Le i-forum participatif

 

Echelle des salaires

décembre 14th, 2006

M. Leroy, le président de Proxinvest, «continue à réclamer un plafonnement des émoluments à 240 fois le montant du SMIC (8,27 euros brut par heure de travail jusqu’au 1er juillet 2007). « En 2005, la rémunération globale des présidents du CAC 40 était de 298 fois le SMIC en moyenne. C’est complètement hors de proportion… » » (Le Monde). Alors que 240 fois seulement c’est le paradis des soviets.

Actu de la semaine, les premières affiches. On avait vu à Paris, quelque part entre celles de Villiers et Miguet, celles de Chevènement, avec sa tête des mauvais jours (il n’en a plus de bons depuis longtemps) et son nom — ratée par rapport à la rando atlantique et décoiffée de 2002, mais suffisante, peut-être, pour exister aux yeux du PS qui vient de concéder 10 circonscriptions réservées au MRC.

Sont également sorties celle de Royal, dont on dit que le «fort» est une réplique au «tranquille» de Sarkozy. Le truc éculé de tous les sociaux-traîtres (par ex. la campagne européenne de Schröder en 2004), «moi parmi les vrais gens, car je parle avec et pour eux», montre un peu plus la corde à cette occasion.

Egalement, bombinette de la campagne de Le Pen à l’initiative de sa fille, le FN met en avant une femme noire (cf. «je n’suis pas raciste mon chien est noir»). Il avait déjà, à dessein, montré dans des congrès «ses» Portugais, Arabes, Antillais, Mylène Farmer dans le passé. Comme toujours, du neuf avec du vieux.

Enfin, Arlette Laguiller ressort sa bonne vieille «toujours dans le camp des travailleurs» mais avec un affichage cette fois-ci massif (15 000 points dans la France entière). Encore un coup de B2 Espaces Pub.

Et il devient quoi François Hollande? Les fachos sont sympas.

Episode régional de la semaine, Freedonia, le consensus à la rame, reste dans le Pacifique et parle des anciens TOM. Malgré les distances et les énormes différences d’histoire et de contexte économique, les trois collectivités ont longtemps, ensemble, fait figure de grande Corrèze des antipodes, ou de 5ème arrondissement des tropiques comme on voudra: népotisme mafieux, clientélisme à la papa, domination institutionnelle sans partage par les trois relais RPR dans la région: Gaston Flosse à Papeete, Jacques Lafleur à Nouméa et Benjamin Brial (avec le sénateur Sosefo Makape Papilio) à Mata-Utu.

Ces systèmes ont vacillé mais pas disparu. A Wallis, Futuna et Alofi le conflit se joue surtout entre la chefferie traditionnelle et l’autorité préfectorale – laissant Brial neveu toucher son héritage. Le mouvement indépendantiste a plus clairement laminé, par la lutte et le vote, la domination gaulliste en Calédonie et en Polynésie. Dans le second cas, ce n’est pas sans mal que Temaru a surmonté la division et le truquage électoral. Dans le premier, le FLNKS a obtenu, puis négocié, la négociation qui ménera peut-être un jour à l’autodétermination; mais il reste divisé (une de ses composantes, l’Union calédonienne, siège à part, et soutient, ainsi que par ailleurs le FN, les dissidents de tous bords réunis dans l’Avenir ensemble, qui détient aujourd’hui la présidence du gouvernement du Caillou).

PS: l’actu, c’est aussi le corps électoral calédonien. Il avait été négocié par Jospin avec le FLNKS, et agréé par Chirac, que seuls voteraient en Nouvelle-Calédonie aux diverses élections locales (y compris, un jour, sur l’indépendance…) les personnes présentent depuis dix ans en 1999, ainsi que leurs enfants devenant majeurs: ce qu’on appelle le corps électoral «gelé» ou «figé». Lafleur et le FN sont pour un corps «glissant» (personnes installées depuis 10 ans au moment du vote). Sarkozy a été pour la première solution, avant de revirer pour la seconde, ce qui irrite Chirac et son ministre des colonies, F. Baroin aka «chuis pas une fiiiiille». Lequel ne peut faire agréer son projet de loi qu’avec les voix du PS et de l’UDF.

Iaora na, Kura ora, Kaoha.

Cruel Summer

décembre 10th, 2006

Comme demandé par Adiabou, Freedonia, le pacifique solitaire, donne avec quelque retards les résultats des législatives à Fidji, en mai dernier. Il est vrai que, dans l’intervalle, le contre-amiral Bainimarama (dit également «I’m Your Venus») a pris le pouvoir par un coup d’Etat. De nouvelles élections doivent être convoqués. Si je comprends bien, c’était l’impasse entre la communauté indienne et tamil (représentée notamment par les travaillistes, ainsi que le NFP qui avait disparu de la Chambre aux dernières élections) et la majorité «indigène» défendue essentiellement par le SDL (et jadis l’Alliance). Au centre de la Chambre, l’UPP représente les «grands électeurs», c’est-à-dire les plus petites minorités ethniques: Européens, Chinois, Banabéens (de Kiribati), et métis.

En effet, à Fidji, le système électoral est merdique et compliqué du fait de l’imbroglio ethnique: sur les 71 sièges, 25 sont élus dans des circonscriptions «ouvertes» (à tous les groupes), et 46 dans des circonscriptions «communales» (réservées ethniquement), avec deux votes par personne.

Côté logos, je sais pas, je comprends pas bien.

His weapons were his cristal eyes.

Les bonnes choses, ça se partage, alors je mets aussi un petit shéma sur les élections archiépiscopales à Chypre. Plus de détails sur les malversations, trahisons, et accusations de mains baladeuses dans les culottes des nonnes orthodoxes ici. En fait, le patriarche en exercice étant gâteux, on a d’abord trouvé le moyen de le virer, puis le candidat institutionnel a été nommé in fine bien que distancié dans les deux collèges de vote, au détriment de l’évêque de Kikkos arrivé en tête, et de celui de Limassol soutenu par les deux grands partis politiques (communiste et conservateur) d’où son bon résultat chez les croyants (mais non chez les officiants).

Ca pédale dans le tarama!

Willem Claeszoon Heda

décembre 8th, 2006

Parfois survenait l’inattendu, qui faisait évènement dans sa vie et son travail. Une fois, il avait ainsi été convié impromptu, pour le jour même, à un déjeuner formel, puis renvoyé après l’apéritif. Deux fois victime de la superstition, à laquelle personne ne croit et tous se soumettent: jamais treize à table.

The Slippery Slope

décembre 8th, 2006

Décembre revient, forcément, le moment difficile. Le 1er décembre la marche contre le sida honore les morts mais avec des camarades, des êtres chers, des gens beaux de militantisme ou beaux tout court — mais cette année, je n’ai pu participer, n’ayant pas trouvé de cortège en Ruritanie. Décembre où toutes les disparitions autour de moi sont survenues, réverbérant d’année en année et maintenant l’angoisse de ma propre mort, de la solitude, de la dislocation de mes attaches affectives. Et le constat de la décrépitude, de la submersion de ce qui, à 10 ans et encore à 15, pouvait me sembler incontestable, pérenne et solide dans ma famille: le rôle, les traits de chacun, figés alors dans le rituel des Fêtes et aujourd’hui sur des photos. J’ai récemment songé à garnir, finalement, l’album, même s’il ne vaut mieux pas.

Je l’avais acheté comme cadeau pour moi-même, à la fin des oraux de l’E.N.A., en décembre aussi. Un album rouge relié de cuir, sous-sol du Bon Marché, que j’avais convoité longtemps. Il était intemporel, sophistiqué, vain finalement, autant que ce qu’il devait contenir. Un contenant parfait pour un parcours parfaitement bourgeois.

A Venise, BoxingBoy et moi avions eu une conversation assez tendue sur le fait que je ne regardais pas en face les causes de mon échec au concours. Je me dis aujourd’hui que, de deux choses l’une: soit les raisons de recalage du jury étaient inavouables et il est cohérent qu’au final, le même système me fasse échouer dans un emploi subalterne et sans perspective; soit je suis moins bon que je n’ai bien voulu le penser, et mon destin, le même, est mérité. Dans les deux cas, je me trouve coincé là, pas à la hauteur de mes ambitions qu’aiguillonnent ces jours-ci le roman-photo médiatique de «l’ascension irrésistible de Ségolène» (par écho, ce qu’on réévoque de Mitterrand) et le publi-rédactionnel sur mes contemporains plus arrivés.

Je décrirais bien ce que me font les passages furtifs et oublieux de David sur MSN récemment, mais ce ne serait pointer que la partie émergée d’un souci plus large, plus large dans la sphère affective (comme ComitéCentral l’a demandé une fois: «veux-tu vraiment être avec quelqu’un?») et au-delà (faut-il boire le calice des illusions perdues jusqu’à la lie?). J’attends Nowël que je redoutais les dernières années: les déceptions, le spectacle de la marche descendante de mon environnement et de mes espérances, sont une contrepartie connue et anticipée de ce qui subsiste de répété et de rassurant, et que je veux et peux resaisir encore.

Proudly powered by WordPress. Theme developed with WordPress Theme Generator.
Copyright © Freedonia. All rights reserved.