En Belgique, déjà trois mois sans coalition, avec des pelletées de préformateurs, d’informateurs royaux et de réunions Octopus de la dernière chance. Je ne comprends pas vraiment pourquoi les Belges se plaignent.
A noter, l’apparition d’un petit parti de droite bi-(tri-?) linguistique, le Parti populaire (PP), une dissidence du MR apparemment. Leur logo avec une silhouette humaine évoque celui du Parti chrétien-démocrate de Boutin, ou alors le monstre de Roswell (ou l’un parce que l’autre).
Les socialistes-progressistes flamands ont fait refaire leur propre logo, tout beau tout sobre tout rouge. Je m’interroge sur la réapparition de la rose, alors qu’une lame de fond germanique semblait condamner les fleu-fleurs emblématiques aux oubliettes de l’histoire du prolétariat, au profit des seuls lettrages — qu’on en juge avec le nouveau logo du PS wallon. Le PS français lui-même a fait refaire son poing à la rose (essentiellement en mettant du vert aux feuilles), ce qui donne à penser qu’il compte le garder pour les temps à venir.

En Australie, le Benelux des antipodes, la première ministre a fini par parvenir à s’assurer une étroite majorité d’un siège, en rameutant l’élu Vert et trois des quatre indépendants-charnière.
Des logos moches comme le casting d’«Hartley Coeurs à Vif». On relèvera avec intérêt (?) que les alliés traditionnels de la droite (Liberals) et des agrariens (National Party, ex-Country Party) ont des déclinaisons locales autonomes, parfois en commun, dans certains des États fédérés, avec leurs propres logos d’une indigence incroyable.

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En Australie, les électeurs renvoient les libéraux et leurs alliés agrariens du Parti national dans l’opposition, et portent les Travaillistes au gouvernement, sur un programme pro-Kyoto et de départ des troupes d’Irak. J’adore, pouvoir parler l’air de rien de parti agrarien même hors des pays de l’Est. Les Verts progressent avec 7% des voix mais sont maintenus hors de la Chambre par le système électoral. Côté logos, du solide, du carré, du gros cul.

En Croatie, la confusion est grande puisque les sociaux-démocrates progressent largement, sans pour autant passer devant les conservateurs de l’Union démocratique croate (le parti de l’indépendance, de feu Tudjman, au pouvoir presque en continu depuis 1992). Il est vrai que le mode de scrutin (proportionnelle par arrondissement, les Croates de l’étranger – comprendre: de Bosnie – constituant une circonscription) avantage assez le HDZ, qui comptent notamment sur les renforts des voix d’outre-Save. Géographiquement, la gauche l’emporte à Zagreb et loin de la frontière; la droite, dans les territoires ayant été les plus impliquées dans les guerres de 1992-95 (Slavonie, Dalmatie). A noter, la recomposition relative du centre autour de seulement 3 partis libéraux (tous affiliés à l’ELDR au plan européen); ledit centre restant tout de même assez bordélique et farce, certains alliés d’hier du HDZ s’étant mis en cartel avec des opposants pour ces élections. Les élus de groupuscules libéraux, régionaux, ethniques ou du Parti des retraités vont faire pencher la balance, dans la plus belle tradition d’intégrité et de stabilité des régimes d’assemblée.
Niveau logos, tout ce petit monde a bien profité des leçons esthétiques des partis-frères allemands et des fédés européennes: des jeus de typo plus ou moins subtils, et des emblèmes au ras de la palette graphique. Un peu de flamme FN à l’extrême-droite et, partout, le carreau des armoiries nationales. Comme d’hab quoi.

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