«It's not over yet.»

February 6th, 2008

Le super-mardi est vraiment super, du point de vue du spectacle. D’abord, comme le signale Ivan, grâce aux merveilleuses infographies qu’il occasionne (voir la vidéo plus bas). Ensuite parce que ça va continuer.

Côté républicain certes, McCain a pris une avance décisive (et probablement définitive) mais Romney et Huckabee vendront chèrement leur peau; le dernier, qui dans un vote à la Wallace remporte tout le Sud mais rien que le Sud, et un beau petit paquet de délégués, a déclaré que c’était bien une course à deux, «but guess what? We’re in it».

Côté démocrate c’est plus confus, donc plus ouvert et plus rigolo pour les turfistes. Clinton a remporté comme prévu les grands Etats, mais Obama fait une excellente performance dans le Sud (grâce au vote noir) et ici ou là; comme le scrutin est proportionnel et les votes presque partout serrés, il est encore tout à fait dans la course, peut se prévaloir d’un «élan» et d’une victoire dans un plus grand nombre d’Etats. Le combat demeure ouvert encore quelque temps.

A signaler enfin, le débat qui anime le camp démocrate sur le sujet-clé de l’assurance-maladie. 47 millions d’Américains (un sur six) n’en a pas. Les deux sont d’accord pour empêcher le refus d’inscription par les assurances à cause d’une santé déjà défaillante (on croit rêver en lisant ça… Bienvenue dans le pays des forces vives et de l’esprit d’entreprise.) et sur un panier de soins de base amélioré.
- Clinton propose une inscription obligatoire, ce qui aménerait notamment à faire cotiser les «bons risques» (dont l’intérêt économique est de rester hors système). L’objection majeure – en écho d’ailleurs à l’échec de Clinton de 1993 – est celle du comment: comment attraper ceux qui malgré tout ne s’inscrivent pas? par des amendes?

- Obama concentre son propos sur le coût des soins (le plus élevé au monde). Il propose une obligation d’assurance pour les enfants seulement, et une aide publique à la cotisation qui permettrait de couvrir… beaucoup de monde, mais pas tout le monde. Clinton pointe bien sûr cet effet de seuil.
Je ne suis pas sûr d’avoir compris tous les tenants et aboutissants, mais il y a un bon article de Krugman ici.

«Our time has come»

«Si, se puede»

February 5th, 2008

Quand même ce caillou de duplicité trempé dans la morgue, Devedjian, reconnaît que les législatives de ce weekend sont un signal de mécontentement de l’électorat, on sait qu’on tient le bon bout. Raffarin (qui mettait la primature au niveau des «Grosses Têtes» et raisonne donc comme un patron-taxi) pointe du doigt sa némésis actuelle, Attali, auteur de rapports bien habillé. Il est vrai que la circonscription de Chartres, comme toute l’ultra-banlieue ouest à laquelle elle se rattache, était solidement ancrée à droite et a basculé à gauche; mais Royal y avait, déjà, marqué quelques points et son urbanisation croissante la détache, peu à peu, de son fond électoral lourd comme le trait d’un beauceron.

A Clamart en revanche, pas de grande surprise évidemment; même si l’organisation d’un second tour au résultat lui-même serré, dans ce heartland pasquaïo-sarkozyste, est, en soi, plutôt un signe de reprise du vote de gauche.

J’ai lu quelque part que si le PS l’emportait trop largement aux élections locales du mois prochain, il se reposerait une foi de plus sur ses lauriers et renoncerait à sa «refondation». Sur le caractère néfaste de cette prédiction (qui ne me semble pas absurde, par elle-même), je suis un peu ambivalent. D’abord parce que j’ai toujours eu du mal à détester l’accoucheur de statu quo idéologiques, François Hollande; il a au moins eu le recul et les vannes pour lui, et a quand même emporté quelques victoires qui nous ont fait plaisir (les régionales de 2004 notamment) — contrairement à son ex- et à Manuel Valls, dont on attend, de part et d’autre toujours, le premier succès et le premier trait d’humour. (il est vrai que Manuel Valls a été pour le «non» au référendum, mais pas jusqu’à faire campagne pour. Ou peut-être était-ce justement de l’humour?) Ensuite, pour ce qu’une clarification idéologique se ferait plutôt dans le sens d’une blairisation que d’une emmanuellisation du Parti, surtout si le Modem, comme cela semble possible, fait des scores honorables et/ou passe alliance avec les socialistes.

«Inventons la vie qui nous ressemble, la vie qui nous rassemble.»

Sinon, Romney a emporté une victoire dans le Maine, et ce soir tombent les résultats du super-mardi. Le suspense est comble, les nerfs sont en pelotes, et en plus comment on va faire s’il faut se lever de nuit pour savoir les résultats hein? Bref, c’est le bon moment de passer Charles Aznavour et Patrick Sabatier:

LBJ for USA

January 31st, 2008

On y voit un peu plus clair dans les primaires. Giuliani a perdu son pari floridien et s’est retiré (sans doute au profit de McCain). Edwards n’a rien gagné et s’est aussi retiré (sans consigne à ce stade).

Obama l’a emporté en Caroline du Sud, grâce à la solidité de son assise dans les électorats noir et jeune, et au grignotage du vote blanc par Edwards. Il n’est donc pas out, même si Hillary joue à fond médiatiquement sa victoire en Floride — laquelle est pourtant sans effet sur le collèges de délégués à la convention. Reste à voir si le nouvel élan d’Obama ne va pas se briser sur les «parefeux» (firewalls, c’est le jargon blogo-politologique) qu’Hillary a bâtis dans l’électorat latino, traditionnellement anti-noir et en tout cas important dans la perspective du vote dans plusieurs grands Etats (New York, Californie, New Jersey) Super-Mardi prochain.

Côté républicain, la victoire de McCain en Floride doit beaucoup à son image de conservateur sérieux et de vétéran sorti des «prisons communistes», dans l’Etat d’accueil des anti-castristes et des retraités de la Côte est. Il a désormais un sérieux avantage, insuffisant toutefois à provoquer le retrait de Romney, lequel a encore une large marge financière mais ne surmonte pas la question de sa foi ; ni d’Huckabee, qui compte arrondir sa pelote fondamentaliste (avec du coeur) dans les Etats du sud.

Le débat du moment est de fond: il porte sur la chanson de campagne d’Hillary, «When The Lady Smiles», interprétée par un groupe ruritanien à jeans collants, Golden Earring, dans les années 80. Le clip est trash et très critiqué – il est étonnant qu’une campagne aussi pro n’ait pas fait un minimum de recherche background. Elle avait déjà eu le même problème en choisissant initialement «You & I», de la célèbre héroïne canadienne de l’orthodontie, Céline Dion.

Sinon, les déclarations officielles de soutien se multiplient: la famille du président Carter (après Oprah) soutient Obama, le Times de New York soutient Clinton et McCain.

«Join The Campaign To Change America»

Umweltverschmutzung

January 30th, 2008

En Basse-Saxe, la campagne centriste de la CDU lui permet de se maintenir en coalition avec les libéraux FDP. En Hesse en revanche, l’ultra-conservateur anti-jeunes immigrés délinquants (za né fou rabelle rien?) Roland Koch a vu son score s’effondrer, et est arrivé au coude-à-coude avec le SPD — et à égalité de sièges. Aucune coalition à deux, sauf grande, n’a la majorité dans la diète d’Etat. On évoque donc, à nouveau, les coalitions «feu tricolore» ou «jamaïcaine». En dépit du précédent berlinois (et mecklembourgeois-cispoméranien, jadis), le SPD continue d’exclure, au local, une coalition avec Die Linke, en l’occurrence au format «Gauche plurielle».

De fait, après Brême, La Gauche continue sa percée dans les parlements régionaux de l’ex-Ouest. Un spécialiste de la spécialité, prof à l’IUT de Chemnitz sauf erreur, remarquait sur la ZDF qu’avec des parlements à 5 forces (thank you la proportionnelle), les coalitions à 3 deviennent de moins en moins évitables. C’était la minute de lapalissades du professeur de Hondt. Le professeur de Hondt a toujours quelque chose à dire.

«Zukunftland Niedersachsen» versus «Mutig. Modern. Menschlich»

Intercontinental

January 21st, 2008

Aux Etats-Unis, on y voit un chouilla plus clair après les primaires de la fin de semaine. Côté démocrates, Clinton l’a emporté dans le caucus du Nevada au score (mais pas au nombre de délégués) face à Obama, grâce au vote latino (Richardson a renoncé) et féminin et malgré le soutien à Obama du syndicat des employés de l’hôtellerie-restauration, puissant au pays des casinos. La campagne s’est tendue et aigrie, notamment sur la capacité à rassembler les votes noirs ; Obama a plutôt l’avantage sur ce terrain essentiel d’ici la primaire démocrate en Caroline du Sud. Obama doit aussi s’expliquer sur son éloge du changement amené par … Reagan. Edwards, quant à lui, est complétement aux choux mais ne désespère pas de la Caroline du Sud et de l’effet produit par cette remarque sur le mouvement syndical.

Chez les républicains, Romney l’emporte enfin en Michigan et dans le Nevada (faute de concurrence), ce qui le remet vaguement dans la course. Plus intéressant, McCain devance Huckabee (et ses votes évangéliques) en Caroline du Sud, l’Etat qui l’avait fatalement jeté en 2000. Le libertarien Ron Paul est plus ou moins revigoré par ses scores dans le Nevada et le Michigan ; et Thompson reste en course compte tenu de son résultat sud-carolinien. Direction la Floride, où tout le monde conçoit de gros espoirs : Giuliani, pour qui c’est le moment où jamais ; McCain, qui compte sur le vote des anciens combattants mais n’aura pas le soutien des indépendants (c’est une primaire fermée) ; Romney, qui inonde the Sunshine State de pubs — cela n’a pas suffi dans les petits Etats mais c’est un atout dans un grand.

«I think Ronald Reagan changed the trajectory of America in a way that Richard Nixon did not and in a way that Bill Clinton did not.»

Aux Feroë, rien, mais j’adore l’idée de mater les logos des partis politiques des Feroë. C’est comme le Danemark mais pas tout à fait. J’adore. bon, si on regarde de près, les Républicains (indépendantistes) reculent un peu (probablement grâce à leur sublime truc mondrianesque), et le logo du Parti unioniste (libéral) ressemble à celui d’une compagnie de frêt maritime, ce qui se tient.

«Vit, fólkyð í Føroyum»

A la Barbade, pays au système politique, well, lisible, c’est l’alternance. Ca arrive une fois tous les quinze ans, un peu comme les éruptions volcaniques.

«Pathways to progress»

Un pays, deux systèmes

January 18th, 2008

Devant cette hécatombe de célébrités, Pierre Boussel dit Lambert, Carlos, je me demande ce que deviennent Lara Fabian et Bertrand Renard («les Chiffres et les Lettres»).

Sinon, à Taiwan, la coalition dite verte et plutôt indépendantiste du président Chen Shui-bian s’est faite bouler aux législatives par la coalition «bleue» pro-unité nationale menée par le Kuomintang. Ce que ne dit pas la presse, c’est que les Bleus étaient déjà les vainqueurs lors de la dernière élection, et que la nouvelle défaite du Parti progressiste démocratique, si elle marque une vraie déception et l’usure du pouvoir du président, est aussi le reflet de ce rapport de force déjà favorable au KMT et du nouveau mode de scrutin (moins d’élus, plus de prime au vainqueur).

Côté logos, beaucoup de jolis trucs ronds absurbes à l’italienne. Noter avec quelle subtilité les indépendantistes font figurer la forme de l’île-Etat sur leur emblème.

Momentum

January 9th, 2008

Rappel: dans un grand pays ami non-européen, les bleus et les rouges se choisissent un candidat.

Les primaires dans l’Iowa aussi bien que dans le Nouveau-Hampshire sont révélatrices des trois choses dont une campagne présidentielle américaine a besoin.
1. De l’argent: les plus petits candidats en termes de moyens, certains présents sur la scène politique nationale depuis longtemps, ne font même pas un petit blip dans aucun des deux endroits; cela pourrait être le talon d’Achille d’Huckabee, en dépit de l’afflux de fonds (tardif) des chrétiens.
2. Un charisme politique minimal dans son propre camp: ni Richardson (cf. vidéo ci-dessous, où on le reconnaîtra dans le rôle d’André Santini), ni Giuliani jusqu’à présent, n’ont disposé d’aucun des deux, et leurs prestations sont faibles, probablement éliminatoire pour le premier (le second a parié sur les primaires plus tardives dans de plus grands Etats). Par contraste, c’est leur personnalité originale, leur «humanité» (ou son équivalent médiatique) qui ont porté les révélations de l’Iowa, Obama et Huckabee (par opposition à la froideur de Clinton et aux «changements» de Romney, comme dit McCain).
3. Une organisation sans faille, enfin: chacun des trois candidats plausibles (à ce stade) de chaque parti a su maîtriser les subtilités iroquoises du vote en caucus, et quadriller les dinners de Manchester et Montpelier. McCain montre qu’il dispose toujours d’une war-room et d’équipes de terrain, et Huckabee y a suppléé par la mobilisation des réseaux réacs (baptistes, chasseurs, etc.).

The Comeback Kids

Ces temps-ci, mon père commande les tee-shirts et badges Obama par A380 entiers, car il aime son style et privilégie cet argument: un (jeune) Noir à la Maison-Blanche permettrait d’enfin entamer le racisme et la ségrégation. Ce qui me semble ressortir des images et aussi du profil que lui a consacré le New Yorker, c’est le calme, l’équanimité, l’inspiration d’Obama, sa volonté de reconcilier l’Amérique avec elle-même (sur l’Irak d’abord), en se plaçant dans les pas d’un autre homme de loi de l’Illinois, stentor longiligne, Lincoln. Mais n’est-ce pas en parlant comme ça, et en recherchant l’électorat qu’il cible (les hommes des classes moyennes supérieures, il est vrai aussi les étudiants), qu’on évite les problèmes? C’est pour ça que j’aime bien John Edwards, le candidat selon mon coeur, qui dénonce l’argent corrupteur et tout-puissant et parle, d’abord, des pauvres (donc des Noirs),des chômeurs, des villes à l’abandon. Celui qui rentre dans le lard d’Hillary pour son immobilisme centriste.

Clinton se refait une santé à la fois parce qu’il ne faut jamais croire les sondages, parce qu’elle a eu une petite larme (code pour: «je suis une femme», qui lui vaut, peut-être, la majorité des voix démocrates féminines dans le NH), et que sa campagne et sa réactivité restent solides. Je ne sais trop quoi penser du succès de McCain, déjà victorieux ici en 2000 (avec la suite qu’on sait), sinon qu’elle ne dit rien de bon pour les candidatures Giuliani ni Romney (qui mise tout, semble-t-il, sur la primaire du Michigan, Etat que son père a gouverné). Pour tout le monde, et pour l’instant, tout est à refaire.

«Anytime you speak out for change, this is what happens. The forces for status quo are going to attack.»

NEMs et PECO (3)

December 11th, 2007

OK, Freedonia, le Chatham House des despotes, parle d’habitude plutôt des élections dans les démocraties. Mais bon, même si les résultats des législatives russes étaient prévisibles car littéralement programmés, ça vaut toujours la peine de faire un peu d’onomastique et d’esthétique partisanes. Plusieurs remarques:

- tous les partis (sauf les deux partis de l’opposition libérale) ont un nom (voire un logo) comportant le mot Russie (les couleurs nationales russes).

- Si les partis pro-Kremlin masquent leur fiction sous un logo léché, style pot de yaourt ou Liste Timochenko, voire un plagiat du camp d’en face, l’opposition tire des leçons diamétralement opposées du passé soviétique du pays: figuration pompière chez le PCRF (un des rares à conserver l’emblème du livre, figurant le «socialisme scientifique») et ses alliés agrariens (adéquatement dotés d’une gerbe), contre suprématisme des libéraux pro-Occident (quelque chose dans l’idée de «Battez les Rouges avec un coin madeliniste»).

Let Us Continue

Tant qu’on y est, juste pour le plaisir, le camembert de la RDA. Du fait de la discipline de vote disons prussienne des autochtones, les alliés du SED dits Partis du bloc obtenaient tous exactement le même nombre de sièges. Qui correspondait, par l’effet de la chance, au nombre décidé par le secrétariat général du comité central. Rien de tel qu’un peu d’organisation.

«Wenn wir brüderlich uns einen / Schlagen wird des Volkes Feind!»

NEMs et PECO (2)

November 30th, 2007

En Australie, les électeurs renvoient les libéraux et leurs alliés agrariens du Parti national dans l’opposition, et portent les Travaillistes au gouvernement, sur un programme pro-Kyoto et de départ des troupes d’Irak. J’adore, pouvoir parler l’air de rien de parti agrarien même hors des pays de l’Est. Les Verts progressent avec 7% des voix mais sont maintenus hors de la Chambre par le système électoral. Côté logos, du solide, du carré, du gros cul.

«Building the future, responsibly»

En Croatie, la confusion est grande puisque les sociaux-démocrates progressent largement, sans pour autant passer devant les conservateurs de l’Union démocratique croate (le parti de l’indépendance, de feu Tudjman, au pouvoir presque en continu depuis 1992). Il est vrai que le mode de scrutin (proportionnelle par arrondissement, les Croates de l’étranger – comprendre: de Bosnie – constituant une circonscription) avantage assez le HDZ, qui comptent notamment sur les renforts des voix d’outre-Save. Géographiquement, la gauche l’emporte à Zagreb et loin de la frontière; la droite, dans les territoires ayant été les plus impliquées dans les guerres de 1992-95 (Slavonie, Dalmatie). A noter, la recomposition relative du centre autour de seulement 3 partis libéraux (tous affiliés à l’ELDR au plan européen); ledit centre restant tout de même assez bordélique et farce, certains alliés d’hier du HDZ s’étant mis en cartel avec des opposants pour ces élections. Les élus de groupuscules libéraux, régionaux, ethniques ou du Parti des retraités vont faire pencher la balance, dans la plus belle tradition d’intégrité et de stabilité des régimes d’assemblée.

Niveau logos, tout ce petit monde a bien profité des leçons esthétiques des partis-frères allemands et des fédés européennes: des jeus de typo plus ou moins subtils, et des emblèmes au ras de la palette graphique. Un peu de flamme FN à l’extrême-droite et, partout, le carreau des armoiries nationales. Comme d’hab quoi.

«Ljudi su snaga»

Moulés à la louche

November 20th, 2007

En Pologne, une droite catholique chasse l’autre, la différence étant apparemment dans l’europhilie et le style. En dépit du cartel monté par Droit et Justice avec une myriade de groupuscules conservateurs, il passe derrière la Plate-forme civique qui a noué à l’issue des élections un accord avec les paysans centristes (enfin, au sens polonais de centriste, qui me semble bien loin de Lecanuet et Robert Fabre).

Dans l’opposition, le relookage de la Ligue des familles (LPR), ses alliances – comme celles d’Autodéfense – avec tout ce que l’extrême-droite locale compte de leaders maxime ne l’empêchent pas d’être sortie de la Chambre. A gauche, l’«olivier» socialistes/centre stagne – la faute probablement au logo en dégradé digne d’une compagnie coréenne de téléviseurs.

«Polska zasługuje na cud gospodarczy.»

En Suisse, pas de changement de coalition puisque la «Formule magique» assure depuis jadis que les quatre premiers partis siègent ensemble au gouvernement, ce qui assure selon les points de vue le consensus ou la banalisation idéologique. L’Union démocratique du centre (qui n’est rien des trois, puisque son caudillo, C. Blocher, intrigue désormais pour se débarasser des représentants de la «vieille grde», jugés trop mous) renforce sa position de premier parti suisse. Au terme d’une débauche d’affichages à la xénophobie racoleuse – le financement des partis politiques est peu encadré, dans un pays qui ne brille d’ailleurs pas par sa transparence financière – l’UDC recueille le meilleur score jamais enregistré, tandis que sa nemesis du PS fléchit (son propre durcissement de ton n’a pas payé, lui).

A noter, côté logos, l’horreur Gruyère du soleil-levant de l’UDC, et l’épatant nouvel emblème genre Musée de Tokyo du PRD. Presque trop beau dans un métier où décidément les grosses ficelles sont les plus efficaces.

«Pour une Suisse plus juste. Pour une Suisse plus sociale.»

Au Royaume de Danemark enfin, la droite xénophobe et anti-musulmane continue de progresser; il y a quelque chose de pourri. La majorité de droite, qui a géré le «miracle» économique danois et le ratiboisement du progressisme se tasse mais conserve le pouvoir d’un siège (avec le soutien sans participation du même Parti du peuple danois). Le pari du libéral non-raciste Naser Khader, avec sa Nouvelle Alliance, n’est qu’à moitié gagné: il rentre bien à la Diète mais pas en nombres insuffisants pour proposer une coalition alternative au Premier Anders Fogh Rassmussen.

Ici comme ailleurs en Scandinavie, les partis utilisent assez systématiquement comme symboles un binôme couleur / lettre – la lettre à cocher sur le bulletin de vote, souvent déconnectée de tout sens propre. A relever aussi la même confusion que dans la langue anglaise des mots «gauche» et «libéral», Venstre («gauche») désignant du coup deux partis depuis longtemps devenus de droite.

«Foreigners please, don't leave us alone with the Danes.»

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