Le i-forum participatif

 

Corps constitué

juin 19th, 2006

Ce weekend les Français votaient. Une moitié des 150 élus des circonscriptions était renouvelés à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), présidée par Le-Ministre et qui comprend également les 12 sénateurs «représentant les Français établis hors de France» et les personnalités qualifiés chères à Jean-Pierre Raffarin et à tous les vrais démocrates humanistes. Le mode de scrutin rappelle celui du Sénat: majoritaire pour un et deux sièges, proportionnel de liste au-delà.

Dans un désert d’information civique sur le sujet, et dans l’attente des résultats, Freedonia, la city-radio du monde, publie une carte des élus AFE issus des deux derniers renouvellements. A l’étranger, il y a tout plein de partis français méconnus:
– l’Union des Français de l’étranger (droite UMP) domine mais pas de façon écrasante — juste assez pour continuer d’entretenir le doute entre sa nature partisane et l’unanimisme d’un ex-monopole corporatiste,
– L’ADFE/Français du Monde (gauche post-mitterrandienne) existe, et pas toujours là où on l’attend (Asie du sud-est, Afrique occidentale…),
– Une dissidence plus ou moins pasquaïenne de l’UFE, le Rassemblement des Français de l’étranger, lui taille des croupières ici (Italie, Nouvelle-France) et là (Djibouti, tiens tiens).
– le PRG de l’étranger fait élire son chef en Belgique (tout se tient).

Les logos de droite sont moches comme ceux des Républicains-Indépendants. L’ADFE a une sorte d’emblème bleu dont elle semble, curieusement, très fière.
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The French voted this week-end. A half of constituenties’ 150 representatives to the Assembly of the French Abroad (AFE) were to be elected. AFE is presided over by The-Minister, and includes the 12 « senators representing French established out of France » and qualified personalities, dear to the heart of Jean-Pierre Raffarin and all true humanist democrats. The voting system is reminiscent of the Senate’s: plurality for one and two seats, proportional list-voting above.

In a civic information desert on the topic, and waiting for the results, Freedonia, the world’s city radio, publishes a map of AFE representatives from the last two elections. Abroad, there are loads of hardly known French parties:
– l’Union des Français de l’étranger (right-wing, close to UMP) is dominant but not in a crushing way — just enough to further leave uncertainty rule as to whether it’s a partisan scheme or a corporatist ex-monopoly’s unanimity-machine,
– ADFE / Français du Monde (post-Mitterrandite left) exists, and not always where it would be expected to (South-East Asia, West Africa…),
– a more or less Pasqua-driven dissidence of UFE, the Rassemblement des Français de l’étranger, puts a spoke in their wheel here (Italy, New-France) or there (Djibouti. Ah-AH).
– The Left Radicals Abroad have there boss elected in Belgium, for everything is coherent.

Right-wing logos are ugly as the Independent-Republicans’. The ADFE has some sort of blue-ish emblem they seem, somehow, very proud of.

Je me demande qui est questeur de l'AFE.

Du sang sur la chaussée ou dans les chambres de bonne, mais séché, rincé depuis longtemps. Invisible, banalisé, passé, mais proche: à quelques pas de chez moi. L’histoire criminelle est grattée la première du palimpseste urbain, et les faits divers sont rarement gravés dans le marbre des plaques commémoratives. Le quartier continue, encore un peu, à respirer l’air interlope des hôtels borgnes et des bars montants, des sexechoppes et des gitanes-maïs des maffiosi de Pigalle — enfin il devient à vitesse accélérée une grande rue des Martyrs: chic (toujours), vivant (mais pas la nuit), familial (recomposé avec tact), divers (mais bourgeois).

Pourtant, rue Massé habita un temps Paulin, le tueur de vieilles dames, évoqué ce weekend dans un docutélé. Il descendait de chez lui — par la même rue que moi? — pour aller danser dans les boîtes des Boulevards, et des Halles, se travestir en Eartha Kitt et blanchir ses nuits au Palace. Il remontait, dans Pigalle, tuer des vieilles. Après, il a déménagé, fait une soirée des Césars des boîtes de nuit, et il est devenu l’ami de Line Renaud. Il a dû croiser tout l’univers mythique des dancings des eighties, la métempsychose antérieure des TBS: Jenny Bel’Air, Pacadis, Caroline Loeb, Lio, Mourousi, Emaer, Paquita Paquin. Il était beau et bidon comme une photo de Pierre & Gilles, comme une pub pour le jus de raisin. Toxico, tapin, tueur, truand, péroxydé, séropo, nègre, narcissique, et portant le papillon avec classe.

Avenue Trudaine, Action directe mena il y a 23 ans la guerilla urbaine contre la police. Laissa deux flics sur le carreau, en blessa un autre gravement. Comme l’a dit non sans beauté (la beauté du mal?) un des anciens terroristes, tout est englouti: ces policiers, leurs familles, leur mémoire; les prisonniers d’AD, leur santé et leurs engagements. J’ai des souvenirs flous de projecteurs de télé éclairant quelque ministre devant chez Georges Besse, de photos («wanted») sur un mur de commissariat du bas-Meudon. Les usines Renault-Billancourt ont été rasées, laissant la place au mirage d’un musée patronal et contemporain. Avenue Trudaine se dressent toujours les grands arbres et les aplombs haussmanniens; il y a des antiquaires et un resto italo/bobo.

Départir

juin 11th, 2006

Aujourd’hui, une liste d’habitudes qui seront interrompues:
– dîner chez mes parents tous les dimanches soirs;
– (donc) passer chez Mamy tous les dimanches soirs;
– (du coup) dîner chaque mois chez Thérèse;
– (par suite) dîner chez Mamy chaque mois;
– me faire déposer au retour par SophCo porte de Saint-Cloud;
– quand je rate une rame (place de Clichy, ligne 13), me dire que le délai d’arrivée de la prochaine et de parcours du quai coïncident;
– récriminer contre l’incurie de l’Etat devant mon voisin de bureau;
– essuyer les sarcasmes bénévolents de Séb H;
– dire à Gabriel «On déjeune ensemble, cette semaine?» dans l’ascenseur;
– recevoir des e-mails de Janaïna titrés «déj ce midi?»;
– déjeuner à la cantoche et dire: «c’est mieux/pire en ce moment»;
– être en retard au cours d’allemand le mercredi après-midi;
– pratiquer la piscine des Halles (comme sport et biotope);
– me dire: «si ça ne va pas, je peux passer chez François B2. Il est tellement drôle!»
– mater Chouchou et Loulou, le couple gay d’en face;
– épier/copier légitimement le programme de mes amis pour vendredi soir;
– dire à Claire «on va au vernissage d’Anne-Claudie?»;
– rentrer de chez ComitéCentral par la rue de Trudaine, en léchant les vitrines des antiquaires;
– descendre le vendredi au Pulp en passant devant le Palace;
– remonter du Pulp dans la nuit du samedi, en disant «Il a encore ce faux dans sa vitrine?» et «J’aimerais faire un plan avec le concierge de cet hôtel»;
– regarder les fiches Gayvox / Rezog / Dialache des arrondissements adjacents;
– passer dans une rue et dire: «là j’ai rencontré X / dîné avec Y».
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Today, a list of habits to be interrupted:
– have dinner at my parents’ every Sunday evening;
– (therefore) call in by Mamy’s every Sunday evening;
– (hence) have dinner at Therese’s every month;
– (thus) have dinner at Mamy’s every month;
– be dropped by Sophie at Porte de Saint-Cloud;
-when I miss a train (place de Clichy, line 13), say to myself that the time for the next to come and the time to walk to the end of the platform coincide;
– remonstrate against Government’s carelessness in front of my office-mate;
– endure the benevolent sarcasms of Séb H;
– say to Gabriel « let’s lunch together, this week? » in the lift;
– get e-mails of Janaïna titled  » lunch at 12? »;
– have lunch at the canteen and say « it’s better / worse than before »;
– be late at the German lesson of Wenesday afternoon;
– pratice Les Halles pool (as a sport and biotope);
– say to myself: « if something is wrong, I can drop by François B2. He is so fun! »;
– peep at Honey and Sweetie, the gay couple opposite;
– say to Claire: « shall we go to Anne-Claudie’s vernissage? »
– legitimately spy on/copycat my friends’ Friday night programme;
– walk back from ComitéCentral’s through Trudaine street, window-licking the antiques shops;
– walk down on Friday evening to the Pulp club, passing by the Palace club;
– walk up, back from the Pulp, on Saturday night, saying « again a fake in his starecase? » and « I’d love a quickie with this hotel’s concierge »;
– check Gayvox / Rezog / DialH CVs in neighbouring arrondissements;
– walk on a street and say: « I met X / had dinner with Y here. »

Juste avant avait été fourni un résumé de la situation:
SailingBoy. — Je compense l’absence de ce que je désire vraiment par la surabondance de ce dont je ne veux pas.
Nippon. — François B2: il est très drôle! En fait, c’est parce qu’il n’a aucun scrupule.
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Just before, a summary of the situation was provided:
SailingBoy. — I balance the absencer of what I really desire by the overflow of what I don’t want.
Nippon. — François B2: how *fun* he is! Indeed, it’s because he’s qualmless.

Tout ça fait un peu gigolo libanais. «Cette écharpe en fausse-fourrure est comme un fétiche.» / It's all a bit Lebanese-gigolo. Hologramme d'Ivan au milieu d'une foufoune. / A hologram of Ivan amidst a pussy.J'ai eu l'impression qu'on était tous plus vieux, donc plus calmes. / I felt we all were older, and thus quieter.
Light. Gras. Sucré. Boire. / Diet. Fat. Sweet. Drink.«J'ai pas son numéro de téléphone mais j'ai celui de son copain.» / «A cause de ce truc de 'jumelle maléfique', tout le monde est vraiment méchant.» /

Après, le fin mot de l’histoire:
Matthieu DC. — Avant, je faisais la gueule mais j’étais gentil. Maintenant, je souris et je suis une pute. Je bois parce que j’ai arrêté de fumer.
— Ce qui est pervers, c’est non seulement d’être venu avec une copine vulgaire, mais qu’elle s’appelle Alika.
— Internet donne au moins quatre auteurs différents à l’expression: «la France du seigle et de la châtaigne.»
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Then, the final word:
Matthieu DC. — I used to be sulky and kind. Now I smile and I’m a bitch. I drink because I’ve quitted smoking.
— it is pervert, not only has he come with a cheap girlfriend, her name is Alika, too.
— Internet gives at least four different authors for the expression: « the France of barley and chestnust ».

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A1: Tout ça fait un peu gigolo libanais. «Cette écharpe en fausse-fourrure est comme un fétiche.» / It’s all a bit Lebanese-gigolo. « This mock-fur scarf is like a fetish ».
A2: Hologramme d’Ivan au milieu d’une foufoune. / A hologram of Ivan amidst a pussy.
A3: J’ai eu l’impression qu’on était tous plus vieux, donc plus calmes. / I felt we all were older, and thus quieter.
B1: Light. Gras. Sucré. Boire. / Diet. Fat. Sweet. Drink.
B2: «J’ai pas son numéro de téléphone mais j’ai celui de son copain.» / « I don’t have his phone number but I got his boyfriend’s. »
B3: «A cause de ce truc de ‘jumelle maléfique’, tout le monde est vraiment méchant.» / « Because of this ‘evil twin’ stuff, everybody’s real naughty. »

« Ecoute… je serais pas à paris samedi et je pensais que ton interet pour moi etait rugbistique je te ferais pas perdre ton temps mais si on se recroise on boira un coup ou plusieurs avec plaisir pour moi a plus tom »

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