Le i-forum participatif

 

Le fond de la cohésion

septembre 17th, 2003

Je tiens tout d’abord à souligner que le post précédent et drôle est de Crame, et qu’il a reçu le soutien du programme Enjoy Cohesion Countries de la Commission européenne.

Plusieurs réunions pas intéressantes. Croisé un type du Secrétariat général (qui fait l’interface avec l’Organisation), qui m’a parlé très lentement comme à un demeuré mental. Croisé aussi, dans un colloque du CEPII (un peu de piquage-d’assiette utile), Nicolas M. (comparse d’H.E.C.), en très bonne forme, qui m’a donné quelques nouvelles assez vagues de mon ami PYB (il aurait contracté une maladie «dermique» suite à la fameuse nuit à Saint-Pétersbourg; pas la syphilis a priori).

Appelé le garçon, et il a été très gentil au téléphone (aussi). Je n’avais pas mémorisé la nuance de son accent. Il ne peut me voir mais le souhaite, et m’a posé la question suivante: est-ce que depuis samedi, j’ai trouvé le prince charmant? Preuve, pour répondre à Comité, qu’il ne lit pas ce blog — sinon il saurait que je n’ai plus, là, à chercher.

J’écoute Dinah Washington, depuis que j’ai appris que c’est elle l’interprête de I’m Mad About The Boy, chanson fétiche des garçons qui ont découvert leur homosexualité avec la pub Bourgeois en 1993. Elle a une voix un peu douce, un peu soignée, très éloignée de Nina Simone. J’écoute ça, qui est de circonstance:
No one to talk with / All by myself / No one to walk with / But I’m happy on the shelf / Ain’t misbehavin’ / I’m savin’ my love for you.
I know for certain / The one I love / I’m through with flirtin’ / It’s just you I’m thinkin’ of / Ain’t misbehavin’ / I’m savin’ my love for you
Like Jack Horner / In the corner / Don’t go nowhere / What do I care? / Your kisses are worth waitin’ for / Believe me
I don’t stay out late / Don’t care to go / I’m home about eight / Just me and my radio / Ain’t misbehavin’ / I’m savin’ my love for you.

Tourisme sexuel

septembre 17th, 2003

Ricardo, le garçon colombien dans les toilettes de la piscine.
Constantinos, le garçon grec dans une chambre d’hôtel.
Au sauna, le garçon antillais qui dit s’appeler Kevin.
Probablement Juan, le garçon mexicain dans les toilettes du Printemps.
Marty, tous ces garçons catalans dans la crique.
Michel, le garçon savoyard mais ça n’a pas bien marché avec Michel.

Parle à mon cul
Mon coeur est français
Ma tête est malade
Ma bite est internationale

Putain de mondialisation régulée !

septembre 17th, 2003

Hier, j’ai fait l’effort difficile de ne pas appeler le garçon, pour ne pas le saouler prématurément. Je n’ai finalement qu’une idée confuse de ce qu’il souhaite, lui.

Déj’ avec Philippe Inch’allah et Nico (de Alexnico), piliers des soirées de Ivan Cul-Rond. Le refus du savoir-vivre des serveurs parisiens a franchi un seuil supplémentaire dans la brasserie où on était (à mi chemin entre le siège du pssss et le ministère des Uniformes). Pas mal papoté (des gens, du labyrinthe du jardin des Tuileries) et un peu chantonné Mon ami est plein de cocaïne, de collagène.

Je parle assez peu du boulot parce qu’il ne se passe *vraiment* pas grand’chose d’intéressant (depuis la légende urbaine des Télégrammes Diplomatiques sur les recettes de pays de l’est). J’ai réalisé qu’il ne fallait pas que j’aille directement dans le bureau du sous-chef pour la correction de chacune de mes notes, mais foutre tout dans un parapheur et attendre que ça revienne anoté — ce qui m’ouvre des perspectives de glande approfondie au lieu d’être coincé dans le bureau du sous-chef.
Tout de même, pour les chasseurs d’autographe, préparé une «réponse de courtoisie» pour lui:

Verre pas prévu et très cool avec BoxingBoy et Matthew, un sien camarade anthropologue de Cambridge et lecteur assidu d’ici (Freedonia, le loisir global). Pas mal papoté de la pédophilie à Stan et chez les praticiens des sciences de l’homme.
Croisé par hasard mon ex- Julien (le prof d’anglais).

Avant tout, je dois dire pourquoi j’appelle le garçon comme ça. Je pense d’abord que c’est une façon de plagiat d’un blog incroyable que j’ai lu toute cette semaine. Ivan m’a montré ça à la récente soirée, mais c’est une plus vieille histoire, je pense que c’est le premier blog que j’aie jamais vu (chez Ivan), encore plus exhibitionniste que n’importe quel autre, y compris ici — mennuie parle en grands détails de son mec en l’appelant IL et LUI, de tous les amants avec qui il le trompe, jusqu’à ce que le pot aux roses soit découvert. Peut-être que donner à Marc un surnom fasciné, c’est aussi une manière d’embellir une fois de plus rétrospectivement (et la très peu de temps après) un amour bien fugace. En tout cas je pense énormément à lui.

J’ai aussi assez peur qu’il me perçoive, à lire ce blog, comme un dément, enfin j’assume le fait à la fois de continuer à écrire ici (et ce site dont je suis fier) et le fait de lui avoir donné l’adresse parce que j’ai de l’estime, de l’amitié pour lui.

Aujourd’hui, déj’ à côté de l’Assemblée avec ChelseaBoy de passage à Paris pour le boulot (dans un tour des métropoles mondiales: New-York – Paris – Lisieux). Toujours très obsédé par la bouffe, ne pas grossir. Moins speed que cet été à SFO. Discussion (débat?) sur: les Américains ne couchent pas avant le millième rendez-vous (ChelseaBoy a eu deux dates avec un mec sexy, riche et gentil mais coincé et vaguement placard), les Français sont faciles. Je pense que ChelseaBoy s’impreigne de plus en plus d’une manière d’agir américaine, qui lui va assez. Son statut de New-Yorkais accomplit un peu des rêves d’adolescence.

Just A Perfect Day

septembre 15th, 2003

La plupart des gens qui lisent Freedonia, la famille de la névrose postmoderne, savent que j’ai en projet depuis tout juste 3 ans un roman d’autofiction merdique, titré le Surlendemain. C’est un truc que j’ai commencé à rédiger le septembre où Pierre m’a largué, d’abord sur un cahier très beau dont Comité a été jaloux (avant que je réalise qu’il l’avait oublié quand je lui ai offert le même), ensuite sur mon ordinateur. Il y a peut-être deux chapitres d’avancés sur un total projeté de 12. C’est un texte assez discutable pour quelqu’un qui méprise la littérature contemporaine du je nauséeux, mais quand même stylistiquement pas complétement nul.

Je sais vraiment ce que je veux raconter (il y a une trame oulipo d’une banalité à frémir), même si je pense être absolument incapable de mener cette ambition à terme. Le seul angle mort, c’est la fin. Tous les moments heureux depuis septembre 2000 ont été matière à noter des impressions sur ce que doit dire la fin. Je sais ce qu’il se passe à la fin, c’est un peu comme un B-movie des années 40 (brume, pont, adieu ambigu). Mais j’ai toujours hésité sur la leçon du chapitre 12, parce que le chapitre 12 évidemment c’est la recette de la vie réussie (d’ailleurs dans l’intervalle je me suis fait doubler par Luc Ferry, qui a révélé la recette de la vie réussie le premier).

Il y a eu en 2001 ou début 2002 une soirée avec mes parents qui a été parfaite, on avait été voir Nina Simone et ça a été un concert merveilleux très bref, et ensuite un dîner et une fin de soirée dans un bar à écouter du jazz. Et maintenant cet effleurement si allusif du bonheur tangible du garçon.

Pour autant, je voudrais arriver à une conclusion d’ordre général, une méthode qui dépasse l’apologie des petits moments de bonheur, parce que je vomis Jean-Pierre Jeunet et Yann Tiersen. Je pense qu’il y a un militantisme qui rend heureux, une manière d’être soi (qui est d’ailleurs ce que cherche aussi Alex J. loin de Freedonia, la e-Mecque du vivre-ensemble), une présence au monde et des actes qui dépassent la passivité réactionnaire et con d’Amélie Poulain. Mais je ne sais pas quels ils sont.

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