Le i-forum participatif

 

L’enquête corse

novembre 21st, 2006

Avec mon déplacement à BXL, j’ai pris un peu de retard dans la série de Freedonia, la gouvernance 2.0, sur les régions dans la perspective des élections de l’an prochain. Comme rattrapage, la collectivité de Corse est facile à dessiner (4 circonscriptions en tout, le minimum syndical) mais assez difficile à saisir. On peut certainement dire que la politique corse est traditionnelle:
– Les bonapartistes y sont une force avec laquelle il faut encore compter.
– Le notabilisme héréditaire non-programmatique reste prégnant à gauche et à droite, avec les dynasties des Rocca-Serra, des Zuccarelli, des Giacobbi etc. La vie politique corse permet régulièrement l’efflorescence de myriades de boutiques personnelles aux contours idéologiques flous, du type «Corse + adjectif mélioratif / complément circonstantiel de but / de mouvement». Et sans logo, c’est assez dire leur amateurisme partisan (mais non pas politique) et leur briéveté (comme intitulés, pas comme ambitions individuelles).
– Logiquement, les radicaux sont, à gauche, le principal parti à proprement parler, régulièrement traversé comme il se doit de luttes fratricides entre leaders rivaux. Le PCF reste également assez bien implanté. En la quasi-absence du PS, c’est Corse Sociale-Démocrate qui remplit le créneau, sous la houlette du député-maire apparenté socialiste d’Ajaccio, Simon Renucci.

Un autre élément de taxinomie politique est le positionnement sur la question des rapports avec «la métropole»: continuité républicaine (avec les post-chevènementistes type Zuccarelli), autonomisme plus ou moins cleptocraptique (avec l’enjeu-clef du sol et du littoral), mouvements indépendantistes variés, aujourd’hui enlisés dans l’underground violent et maffieux. Plus de détails ici et sur cette nébuleuse incompréhensible ou tout le monde dit s’appeler FLNC, qui s’est présentée unie (l’union est plus facile quand presque tout le monde est mort) aux dernières élections de l’Assemblée de Corse — sans succès ni accès au pouvoir.

«Oooooooooooooooooh» (chant corse)

Mort aux Jeunes J-7

novembre 17th, 2006

Je viens de trouver mon look. Hihihi (comme dans hihihi-Carlos). Je suis tellement content, ça va être un grand coup de pied dans la fourmilière.

En fait, j’ai même le choix entre le look de Sonny Crockett (1986 hein, pas Colin Farrell qui s’habille chez Banana Republic) et 007 (époque Georges Lazenby). Ou: les deux. Freedonia, la primaire équitable, vous laisse une semaine pour voter.

Sinon, Ségolène Royal craint. Et sa sélection m’accable. En même temps c’est cool au seul point de vue de ce que j’avais déjà prévu sa gueule pour les infographies Freedonia (le pictogramme citoyen). Un peu comme les types de la télé qui avaient déjà Jospin / Chirac en boîte pour 2002, sauf que là j’espère anticiper à tort. Mon scénario préféré de now serait qu’elle soit tellement nulle, à la Lipietz, que le PS serait obligé d’aller choisir en catastrophe une doublure classe comme Emmanuelli (je dois être le 1% de la population qui coche «a un avenir» pour lui chez la SOFRES) ou François Hollande — parce qu’entre elle et lui mon choix est vite fait, lui a masqué son côté cureton delorien sous des blagues, pas sous de «l’ordre juste.»

Millevache

novembre 12th, 2006

«Bonjour madame la meuh-meuh! ahahah, quelle belle vache vous avez là! Et c’est le meilleur pâté que j’aie mangé depuis bien longtemps. Bonjour monsieur!…» Comme Debré partagé entre la mairie d’Amboise et la députation de la Réunion, Jacques Chirac a été, de 1967 à 1995, le député de la 3ème circonscription de la Corrèze (Ussel), longtemps en même temps que le maire de Paris, et le patron politique du département, aujourd’hui présidé par son (hideux) longtemps suppléant. Sa femme y est toujours conseillère générale du canton de leur château, celui dont les tuiles ont été piquées à l’église classée d’à côté, et dont le jardin d’en face a été acheté par la fondation Pompidou (trésorier: Chirac à l’époque) pour faire une maison sociale dont la première brique aurait été posée par Chirac, s’il y avait eu une maison sociale. (source: le Canard, of course). Chirac fut, en effet, avec Pons, un des «jeunes loups» lancés par Pompidou à l’assaut de places-fortes de la gauche; opération gérée par «l’autre crocodile politique de la Corrèze» (sic lui-même), le briviste et «gaulliste de gauche» Jean Charbonnel, depuis mitterrandiste puis chevènementiste.

La gauche est en effet forte dans le nord de la région, le «Limousin Rouge», terre de maquis de la Résistance, de mutualité, d’engagement syndical, terre contiguë d’autres bastions déjà évoqués (Cher, Allier) ou à venir (Charente). Il fut, un temps (1986-92), la seule région présidée par le PS. La fédé SFIO de Haute-Vienne fut même une des rares à refuser les crédits de guerre et «l’Union sacrée» en 1914. Pas un hasard si Tulle a été offerte en 1988 comme point de chute par l’étoile alors montante des «Transcourants», François Hollande. Aucune autre personnalité de la politique limousine ne dépasse vraiment aujourd’hui les frontières de la région.

Le PCF fut longtemps une puissance au plan local, notamment en Haute-Vienne dont il emporta les 4 circonscriptions en 1978. Ce fut ensuite une longue décadence (dans ce département tout particulièrement), qui a donné naissance et laissé perdurer sur place une forte section de la Convergence pour une alternative progressiste, sous l’étiquette ADS (Alternative pour la démocratie et le socialisme). Celle-ci est dominée par la personnalité d’un ancien ministre PCF de Mauroy, Marcel Rigout.

«le calcaire vote à gauche»?

A Good Punch

novembre 9th, 2006

Pour donner une image plus complète des résultats des élections de mi-mandat, il faut aussi regarder les gouverneuriales et le détail des gains démocrates au Sénat. Le Parti démocrate reprend la main dans plusieurs Etats-clefs, comme l’Ohio de sinistre mémoire, le Missouri, l’Arkansas ou le Colorado. Il ne perd aucun siège de sénateur ou de de gouverneur, y compris dans d’autres Etats importants dans la perspective des élections de 2008 (Illinois, Pennsylvanie, Nouveau-Mexique).

Beaucoup dépend (par exemple sur l’Irak) du vote des deux sénateurs à ce stade classés comme indépendants, Sanders (Vermont) et Lieberman (Connecticut).
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To get a more complete picture of the mid-term elections results, it’s useful to look also at the gubernatorial elections and the detail of Democratic Party’s gains in the Senate. They get hold of several key-states, like Ohio of the bad memories, Missouri, Arkansas, or Colorado. They lose no seat of senator or governor, including in other important states in the perspective of the ’08 election (Illinois, Pennsylvania, New Mexico).

A lot depends, on Irak, of the vote of senators for now labelled « independent », Sanders (from Vermont) and Lieberman (from Connecticut).

Pick-up

novembre 8th, 2006

«J’suis dans un état proche de l’Ohio». Les Démocrates gagnent sans ambiguïté la Chambre, avec une marge nette de sièges. Sur le Sénat, CNN joue avec mes nerfs: 4 sièges déjà pris sur les 6 nécessaires pour que les Démocrates remportent la majorité (mais en comptant Joe Lieberman, qui s’est présenté en indépendant, et a conservé son siège dans le Connecticut), et sur les deux restant à attribuer,
– le candidat raciste républicain — qui a qualifié son jardinier de «petit Guatémaltèque» — vient de demander un recompte dans le Montana (ça ne vous rappelle rien),
– le candidat raciste républicain Allen en Virginie (celui qui a appelé son espion démocrate attitré, d’origine indienne, «maquaque») est mené mais de bien peu.
C’est haletant.
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I’m in a state too close from Ohio (to call). Democrats win inambiguously in the House with a clear margin. On the Senate, CNN plays with my nerves: the Democrats have taken hold of 4 of the 6 seats they need to have a majority (but that’s including the « Independent » seat of Joe Lieberman from Connecticut), and on the two still to be allocated:
– the racist Republican candidate in Montana (the one who called his gardener « a little Guatemalan ») asked for a recount (does this strike something in your mind?),
– the racist Republican candidate in Virginia, Allen (the one who called his official Dem’ spy, of Indian origin, « macaca »), is led by a string.
It’s breathtaking.

Gotcha! (source: CNN. Bleu clair: sièges emportés pas les Démocrates)

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