans le contexte mondial de l’effondrement du thatchérisme. Comprends pas. Il semblerait que le FDP ait joué habilement sur la corde de sa compétence éprouvée et de la crédibilité, alors que le SPD apparaissait divisé et hésitant. A quelques mois des législatives, des coalitions CDU-CSU/FDP gouvernent maintenant les cinq premiers États allemands.

Barnum

janvier 26th, 2009

Je n’ai pas pris, c’est dommage, de photos des canaux pris par les glaces. Ils avaient, selon l’endroit et l’heure, l’allure de natures solitaires, rendues aux canards et aux brouillards, faisant de la ville un désert nocturne ou une carrière: lugubre, minérale, poudreuse et frisquette ; ou à l’inverse s’agitaient des foules gamines des cours de récréation. Le plus beau fut la débâcle. Les tranchées de glace inondée devinrent noires, luisantes et éphémères comme l’asphalte de belles avenues toutes neuves, lisses et opaques comme des miroirs hélophytes.


A1: A Paris, je dînai avec Matthieu DC, dans son nouveau look Harvey Milk et sa nouvelle passion aquariophile.
A2: A la MAJ, sur le lit d’enfance de Crame devenu le divan divinatoire de LzMry, je papotai avec Panda, toujours heureux, doux et sexy comme son pull cachemire. Vlöörenz demandait «sur l’échelle du bonheur êtes-vous heureux? 1 c’est la Shoah, 5 la social-démocratie, 10 le mariage.» Fillette avait ressurgi aussi, comme si de rien n’était.
A3: Mes amis et moi avions vieilli, parfois mûri, et leur talent avec. 21 MAJ étaient passées sur les projets, les amours, les chagrins, les emportant, les remplaçant.
B1: Le cirque continuait de rouler de chapiteau en chapiteau: clown blanc, auguste, voyante, écuyère, monsieur loyal, contorsionniste et homme canon.
B2: Après Noël, j’ai cédé à la crainte d’être devenu l’étranger de mes amis, de n’avoir plus rien à dire à Comité par exemple.
B3: Mais dans le milieu hostile de la foule jeune, beauf et beurrée du Point FMR, cette amitié a persévéré.

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