Le i-forum participatif

 

Aujourd’hui, Ivan a mis en ligne le clip d’une fausse Madonna. J’arrive pas à déterminer si c’est Alaska, une bande de travelotes panaméennes, ou French & Saunders dans leur propre parodie de «Hung Up». Je n’ai pas retrouvé cette dernière, mais j’ai trouvé ça, toujours bon à prendre:

Small world

novembre 6th, 2006

Les élections en Bosnie et Herzégovine, c’est un peu compliqué. Freedonia, le jury de la transparence durable, a utilisé une gamme de couleur spécifique pour ce pays et ses deux entités: vert pour les partis bosniaques (ex- «Bosno-Musulmans»), bleu pour les partis bosno-croates, rouge pour les partis bosno-serbes — la nuance la plus simple correspondant à la variante la plus nationaliste (SDA de feu Itzetbegovic, SDS de Karadjic, HDZ le parti frère de feu le président croate Tudjman). Dans les couleurs habituelles ici, rose et jaune, on trouve des partis socialistes et libéraux plus ou moins multiethniques. J’ai indiqué séparément les élus nationaux issus de chacune des deux entités.

Même avec ça, la politique bosnienne demeure pour moi un mystère enrobé dans une énigme.

Côté logos, c’est intemporel, chic, minimaliste. Un peu comme pour les alliés en plastiques, libéraux ou centristes, du SED dans la Chambre du peuple de la RDA.

Ni desno, ni lijevo. Samo naprijed.

Relativement plus facile, la Catalogne. Ne serait-ce que parce que j’en avais déjà parlé lors des dernières élections généralitaires (c’est quoi l’adjectif pour «de la généralité»?). Les socialistes et le Parti populaire se tasse, les nationalistes de centre-droit de Convergence & Union remontent, mais pas assez pour reprendre le pouvoir à la coalition de gauche socialistes / Républicains de gauche / gauche verte, vu les progrès de cette dernière. Ceux qui n’avaient pas eu l’occasion de refaire leur logo la dernière fois (ERC, PP, et même le PSC qui simplifie / belgifie encore le sien) se lâchent. Côté groupes difficiles à classer, Citoyens – Le Parti de la Citoyenneté fait son apparition avec une campagne basée sur le physique de son président (un ex- d’AC&P et Gilles). Ca marche: 3 élus du premier coup.

Solos nos importan las personas.

Au Brésil enfin, tassement de la majorité — très éclatée comme on sait — dans le sillage de la réélection de Lula (avec un vote clairement divisé au plan géographique), la corruption au sein du Parti des travailleurs ayant dominé la campagne. La presse a fait écho à la tentation, pour le PT et pour la principale force d’opposition le Parti social-démocrate brésilien, de coopérer — sans doute sur le dos des alliés centristes ou libéraux actuels du PT.

Um Brasil mais justo.

Huitième épisode: Paris. On a tous des anecdotes de la politique à Paris. Celle de Pif, c’est Goasguen qui croise un SDF qui mendie et dit «moi j’aurais honte à sa place». La mienne, c’est un dessin de Cabu en 1993: «Mitterrand, pire que seul: seul avec Georges Sarre».

Tout est connu de l’histoire politique récente de Paris, qui se lit comme le mémorial du chiraquisme, au confluent du gaullisme pur et dur (Bénouville, Jean de Gaulle), de la mafia corse (Tibéri, Dominati, Cabana) et de l’hardi attrape-tout (du libéralisme antifiscal de Benoîte Taffin, Chinaud, Taittinger et Goasguen à «l’humanisme» de Devaquet et peut-être Borloo), en passant par les amis à caser (Balladur, Juppé, et prochainement Colonna et Lamour). Plus intéressant, la géopolitique est-ouest si caractéristique, un temps gommée par les «grands chelems» (et le bourrage d’urnes) de la droite, remonte au moins à la Commune. Elle est l’opposition ancestrale du Paris ouvrier et immigré, et du Paris bourgeois, plus le quartier latin. Thiers est à l’ouest, le mur des Fédérés est à l’est.

A gauche, on sait l’histoire de la «bande» du 18e (Jospin, Vaillant, Delanoë et Estier, archétype de l’éléphant, longtemps chef du groupe socialiste au Sénat), on peut voir d’autres importants apparatchiks (Bloche, Le Guen, Cambadélis) choisir la commodité d’une implantation en ville. Paris est aussi, aujourd’hui, un point de force des Verts.
//
Eigth episode: Paris. We all have anecdotes of Paris’s politics. Pif’s is Goasguen coming accross a homeless beggard, saying: « I would be ashamed if I were him ». Mine is a caricature by Cabu, in 1993: « Mitterrand — Worse Than Alone: Alone With Georges Sarre ».

All is known of the recent political history of Paris, to be read as a memorial of Chiracism, i.e, at the meeting point of died-in Gaullism (Bénouville, Jean de Gaulle), of Corsican maffia (Tibéri, Dominati, Cabana), and of brazen catch-all (from Benoîte Taffin, Chinaud, Taittinger and Goasguen’s anti-tax hardcore liberalism, to Devaquet and maybe Borloo’s « humanism »), via friends to host (Balladur, Juppé, and soon Colonna and Lamour). More interesting is the charasterical east/west geopolitics. Though it was concealed for a while by the right’s « Great Chelems » (and ballot-box stuffing), it may be at least as old as the Commune. It is the ancient opposition of working, immigrant Paris; and the bourgeois Paris plus Latine Quarter. Thiers is West, the Federates’ Wall is East.

On the left, we know the history of the 18th District’s « Gang » (Jospin, Vaillant, Delanoë and Estier, the archetype of the « éléphant », a longtime boss of the Socialists’ Senate fraction), and can also see important apparatchiks (Bloche, Le Guen, Cambadélis) choose the ease of a constituency downtown. Paris is also, today, a stronghold of the Greens.

Paris-Paris.

novembre 2nd, 2006

Edvard Munch et le Pied-de-poule / Edvard Munch vs. Dogstooth
«Et comment ça va, là-bas?» / Un weekend à Paris, comme si de rien n'était. / A weekend in Paris, as if it were business as usual.Mais que devient François Fillette? / But what has happened to François Fillette?
«En ce moment, je suis avec un mec, c'est trop bien. Il me fout des grandes taloches et j'adore ça!» / Quand le succès t'éclabousse, il ne faut pas t'essuyer. / When success splashes you, you'd rather not mop yourself.«J'aime bien l'équilibre dans ma vie en ce moment entre soirées, sexe et boulot.» /
Une vie trop bien, du bonheur et de l'humour. Par contre François B2 n'a qu'une seule chemise casual. / A perfect life, happiness and humor. François B2 has got just one casual shirt, though.Winter collection. Strike a pose.«Je suis trop vexé que tu m'aies oublié pour mon anniversaire!» /
Une nouvelle conversation avec Alex STAPS sur le communautarisme. Il défend et précise le point de vue de Xavier Prière: l'affirmation identitaire, d'une tradition culturelle, permet de lever le voile de duperie de la «neutralité» républicaine et réveler les avantages constitués des dominants. Pourtant, même si je peux être d'accord sur le moyen, je m'interroge sur le risque qu'il ne se confonde avec la fin (Alex dit: il est impossible de s'accorder sur une finalité commune, mais il faut agir quand même sur la situation présente). Et (c'est un procès d'intention) je reste dubitatif sur la capacité de maintenir à terme la séparation initiale entre une foi théiste, voltairienne, et un militantisme laïc. / Another talk with Alex Sport-teacher about communautarism. He defends and precises Xavier Prayer's point of view: the assertiveness of an identity, of the cultural tradition, gives leverage to raise the republican

A: Edvard Munch et le Pied-de-poule / Edvard Munch vs. Dogstooth
B1: «Et comment ça va, là-bas?» / « And how is life going over there? »
B2: Un weekend à Paris, comme si de rien n’était./ A weekend in Paris, as if it were business as usual.
B3: Mais que devient François Fillette? / But what has happened to François Fillette?
C1: «En ce moment, je suis avec un mec, c’est trop bien. Il me fout des grandes taloches et j’adore ça!» / « I’m now with a guy, it’s just too good. He slap me badly, and I love it! »
C2: Quand le succès t’éclabousse, il ne faut pas t’essuyer. / When success splashes you, you’d rather not mop yourself.
C3: «J’aime bien l’équilibre dans ma vie en ce moment entre soirées, sexe et boulot.» / « I love the current balance in my life between parties, sex and work. »
D1: Une vie trop bien, du bonheur et de l’humour. Par contre François B2 n’a qu’une seule chemise casual. / A perfect life, happiness and humor. François B2 has got just one casual shirt, though.
D2: Winter collection. Strike a pose.
D3: «Je suis trop vexé que tu m’aies oublié pour mon anniversaire!»/ « I’m so offended you forgot my birthday! »
E: Une nouvelle conversation avec Alex STAPS sur le communautarisme. Il défend et précise le point de vue de Xavier Prière: l’affirmation identitaire, d’une tradition culturelle, permet de lever le voile de duperie de la «neutralité» républicaine et réveler les avantages constitués des dominants. Pourtant, même si je peux être d’accord sur le moyen, je m’interroge sur le risque qu’il ne se confonde avec la fin (Alex dit: il est impossible de s’accorder sur une finalité commune, mais il faut agir quand même sur la situation présente). Et (c’est un procès d’intention) je reste dubitatif sur la capacité de maintenir à terme la séparation initiale entre une foi théiste, voltairienne, et un militantisme laïc. / Another talk with Alex Sport-teacher about communautarism. He defends and precises Xavier Prayer’s point of view: the assertiveness of an identity, of the cultural tradition, gives leverage to raise the republican « neutrality » ‘s veil. It reveals the enshrined avantages of dominants. However, even if I can agree with the mean, I wonder of the risk to confuse it with the goal (Alex says: it’s impossible to agree on a common aim. We need to act on the current situation though.) And (I jump to conclusions) I remain dubious of the capacity to maintain the Chinese Wall between a Theist, Voltairian faith, and secular militantism.

Saenredam

octobre 31st, 2006

Les propos échangés dans un de ces dîners en ville, l’avait blessé; mieux, ils avaient appuyé au point douloureux, jusque là ignoré. A gauche Madame, à droite invités insignifiants, plus loin Monsieur, le directeur des ventes en gros (colonel E.R.), en face fils gentil et militaires-stagiaires du service des ventes. Stagiaires pas mal mais pscht ne pas y penser, penser à la pintade dans l’assiette, à la conversation plate, sourire à la conversation, oui faire un sourire modeste et approbatif à tout, la relancer complaisamment. On disait «l’opéra là-bas, c’est dur de trouver des places, comme au Puy-du-Fou» et «Marie-Odile est passé un dimanche vers 11 heures ou midi, enfin, après la messe». Monsieur évoquait un ancien poste chez Départ&Ment, «le directeur des transports était pédé. Une fois il a voulu monter en ascenseur avec Jean-Sébastien, qui avait trois ans à l’époque (ahahah dans l’assistance). C’est lui qui recrutait tous les chauffeurs, vous voyez comment (ohohoh). De toute façon, pour faire carrière à cette époque-là chez Départ&Ment, il fallait être socialiste ou pédé, ou mieux les deux. (à droite apoplexie de rire)»

Ne rien dire, ne rien sembler, continuer l’air neutrement niais, relever lentement les yeux de la pintade et fixer n’importe quoi en face. En face, le stagiaire pas mal a fait pareil et échangé un regard sans ambiguïté pendant une demi-seconde. Note pour plus tard: se démerder pour recroiser le stagiaire pas mal.

Il ne fit rien. Il pensa: mon ami X… aurait crié «homophobes!, salauds!» il les aurait accablés de leur beauferie fascisante, il aurait été un redressement de tort militant, une manifestation à lui tout seul. Mon ami A… aurait renversé leur table, leur aurait cassé leur gueule et, peut-être, violé leur fils pour leur apprendre, et moi je ne dis rien, je cesse à peine de sourire. Il pensa aussi: Je pourris de l’extérieur, la faute à cette ambiance confortable et émolliente, cette ville plate, ce boulot de bromure d’argent, cet univers mondain sans conviction, sans envie, sans idée, sans principe. Il se reprit: Je pourris de l’intérieur, c’est mon éducation bourgeoise, ma lacheté naturelle, ma passivité de laquais. Il reprit de la pintade.

Proudly powered by WordPress. Theme developed with WordPress Theme Generator.
Copyright © Freedonia. All rights reserved.