Le i-forum participatif

 

1. Dans une banlieue, devant un sapin en plastique.
Mamy.– Mais laissez-le faire. Ca ne servait à rien qu’il vienne si c’est pour le faire à sa place.
Thérèse.– J’en ai assez! Elle est comme ça depuis hier! Moi j’voudrais juste mourir!
(…) Mamy. — Forcément j’ai été désagréable hier mais aujourd’hui ça va, et depuis ce matin elle est de mauvaise humeur. Ca n’sert à rien de sangloter!

Décompter les défaillances, les afflictions supplémentaires en un an.Ne marche pas. Ne marchera plus. Sa boutique a fermé. Déteste untel. Perd ses dents. Ne cuisine plus. Comptent voter Bayrou.Il faudrait une limite, comme: pas plus que transportable à bouts de bras.

2. La nuit de Nowel. Dans Paris, un bar de nuit.
La serveuse.– Je suis là depuis 7 heures ce matin. J’attends que le patron me dise que c’est bon pour y aller. (elle embrasse un client, son amoureux.)
Un Monsieur, à SophCo.– Mettez la 01-07.
Monsieur noir, revenant de la porte du fond.– Les toilettes sont dégueulasssssses. Ce n’est pas un bar si l’on ne peut pas aller dans les toilettes parce qu’elles sont dégueulassssssses.
Une cliente au visage effondré vers l’intérieur.– Et il vient le ptit rouge?!
Renaud.– Etre né sous l’signe de l’hexagone / c’est pas c’qu’on fait d’mieux en c’moment.
La serveuse, tassée dans son portable.– Mais non, mais… (elle sanglote.)
La cliente effondrée.– Joyeux Noël du fond du coeur. Je suis de Lille et on est comme ça chez nous.

Plus de vie, de joie encore, qu'on ne craignait.«Prends mon bras.»Emmanuel de Ngroung vote pour la nouvelle crème de Mollet.

3. Partout. Répétitivement.
PatCo.– C’est joli et calme.
Interlocuteur.– C’est chiant quoi?

«Je me suis habillé en ComitéCentral.»«Si tu lui marques un but il te défénestre.»«Je leur ai fait des fibres, ils sont tous constipés en ce moment.»
«Mes résolutions: 1. en 2007 je ne vomis pas. - 2. Je veux que ma vie soit une sitcom.»«Pourquoi tu veux pas aller à Naples avec nous?»«Pour être heureux il faut être méchant.»

4. Le nouvel an. Une rue de Paris.
Gros garçon, l’entravant.– Où tu vas?
Patco.– Je rentre chez moi.
Gros garçon.– Vas-y, donne les sous.
Patco.– Je n’ai pas un sou sur moi.

La piscine des Halles, ce n'est plus ce que c'était.Au Tango, MisterPatate et Scriabad (a.k.a Toni & Guy) essaient de me caser avec une musclette sentimentale de l'X.Mais un chouette plan quand même avec un garçon de Gayvox, pour bien prendre le tournant de l'année (comme on dit en Ruritanie).

A1: Décompter les défaillances, les afflictions supplémentaires en un an.
A2: Ne marche pas. Ne marchera plus. Sa boutique a fermé. Déteste untel. Perd ses dents. Ne cuisine plus. Comptent voter Bayrou.
A3: Il faudrait une limite, comme: pas plus que transportable à bouts de bras.
B1: Plus de vie, de joie encore, qu’on ne craignait.
B2: «Prends mon bras.»
B3: Emmanuel de Ngroung vote pour la nouvelle crème de Mollet.
C1: «Je me suis habillé en ComitéCentral.»
C2: «Si tu lui marques un but il te défénestre.»
C3: «Je leur ai fait des fibres, ils sont tous constipés en ce moment.»
D1: «Mes résolutions: 1. en 2007 je ne vomis pas. – 2. Je veux que ma vie soit une sitcom.»
D2: «Pourquoi tu veux pas aller à Naples avec nous?»
D3: «Pour être heureux il faut être méchant.»
E1: La piscine des Halles, ce n’est plus ce que c’était.
E2: Au Tango, MisterPatate et Scriabad (a.k.a Toni & Guy) essaient de me caser avec une musclette sentimentale de l’X.
E3: Mais un chouette plan quand même avec un garçon de Gayvox, pour bien prendre le tournant de l’année (comme on dit en Ruritanie).

«J’irai revoir ma Normandie»

décembre 26th, 2006

Le Troisième Homme

L’évènement de la semaine pré-présidentielle, c’est évidemment le décès du polygame radical-socialiste Robert Fabre. Charme de danseur de tango, entrain de commice agricole, madrerie aveyronnaise, gestion boutiquière de l’avenir du prolétariat, Robert Fabre, «le Rastignac de Villefranche», a su redonner le goût du cassoulet et ressusciter le notabilisme à accent dans une France alors éprouvée par Raymond Barre. Rejoignez le Comité national pour le transfert des cendres de Robert Fabre au Panthéon. (Egalement valable si ses restes sont confits dans la graisse d’oie comme Saint Thomas d’Aquin.)

A l’extrême-droite, «Brutus» Mégret rejoint l’attelage «monégasque» de la campagne de Jean-Marie Le Pen — contre, on ne sait, un viatique pour le paradis des nazis ou un effacement de l’ardoise du MNR. Le Canossa fasciste fournit un prétexte à Marie-George Buffet pour lancer pleinement sa campagne en solo (après un deuxième vote interne du Parti, d’ailleurs médiocre: 81% pour), fermant définitivement la perspective, sérieusement obstruée, d’une candidature commune à gauche de Ségolène Royal. Reste à voir si Besancenot et Laguiller auront leurs signatures.

Parallèlement, Sarkozy enregistre les ralliements de fayots de la onzième heure, Douste-Blazy et Copé. Discours intègre ou coeur froid, Royal refuse de s’engager sur la réduction du nombre de SDF.

L’épisode de la semaine va en Haute-Normandie, le pays des bourgeois étriqués de Flaubert — dont l’incarnation idoine fut le «Kennedy français», a.k.a «Dents blanches», Jean Lecanuet, indéboulonnable maire de Rouen — mais aussi un estuaire qui fut longtemps le coeur palpitant de l’industrie française (cf. Nantes, cf. l’épisode à venir sur Marseille): fileuses, dockers, ouvriers du pétrole et des chantiers y furent les bataillons d’électeurs du Parti communiste dans sa place-forte du Havre (dont il a été délogé par le chiraquien bon teint Rufenacht en 1995) mais aussi d’une foule de mitterrandistes en mission: feu Bérégovoy à Rouen, jadis Bredin à Dieppe, et toujours Fabius au Grand-Quevilly… L’Eure, quant à elle, tient plus dans son comportement électoral, de contrées voisines, Orne, Eure-et-Loir, voire Sarthe; aires de transition entre l’Ouest catholique, conservateur, et les confins du bassin parisien, volontiers gaullistes (Debré fils) après avoir été radicaux — en l’espèce, Louviers fut la première terre d’élection de Mendès France (sous la IIIe et la IVe, avant Grenoble en 1967).

Badamoum Lolo!

The New Government

décembre 24th, 2006

La politique libanaise est un summum de n’importe quoi et de violence, quelque part à mi-chemin entre Fidji (les circonscriptions ethniques), les Pays-Bas (la proportionnelle de liste et les coalitions improbables) et l’esthétique guerillera des Territoires palestiniens. Le Monde, pour une fois informatif, a donné dans une remarquable double page un panorama des retournements d’alliances, des petits meurtres entre amis, bref de l’abracadabrantesque vie politique du coin.

Freedonia, toujours dans le camp des travailleurs, saisit l’occasion pour mettre en ligne le camembert ad hoc qui n’avait pas été publié en temps et heure. Depuis lors, si l’on comprend bien, les Chrétiens aounistes ont retourné leur veste pour s’allier avec le camp pro-syrien. On en perd son (patriarche) latin. Pour lire l’infographie: orange pour les chrétiens (comme d’hab), verts pomme pour les sunnites, verts sapin pour les chiites, et la palette habituelle pour les partis non-confessionnels. Pour mémoire le Parti socialiste progressiste, membre de l’IS (en rose comme tel), est également la principale incarnation partisane des Druzes. A noter les quelques logos « modernes » incolores, inodores et sans saveur.

Le clan des veuves

décembre 20th, 2006

L’ORTF et la presse compradore titrent sur les difficultés de Sarkozy. Rien n’irait plus, apparemment, depuis qu’il a fait siffler et repris séchement Alliot-Marie (dont ce pourrait être la seule, mais significative contribution à cette présidentielle). Aussi, pour travailler comme disent ses conseillers comm’ «ses fondamentaux» (comprendre: la démagogie sécuritaire et le thatchérisme du coeur), le ministre d’Etat et le candidat voyagent dans une région dont le début fait des bulles de saison, mais dont la fin est un synonyme de désindustrialisation, chômage, et grisaille. Pendant ce temps-là, Bayrou fait pareil, «labourant le terrain» à Lille, un vieux fief chrétien (aussi), on en reparlera. Ci-dessous, platitude et film d’escalier.

La Champagne est une campagne viticole, dominée comme telle par un couple déjà croisé en Bordelais et en Languedoc: bourgeoisie rurale, réctionnaire, bigote (bien décrite par Balzac dans le Député d’Arcis, bien rappelée par les crimes homophobes intermittents), contre manoeuvres de la vigne (et du textile), guesdistes puis radicaux. Au nord, la même lutte se noue entre les maîtres de forges et les petits notables percés à jour par Rimbaud, et les métallos de Jean-Baptiste Clément. La proximité de la frontière et les casernements, le souvenir de Sedan et plus tard de la Marne, Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne), tout cela a contribué à faire de la patrie de Massu et de Robert Galley un fief du gaullisme. Le PS et jadis le PC pouvaient quant à eux compter sur le vote ouvrier des Ardennes, qui s’effiloche toujours plus au profit de l’extrême droite FN / MNR.

La région est dominée par des héritiers: le ministre des colonies Baroin (fils de) à Troyes, Falala (fils de) et Schneiter (fils, petit-fils de) à Reims, Cornut-Gentille (neveu de) à Saint-Dizier. Léthargique comme la craie des cuestas, Reims s’est toutefois réveillée, dernièrement, au son d’une lutte de titans à maroquin, savoir la sous-ministre de la charité et des gonzesses, Catherine Vautrin, et le ministre des corporatismes Renaud Dutreil — qui tente un parachutage depuis l’Aisne voisine, qu’il avait pourtant bien bétonnée jusque là (La Picardie: bientôt sur Freedonia, le jetlag de l’info en continu). Ils seront candidats respectivement dans la deuxième et la première circonscriptions de la Marne, en attendant 2008 et les municipales. Les «vieilles haines recuites» alimentent ce concours de poignards dans le dos, ce nouvel armageddon de fiel, comme on le raconte ici et (avec ragots sur la Barrot / Raffarin connexion?!). Entre les deux, je vote pour le/la plus bête.

Dernière curiosité locale valant le détour: le Mouvement libéral et modéré (MLM), du sénateur et président du conseil général de la Marne, Ph. Adnot. Et juste pour le fun, un blog local qui parle de tous ces incroyables rebondissements dans le marigot (ou est-ce un landerneau?) aubois.

«Je veux me  cailler les fesses sur une plage en buvant du champagne rosé!»

Le chant du départ

décembre 19th, 2006

Une visite en Ruritanie de BoxingGirl, la soeur de l'autre. Essentiellement de nuit et sous la pluie.«Attends ce que j'te dis tu le mets pas sur ton blog!»Plus tard: une soirée à A'dam, avec d'incroyables putafranges et mecs à carré long, et de la musique qui fait blingbling.
Meanwhile, BoxingBoy a les chocottes à Caracas.Il devait acheter ses pacotilles «chez le fournisseur attitré de l'anthropologie» à Paris.Parallèlement, Gilles joint les deux bouts à Barcelone.

Ivan Cul-rond, Xavier Makroud, et maintenant BoxingBoy et Gilles. C’est toujours les meilleurs qui partent les premiers. D’ailleurs, je suis parti aussi. Parce que Freedonia, la convergence de l’émotion, pense à eux et pense à toi, quelques ajouts thématiques à Radio Freedonia:

Comment te dire adieu
Vera Lynn – It Hurts to Say Good Bye
Françoise Hardy – Was mache ich ohne dich?
Walter Wanderley – It Hurts to Say Good Bye
Simon & Garfunkel – Old Friends
Conchita Bautista – Estando Contigo
Stacey Q – Two of Hearts

l’Expatriation
Malcolm McLaren – British Airways
Julie Andrews – Crazy World (BO «Victor Victoria»)
Isabelle Adjani – Ohio
The Knife – Heartbeats (Rex The Dog Remix)
Bromheads Jacket – What If’s And Maybe’s

Rendez-vous sous la pluie
Vera Lynn – We’ll Meet Again
Jeff Alexander – Come Wander With Me
Bromheads Jacket – Trip To The Golden Arches
Forro do Partido Trabalhista Brasileiro
Petula Clark – Downtown (auf Deutsch) (parce que Buenos Aires et que les Argentins sont des Allemands qui se prennent…)

Ah au fait
Diana Krall – Have Yourself a Merry Little Christmas

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