SFCDT

May 9th, 2008



A1: Il y a longtemps déjà, à Bastille, Wagner arrêtait les montres et donnait envie d’envahir la Pologne.
A2: Au milieu des bonnes et des mauvaises nouvelles, In&Out fêtait ses dix ans. Un junior me dit: «Tu fais jeune, pour ton âge.» Un autre propose paternalistement à ma sœur des conseils pour son nouveau job chez B***.
A3: Je tombais fasciné par les collages de Lance Letcher.
B1: Un peu plus tard, «Wozzeck» conjurait des cauchemars expressionnistes, la damnation brutale et spectrale du lumpen.
B2: A la Hague, une fois encore, se réunissait sous ses cieux halogènes le peuple des delegates’ lounges, la Commune des files de buffets. Dans l’éternel printemps (ou était-ce l’hiver définitif?) d’un huis clos climatisé, le temps suspendu, tout bruit étouffé, l’extérieur annulé: à nouveau, il luttait assis, à coup de périphrases. A l’aube (mais qu’importa l’heure, car il arrêtait aussi les horloges), il trouva les virgules d’un «compromis acceptable.» Un combat de papier veut aussi un climax, car même la littérature administrative a ses péripéties.
B3: Parallèlement, mon père avait des hauts et des bas. Il disait: «Ta mère c’est de pire en pire, tout la met en colère maintenant». Dans un cercle vicieux, il continuait d’acheter pour lui, pour moi, pour d’autres, des 78 tours, des statuettes birmanes, des faux Velazquez, des affiches 68, des cannes Art Déco, des incunables, des lampes design espagnoles, tant d’autres choses. Et puis au final, tout n’allait pas si mal.
C1: A Créteil, au bout des splendeurs béton de la dalle de la préfecture, les the_bigger_splashes organisaient une mini-surboom dans un coin de Super.
C2: Crame m’avait dit, tu en a pris ton parti, «tu as démissionné». J’ai un temps de fait cessé de vouloir, de désirer, d’avoir envie: de statut, d’amour, de faire intellectuellement. Ici et ailleurs, je ne suis plus parvenu à utiliser le sujet (surtout le «je»), ni le verbe. Je me suis retrouvé avec des phrases nominales, les tours si laids et pauvres en «c’est» et «il y a.» Plus d’action ni de récit. Il ne m’est resté qu’une succession d’états, de descriptions, faute d’actes ou de faits. Ce fut la fin de l’histoire.
C3: A Créteil nous étions allés avec Idan et un sien ami berlinois, sexy, drôle et de gauche, qui a miroité dans les stroboscopes comme une belle impossibilité.

«The L Word»

February 5th, 2008

Il y a longtemps maintenant à la Java, la célèbre boîte d'électrocookies.ComitéCentral mixait live en costume de dauphin.Les rumeurs couraient sur les mignons d'Henri III.
On plaisantait: «Ce serait marrant si le videur des chiottes se mettait à filtrer comme en haut: 'désolez, vous avez pas des chaussures correctes, pas possible'.»LzMry présentait sa nouvelle coiffure.La PELTAG attribuait le premier prix au comice agricole de looks.
A M@@stricht, un peu après, une réunion franco-ruritanienne de 45 Jeunes Talents et de François B2.«Ton problème, c'est de toujours avoir au bord des lèvres ce que tu penses.»«Tu veux pas que j'te fasse ton media-training, ça s'rait géniaaal!»
A Liège, une promenade avec deux vieilles dames. Des anecdotes sur le peket, les soupes à l'oignon après le théâtre, la corruption de politiciens d'antan, l'ex-quartier espagnol, les boutiques antiques et les passages piéton. Aussi, quelques demi-mots sur le deuil et l'absence.Valéry a écrit que l'Europe après-guerre rêvait d'être gouvernée par une commission américaine; la Belgique a rêvé d'être une grande ville américaine, elle a comblé les vides des bombardements avec des voies rapides, et abattu ce qui tenait encore debout.Mais s'il est à l'image de la gare, le Liège qui sort de terre à nouveau ne manquera pas d'allure.
Et à Bruxelles, les doutes de LzMry sur sa lettre de motivation et sa motivation à être amoureuse.De retour en Ruritanie, rôde le sentiment étouffant que mon statut signe mon enfermement avec l'aigreur, l'amertume et la désillusion bornées et contagieuses des collègues.Et j'ignore si j'ai en moi les ressources d'ambition ou de talent, ou simplement le répondant physique pour m'en extraire.
De la réunion de M@@stricht aussi je réalise ceci, que je vis beaucoup sur l'illusion que je suis plus conscient des problèmes (notamment écologiques), et plus courageux pour faire les sacrifices qu'ils appellent. Mais c'est cela: une erreur d'ego. Et je n'ai encore nullement fait la preuve que je sais mieux mettre en oeuvre le changement qu'ils impliquent.Parallèlement, la rémanence de mon dilemme amoureux fétiche: rester avec et s'ennuyer ou plaquer et culpabiliser.Dilemme qui admet, temporairement, des voies de contournement.

A1:Il y a longtemps maintenant à la Java, la célèbre boîte d’électrocookies.
A2: ComitéCentral mixait live en costume de dauphin.
A3: Les rumeurs couraient sur les mignons d’Henri III.
B1: On plaisantait: «Ce serait marrant si le videur des chiottes se mettait à filtrer comme en haut: ‘désolez, vous avez pas des chaussures correctes, pas possible’.»
B2: LzMry présentait sa nouvelle coiffure.
B3: La PELTAG attribuait le premier prix au comice agricole de looks.
C1: A M@@stricht, un peu après, une réunion franco-ruritanienne de 45 Jeunes Talents et de François B2.
C2: «Ton problème, c’est de toujours avoir au bord des lèvres ce que tu penses.»
C3: «Tu veux pas que j’te fasse ton media-training, ça s’rait géniaaal!»
D1: A Liège, une promenade avec deux vieilles dames. Des anecdotes sur le peket, les soupes à l’oignon après le théâtre, la corruption de politiciens d’antan, l’ex-quartier espagnol, les boutiques antiques et les passages piéton. Aussi, quelques demi-mots sur le deuil et l’absence.
D2: Valéry a écrit que l’Europe après-guerre rêvait d’être gouvernée par une commission américaine; la Belgique a rêvé d’être une grande ville américaine, elle a comblé les vides des bombardements avec des voies rapides, et abattu ce qui tenait encore debout.
D3: Mais s’il est à l’image de la gare, le Liège qui sort de terre à nouveau ne manquera pas d’allure.
E1: Et à Bruxelles, les doutes de LzMry sur sa lettre de motivation et sa motivation à être amoureuse.
E2: De retour en Ruritanie, rôde le sentiment étouffant que mon statut signe mon enfermement avec l’aigreur, l’amertume et la désillusion bornées et contagieuses des collègues.
E3: Et j’ignore si j’ai en moi les ressources d’ambition ou de talent, ou simplement le répondant physique pour m’en extraire.
F1: De la réunion de M@@stricht aussi je réalise ceci, que je vis beaucoup sur l’illusion que je suis plus conscient des problèmes (notamment écologiques), et plus courageux pour faire les sacrifices qu’ils appellent. Mais c’est cela: une erreur d’ego. Et je n’ai encore nullement fait la preuve que je sais mieux mettre en oeuvre le changement qu’ils impliquent.
F2: Parallèlement, la rémanence de mon dilemme amoureux fétiche: rester avec et s’ennuyer ou plaquer et culpabiliser.
F3: Dilemme qui admet, temporairement, des voies de contournement.

Epiphanies

January 14th, 2008

«Matthieu DC va-t-il recoucher avec Japhet? -- Maybe.»«Peut-on être vegan et manger des saucisses de Morteaux? -- Of course.»Pour le nouvel an, la eight-ball de LzMry se fout résolument de notre gueule.
Une belle semaine tranquille et pleine de bulles.Faute de pouvoir faire de sa libido un jardin à la française, la transformer en bonzaï.Dans toutes les conversations reviennent l'écoeurement, la lassitude, le choc anaphylactique de Sarkozy.
Une soirée des soeurs, rive gauche.«c'est super drôle de vous voir discuter ensemble.»«Bonne annéééééééeuh (on est éclatés, Nadia est restée chez nous jusqu'à 6 heures du mat).
L'année prochaine, Nippon va... «Ah non, t'en parles pas sur Freedonia!»«refais-nous Sarkozy au sauna pédé!»«Tu invites 8 personnes et tu m'envoies un e-mail pour me dire que c'est chez moi et que je dois faire la bouffe...»
2008, année de la bite? «2008, année du clit, de la réussite, de la suite, vite...»Ou bien 2008, «année de la frustration?»Une semaine de bistrots et de galeries contemporaines. Les vraies vacances.
Dès que j'ai mis 'in an open relationship' sur Facebook, absolument tout le monde m'a posé des questions. Fou la puissance du web 2.1 ou 3.0 ou tiens, oui, on en est à combien?La semaine où on range le bolduc et les rancoeurs de famille jusqu'à l'année prochaine.Et rue saint-Honoré, ou RER Magenta, ou partout en somme, je me demande: qu'est devenu tel ou tel? (de nombreux tels et tels)
«Tiens, on a pas pensé à inviter PatCo. Il est pas en France en ce moment?»Une soirée galette / pré-MAJ / post-Berlin et post-Chili.Une soirée et une semaine où, sur chaque événement, prendre le temps me donne à entendre plusieurs points de vue.

A1: «Matthieu DC va-t-il recoucher avec Japhet? — Maybe.»
A2: «Peut-on être vegan et manger des saucisses de Morteaux? — Of course.»
A3: Pour le nouvel an, la eight-ball de LzMry se fout résolument de notre gueule.
B1: Une belle semaine tranquille et pleine de bulles.
B2: Faute de pouvoir faire de sa libido un jardin à la française, la transformer en bonzaï.
B3: Dans toutes les conversations reviennent l’écoeurement, la lassitude, le choc anaphylactique de Sarkozy.
C1: Une soirée des soeurs, rive gauche.
C2: «c’est super drôle de vous voir discuter ensemble.»
C3: «Bonne annééééeuh (on est éclatés, Nadia est restée chez nous jusqu’à 6 heures du mat).
D1: L’année prochaine, Nippon va… «Ah non, t’en parles pas sur Freedonia!»
D2: «refais-nous Sarkozy au sauna pédé!»
D3: «Tu invites 8 personnes et tu m’envoies un e-mail pour me dire que c’est chez moi et que je dois faire la bouffe…»
E1: 2008, année de la bite? «2008, année du clit, de la réussite, de la suite, vite…»
E2: Ou bien 2008, «année de la frustration?»
E3: Une semaine de bistrots et de galeries contemporaines. Les vraies vacances.
F1: Dès que j’ai mis ‘in an open relationship’ sur Facebook, absolument tout le monde m’a posé des questions. Fou la puissance du web 2.1 ou 3.0 ou tiens, oui, on en est à combien?
F2: La semaine où on range le bolduc et les rancoeurs de famille jusqu’à l’année prochaine.
F3: Et rue saint-Honoré, ou RER Magenta, ou partout en somme, je me demande: qu’est devenu tel ou tel? (de nombreux tels et tels)
G1: «Tiens, on a pas pensé à inviter PatCo. Il est pas en France en ce moment?»
G2: Une soirée galette / pré-MAJ / post-Berlin et post-Chili.
G3: Une soirée et une semaine où, sur chaque événement, prendre le temps me donne à entendre plusieurs points de vue.

Les lisières

December 29th, 2007

BoxingBoy, de retour à Paris, compense un an d'expédition abstinente et de branlettes adolescentes dans le delta.Dans un autre «café de la jeunesse perdue», j'enchaîne les vodkas-martini avec François B2 et son humour opportuniste.ComitéCentral, effaré d'un brainstorming anglophone et américainement euphorique, poursuivi par les Brigitte kafkaïennes de l'UNEDIC, m'en veut quand au centième «Je suis tellement amoureux de David», je réponds qu'il casse les couilles du monde.
Je ne sais plus pourquoi, revoir Madame Gujarat et qu'elle se souvienne de moi, me dire du bien du vendeur de kebabs de ma rue, m'a rendu profondément heureux.Crame surmonte l'hostilité de la foule beauf-funk du Palladium, survole de sa classe tropicale une soirée au Triptyque, et s'envole pour un ennui latino contre-intuitif mais programmé.Et en Ruritanie, tout le monde murmure en gloussant: «mais tu ne le diras pas sur Freedonia, hein?»
Après 15 mois en Ruritanie, je m'y sens enfin un peu en confiance, et un peu aimé.Chaque fois que j'explique mon métier et mon expatriation, il devient un peu plus clair que je ne pourrais pas faire la même chose pendant toute ma vie, même à un meilleur niveau de responsabilité.La voie de sortie est unique, simple et terrorisante.
Tout ce Nowël a été dans l'épure, temps glacé, courses de dernières minutes aux grand'magasins, FakeMannequin:Action qui fait une indigestion de famille et d'huîtres...... tandis que, sur le temps inexorable, je remporte d'une année sur l'autre au déjeuner du 25 une victoire, sur la mort, les calories, la morosité, et le syndrôme «Tatie Danielle».Parallèlement: toujours la recherche absurde du sexe d'occasion. Pour ma résolution n° 1 de 2008, chacun y va de son conseil: «la cocaïne!», «à mon avis si tu utilises la cocaïne pour ça tu vas devenir addict», «il faut être en confiance».
Gracq meurt alors que justement je lis, un peu par hasard, «la Forme d'une ville», un livre sur son enfance, sur la déambulation urbaine, sur Nantes, sur le temps qui passe enfin, comme Proust ou malgré Proust («J'admire, mais je ne sais pas si j'aime ça»).Un rythme de langue pythonique, une démarche sybilline, qui rendent manifeste le lien avec Debord et la «dérive», avec Modiano et ses «zones neutres».Du coup, j'ai vu aussi son visage classe et pas commode dans le journal, qui m'a fait penser à l'archétype de l'élégance correcte - tellement normale qu'elle en devient menaçante: Cary Grant.

Je m’interroge beaucoup sur ma consommation en ce moment, sur la «compensation carbone». Matthieu DC dit qu’il est contre, que c’est l’achat des indulgences, une manière catho de ne pas régler le problème tout en se dédouanant. Mon père dit que les petites mesures de contrainte ne marchent pas, qu’il faut matraquer une bonne fois la gueule des capitalistes, ce qui renvoit à la discussion des derniers temps avec Xavier Prière-social-démocrate, sur les moyens d’un rapport de forces et sur les modalités de l’exercice du pouvoir.
_____

A1: BoxingBoy, de retour à Paris, compense un an d’expédition abstinente et de branlettes adolescentes dans le delta.
A2: Dans un autre «café de la jeunesse perdue», j’enchaîne les vodkas-martini avec François B2 et son humour opportuniste.
A3: ComitéCentral, effaré d’un brainstorming anglophone et américainement euphorique, poursuivi par les Brigitte kafkaïennes de l’UNEDIC, m’en veut quand au centième «Je suis tellement amoureux de David», je réponds qu’il casse les couilles du monde.
B1: Je ne sais plus pourquoi, revoir Madame Gujarat et qu’elle se souvienne de moi, me dire du bien du vendeur de kebabs de ma rue, m’a rendu profondément heureux.
B2: Crame surmonte l’hostilité de la foule beauf-funk du Palladium, survole de sa classe tropicale une soirée au Triptyque, et s’envole pour un ennui latino contre-intuitif mais programmé.
B3: Et en Ruritanie, tout le monde murmure en gloussant: «mais tu ne le diras pas sur Freedonia, hein?»
C1: Après 15 mois en Ruritanie, je m’y sens enfin un peu en confiance, et un peu aimé.
C2: Chaque fois que j’explique mon métier et mon expatriation, il devient un peu plus clair que je ne pourrais pas faire la même chose pendant toute ma vie, même à un meilleur niveau de responsabilité.
C3: La voie de sortie est unique, simple et terrorisante.
D1: Tout ce Nowël a été dans l’épure, temps glacé, courses de dernières minutes aux grand’magasins, FakeMannequin:Action qui fait une indigestion de famille et d’huîtres…
D2: … tandis que, sur le temps inexorable, je remporte d’une année sur l’autre au déjeuner du 25 une victoire, sur la mort, les calories, la morosité, et le syndrôme «Tatie Danielle».
D3: Parallèlement: toujours la recherche absurde du sexe d’occasion. Pour ma résolution n° 1 de 2008, chacun y va de son conseil: «la cocaïne!», «à mon avis si tu utilises la cocaïne pour ça tu vas devenir addict», «il faut être en confiance».
E1: Gracq meurt alors que justement je lis, un peu par hasard, «la Forme d’une ville», un livre sur son enfance, sur la déambulation urbaine, sur Nantes, sur le temps qui passe enfin, comme Proust ou malgré Proust («J’admire, mais je ne sais pas si j’aime ça»).
E2: Un rythme de langue pythonique, une démarche sybilline, qui rendent manifeste le lien avec Debord et la «dérive», avec Modiano et ses «zones neutres».
E3: Du coup, j’ai vu aussi son visage classe et pas commode dans le journal, qui m’a fait penser à l’archétype de l’élégance correcte – tellement normale qu’elle en devient menaçante: Cary Grant.

Proudly powered by WordPress. Theme developed with WordPress Theme Generator.
Copyright © . All rights reserved.